29.10.2009
De nouvelles solidarités pour construire l’après-crise ?
Le bilan de la crise reste encore à réaliser, mais d'ores et déjà se pose la question des nécessaires changements à venir. L'appel pour un New Deal 2.0 devient de plus en plus audible, y compris aux Etats-Unis où se trouvent certains de ses partisans les plus convaincus.
Parmi les pistes à explorer en matière de refondation de la finance, la mise en place de nouvelles solidarités économiques (microcrédit, social business, entrepreneuriat social etc.) est un sujet de choix. A la fois populaire (il suffit de voir par exemple la couverture médiatique de Kiva, ou les évènements qui se multiplient sur ce thème) mais aussi controversé.
Car si les analyses de Muhammad Yunus et de Hernando de Soto ont séduit, il n'en reste pas moins que les 17 milliards $ financés par les organismes de microcrédit en 2004 sont très insuffisants face aux besoins des 4 milliards de pauvres identifiés par de Soto. Comme le remarque Peter Schaefer dans Foreign Policy, la solution pourrait être la conjugaison des idées de ces deux auteurs. Pour schématiser : répondre au besoin de crédit des pauvres - Yunus- et ainsi favoriser leur nécessaire insertion dans l'économie réelle -de Soto.
Certes des polémiques apparaissent régulièrement, concernant par exemple les taux pratiqués (et les profits réalisés par certains). Ou l'immoralité intrinsèque du système des taux d'intérêts appliqué aux pauvres. C'est en répondant à ces critiques de façon efficace, tant sur le fond que sur la forme, que les acteurs du social business pourront progresser et rencontrer un succès croissant. Comme le rappelle BusinessWeek concernant Kiva, la vérité (en matière de publicité et d'impact sur le développement) le dialogue et la transparence (vis-à-vis de ses publics et des médias sociaux) semblent donner de bons résultats.
Bien que ces nouvelles solidarités ne soient pas seulement affaire d'argent et de projets, mais aussi de comportement, d'éthique, voire pour certains (y compris athées) de foi, elles représentent une réelle opportunité pour des pans entiers de l'humanité (voir le cas de la Kashf Foundation pour les femmes au Pakistan).
L'invention de nouveaux modèles socio-économiques passe également par la formation des futurs entrepreneurs : les écoles de commerce (HEC ou l'ESSEC) et l'IEP de Paris proposent par exemple des cursus et des cours dédiés au social business.
Le Web représente de son côté un outil parfaitement adapté pour ces nouveaux acteurs, notamment dans leurs opérations de collecte de fonds & communication. Que ce soit le lancement d'outils dédiés ou l'exemple d'entreprises comme Kiva, Babyloan ou Veecus, le web appliqué au social business représente une opportunité grandissante.
Et sur le terrain, l'action de ces acteurs n'est pas seulement bénéfique aux nouveaux entrepreneurs. Elle constitue également une opportunité de carrière pour les locaux, et un tremplin efficace vers le secteur marchand (comme le montre cet exemple en Inde).
Et la France ? Babyloan organise les 7 et 8 novembre prochains les « Rencontres Babyloan », une occasion de faire le point et d'échanger autour de la microfinance. Partenaires de l'opération, nous serions ravis de vous retrouver sur place pour discuter (pour une fois) IRL. In Real Life.
Et pour ceux qui ne pourront pas se rendre à ces rencontres, un blog de la plateforme est dédié à cet événement et aux débats qui vont l'animer. Ce blog est le fruit d'un partenariat entre Solidaires du monde et Babyloan.
PS : le social s’invite au bureau (présentation de Jive Software, « work can be social again »)
18:15 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (5) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : nouvelles solidarités, social business, entrepreneuriat social, solidarité, microcrédit |
|
|
Digg
27.10.2009
La Journée mondiale de l'information sur le développement
La Journée mondiale de l'information sur le développement est née en 1972, sous l'impulsion de l'Assemblée générale des Nations Unies. A l'image de la résolution 3038(XXVII) qui l'accompagne et la justifie, cette journée mondiale s'inscrit dans une démarche globale de ré équilibrage entre pays « industrialisés » et pays « en voie de développement ».
Cette journée a lieu, chaque année depuis sa création, le 24 octobre. Elle coïncide ainsi avec la date anniversaire de la Journée des Nations Unies, notamment celle de 1970, au cours de laquelle a été adoptée la Stratégie internationale du développement pour la deuxième Décennie des Nations Unies pour le développement.
A l'aune de l'essor des nouvelles technologies, en terme de communication notamment, il s'agit de sensibiliser les principaux acteurs à l'équité d'un développement technique, économique et social jusqu'ici réservé à un nombre de pays restreint. Passée une approche institutionnelle, il s'agit de sensibiliser le grand public, et plus particulièrement les jeunes, à l'évolution des problèmes généraux de développement. En effet, le grand public, peut-être davantage sous l'impulsion des jeunes, peut contribuer largement à l'accroissement des efforts en matière de coopération internationale.
Notre Blog Regards sur le Web, en tant qu'outil de communication destiné à favoriser les échanges entre personnes géographiquement éloignées (voire isolées), mais surtout parce qu'il suit une éthique de développement solidaire, se devait de rappeler cette journée. Malheureusement peu véhiculée par la voix des médias, son importance ne s'est pourtant pas amoindrie depuis sa création, il y a plus de trente ans déjà. Les bloggeurs de Solidaires du monde, via leurs apports réguliers d'expériences et de conseils, via les échanges qu'ils encouragent et suscitent, sont à saluer dans le cadre de cette journée mondiale à venir.
Internet, que ce soit sous la forme d'interfaces comme celle de Solidaires du monde, de réseaux sociaux ou autres, favorise largement les échanges entre citoyens du monde. Depuis sa création, cet outil s'est révélé être un facteur de croisements, de rencontres et de créations de liens exponentiels. Contre ses détracteurs, qui le réduisent à un accélérateur d'uniformisation culturelle (entre autres), l'utilisation faite d'internet par les « solidaires du monde » nous rappelle qu'un outil n'est pas condamnable en soi, mais bien qu'il doit être ramené à l'usage qu'on en fait.
La démarche défendue ici, par Solidaires du monde en général et Regards sur le web en particulier, consiste à mettre en lumière les acteurs « terrains », également convertis en internautes via les blogs, notes et commentaires qu'ils publient. Pourquoi les mettre en avant ? Certainement pas par démagogie. Le souci premier est bien de préserver une interactivité, que nous considérons ici comme essentielle à l'échange de données et d'informations dans les nouveaux moyens de communication du type Internet. De nombreux sites d'informations sur le développement se sont davantage investis dans la communication institutionnelle, délaissant ainsi les approches didactiques, pourtant bien utiles aux utilisateurs novices...
Le Web est reconnu pour créer des liens de proximité là où il pourrait difficilement y en avoir autrement. Par la multiplication des interfaces de mises en contacts, par la variété des supports (audio, vidéo, écrit) qu'ils diffusent, les internautes se familiarisent progressivement à un outil aussi vaste que complexe. Il est de notre devoir, en tant qu'administrateurs de la plateforme, de vous aider à prendre pleine possession de cet outil. Le langage institutionnel s'adresse aux institutions, mais pour vivre pleinement, il a besoin de vous. A vous de créer le vôtre, pour ça nous vous y aidons et continuerons de le faire !
13:03 Publié dans Médias et informations | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : internet, communication, équité, développement, information |
|
|
Digg
20.10.2009
6 questions à Jean et Antonin, porteurs du projet Africascopie
Il y a une semaine, nous vous présentions le projet Africascopie : un web reportage participatif porté par deux journalistes français, Jean Abbiateci et Antonin Sabot, en partenariat avec Le Monde.
Dans cette note, nous vous proposions aussi de soumettre vos propres témoignages sur les conséquences des technologies de communication au Mali et au Sénégal, et dans les pays en développement de manière générale. C'est toujours possible en écrivant à africascopie[@]gmail.com ou directement sur l'Atelier des Médias.
Ce projet, nous l'apprécions car il croise plusieurs thèmes qui nous tiennent à coeur :
- les témoignages recueillis sur le terrain, directement auprès des populations des pays en développement. L'enjeu ici réside dans l'utilisation d'Internet pour rapprocher les populations du Nord des populations du Sud, faciliter leurs échanges et la connaissance des uns des autres et réduire le poids des stéréoypes dans les représentations.
- les conséquences sociales, économiques et culturelles de l'adoption des technologies de communication mobiles et Internet : dans les pays développés avec l'avènement de nouvelles formes de reportages, et de nouvelles relations avec les journalistes, mais surtout dans les pays en voie de développement où l'adoption de technologies entraîne également un mouvement de réorganisation des activités.
- le renouvellement de l'écriture et des approches journalistiques avec la notion de participation au reportage et de webdocumentaire
- la question de la représentation et de la fabrication des représentations des populations du Nord à propos des populations du Sud et inversement, avec le rôle fondamental joué par les migrants, les voyageurs, les médias et les journalistes, les professionnels des ONG et du développement,...
Enthousiasmé par Africascopie, nous avons adressé 6 questions aux deux journalistes. Voici leurs réponses.
Nous avons également prévu de réaliser une interview de Jean et d'Antonin à leur retour. Si des questions vous chatouillent, n'hésitez pas, nous les poserons pour vous et pour l'aspect participatif de notre reportage :-)
Comment avez-vous préparé et documenté votre projet ? Vous êtes vous déjà rendus dans ces pays ? Avez-vous des contacts terrains et si oui, comment les avez-vous identifiés ?
"Africascopie est un projet de web-reportage au Mali et au Sénégal. Antonin et moi sommes tous les deux journalistes et nous souhaitions, à travers ce reportage, essayer de comprendre les impacts d'Internet et du téléphone portable en Afrique. Nous voulions également aller au peu au-delà de l'image d'un continent dont on n'évoque souvent le nom qu'au travers de reportages sur le sida, la famine ou la guerre.
Pour préparer ce reportage, on s'est pas mal documenté, on a passé quelques coups de fil. Et ce, afin de repérer les initiatives vraiment intéressantes. D'après mon expérience, j'essaye de privilégier des contacts directs, en évitant au maximum les intermédiaires. Je suis toujours un peu méfiant des grosses ONG occidentales, des usines à gaz où, parfois, la communication prend le pas sur l'intérêt réel du projet. Les petites structures locales sont toujours les plus intéressantes pour ramener de la matière, des témoignages authentiques."
Pouvez-nous expliquer et détailler ce que vous entendez par reportage participatif ? Prévoyez-vous notamment de confier des outils d'écriture aux personnes que vous allez rencontrer ?
"Ce reportage est un peu particulier puisqu'il se veut participatif.
Premier niveau, l'internaute peut laisser un commentaire et nous répondons. Mais nous avons essayé d'aller un peu plus loin, en lien avec l'émission de RFI, l'Atelier des Médias. Cette web-émission fédère depuis deux ans une communauté d'internautes, notamment maliens et sénégalais. Depuis quinze jours, on a lancé la conversation avec eux sur l'impact que pouvait avoir pour eux les nouvelles technologies dans leur vie quotidienne. Ce sont eux les mieux placés pour témoigner. On va essayer de rencontrer plusieurs d'entre eux lors de notre passage en Afrique. (cf. la présentation du projet sur l'atelier des médias de RFI dans les liens Pour aller plus loin).
Il ne s'agit aucunement de faire du participatif un échappatoire à notre boulot de reporter. Il s'agit simplement de collecter, par ce biais, des idées, des angles, des témoignages que nous n'aurions pas pu collecter autrement. Exemple : cet internaute d'un village sénégalais qui nous a raconté comment, en cas de décès, le téléphone portable avait permis de prévenir plus facilement les proches, alors qu'auparavant, il fallait envoyer quelqu'un pour les prévenir." La source du témoignage.
Pensez-vous être surpris de ce que vous allez observer, ou pensez-vous plutôt faire des expériences qui confirment l'idée que vous avez, a priori, de l'impact des nouveaux médias au Mali et au Sénégal ?
"Mais c'est tout le charme d'un reportage :-) Si nous savions ce que nous allions ramener lors de notre reportage, ça ne vaudrait pas la peine de partir. Plus sérieusement, c'est certes important de se documenter avant de partir. Mais il faut laisser, il me semble, un peu de place à la surprise, à la rencontre impromptue. Il ne s'agit évidemment pas de tout improviser. Mais à trop vouloir programmer le reportage, on ne sait plus être à l'écoute et c'est très important en reportage."
Quelle approche souhaitez-vous privilégier au cours de votre reportage ? Etudes des effets économiques, sociologiques et culturels, anthropologiques ?
"Nous partons en reportage. Donc on va essayer de privilégier les exemples concrets d'impacts des TIC, plutôt que de se lancer dans de grands discours. Eh oui, l'impact des TIC est évidemment économique, mais également social. On va essayer de voir large."
La diffusion des nouvelles technologies de communication est souvent présentée comme un accélérateur du développement. Quels sont, selon vous, et avant votre reportage, les effets négatifs de ces technologies ?
"Même réponse que pour la question plus haut. Mais on ne veut pas non plus tomber dans l'angélisme. Les NTIC ont certes un potentiel formidable pour les pays du Sud, mais la fracture numérique est une réalité. C'est là qu'à mon avis le boulot de reportage prend tout son sens. Aller au-delà des déclarations pour aller voir réellement où ça bouge et où ça craque."
Quels matériels emportez-vous ? Serez-vous en mesure d'écrire en temps réel ?
"En temps réel ? N'exagérons rien ! De toute façon, sur un tel sujet, ça n'a pas forcément un grand intérêt. On va simplement essayer de raconter chaque jour, nos rencontres, les coulisses de notre reportage et ce, avec les outils que permet le multimédia : le son, la photo, l'audio, le texte et la vidéo. Concrètement, on va emmener nos appareils photos (qui permettent également de tourner de petites séquences vidéos) et des enregistreurs audio. Sans oublier carnets et stylos."
Réalisé pour le Monde, sur les dernières nuits en prisons de 5 détenu
Réalisé pour le Monde, à la place d'un journaliste d'investigation en chine
Réalisé pour le New York Times, Choisir son président
Réalisé pour le Las Vegas Sun, étancher la soif de las Vegas
Source : un webdocumentaire sur le webdocumentaire, très bien fait
12:58 Publié dans Médias et informations | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : africascopie, le monde, reportage, ntic, téléphonie mobile, internet, interview, entretien, webdocumentaire, reportage participatif, mali, sénégal |
|
|
Digg
14.10.2009
Us Now, ou comment internet permet de créer de la confiance, du lien social et de la solidarité
Nous souhaitons partager avec vous quelques éléments inspirés du documentaire US Now du réalisateur anglais Ivo Gormley (vidéaste et anthropologue de formation).
Us Now dure 60 minutes, le film est sous-titré en français, il est disponible en bas de cette note et il aborde principalement la création, grâce à internet, de nouvelles façons de prendre des décisions, de nouvelles façons de tisser du lien social et d'organiser la confiance entre les individus et les communautés.
Les nouveaux modèles de partage permis par internet constituent l'élément central de ce documentaire
L'argument principal du film est de montrer que nous sommes dans un monde qui change ! Et un des moteurs de ce changement est constitué par les pratiques émergentes des médias sociaux. Pratiques qui permettent la production de formes nouvelles de solidarités et qui rendent visible une économie du don qui restait jusque là intangible.

Us Now, « US » pour nous et « now » pour maintenant, met les femmes et les hommes de la société civile au cœur des nouvelles façons de partager, de se connaître, de s'entraider, de se conseiller ou d'échanger des idées. Et à terme, de nouvelles façons de gouverner et de prendre des décisions.
Echanges de canapés et d'expériences
Peut être avez vous entendu parler de www.couchsurfing.com, site qui permet la mise en relation de particuliers proposant un hébergement en échange de la possiblité de se faire héberger ultérieurement.

Dés le début du film, l'exemple du Couchsurfing montre qu'au-delà d'offrir un hébergement à un voyageur, l'hôte permet à ce dernier de l'intégrer dans son réseau social et de lui faire rapidement rencontrer de nouvelles personnes. Les échanges mis en place grâce aux médias sociaux accélèrent donc la socialisation et l'intégration dans un réseau. Le service rendu dépasse le service prévu initialement : il y a création de valeur mais il n'y a pas de relation marchande.
Autre exemple ? Netmums, un service d'échange et d'entraide entre jeunes mamans. Grâce aux échanges qui s'y tiennent, la communauté met en évidence le fait que les recommandations d'experts (pédiatres, pharmaciens, puéricultrices...) sont mis en concurrence ou carrément contournés par les échanges entre les mamans elles-mêmes.
Les jeunes mères trouvent dans les discussions qu'elles génèrent elles-mêmes davantage de crédit et de pertinence que dans certains conseils d'experts. Si ce n'est pas vrai pour tous les conseils, cela entraine une réorganisation des fonctions, des attentes, des connaissances...
Ainsi, futures mamans et femmes enceintes privilégient les réponses émanant de leurs pairs. Elles sont plus rassurées lorsque 15 autres mamans confirment le choix d'un lait pour leur enfant plutôt que lorsqu'un seul expert prescrit celui-ci. Ou du moins vont-elles chercher la confirmation de la parole de l'expert auprès de leurs pairs.

« Tu as une chose à enseigner mais plein de choses à apprendre »
Les différents témoignages qui ponctuent le film montrent comment les nouveaux outils communautaires permettent à chacun de partager ses connaissances, de s'inscrire dans un réseau social et d'acquérir un statut et une identité en se rendant disponible, en partageant son expérience et en apportant des conseils. En donnant de soi, de son savoir et de son temps en somme.
Le documentaire met également en lumière le fait que chaque internaute, en contribuant aux besoins des autres, réorganise les systèmes de pouvoir en mettant en question les discours prescripteurs traditionnels : l'entreprise et ses marques, l'Etat et les collectivités, les institutions dans leur ensemble.
Certains interviewés voient dans ce mouvement l'émergence d'une demande de réorganisation des modes de gouvernance : des élections de la démocratie représentative aux élections et à la prise de décisions en entreprise. Cela va prendre du temps. Combien de temps ?
Certains passages du film montrent que ces modes de contribution et d'échange facilitent et accélèrent la création de lien social. Des formes nouvelles de solidarité et de don sont donc permises grâce à internet.
« La révolution n'arrive pas lorsque la société adopte de nouveaux outils... La révolution arrive quand la société adopte de nouveaux comportements. » Clay Shirky, auteur de Here Comes Everybody

Par extension, « Us now » transpose ces nouveaux comportements dans la relation actuelle entre consommateurs et acteurs économiques, entre citoyens et vie politique. « Je veux avoir un rôle sur ce que cet homme politique décide actuellement au Parlement ou alors on le fera nous-mêmes ». De plus en plus, il existe une demande pour une remise en cause du modèle vertical classique.
L'idée n'est bien évidemment pas de transposer tous les mécanismes de décision vers des dispositifs participatif et collaboratif, ce n'est pas possible et de nombreuses décisions ne peuvent pas être prise ainsi. Toutefois, en germe dans ces revendications, il y l'idée d'évaluer ce qui existe actuellement dans les mécanismes de décision, évaluer ce qui manque d'efficacité et qui pourrait être complété, voir remplacé, par un mécanisme fondé sur le réseau social, la collaboration, la transparence, le partage et la co-création.
Internet met en lumière le fait que depuis des décennies, les citoyens se sentent frustrés dans leur participation et leur contribution à la vie au sein d'une communauté, et qu'il existe un véritable « volontariat de la participation », une demande !
Le film soutient donc que les outils du web 2.0 ne sont pas de simples gadgets mais bien des véritables leviers tendant à l'adoption de nouveaux comportements des citoyens face aux institutions politiques, économiques et aux instances qui prennent des décisions. Pour ceux qui voudraient poursuivre sur ces questions, nous sommes ici au cœur du sujet qui occupe l'universitaire américain Clay Shirky. Il travaille principalement sur les conséquences des technologies de communication sur les comportements individuels et sociaux.
Un des exemples proposé par Us Now présente l'initiative du Parti Vert Canadien qui a élaboré son programme politique sur à un wiki ! Tous les internautes sympathisants étaient invités. Non pas à simplement proposer leurs idées mais à l'écrire directement dans le programme, à l'argumenter également et à prendre parti ou à questionner les éléments du programme proposés par d'autres.
La modération se faisant pour l'ensemble des contributeurs comme sur le modèle de l'encyclopédie Wikipédia.
Un programme politique accouché dans le débat entre le parti et ses adhérents/sympathisants, ne devrait-il pas servir de modèle à tout programme politique ?
Le film conclue sur ces mots : « la valeur sociale porte réellement sur le fait de prendre soin des gens plutôt que de payer pour fournir cette valeur ». En d'autres termes, les efforts désintéressés et volontaires de chacun mis au service de tous, ont bien plus d'importance que celui d'un prestataire ou d'un expert mandaté pour y répondre.
En d'autres termes encore, l'écosystème social est plus important que le marché !
Dans une prochaine note, nous reviendrons en détail sur certains services présentés dans Us Now.
Quelques remarques sur les éléments que vous trouverez en ligne
Us Now dispose d'un site dédié : http://www.usnowfilm.com/ sur lequel vous trouverez en anglais, des parties du film, en streaming ou en téléchargement, toutes les retranscription écrites des interviews, les noms et des éléments sur les personnes interviewés et les services présentés. Sont également mis à disposition les rushs du film afin que quelqu'un qui souhaite réutiliser certains éléments puisse le faire.
A propos d'Us Now, court article publié dans Internet Actu : "Ce que la confiance des internautes transforme", c'est grâce à cet article que nous avons découvert le documentaire.
La version sous titrée en français du film (et merci à la communauté de bénévoles pour la traduction)
Aperçu critique
La remise en question d'une forme d'expertise dans certaines activités ne signifie pas pour autant une remise en question des mécanismes d'attribution du pouvoir dans toutes les activités. Quelles activités sont les plus exposées ? Lesquelles sont les moins concernées ?
Si des mécanismes de prise de décision sont d'ores et déja désorganisés/réorganisés par les échanges permis par les médias sociaux, cela ne signifie pas que cela va se généraliser à tous les mécanismes de prise décision et d'attribution du pouvoir. Notamment les plus anciens d'entre eux : le pouvoir politique et économique.
C'est en effet, dommage que le film ne nous permette pas de nous faire une idée des délais nécessaires pour mettre en place ces changements.
16:17 Publié dans Technologie de l'information | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : media sociaux, internet, reseau, gouvernance, prise de décision, participatif |
|
|
Digg
13.10.2009
Africascopie : témoigner sur les conséquences des technologies de communication dans les pays en voie de développement
Une fois n'est pas coutume, cette note est courte et incite à l'action.
Je suis tombé hier sur cette note Bamako-Dakar ! En route pour un web-reportage participatif sur le blog espritblog. Du coup, j'ai posté un commentaire et j'ai commencé des échanges avec un des deux journalistes qui porte ce projet.
L'idée est de leur poser quelques questions avant le départ et de leur poser de nouveau quelques questions après leur retour.
J'a également visité le blog dédié à leur projet : Afriscopie, et suite à la lecture de la note le téléphone a remplacé le cheval j'ai souhaité relayer leur appel à témoignage.
En effet, si vous souhaitez faire parvenir un témoignage écrit montrant comment les technologies de communication changent les choses dans les pays en voie de développement, n'hésitez pas à écrire à l'adresse : africascopie [@] gmail.com

"Le téléphone portable a remplacé le cheval" - 13 octobre 2009
Le membre de l'Atelier des médias Guejopaalgnane, nous a envoyé ce témoignage sur la manière dont les NTIC ont changé son mode de vie. Entre obligations coutumières et professionnelles, le téléphone portable a "assoupli les exigences sociales".
"Traditionnellement en milieu rural Sérère (centre-ouest du Sénégal), quand une personne mourrait, l'annonce de sa mort dans l'ensemble de la quarantaine de villages où résident ses parents se faisait grâce à de jeunes gens qui enfourchaient des chevaux. Lorsque la nouvelle devait parvenir à un parent en ville, il fallait faire le voyage. Ce qui prenait de l'argent, du temps et de la peine. Aujourd'hui l'instrument de l'annonce c'est le téléphone portable. C'est pourquoi d'ailleurs je crois que ce qui a véritablement changé dans mon village qui se trouve à plus de 100 kilomètres de Dakar, c'est d'abord la qualité de l'eau et ensuite les moyens et les méthodes de communication.
Répondre au temps qui passe plus vite
La solidarité familiale veut que les membres de la famille se rencontrent de manière périodique, en temps de paix, pour des visites de courtoisie. Aujourd'hui le temps dont l'homme dispose pour lui-même, pour ses loisirs et donc pour une visite de courtoisie ou pour une cérémonie devient de plus en plus réduit : le téléphone portable ou l'internet permettent d'assouplir cette distanciation des membres de la famille en leur permettant de garder au moins un contact à distance. (...)
Traditionnellement en pays Sérère, on ne pouvait pas enterrer un homme sans que certaines personnes ne soient présentes. L'impossibilité de ces hommes à se déplacer dans le délai nécessaire à cause de la contrainte du travail a considérablement assoupli cette exigence sociale et familiale.
Personnellement, il m'est arrivé de mentir à plusieurs reprises avec le téléphone portable qui me permet de dire que je ne suis pas chez moi alors que j'y suis, que je suis à l'école alors que je suis au lit. Ce qui n'était possible avec le fixe. (...)"
Vous aussi, vous pouvez envoyez vos témoignages par email : africascopie[@]gmail.com ou sur l'Atelier des Médias .
Source : http://africascopie.blog.lemonde.fr/2009/10/13/le-telepho...
16:56 Publié dans Communication | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : africascopie, le monde, reportage, ntic, téléphonie mobile, internet |
|
|
Digg











