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20/05/2010

Internet, éxutoire des homophobes

Le 17 mai, 6e journée mondiale de la lutte contre l'homophobie, a été l'occasion de mettre en lumière le rapport annuel deSOSHomophobie.jpg SOS Homophobie. Celui-ci dévoile une nouveauté : le recours massif à Internet pour diffuser des propos et appels à l'homophobie.


16 % des plaintes concernent Internet

En 2009, sur 1 200 témoignages, près de 16 %, soit 160, témoignent d'une agression diffusée sur Internet. Pour la première fois, la toile devance les collègues, le voisinage, les lieux publics ou la famille, devenant ainsi premier motif d'appel au siège de l'association. Même si les commentaires et messages sont finalement retirés, car modérés à postériori, le mal est fait.

Pour Christian Boyer, Directeur de la Rédaction du rapport « Internet sert de lieu de défouloir ». Deux raisons expliqueraient les déferlantes d'injures que connaissent les internautes homosexuels : la banalisation des insultes « Il semble être moins grave d'écrire des injures homophobes que racistes ou antisémites », ainsi que l'anonymat permettant de fustiger en toute liberté les homosexuels dans les forums, les commentaires d'articles, les blogs et même dans la création de jeu on-line, comme Escopeta dont la règle est de tuer le plus d'homosexuels possible sous peine de se faire sodomiser par l'un d'eux....

Internet permet la liberté de discuter et de penser sans craindre pour son intégrité, notamment grâce aux pseudos. A l'image des électeurs du Front National, qui sont toujours plus nombreux dans les bureaux de vote que dans les sondages et estimations. Batholomé Girard, Président de SOS Homophobie approuve cette théorie « A l'encontre de l'idée selon laquelle la société deviendrait plus tolérante, on se rend compte que les homophobes à l'abri derrière leur écran, se sentent moins exposés et se lâchent ».

 

Sur quels sites Internet ?

Pour 21 %, ce sont les sites grand public et de presse qui sont les plus concernés, non pas par des articles, mais par des commentaires. L'exemple repris par Le Figaro, concerne l'annonce du retrait d'Amélie Mauresmo de la compétition, qui a valu au quotidien des commentaires en cascade, dont un concours lesbophobe de jeu de mots...

Mais les propos les plus virulents restent, sans surprise, sur les sites religieux, d'extrême droite et de jeux vidéos,  notamment sur les forums.

Enfin, pour 7 %, ce sont les réseaux sociaux (pages ou groupes) qui sont également concernés.


Internet en justice

Il est difficile d'agir puisque bien souvent les sites sont hébergés à l'étranger. Comme le rappelle Célia Héron, journaliste au Monde « Entre les différentes fonctions (hébergeurs, rédacteurs et responsables éditoriaux) et les paramètres législatifs qui varient selon les cas et les pays, la responsabilité des auteurs de propos discriminatoires sur Internet est rarement établie. », d'où une faiblesse de condamnations.

Le travail de veille sur le web est donc indispensable. Un groupe  de SOS Homophobie est chargé d'y traquer les homophobes. Cela pose bien entendu, la question de la liberté d'expression sur le web, et des possibilités législatives, ou non. Pour Batholomé Girard, « Le Web n'est que la projection virtuelle de ce qui se passe dans la société ». Si on applique ce même principe, l'injure publique et la diffamation publique punies par la loi française d'une année de prison et de 45 000 euros d'amende seraient égallement de mise pour les délinquants du web.

Les exaspérations se multiplient. Aussi après, huit signalements, Alexandre Marcel, homosexuel et décorateur, Alexandre Marcel.jpg a fini par porter plainte contre Facebook et contre les organisateurs inconnus de deux groupes homophobes  pour « provocation publique à la discrimination, la haine, et la violence » et pour « injure publique ». Il dénonce les propos régulièrement mis à jour, considérant les gays comme des malades mentaux ou propagateurs du VIH.

A Avignon, un autre jeune homme, Nicolas Canut, a également porté trois plaintes pour « complicité d'incitation à la haine et à la violence envers la communauté homosexuelle », contre des pages, qui appellent à bruler les gays et à leur couper les mains. L'enquête, menée par la cellule de lutte contre la cybercriminalité de Nanterre suit son cours.


La contre-attaque s'organise aussi sur la Toile

A défaut d'une législation ou d'une autre démarche, la lutte contre l'homophobie s'organise aussi sur la Toile, notamment sur Facebook.

A la requette "Homophobie", nous trouvons 24 pages, dont la plus populaire "Stop homophobie!" compte 3 816 membres. Pour les groupes, le plus important des 227 est espagnol "NON HO PROBLEMI A PUBBLICARE SULLA MIA BACHECA DUE UOMINI CHE SI BACIANO" avec 9 134 membres et le second est français "Je Recherche 1 000 000 De Personnes Qui Ne Sont Pas HOMOPHOBES" avec 8 569 membres.

A la requette "Non à l'homophobie". La page la plus populaire « Non à l'homophobie », créée le 11 juin 2009, compte aujourd'hui 61 570 fans. Active, elle réactualise tous les jours, les informations, événements, films, articles, discussions... Elle a proposé par exemple de regarder l'émission « La France est-elle homophobe ? » diffusée le 17 mai sur France 3, dans l'émission « Ce soir ou jamais ». Entre le 17 et le 20 mai, 500 fans se sont inscrits, preuve que la journée mondiale du 17 a probablement porté ses fruits.

Concernant les groupes, il en existe 23, le premier "NON à l'homophobie! / ¡ No a la homofobia ! / NO to homophobia!" recense 6 276 membres.

 

Aussi le Kiss-in, organisé sous la Tour Eiffel, mais aussi dans 20 autres pays, en même temps, ce même 17 mai, a été largement relayé, par les pages  Facebook "défendons les droits des homos et des bi" (2 832 fans) ou encore "Je cherche 1 million de personnes qui ne sont pas homophobes" (363 538 fans) ayant diffusé la vidéo promo du Kiss-in.

 

Avaaz, un exemple de site de résistance

D'autres vont encore plus loin. Le site Avaaz, s'est lancé dans la lutte contre le projet de loi discutée avaazlogo_fr.gifau Parlement en Ouganda. En effet, le pays est à deux doigts de réveiller la peine de prison à vie pour tout homosexuels. Luttant pour la défense des Droits de l'Homme, Avaaz a lancé une pétition, ayant pour objectif de récolter 500 000 signataires avant que la loi ne soit votée afin de faire pression. « La loi prévoit l'emprisonnement à vie pour toute personne reconnue coupable d'avoir des relations homosexuelles, et la peine de mort pour les "récidivistes". Les ONG travaillant dans le domaine de la prévention contre le VIH risquent jusqu'à 7 ans de prison pour "promotion de l'homosexualité". Et n'importe quel citoyen peut risquer jusqu'à 3 ans d'emprisonnement s'il est reconnu coupable de ne pas avoir dénoncé une relation homosexuelle à la police dans les 24 heures! » rappelle le site.

Aujourd'hui, l'action a récolté 489 240 partisans... Vous pouvez participer à cette action mondiale ou ajouter sa page Facebook à vos favoris, recensant 111 640 fans, d'ailleurs un décompte mensuel a été installé dans les infos.

D'autres initiatives se développent sur Internet, et prouve l'intérêt porté à l'égalité et la solidarité au niveau mondial.

pour aller plus loin.jpg


Le Parisien, le 17 mai 2010 : Il chasse l'homophobie sur la toile

Le Monde, le 11 mai 2010 : Les agressions homophobes progressent en 2009

Le Figaro, le 11 mai 2010: Internet, défouloir pour l'homophobie

SOS Homophie présente son rapport en vidéo et sur son site

L'Express, le 17 mai 2010 : Internet, terrain de jeu des homophobes

Lire l'article 6e journée mondiale de lutte contre l'homophobie, dans le blog Evènements de Solidaires du monde

Qu'est ce qu'Avaaz ? Le site Internet a été créée par Res Publica, une organisation de plaidoyer citoyen sur les enjeux mondiaux, et par Moveon.org, une communauté internet pionnière dans le plaidoyer en ligne aux Etats-Unis. Avaaz a pour partenaires et soutiens des grandes organisations militantes, comme Service Employees International Union ou encore GetUp.org.au et mise sur les possibilités d'inteconnection qu'offre le web. Il tisse un réseau mondial, envoie des newsletter en 13 langues pour favoriser l'intéret et l'implication de tous quelque soit son pays. En trois ans, avec plus de 4,5 millions de membres, un impact réel de pression se fait sentir sur la politique internationale. Le journal The Economist estime qu'Avaaz est entrain de réveiller les leaders du monde par "un appel assourdissant", le Indian Express applaudit "le plus grand réseau de campagnes en ligne du monde" et le Prix Nobel Al Gore a déclaré "Avaaz est une source d'inspiration et a déjà changé beaucoup de choses."

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18:16 Publié dans Communication / Médias | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : internet, homophie, lutte, homosexualité, pétition, manifestatio, 17 mai, journée mondiale, plainte | | | Digg! Digg

Commentaires

Bonjour

J'ai fait un lien vers votre article, car il est super et complémentaire au notre : (http://www.blog-associations.com/index.php?2010/05/17/217-sos-homophobie-great-global-kiss-in-de-paris-place-du-trocadero-parvis-de-notre-dame-ou-sur-internet)

Merci et bonne continuation

Jean Claude Blog-associations

Écrit par : Jean Claude | 20/05/2010

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