24.03.2011
Premiers enseignements du concours « Apps for Development » organisé par la Banque Mondiale
Les dés sont jetés ! Le vote du grand concours Apps for Development (Développeurs au service du développement) s'est achevé le 28 février dernier. L'annonce des résultats est prévue au mois d'avril, à l'occasion des Réunions de printemps de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international. Une somme totale de 45 000 dollars sera versée aux gagnants (un prix du public et des prix décernés par un jury d'experts).
C'est en octobre 2010 que la Banque mondiale a décidé de lancer ce grand concours. Son but : inviter les développeurs et les acteurs du monde de la solidarité de tous pays à créer des applications en profitant des données de l'Institution. Le public devait ainsi se prononcer en faveur de l'application la plus susceptible de contribuer à la réalisation ou à la promotion des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD).
Ce concours s'inscrit dans le cadre de l'Initiative de la Banque mondiale pour le libre accès aux données aussi appelé open-data. L'Institution n'a pas hésité à voir les choses en grand avec un site dédié qui met en avant, de façon pédagogique et ergonomique, les séries de statistiques rendues publiques.
Qu'est-ce que l'Open Data ?
Il s'agit de proposer à tous, par l'intermédiaire d'un portail unique, un accès libre, gratuit et simplifié (autrement dit, dans des formats facilement utilisables) à toutes les données produites par les administrations publiques.

les mots de l'opendata (source)
En plus de ces données de la Banque mondiale, il existe d'autres célèbres initiatives publiques comme Paris Data , London Data Store ou encore Data.Gov (Gouvernement Obama), qui sont utilisées comme de véritables incitations à la production d'applications pour faire passer les collectivités et les villes dans l'ère du 3.0 c'est-à-dire de l'internet des objets Prochaine étape : la France, qui devrait ouvrir son site sur le modèle du data.gov américain.
Pour Bernard Stiegler, philosophe et directeur de l'Institut de recherche et d'innovation (IRI, Centre Pompidou), l'open data est « un événement d'une ampleur comparable à l'apparition de l'alphabet »
Succès de la mobilisation avec 107 applications proposées et 36 pays participants
L'appel a été entendu à travers tous les continents. Les participants sont originaires de 36 pays, dont la moitié d'entre eux du Sud, contre un cinquième d'Europe. «Il est inspirant de voir que près d'un tiers des applications viennent d'Afrique, et que des développeurs de logiciels et des spécialistes du développement originaires du monde entier utilisent leurs compétences pour relever les défis du développement » a déclaré Aleem Walji, responsable de l'équipe chargée des Pratiques pour l'innovation à la Banque mondiale. Les 107 applications candidates exploitent les données de la Banque mondiale dans des domaines très divers, en lien avec les OMD : santé, environnement, scolarisation, agriculture, inégalités entre les sexes, croissance démographique et mortalité... On notera néanmoins que 70% des applications proposées ne sont pas consacrées à un OMD dédié.
En voici quelques exemples caractéristiques :
- Des services SMS : SMS the World Bank propose un accès aux données via SMS.
- Des applications pour iPhone: Bebemama mobile app - Empowering mothers. Cette application vise à tirer parti de la portée croissante des téléphones mobiles pour apporter des informations de santé prénatale aux femmes. Elle leur fournit un accès facile aux données sur la santé maternelle en utilisant les indicateurs de la Banque mondiale.
- Des jeux destinés aux enfants: Treepet. Ce jeu Facebook sensibilise à la question environnementale et notamment à celle de la déforestation.
- Des outils didactiques et de modélisation statistique: Food Factor donne une référence visuelle rapide de la sécurité alimentaire mondiale et illustre la menace de la faim rencontrée par les pays aujourd'hui et demain.
A noter, bien qu'elles ne puissent prétendre à un prix, de grandes entreprises ont également participé au concours en envoyant des propositions d'application.
Et les applications en tête sont...
Le 28 février, les 5 applications ayant recueilli le plus de votes étaient :
1-Find Correlation of The World (2152 votes) : Outils de mesure de la corrélation. Est-ce que la population mondiale corrélée avec la superficie forestière mondiale et les émissions de CO2 ? Quelle est la relation entre la consommation d'énergie et la croissance du PIB aux États-Unis?
2- MdgApps (1529 votes) : outil de visualisation sous forme de cartes à partir des données de la banque mondiale.
3-World (1035 votes) : ce service va générer des phrases avec des images, des vidéos ou des cartes qui représentent des données aléatoires de de base de données de la Banque mondiale.
4-Know Your World (393 votes) : un quizz sur les OMD, suivant le concept d'apprendre en s'amusant.
5-Blind Data (365 votes) : outil pour explorer la disponibilité des données. Pour toute question, le site indique où et pour quelles périodes de temps les données sont disponibles.
Au-delà du concours : une ouverture aux savoirs
Avec plus d'une centaine d'applications générées par de développeurs du monde entier, le concours a suscité beaucoup d'intérêt. Dans le même temps, seulement 3 applications se sont véritablement détachées en dépassant les 1000 votes. Si Find correlation est basé sur un concept intéressant, nous sommes curieux de le voir à l'œuvre. Ne doutons pas que le jury sera là pour mettre en avant certaines applications peut être plus modestes mais tout aussi intéressantes. Au-delà de la dimension médiatique, ce type d'initiative est particulièrement intéressant puisqu'il rend accessible des informations jusque-là interdites d'accès au grand public aussi bien pour des questions de sécurité que de complexité. Les applications développées vont encore plus loin dans ce processus d'ouverture du savoir et des données.

- Site web du concours happsfordevelopment.challengepost.com/
- Blog : blogs.worldbank.org/insidetheweb/a-global-challenge-a-glo...
- Site Web Données en libre accès http://donnees.banquemondiale.org/frontpage
- Opendata: http://www.slideshare.net/libertic/lopendata-5128072
- L'article de Daniel Kaplan sur Internetactu : L'ouverture des données publiques, et après ?
- Le dossier opendata de Regards sur le Numérique

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| Tags : opendata, banque_mondiale, application |
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17.03.2011
Internet, entre le Japon, la Cote d'Ivoire et la Libye.
En ces temps d'expression de citoyenneté et de liberté, de catastrophe naturelle et de catstarophe nucléaire, Internet est une fois de plus au centre des quatre coins du monde. Il ne s'agit pas de démontrer ici la force, l'influence et l'importance de l'outil, les faits d'actualité notamment tunisiens ou égyptiens, parlent d'eux-mêmes. Les blogueurs, simples internautes ont trouvé leur place pour s'exprimer et se faire entendre mais surtout contre-balancer les versions officielles et raconter au monde leur réalité (notamment sur Global Voices, Mondoblog de RFI et Les Observateurs de France 24). Faisons plutôt un point sur les URL à suivre que vous soyez plus intéressé par le Japon, la Cote d'Ivoire ou la Lybie.
Japon :
Qui mieux que Google pour diffuser des infos sur le web ? Et oui, le moteur de recherche se mobilise et se mobilise fort, comme il l'avait faitpour Haiti, via son blog : Googleblog. Il offre une douzaine de service, comme par exemple :
- Le Japan Person Finder pour retrouver des Japonais où se déclarer afin de rassurer ceux qui nous cherche
- Google Crisis Response qui offre des informations, à qui faire des dons, quelles sont les dernieres news, videos, images, etc.
- Picasa spécial Japon qui offre des photos du pays
- Une Google map sur le Japon, mais aussi une carte sur les centrales nucléaires ou le trafic automobile de l'île.
Les Maps : d'autres sites que Google proposent des cartes plus ou moins en temps réel, comme Ushahidi, qui s'est penché sur Sinsai plus particulièrement et sur le Japon plus largement, ou encore OpenStreetMap. Bien sûr les informations se diffusent sur Twitter, avec les "#" suivants : #japon, #japan, #helpjapan, #nuclear, #tsunami, #Fukushima, #jpquake, #jisin, #jishin, #hinan, #eqJP, #prayforjapan, ainsi que des comptes pertinents comme @NNSANews Washington, D.C. (The National Nuclear Security Administration), ou des blogueurs comme @oohamazaki, @mitsu_1024, (ce qui n'a aucun intérêt si vous ne lisez pas le japonais), ou @mamachari, @shirafu (ce qui est beaucoup plus intéressant si vous parlez anglais). Ces comptes alimentent des pages japonaises spéciales. Twitter a mis égelement à disposition son blog japonais pour être cohérent dans les "#" choisis.
Les dossiers des "Pure Player" consacrés au Japon en cliquant ici sur Rue 89 ou GlobalVoices.
Côte d'Ivoire :
Les évènements qui ne semblent que s'aggraver en Côte d'Ivoire sont également repris en masse sur la toile.
Voici des exemples de compte à suivre sur Twitter : @Sanders225, la liste @civ2011, @annagueye, @SenamBeheton, @jeanettemallet, @nnenna, @ekbensah, @Belligiani, @Darth_Sideous, @Sanders225, @DirectScoop, @yoroba, @LaurentGbagbo10, @AbidjanNews, @akendewa, @wonzomai, @diabymohamed ainsi que les #civ2010, #civ2011, #wonzomai, #civ, #ecowas, #cedeao. Le billet de Edith Yah Brou sur l'Atelier des médias complète cette liste, elle propose en effet des comptes Twitter ivoirien par thématique.
Sur Facebook, devenez fan des pages Adosolutions, Adosolutions Adovictoire, RHDP Solutions, Laurent Gbagbo, Victoire pour Laurent Gbagbo, Simone Ethivet Gbagbo
La carte de crise, Wonzomai, créée pour les élections présidentielles est toujours d'actualité. Le site utilise le concept d'Ushahidi, permettant de signaler des évènements dénonciables et de les géolocaliser (par mail ou sms). Nous l'avions présenté au moment des élections dans cette note.
Voici par ailleurs quelques sites et blogs (officiels et officieux) à suivre, que vous ayez un partis pris ou non : Le site de Laurent Gbagbo, le blog de Claudus, le blog de Theophile Kouamouo, Avenue 225, le site Adoboysgirls, le site d'Abidjan, le site du CIPJ, (Comité Ivoirien pour la Protection des Journalistes).
N'hésitez pas non plus à consulter la page et le dossier Côte d'Ivoire des Obervateurs de France 24, le dossier spécial de Global Voices, mais de nomberux articles sont également à lire un peu partout comme "Comment les pro-gbagbo s'organisent sur le web" par l'Express ou le reportage photos "My country has two presidents". A noter que les blogs de l'Atelier des médias/RFI/Mondoblog sont particulièrement intéressants, notamment le Blog de Stéphane Goué, le Blog d'Israel Yoroba ou la page de Suy Kahofi.
Libye :
En Libye, la situation n'est pas non plus réglée. A l'heure où est rédigée cette note, le colonel Khadhafi semble reprendre des villes tombées auparavant. Pour faire le bilan en temps réel, des crisis map sont déclinées : comme la Mapping Violence Against Pro-Democracy Protests in Libya permettant de visualiser les actions violentes contre les opposants au régime accompagné du témoignage et du compte Twitter respectif. Mais nous trouvons aussi la Libya Crisis Map, réalisée avec la performance Ushahidi, ou la carte interactive de The Gardian, diffudant en direct les comptes Twitter des journalistes, blogueurs et experts des pays du Moyen-Orient.
Pour détourner la censure, les Anonymous ont créé l'Opération Lybie, afin de relayer un maximum de photos et de vidéos issues du pays (cette opération a déjà été expérimentée pour l'Egypte). Un compte Twitter est lié à cette opération : @oplybia ainsi qu'une page Facebook et un site s'y rapportant : Liveword Libya.
Rev11.info est une page de base minimaliste, régulièrement mise à jour indiquant les comptes fiables à suivre sur Twitter, les sites internet de référence et des conseils pour exporter des informations et supports médiatiques. On y trouve également une compilation des "#" à suivre pour chaque pays, notamment la Lybie : #feb17, #Libya, #Gadafi, #Gaddafi, #tripoli, #Libye, #kadhafi, #Benghazi, #Baida, #Misrata, #GaddafiCrimes. Vous pouvez suivre la liste de Global Voices Twitter List: Libya Unrest 2011, mais aussi celle de Mohamed ElGohary: Libya List ou encore celle de Dima Khatib: Libya #Feb17.
N'hésitez pas à lire cet article La fièvre de la cyberdissidence à l'assaut du régime de Kadhafi disponible dans le dossier spécial Lybie de France 24.
Pour ces trois situations, bien que différentes, Internet permet l'utilisation du temps réel (la crisis map), la diffusion d'informations formelles (comptes officiels) et citoyennes (blogs plus ou moins activistes), un effet d'entrainement et de rassemblement (micro-blogging), le partage de la réalité visualisée (video, image, audio), le détournement de tout risque de censure ou de mensonge (inter)national (Speak2Tweet par exemple, mis en place par Google et Twitter permettant d'émettre des tweets audio sur boite vocale). Tout pour répondre par l'affirmative à la question psoée par Rue89 dans son excellent article: "Après la Tunisie, Internet sert-il à faire la révolution ?"
18:02 Publié dans Droits de l'homme / Plaidoyer | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : internet, revolution, reseau social, japon, côte d'ivoire, libye |
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