22.09.2011
Concours vidéo web Macif 2011 sur DailyMotion
Depuis 5 ans, la Macif organise un concours qui récompense les meilleurs films et vidéos sur des initiatives et solutions sociales et solidaires. Objectif : montrer qu’il est possible de mettre l’économie au service de l’homme et de mener des projets collectifs pour faire face aux grands défis sociétaux et environnementaux.
Cette année, la Macif renouvelle ce projet qui, grâce à vous, prend de l’envergure. Etudiants, amateurs ou professionnels, vous êtes tous concernés par le thème qui anime le concours cette année, la solidarité intergénérationnelle ! Mettre en avant le lien social, la solidarité, et l’économie au service des hommes, tels sont les enjeux dont vous serez l’initiateur à travers votre réalisation cinématographique.
Deux prix, deux façons d’y participer :
Vous voulez créer un message original, fort, percutant, invitant à renforcer les liens entre les générations?
Participez au Prix du Film Web Macif sur Dailymotion en réalisant un court métrage de moins de 2 minutes et invitez vos amis à voter sur Dailymotion : les dotations vont de 1000 € à 2500 € !
Vous avez réalisé un film, de 52 minutes maximum, mettant en avant l’économie sociale et solidaire, invitant à renforcer les liens entre les générations?
Le Grand Prix est fait pour vous, avec à la clé une dotation de 7 500 € !
La participation au concours est ouverte jusqu’au 15 octobre.
Plus d’informations sur le Prix du Film Web Macif 2011 sur les pages :
- Dailymotion : www.dailymotion.com/contest/macif
- Facebook : www.facebook.com/Prixdufilmwebmacif
- Dossier de participation au Grand Prix sur www.macif.fr
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Digg
17.02.2011
Avantages des réseaux sociaux (et inconvénients)
Les réseaux sociaux ont révolutionné Internet. On peut définir la communication via les médias sociaux comme « le fait de communiquer en utilisant tous les moyens proposés par Internet pour initier un dialogue, échanger, partager, écouter, entrer en relation... »1 . Les grands gagnants sont les blogs, Facebook, Twitter, Youtube, Dailymotion, Flickr.

S'exprimer à titre personnel ou au nom de votre association
Avant toute chose, il est important de différencier la prise de parole sur les médias sociaux à titre personnel ou au nom de votre association. Les avantages et inconvénients ne sont pas les mêmes.
A titre personnel, nous vous conseillons d'être vigilant. Même si vous verrouillez l'accès à tous vos comptes, l'information peut quand même circuler (photos de soirées, etc.) via les contacts que vous nouez et entretenez sur les réseaux sociaux. Il faut bien avoir conscience que l'espace sur les réseaux sociaux est un espace social et en aucun cas un espace privé.
Au niveau de votre association, il faut accepter la co-construction et la co-diffusion des messages. C'est là, la force même des réseaux sociaux. Il ne faut pas en avoir peur. Au contraire ! Vous avez tout intérêt à ce qu'on parle de votre association, de vos projets sauf si vous travaillez sur une thématique dite sensible. Qui plus est, cela permet de rentrer directement en contact avec vos adhérents, vos donateurs, des bénévoles, des journalistes, etc.
Les avantages des réseaux sociaux pour votre association
Facebook, Twitter, etc. offrent des fonctionnalités de partage propices à la viralité. L'internaute a la possibilité de partager à tout instant n'importe quel contenu. La diffusion de l'information ne coûte rien.
Au-delà de la viralité, les réseaux sociaux donnent l'opportunité à l'internaute de contribuer. Il a désormais un rôle actif et peut relayer certaines de vos informations via un blog, un wiki, un commentaire/avis/opinion/notation/vote... notamment sur les médias sociaux. D'où l'importance d'encourager la collaboration en créant des communautés et en échangeant avec elles, voire même en les rencontrant.
Les inconvénients des réseaux sociaux pour votre association
Les réseaux sociaux présentent quelques limites qui sont loin d'être insurmontables. Comme toute action de communication, ils peuvent être chronophages notamment au niveau de la construction de votre communauté. Il faut prendre le temps de connaître sa communauté.
Vous êtes responsable du contenu publié sur vos espaces, vous devez donc faire attention à ne pas diffuser des informations outrageuses, diffamatoires, ou en votre défaveur. A noter que la confidentialité et l'effacement de vos données ne sont pas garantis sur les réseaux sociaux.
Pour agrandir l'image, cliquez dessus :
Traduction et adaptation de la version anglaise de CMO
Interactivité, collaboration, instantanéité, mobilité, conversation, création de communautés, médiatisation des contenus, organisation d'évènements, rencontres, accès à de nouvelles sources d'informations, facilité d'utilisation, gratuité, accès à un large public sont autant de points positifs. Les possibilités semblent sans limite surtout en combinant habilement les différents médias sociaux (Facebook, Twitter, blogs, Youtube, etc.). Alors à vos claviers et peut être à bientôt sur Twitter et Facebook.
N'hésitez pas à nous laisser un commentaire !
[1] Définition issue du blog de Cédric Deniaud
Pour aller plus loin :
- Participez à la prochaine formation « Utiliser Internet au service de la solidarité Internationale » organisée par Internet Sans Frontières, Solidaires du monde et l'Agence Française pour le développement. Cette formation a lieu toutes les six semaines.
- Découvrez la présentation faîte au CAP : Le Blog au service des associations
- Retrouvez-nous le 18 mai 2011 au CAP pour une nouvelle présentation
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| Tags : réseaux sociaux internet, avantages réseaux sociaux, inconvénients réseaux sociaux, définition réseaux sociaux, association |
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Digg
11.02.2011
Faites le pari de Jumo, le Facebook de la Solidarité !
Lancé en novembre dernier dans sa version béta, Jumo, le réseau social, qui veut dire «ensemble» en yoruba, langue d'Afrique de l'Ouest, sert à trouver des associations caritatives dans le monde entier, à suivre leur activité et à leur faire des dons.
A sa tête, Chris Hughes, un jeunot de 26 ans, cofondateur de Facebook, également «cerveau» de la campagne Internet de Barack Obama en 2007-2008.
«Je souhaite vraiment sortir du vieux modèle où vous devez compter sur les dix dollars que va donner une personne après une crise humanitaire, expliquait-t-il au quotidien américain LA Times. Il s'agit de créer un nouveau modèle où les gens donneront non seulement de l'argent, mais aussi leur temps et leurs compétences pour les causes qui leur semblent significatives.»
Pour pouvoir naviguer sur Jumo, qui se présente comme une entreprise à but non-lucratif, il suffit de se connecter à partir de ses identifiants Facebook, via la fonctionnalité Facebook Connect. L'internaute peut ensuite sélectionner les causes qui lui tiennent à cœur en lançant des recherches parmi les milliers d'organisations répertoriées par Jumo.
A l'origine, il était prévu qu'une fois connecté sur le site, l'internaute doive répondre à une quinzaine de questions destinées à établir son profil : "Quel pays souhaiteriez-vous visiter en premier ?", "Quelle langue aimeriez-vous apprendre ?", "Diriez-vous que le monde va en s'améliorant ou s'empirant ?", etc. En fonction de ses réponses, Jumo s'engageait à lui proposer une liste d'associations qui pourraient l'intéresser. Libre ensuite à l'internaute de donner suite ou non. Dans la béta ce n'est pas le cas. L'idée de ce profilage reviendra-t-elle ?
Une fois ses choix effectués, le membre peut suivre le profil de cette organisation humanitaire ou de cette association, pour notamment se tenir au courant de leurs activités, de leurs campagnes d'informations, et éventuellement leur faire des dons (seulement pour les USA puisqu'il nécessite un EIN, Employer Identification Number) ou leur proposer de les aider dans leurs actions.
Un Yelp pour association
A priori, toutes les causes sont permises, mais l'équipe de Jumo, encore minuscule avec huit employés, veillera à prévenir d'éventuels dérapages. On comptait 10 000 assos au bout de 2 semaines.
Mi-décembre à New York, Chris Hughes a résumé le principe : «Jumo, c'est un peu comme ce que fait Yelp (site de recommandations, NDLR) pour les restaurants.» Chaque organisation peut avoir son propre site, mais il est plus pratique et moins coûteux d'apparaître sur une plateforme unique et conviviale comme Jumo, surtout pour les petites et moyennes ONG. Pour se financer, en attendant les sponsors, Jumo compte sur un «pourboire» des internautes. Ceux-ci décideront s'ils souhaitent lui consacrer 0, 10, 15 ou 20 % de leur don.
Ex d'associations déjà présentes :
Croix-Rouge française (14 abonnés)
Doctors Without Borders / Médecins Sans Frontières (MSF) (plus de 4000 abonnés !!!)
Oxfam (234 abonnés). Attention, ce compte n'est pas officiellement géré par Oxfam.
Against malaria (près de 1000 abonnés) contre seulement 238 sur facebook ...
Association SHERPA (3 abonnés)
Babyloan (6 abonnés)
A noter que parmi les grands acteurs institutionnels du développement seul le Dfid (britannique) est présent :
DFID - UK Department for International Development (31 followers)
Comment fonctionne une page ?
L'inscription est assez simple mais nécessite un compte sur Facebook puisque Jumo y est fortement lié.
On choisit ensuite ses thèmes.

On sélectionne parmi quelques ONG proposées.

Vous arrivez ensuite sur votre homepage.

Vous pouvez ajouter votre association en cliquant sur "Add a Project."

Attention : seule une personne peut devenir administrateur d'une page. Une page peut être créée et restée sans administrateur (cf celle d'Oxfam).

Pourquoi faut-il y aller ?
Parce que c'est un réseau social dédié
Etre visible auprès de ses sympathisants, mettre en avant ses actions et ses projets, rencontrer ses publics et/ou ses futurs volontaires, en s'adressant à une communauté déjà existante permet un impact plus grand.
Parce qu'il y a peu de francophones
Pour l'instant la communauté francophone, notamment la population très connectée, est intéressée mais les ONG francophones y sont rares. Une bonne façon de se faire connaitre auprès d'un public influent et prescripteur.
Parce que c'est le lieu pour que les ONG de toutes tailles puissent se faire entendre
Etre sur Jumo ne nécessite pas de gros moyens puisqu'il est « pluggé » à Facebook (et Twitter dans une moindre mesure) et relaye donc des contenus déjà existants. Là encore une ONG de taille réduite pourra exister si elle rejoint rapidement Jumo et s'y montre active.
Solidaires du monde y est déjà, rejoignez-nous : page de Solidaires du monde sur Jumo !
16:23 Publié dans Communication / Médias | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : jumo, reseau social, associations |
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Digg
10.12.2010
Infographie sur internet : attirer l’attention vers les données des acteurs de la solidarité
Séduisantes, efficaces, directes, facilement partageables, les infographies (ou Dataviz) ont le vent en poupe en ce moment, dans la presse classique mais aussi sur le web. Lors de l'introduction du concept dans la langue française vers les années 1970, l'infographie désigne uniquement les graphismes, que l'on appelle alors « infographies » (mot valise exprimant l'idée d'information par le graphisme), destinés à mettre en images des informations généralement statiques au moyen de diagrammes, de cartes ou de schémas. Aujourd'hui, le concept d'infographie s'est élargi à tous les graphismes produits par des moyens numériques.
Des médias comme lemonde.fr ou Owni en sont friands. Au-delà du sempiternel diagramme circulaire ou du tableau réservé à l'analyste, les infographies sont là pour dire des choses, rendre compréhensibles les chiffres et les enjeux qu'ils soulèvent et transmettre de l'information. Ces infographies permettent l'accès des données à un plus grand nombre, elles se prêtent à une lecture rapide et approfondie et sont aisément redistribuables aux réseaux de connaissances de leurs lecteurs. Les associations et les acteurs du non-profit s'y mettent et comprennent l'intérêt de publier toutes ces données qu'ils collectent du terrain.
Histoire d'image et de sens
En tant qu'image rationnelle, la représentation graphique se distingue à la fois de l'image figurative et de la mathématique.
Les images graphiques ont d'abord été conçues, et d'une certaine façon c'est encore le cas aujourd'hui, comme des reproductions de la nature visible (même schématisées). Il faut en fait attendre le milieu du XVIème siècle pour entrevoir à Oxford d'autres formes graphiques avec l'apparition de représentations quantitatives et notamment de diagrammes.
La graphique utilise le système dit monosémique. La connaissance de la signification de chaque signe est antérieure à l'observation de l'assemblage de signes. Chaque élément y est défini à l'avance. La perception consiste alors à caractériser les relations qui s'établissent dans l'image, entre différentes images, ou entre l'image et la réalité. Des conventions sont fixées, il convient de ne pas les discuter.
Avec la fin du XXème siècle, le système de signes franchit une étape nouvelle et fondamentale, sous la pression de l'information moderne et grâce au développement de l'informatique. On perçoit désormais clairement une différence entre la représentation graphique d'hier, qui restait associée à l''image figurative et le graphique de demain, marqué par la disparition de la domination de l'image en tant que telle. Le graphique est devenu, notamment en raison de sa maniabilité, un instrument de traitement de l'information.
Les graphiques constituent des composantes importantes des quotidiens, des études, des rapports parce qu'ils donnent une information à la fois visible et synthétique et fondée le plus souvent sur des chiffres donc scellé du sceau de l'objectivité. C'est ainsi qu'est né le data journalism. Et c'est dans cette mouvance que les premières infographies consacrées au non-profit sont apparues.
Démonstration, par l'exemple, de quelques utilisations possibles des infographies.
Faire passer un message fort de façon direct : le plaidoyer
Les images parlent directement. Le message peut être transmis de façon plus claire.
La vraie taille de l'Afrique est une infographie frappante qui met en relation les populations des pays du monde avec les populations d'Afrique.
Allant à contresens de l'image véhiculée par la fameuse carte que nous avons tous en tête (la projection de Mercator ), cette représentation tend à rappeler la taille d'un continent souvent oublié. Elle rappelle également que plus d'un milliard de personnes y vivent. Cette visualisation d'information a beaucoup circulé sur les réseaux sociaux, retweetée près de 200 fois (estimation grâce à l'outil http://backtweets.com). Des critiques ont été faites sur le respect des proportions (première version) ce qui a amené à une version corrigée en Creative Commons, elle aussi reprise plus de deux cents fois. On pourra néanmoins regretter l'absence de prise en compte de la population.
Appel à l'action : la polio peut être éradiquée.
Mais l'infographie, au-delà de frapper l'esprit, peut être militante et incitative. Des associations, des fondations peuvent l'utiliser dans une démarche de mobilisation.
Dans une infographie comme celle-ci, le titre joue un rôle important. L'auteur de cette infographie, la fondation Gates, produit un grand nombre d'infographies qu'elle utilise directement et qu'elle transmet à des relais d'opinions comme les medias (on pense notamment au Guardian ).
La fonction est ici d'étayage. Les illustrations participent à la construction de l'argumentaire développé par l'auteur dans un texte. Autrement dit, elles ont valeur de preuves dans le cadre d'une démonstration développée dans le texte principal. Certes, les illustrations peuvent contenir de l'information complémentaire mais celle-ci ne peut être considérée comme le vecteur de la fonction principale: elle constituerait plutôt une qualité secondaire au service d'une stratégie de conviction. L'illustration atteste alors la véracité des informations contenues dans le texte.
Le web est en temps réel, les infographies aussi
A l'occasion de la journée mondiale du Sida du premier décembre dernier, l'ONG Red a mis en place un dispositif de mobilisation et de sensibilisation.
1er Décembre : journée mondiale du Sida.
#turnred & les actions à l'échelle mondiale
Une de ces actions mettait en jeu Twitter et Facebook : à travers un dispositif de visualisation, tous les messages comportant le hashtag #turnred étaient relayés sur une carte interactive. Ce dispositif de cartographie en temps réel n'est pas une première. Sur le même principe, Ushahidi mobilise régulièrement les cartes pour organiser la réponse des secours en situation de crise (par exemple à l'occasion des très récentes élections ivoiriennes). Dans ces cas, la carte devient un support d'organisation de l'action.
Les rapports et les bilans : retour sur les résultats partagés
Communiquer sur les résultats de son action en interne et/ou en externe est une priorité pour les associations.
Certaines illustrations ont pour fonction de reprendre sous une forme condensée une partie de l'information contenue dans le texte principal. Contrairement aux fonctions d'information, l'usage correspond ici à un passage du code écrit au code visuel, à une traduction condensée, de l'information verbale dans une forme figurée. Pour le lecteur, elle permet de considérer en une même appréhension des caractéristiques, des relations difficilement exprimables par les mots. Elle transmet donc de façon synthétique un ensemble de données.
On peut citer l'initiative de Médecins Du Monde qui a décidé de transmettre les enseignements de son observatoire sur l'accès aux soins des plus démunis en France auprès du public sous cette forme.
Observatoire de l'accès aux soins de la mission France - Rapport 2010
Un autre exemple est l'Amfar qui présente une version web de son rapport avec notamment une carte de ses lieux d'intervention...
Lieux et types d'intervention de l'Amfar
L'Analyse à froid
Le ressenti devant le désastre du Pakistan, dont nous avions déjà parlé, fut la sensation d'une différence de traitement par rapport au désastre Haitien. Il restait à les comparer, c'est chose faite avec cette infographie qui met en lumière les différences dans les dons à l'échelle globale mais aussi à une échelle plus locale. On peut ainsi noter la beaucoup plus faible participation des Etats Unis et des individus pour le Pakistan. Un Pakistan soutenu par l'Arabie Saoudite. Les relations géopolitiques apparaissent.
Haiti vs le Pakistan : qui a reçu le plus d'aides ?
Le constat, pour aller plus loin ?
Sur le blog Huit fois oui (rédigé comme Regards sur le web par l'équipe d'administrateurs de la plateforme de blog Solidaires du monde), une carte mettant en avant quelques avancées des OMD a été présentée : « La carte a pour objectif de représenter les Etats qui font le plus de progrès dans la lutte contre la pauvreté. » Une façon de mettre en valeur les bons chiffres.
Les infographies dynamiques sont particulièrement utiles pour mettre en avant des évolutions (on pense ici aux présentations de Hans Rosling) et des comparaisons entre pays ou thèmes.
Une carte interactive publiée sur le Center for Global Development met ainsi en avant la contribution des pays riches à l'aide au développement par thématiques et en fonction des régions d'affectation.
Contribution des pays riches à l'aide au développement
Dans une même démarche comparative, mais placée cette fois sous l'angle des pays pauvres, on pourra se reporter sur l'infographie interactive proposée par le Guardian et la fondation Gates. La scénarisation y est intéressante, toute comme la synergie entre texte et image, mais l'organisation (notamment la présentation de la légende qui n'arrive qu'en milieu de parcours) ne facilite pas la compréhension.
OMD : les progrès en matière de lutte contre la pauvreté
Surfant sur un succès grandissant et une adéquation avec la lecture sur le web : les données brutes des acteurs du secteur caritatif sont propices à la réalisation de belles infographies. Reste à convertir et à scénariser ces données. Les grandes associations et fondations disposent de moyens qui expliquent qu'ils soient les premiers à se tourner vers ce format de documents. Néanmoins des solutions gratuites de visualisations de données existent comme Gephi, Manyeyes, Timetric et même Google propose des outils de visualisation qui permettent à chacun de donner quelques coups de pinceaux sur leurs tableaux de chiffres. Aux plus motivés de se lancer !

- Entretien avec Simon Rogers, le data-blogueur, par Ziad Maalouf de l' Atelier des Médias
- 200 ans, 200 pays en 4 minutes par Hans Rosling
- Beaucoup de sites et blogs relayent des infographies. On peut citer : FlowingData, Cool Infographics ou Visual complexity. L'un d'eux s'intéresse plus particulièrement à des questions plus sociétales : Good. Enfin on n'oubliera Twitter comme outil de veille. Vous pouvez suivre par exemple le hashtag #infographic...
- Et si vous voulez voir ce qu'il est possible de faire, une de nos "tentatives" de réalisation grâce à l'outil de visualisation de Google sur la Perception du degré de corruption dans le monde à partir des données de Transparency International

12:13 Publié dans Communication / Médias | Lien permanent | Commentaires (6) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : infographie, dataviz, non-profit, solidarité, vulgarisation, données, grand public |
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Digg
25.11.2010
Téléphonie mobile et développement en Afrique Subsaharienne
Il y a quelques mois, nous avons eu l’opportunité d’assister à une conférence organisée à l’Agence Française de Développement sur la téléphonie mobile dans les pays en développement. Parmi les intervenants, Jenny Aker présentait les résultats de ses recherches sur les usages du mobiles dans les pays d'Afrique subsaharienne.
Professeur à l'Université Tufts Fletcher School dans le Maryland aux Etats Unis. Jenny Aker travaille principalement sur l'impact des technologies de communication dans les pays pauvres.
La note suivante est inspirée d'un article du Center for Global Development titré : Les téléphones mobiles sont-ils en train de révolutionner le développement en Afrique, ou sont-ils seulement des gadgets ? Question à laquelle Jenny Aker répond par oui et par non, avec les arguments suivants.
Infrastructures et accès au mobile
Nous savons que l’utilisation du téléphone portable s'est répandue à travers l'Afrique à un rythme étonnant. Le pourcentage d'Africains qui accèdent au téléphone mobile est passé de 10 % en 1999 à plus de 60 % en 2008.
Cette amélioration de l'accès au mobile devance largement le développement d’autres infrastructures comme les routes (29% des routes africaines sont asphaltées) l'adduction d’eau potable ou encore les infrastructures d'électricité (moins de 25% de la population d'Afrique accède à l'électricité) ou de téléphones fixes (3 lignes de téléphone fixe pour 100 habitants).
Contrairement aux pays du nord, le terminal est souvent partagé entre plusieurs habitants. Cela explique le chiffre de 60 % de couverture et cela traduit le besoin et l'utilité des télécommunications pour les populations.
Applications du mobile pour le développement
Quatre applications du mobile sont identifiés dans l'étude de Jenny Aker et Isaac Mbiti : Mobile Phones and Economic Development in Africa, en réponse aux problèmes des plus pauvres :
- Les téléphones permettent une meilleur gestion des risques en facilitant le recours aux réseaux familiaux, qui, pour beaucoup d'Africains, sont les principaux et souvent les seuls filets de sécurité en cas d'urgence financière ou médicale.
- La plateforme Ushahidi est un exemple d'application mobile et web qui permet la géolocalisation d'informations envoyées par téléphone mobile pendant des situations de crise
- Le succès de services d'envoi d'argent comme Mpesa au Kenya est une illustration des services déployés grâce aux réseaux mobiles.
- Les téléphones réduisent l'asymétrie d'information et fournissent des informations précieuses sur les marchés des produits agricoles ou sur les besoins en main d’œuvre. Cela permet d'économiser des coûts de transport et du temps.
- Les agriculteurs peuvent connaitre le prix de vente de leurs cultures dans des villes distantes.
- Les demandeurs d'emploi peuvent se renseigner sur les possibilités de travail éloignées de chez eux.
- Les agriculteurs peuvent connaitre le prix de vente de leurs cultures dans des villes distantes.
- Les téléphones permettent une meilleure gestion des stocks. Un commerçant en rupture peut joindre son fournisseur et demander une livraison en évitant les pertes induites par le délai d'approvisionnement.
- Enfin, les téléphones sont utilisés pour améliorer la prestation et le suivi des services publics de base. Grâce à un SMS, des données médicales peuvent être transmises à un hôpital éloigné ou alors, les villageois peuvent signaler une pompe à eau cassée.
Le mobile est un élément du développement
Si Jenny Aker est enthousiaste sur les avantages des téléphones mobiles pour le développement, elle rappelle qu'ils ne constituent qu'une partie de la réponse : « l’accès aux téléphones mobiles n’est pas une solution miracle. Les mobiles ne peuvent pas remplacer les investissements dans les biens publics, la santé et l'éducation. Ces investissements combinés à ceux dans les TIC sont les conditions d'une promotion de la croissance économique. »
Interview audio de Jenny Aker (en anglais )

- Etude de Jenny Aker et Isaac M. Mbiti, juin 2010 : Mobile Phones and Economic Development in Africa (.pdf)
- Article sur le webdocumentaire Africascopie sur le développement du mobile et des cybercafés dans les grandes villes du Sénégal et du Mali, avril 2010
- Rapport sur les modes d'appropriation innovants du téléphone mobile en Afrique (.pdf)
- Articles critiques sur téléphonie mobile et développement : En Afrique, le développement du téléphone mobile ne fait pas de miracles – Le Monde 13/11/2009 et Mythes et réalités des usages mobiles dans les pays en développement (1/3) : le mobile n’est pas l’internet… hélas – Internetactu 10/11/2009
- Carte de la Présence des mobiles en Afrique et de l'utilisation d'Internet des pays les plus connectés, août 2008

Et si vous avez un téléphone mobile inutilisé, vous pouvez consulter le site de la société monextel qui propose de choisir parmi une liste d’association, celle que vous voulez soutenir en versant la valeur de votre téléphone portable. (Nous avons cherché des organisations qui proposent la réparation et le reconditionnement de portables à destination des pays du sud, mais nous n'en avons pas trouvé).
Ces modèles sont intéressants mais il faut garder à l’esprit le fait que les pays du sud reçoivent quantité de matériels électroniques de seconde main, alors qu’ils ne disposent pas des infrastructures permettant d’éviter que ces déchets ne polluent les sols et les cours d’eau. Il faudrait donc trouver un moyen de financer la collecte et le recyclage de déchets électroniques dans les pays du sud sans que cela ne mette en danger environnements et populations.
12:06 Publié dans Communication / Médias | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : telephone, mobile, afrique, usage, ntic, développement économique, information, tic |
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Digg
09.09.2010
L'utilisation de la vidéo en ligne par les opérateurs de l'aide publique au développement
Nous pouvons affirmer aujourd'hui que la vidéo est un véhicule privilégié de la circulation de l'information sur internet. Youtube est ainsi au mois de septembre 2010, le 3e site le plus visité au monde. Le classement est le même en France où Dailymotion prend de son côté la 15e place*. Le moteur de recherche Youtube est plus utilisé que le moteur de recherche Google par les jeunes américains. A contrario, nous aurions tort de survaloriser les jeunes utilisateurs, 38 % ont tout de même plus de 35 ans et ce chiffre continue de croître.
La majorité des contenus sont produits par des amateurs et des passionnés. Né pour être un contenu généré par les utilisateurs, la part des contenus produits par des sociétés ou des associations est en pleine croissance. Globalement, la quantité et le nombre de visionnage des contenus amateurs dépassent de loin ceux des contenus mis en ligne par des organisations professionnelles. Reste malgré tout qu'à la lecture des vidéos les plus vues, 1 seule des 5 vidéos les plus consultées est produite par un amateur.
La vidéo est incontournable
Avec le développement du web social, la vidéo est devenue incontournable. Elle prend une dimension croissante dans la relation tissée entre les organisations d'aide au développement et leur public. Chaque acteur étudié présente plus d'une soixantaine de vidéos sur Youtube et parfois sur Dailymotion. La Banque Mondiale est particulièrement active. Avec 586 vidéos publiées, l'institution se montre particulièrement dynamique et est présente sur la plateforme depuis 2006. La plus vue reste celle d'un enregistrement de la chanson "Ghana Fist Peace Song", seule vidéo postée par les opérateurs de l'aide au développement à dépasser les 100 000 vues. La Banque Mondiale va d'ailleurs assez loin dans l'optimisation en proposant 23 playlists (régionales ou thématiques) et quatre autres chaînes dont l'une est réservée à l'Amérique Latine. Mais avec seulement 7 vidéos et une moyenne de 100 vues pou chacune, on peut se demander si le choix de séparer la région est pertinent. Le Dfid britannique ou le PNUD (Programme des Nations Unies pour le développement) sont également assez présents en publiant des vidéos toutes les deux semaines. Un intérêt pour l'objet filmique qui n'est pas pour autant forcément pleinement partagé par tous les opérateurs de l'aide au développement. Ainsi, avec seulement 37 vidéos pour la chaine principale USaid reste en retrait (on atteint péniblement les soixante en y ajoutant les chaînes dédiées à des régions d'intervention comme le Maroc ou à Gaza).
En France, l'AFD dernière arrivée sur les plateformes, a d'ores-et-déjà dépassé le nombre de vidéos postées par l'USaid. Pour comprendre ce retard, il faut noter l'importance accordée par l'institution française d'une bonne maitrise de leur production audiovisuelle d'où la présence de nombre de vidéos sur son site. Bien que présente sur Youtube, elle a privilégié Dailymotion notamment en raison de la forte présence de la plateforme sur le web francophone (on notera également la présence de quelques contenus anglophones publiés par le Dfid). Autre particularité, si la plupart des acteurs ont préféré des noms de chaîne faisant explicitement référence à leur organisation, le choix de l'AFD a été tout autre se plaçant dans une logique utilisateur plus qu'émetteur en choisissant comme nom "aideaudeveloppement".
Chaîne de l'AFD sur Dailymotion
Tordre le cou à l'idée reçue qu'il faut être court
La Banque Mondiale présente une grande variété dans la durée des vidéos. Elle voit leur durée s'étendre d'une minute à 2 heures. L'analyse des plus regardées montre d'ailleurs que parmi les 10 vidéos les plus populaires, aucune ne dure moins de 5 minutes. Un joli pied de nez à l'idée qui veut que sur le web les vidéos ne doivent pas excéder les 3 minutes chronos. Mieux, la 3e vidéo la plus vue (plus de 50 000 vues), Science & Technology Entrepreneurs Park - India, s'étend sur près de 15 minutes tandis que la 7e, One Childhood, s'étend sur plus de 30 minutes. Même constat du côté de l'AFD avec des vidéos de plus de 5 minutes trustant les premières places sur Dailymotion (ex : Tunisie : appui au secteur privé).
De fait, il n'y a pas de règles gravées dans le marbre. En moins de 3 minutes elles ont l'avantage d'être percutantes, d'atteindre rapidement leur but, tout en garantissant une certaine viralité. Le film posté par le Dfid à l'occasion de la Journée Mondiale de l'eau en 2009 est un parfait exemple de ce type de vidéo-choc et de son potentiel attractif (3e vidéo la plus vue). De leurs côtés, les plus longues s'adressent à des audiences spécialisées qui souhaitent approfondir leurs connaissances. L'exemple du PNUD est en cela révélateur puisque parmi ces rares vidéos de plus de 6 minutes, on retrouve Kiribati, a climate change reality. Avec près de 110 000 vues, elle se distingue.
Un contenu de qualité n'est pas un contenu formaté
En visionnant ces vidéos le constat est clair, une qualité tv n'est pas nécessaire pour une bonne attractivité. Diversité des contenus et réactivité semblent être les maîtres mots d'un web social qui n'oublie pas qu'il est nécessaire de rendre la parole aux acteurs du terrain.
On notera que du côté du Dfid (peut-être en raison du rapport privilégié qui unit les deux peuples), la vidéo à l'honneur concerne l'action britannique au Pakistan. Il s'agit d'une intervention sur le terrain du secrétaire d'Etat au développement, Andrew Mitchell.
Pour l' exemple, sur la même thématique de l'aide au Pakistan, USaid utilise un traitement qui nous semble illustrer parfaitement le retard de l'organisme américain dans le domaine de la vidéo en ligne : musique lancinante, images de qualité télé, aucune interview. L'impression d'urgence est limitée tout comme le rapport au terrain.
Le Dfid est particulièrement habile dans sa gestion du rapport à l'actualité. Ainsi la vidéo la plus vue avec plus de 15 000 vues, India's 'Slumdog' Millions: A glimpse of life in Bihar's slums, présente la réalité de la vie dans les bidonvilles, mise sous le feu des projecteurs par le film oscarisé Slumdog Millionnaire. Une utilisation de l'actualité paillettes certainement plus intéressante que celle entreprise par le PNUD qui en privilégiant le bling bling des stars du ballon rond comme ambassadeurs de la lutte contre la pauvreté en Haïti, Zidane et Kaka ne semblent pas avoir totalement réussi son opération. Certes, la vidéo a été particulièrement vue (plus de 75 000 fois en 7 mois) et a donc atteint son but de médiatisation mais les commentaires laissés (souvent assez virulents et sans rapport avec le thème) montrent que le nombre de vues ne doit pas être pris comme le critère ultime d'évaluation.
De fait, les institutions ont sur le web une grande liberté de champs d'action qu'ils ne doivent pas négliger. Les contraintes imposées par la télévision notamment en termes de durée ou de qualité d'image ne sont pas les standards du web. Une caméra à l'épaule, des interviews sur le terrain, peuvent susciter un intérêt important de la part d'internautes en recherche d'authenticité et de témoignage. L'aspect de certaines vidéos peut même aller à l'encontre de son objectif initial apportant une certaine méfiance à l'égard d'une vidéo trop belle pour être autre chose que de la simple communication.
Par conséquent, il s'agit pour les différents acteurs de l'aide au développement de jouer sur les potentialités offertes par le web.
Varier le type de format et intégrer les vidéos dans une démarche construite
En réalité il semble difficile d'envisager le type de format que peut prendre une vidéo sans intégrer le contenu dans sa réflexion. Certes, près de la moitié des contenus observés relève de l'interview. Mais au-delà d'autres formes de vidéos peuvent être entreprises. Le Dfid propose par exemple des extraits de conférence. L'une des vidéos les plus consultées de l'USaid consiste en un plan séquence de 10 minutes accompagnant l'administrateur de l'institution sur le terrain en Haïti. On peut également penser aux diaporamas de photos comme des alternatives. La présentation d'un rapport d'activité ou d'un bilan peuvent être des occasions d'innover en associant animation, vidéos, textes comme dans le cas du Human Development Report du PNUD 2009.
L'exemple ultime reste le webdocumentaire. En associant vidéos, contenus textuels et médias sociaux, la scénarisation de l'information se fait jour. L'intégration des vidéos sur les sites peut permettre de l'intégrer comme une composante informationnelle pour le visiteur. La page du site de la Banque Mondiale consacrée aux inondations du Pakistan en est un parfait exemple en intégrant texte explicatif et liens utiles. On notera également qu'en plaçant cette vidéo en Une, la Banque Mondiale fait le choix de la médiatisation.
L'interconnexion croissante
L'interconnexion est une des grandes tendances du web actuel. Les réseaux sociaux participent à ce phénomène où l'échange et la recommandation notamment de contenus deviennent habituels. La vidéo fait ainsi partie des documents qui profite le plus de Twitter et Facebook. Le rôle de Twitter est grandissant dans le partage de vidéo. Il a l'avantage de cibler une population a priori intéressée. La Banque Mondiale va d'ailleurs assez loin en consacrant un profil Twitter aux vidéos. Un dédoublement qui ne peut se faire que dans le cas d'une institution aussi riche en contenus que la Banque Mondiale.
Les institutions semblent avoir compris le rôle que peut jouer la vidéo autant dans le domaine de la communication que de l'information. Un travail reste à faire pour médiatiser les contenus, les accompagner éditorialement et diversifier leurs formes en rendant la parole notamment aux acteurs de terrain. Reste à questionner la place de ces vidéos et leur visibilité pour les bénéficiaires de ces aides qui souffrent très souvent de la frature numérique (débit bas, voire discontinu). Nous pouvons imaginer qu'ils n'en sont pas les principaux destinataires mais tout de même...

* Classement Alexa des sites selon leur audience. (et méthodologie de mesure)
Chaîne Youtube de l'Afd ou sa chaîne Dailymotion
Chaîne Youtube de la Banque Mondiale
Chaîne Youtube du Dfid et sa chaîne Dailymotion
Twitter l’outils leader pour les campagnes vidéos
Sur le blog Evénements : le webdocumentaire, un nouvel espace d'expression pour la société civile ?

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Digg
L'utilisation de la vidéo en ligne par les opérateurs de l'aide publique au développement
Nous pouvons affirmer aujourd'hui que la vidéo est un véhicule privilégié de la circulation de l'information sur internet. Youtube est ainsi au mois de septembre 2010, le 3e site le plus visité au monde. Le classement est le même en France où Dailymotion prend de son côté la 15e place*. Le moteur de recherche Youtube est plus utilisé que le moteur de recherche Google par les jeunes américains. A contrario, nous aurions tort de survaloriser les jeunes utilisateurs, 38 % ont tout de même plus de 35 ans et ce chiffre continue de croître.
La majorité des contenus sont produits par des amateurs et des passionnés. Né pour être un contenu généré par les utilisateurs, la part des contenus produits par des sociétés ou des associations est en pleine croissance. Globalement, la quantité et le nombre de visionnage des contenus amateurs dépassent de loin ceux des contenus mis en ligne par des organisations professionnelles. Reste malgré tout qu'à la lecture des vidéos les plus vues, 1 seule des 5 vidéos les plus consultées est produite par un amateur.
La vidéo est incontournable
Avec le développement du web social, la vidéo est devenue incontournable. Elle prend une dimension croissante dans la relation tissée entre les organisations d'aide au développement et leur public. Chaque acteur étudié présente plus d'une soixantaine de vidéos sur Youtube et parfois sur Dailymotion. La Banque Mondiale est particulièrement active. Avec 586 vidéos publiées, l'institution se montre particulièrement dynamique et est présente sur la plateforme depuis 2006. La plus vue reste celle d'un enregistrement de la chanson "Ghana Fist Peace Song", seule vidéo postée par les opérateurs de l'aide au développement à dépasser les 100 000 vues. La Banque Mondiale va d'ailleurs assez loin dans l'optimisation en proposant 23 playlists (régionales ou thématiques) et quatre autres chaînes dont l'une est réservée à l'Amérique Latine. Mais avec seulement 7 vidéos et une moyenne de 100 vues pou chacune, on peut se demander si le choix de séparer la région est pertinent. Le Dfid britannique ou le PNUD (Programme des Nations Unies pour le développement) sont également assez présents en publiant des vidéos toutes les deux semaines. Un intérêt pour l'objet filmique qui n'est pas pour autant forcément pleinement partagé par tous les opérateurs de l'aide au développement. Ainsi, avec seulement 37 vidéos pour la chaine principale USaid reste en retrait (on atteint péniblement les soixante en y ajoutant les chaînes dédiées à des régions d'intervention comme le Maroc ou à Gaza).
En France, l'AFD dernière arrivée sur les plateformes, a d'ores-et-déjà dépassé le nombre de vidéos postées par l'USaid. Pour comprendre ce retard, il faut noter l'importance accordée par l'institution française d'une bonne maitrise de leur production audiovisuelle d'où la présence de nombre de vidéos sur son site. Bien que présente sur Youtube, elle a privilégié Dailymotion notamment en raison de la forte présence de la plateforme sur le web francophone (on notera également la présence de quelques contenus anglophones publiés par le Dfid). Autre particularité, si la plupart des acteurs ont préféré des noms de chaîne faisant explicitement référence à leur organisation, le choix de l'AFD a été tout autre se plaçant dans une logique utilisateur plus qu'émetteur en choisissant comme nom "aideaudeveloppement".
Chaîne de l'AFD sur Dailymotion
Tordre le cou à l'idée reçue qu'il faut être court
La Banque Mondiale présente une grande variété dans la durée des vidéos. Elle voit leur durée s'étendre d'une minute à 2 heures. L'analyse des plus regardées montre d'ailleurs que parmi les 10 vidéos les plus populaires, aucune ne dure moins de 5 minutes. Un joli pied de nez à l'idée qui veut que sur le web les vidéos ne doivent pas excéder les 3 minutes chronos. Mieux, la 3e vidéo la plus vue (plus de 50 000 vues), Science & Technology Entrepreneurs Park - India, s'étend sur près de 15 minutes tandis que la 7e, One Childhood, s'étend sur plus de 30 minutes. Même constat du côté de l'AFD avec des vidéos de plus de 5 minutes trustant les premières places sur Dailymotion (ex : Tunisie : appui au secteur privé).
De fait, il n'y a pas de règles gravées dans le marbre. En moins de 3 minutes elles ont l'avantage d'être percutantes, d'atteindre rapidement leur but, tout en garantissant une certaine viralité. Le film posté par le Dfid à l'occasion de la Journée Mondiale de l'eau en 2009 est un parfait exemple de ce type de vidéo-choc et de son potentiel attractif (3e vidéo la plus vue). De leurs côtés, les plus longues s'adressent à des audiences spécialisées qui souhaitent approfondir leurs connaissances. L'exemple du PNUD est en cela révélateur puisque parmi ces rares vidéos de plus de 6 minutes, on retrouve Kiribati, a climate change reality. Avec près de 110 000 vues, elle se distingue.
Un contenu de qualité n'est pas un contenu formaté
En visionnant ces vidéos le constat est clair, une qualité tv n'est pas nécessaire pour une bonne attractivité. Diversité des contenus et réactivité semblent être les maîtres mots d'un web social qui n'oublie pas qu'il est nécessaire de rendre la parole aux acteurs du terrain.
On notera que du côté du Dfid (peut-être en raison du rapport privilégié qui unit les deux peuples), la vidéo à l'honneur concerne l'action britannique au Pakistan. Il s'agit d'une intervention sur le terrain du secrétaire d'Etat au développement, Andrew Mitchell.
Pour l' exemple, sur la même thématique de l'aide au Pakistan, USaid utilise un traitement qui nous semble illustrer parfaitement le retard de l'organisme américain dans le domaine de la vidéo en ligne : musique lancinante, images de qualité télé, aucune interview. L'impression d'urgence est limitée tout comme le rapport au terrain.
Le Dfid est particulièrement habile dans sa gestion du rapport à l'actualité. Ainsi la vidéo la plus vue avec plus de 15 000 vues, India's 'Slumdog' Millions: A glimpse of life in Bihar's slums, présente la réalité de la vie dans les bidonvilles, mise sous le feu des projecteurs par le film oscarisé Slumdog Millionnaire. Une utilisation de l'actualité paillettes certainement plus intéressante que celle entreprise par le PNUD qui en privilégiant le bling bling des stars du ballon rond comme ambassadeurs de la lutte contre la pauvreté en Haïti, Zidane et Kaka ne semblent pas avoir totalement réussi son opération. Certes, la vidéo a été particulièrement vue (plus de 75 000 fois en 7 mois) et a donc atteint son but de médiatisation mais les commentaires laissés (souvent assez virulents et sans rapport avec le thème) montrent que le nombre de vues ne doit pas être pris comme le critère ultime d'évaluation.
De fait, les institutions ont sur le web une grande liberté de champs d'action qu'ils ne doivent pas négliger. Les contraintes imposées par la télévision notamment en termes de durée ou de qualité d'image ne sont pas les standards du web. Une caméra à l'épaule, des interviews sur le terrain, peuvent susciter un intérêt important de la part d'internautes en recherche d'authenticité et de témoignage. L'aspect de certaines vidéos peut même aller à l'encontre de son objectif initial apportant une certaine méfiance à l'égard d'une vidéo trop belle pour être autre chose que de la simple communication.
Par conséquent, il s'agit pour les différents acteurs de l'aide au développement de jouer sur les potentialités offertes par le web.
Varier le type de format et intégrer les vidéos dans une démarche construite
En réalité il semble difficile d'envisager le type de format que peut prendre une vidéo sans intégrer le contenu dans sa réflexion. Certes, près de la moitié des contenus observés relève de l'interview. Mais au-delà d'autres formes de vidéos peuvent être entreprises. Le Dfid propose par exemple des extraits de conférence. L'une des vidéos les plus consultées de l'USaid consiste en un plan séquence de 10 minutes accompagnant l'administrateur de l'institution sur le terrain en Haïti. On peut également penser aux diaporamas de photos comme des alternatives. La présentation d'un rapport d'activité ou d'un bilan peuvent être des occasions d'innover en associant animation, vidéos, textes comme dans le cas du Human Development Report du PNUD 2009.
L'exemple ultime reste le webdocumentaire. En associant vidéos, contenus textuels et médias sociaux, la scénarisation de l'information se fait jour. L'intégration des vidéos sur les sites peut permettre de l'intégrer comme une composante informationnelle pour le visiteur. La page du site de la Banque Mondiale consacrée aux inondations du Pakistan en est un parfait exemple en intégrant texte explicatif et liens utiles. On notera également qu'en plaçant cette vidéo en Une, la Banque Mondiale fait le choix de la médiatisation.
L'interconnexion croissante
L'interconnexion est une des grandes tendances du web actuel. Les réseaux sociaux participent à ce phénomène où l'échange et la recommandation notamment de contenus deviennent habituels. La vidéo fait ainsi partie des documents qui profite le plus de Twitter et Facebook. Le rôle de Twitter est grandissant dans le partage de vidéo. Il a l'avantage de cibler une population a priori intéressée. La Banque Mondiale va d'ailleurs assez loin en consacrant un profil Twitter aux vidéos. Un dédoublement qui ne peut se faire que dans le cas d'une institution aussi riche en contenus que la Banque Mondiale.
Les institutions semblent avoir compris le rôle que peut jouer la vidéo autant dans le domaine de la communication que de l'information. Un travail reste à faire pour médiatiser les contenus, les accompagner éditorialement et diversifier leurs formes en rendant la parole notamment aux acteurs de terrain. Reste à questionner la place de ces vidéos et leur visibilité pour les bénéficiaires de ces aides qui souffrent très souvent de la frature numérique (débit bas, voire discontinu). Nous pouvons imaginer qu'ils n'en sont pas les principaux destinataires mais tout de même...

* Classement Alexa des sites selon leur audience. (et méthodologie de mesure)
Chaîne Youtube de l'Afd ou sa chaîne Dailymotion
Chaîne Youtube de la Banque Mondiale
Chaîne Youtube du Dfid et sa chaîne Dailymotion
Twitter l’outils leader pour les campagnes vidéos
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Digg
12.08.2010
Les comptes twitter anglophones les plus actifs dans le secteur non-profit
Selon Techrunch qui cite une étude Semiocast, Twitter est constitué d'une moitié de messages anglophones. Deux chercheurs de l'université de Massachusetts Dartmouth ont réalisé une étude montrant que le secteur de la solidarité est le premier à avoir adopté les outils du web, devant le secteur privé et la recherche (pour télécharger l'étude : US Charities' Adoption of Social Media Outpaces All Other Sectors for the Third Year in a Row).
Pas étonnant donc de trouver un nombre important de messages émanant, citant ou destinés à, des utilisateurs intéréssés par les organisations sans but lucratif dans les tweets rédigés en anglais.
Les ONG, associations et autres entreprises sociales qui cherchent des sources anglophones sur Twitter trouveront quelques sources expérimentées dans cet article. Des sources d'inspirations, mais également des renvois vers des articles, des bonnes pratiques, des chiffres clés et des usages forgés après quelques années d'expériences.
La sélection de comptes est une traduction du billet publié par David Wells sur le blog Socialize your Cause en mars 2010 : Top 25 most influential Non-profit Tweeters. Source d'informations dont nous vous recommandons la lecture.

Méthode de recherche de comptes
Lors de nos premiers pas sur twitter, nous commençons par chercher des sources d'informations. Voici quelques moyens que vous pouvez tester :
- Utiliser le moteur de recherche http://search.twitter.com sur les mots clés qui vous intéressent,
- Parcourir les sites qui publient des contenus pertinents sur vos thématiques et identifier dans les colonnes de ces sites, leur présence sur twitter,
- Utiliser google et chercher twitter + le(s) mot(s) clé(s) qui vous intéresse(nt). Par exemple avec "non profit",
- Utiliser les comptes twitter identifiés pour parcourir leurs abonnés et leurs abonnements (ça prend du temps, mais il arrive de tomber sur des pépites).
Un top 25 des comptes twitter les plus influents dans le secteur caritatif
David Wells nous a mâché une partie du travail, profitons-en. Je ne sais pas ce qu'il entend pas la notion d'influence mais toutes ces personnes et organisations sont actives en matière de web au service du changement social.
- nonprofitorgs - Nonprofit Orgs
L'objectif du compte twitter du blog Nonprofit Orgs est de proposer un compte qui serve de portail d'informations pour les ONG.
- Philanthropy - ChronofPhilanthropy
Peter Panepento anime ce compte twitter du média spécialisé The Chronicle of Philanthropy.
- kanter - Beth Kanter
Beth Kanter anime ce compte twitter pour diffuser ses idées, signaler des contenus pertinents reliant media sociaux, nonprofits et réseaux, et garder contact avec les communautés d'intérêts auxquelles elle participe.
- idealist - Idealist
Le compte twitter du site idealist.org est porté par l'organisation Action sans Frontières. Le compte twitter signale des informations publiées sur le site, sur des sites tiers et anime la relation avec d'autres utilisateurs twitter.
- RedCross - American Red Cross
Le compte officiel de la Croix Rouge Américaine apporte des informations sur des terrains d'urgence, appelle à des levées de fonds, propose des liens vers des témoignages publiés sur le site. Ce compte assure aussi l'animation de la relation du réseau Croix-Rouge également.
- TwitCause - TwitCause
Ce compte propose d'accompagner les utilisateurs novices du secteur non profit sur twitter. Il aide également ceux qui veulent s'engager en faveur des causes auxquelles ils sont sensibles.
- GlobalGiving - GlobalGiving
Global Giving met en relation des donateurs (particuliers, entreprises privées, ONG) avec des projets portés par des communautés. Son compte twitter lui permet de prolonger cette action : actualisation d'informations sur les projets, informations sur des donateurs, collectes.
- TechSoup - TechSoup Global
Ce compte twitter s'attache plus particulièrement à la rencontre des nouvelles technologies avec les acteurs du développement et de la solidarité. #ICT4D vous permet de suivre un certain nombre de messages twitter qui traitent du thème Information and Communication For Development.
- worthwhilefilms - WF | Nonprofit Media
Steve Braker travaille depuis plus de 25 ans sur des films documentaires illustrant le travail des ONG et des acteurs du secteur Non Profit. Pas mal d'informations sur le secteur et ses relations avec les médias sont données.
- Camfed - Camfed
Camfed est une ONG qui travaille à la lutte contre la pauvreté dans l'Afrique rurale, auprès des jeunes femmes. Ils utilisent leur compte pour diffuser des photos et des textes de témoignages sur leurs activités, diffuser des citations, renvoyer vers des articles ou dialoguer avec d'autres utilisateurs.
- Philanthropy411 - Kris Putnam-Walkerly
Consultante pour les acteurs de la philanthropie, évaluateur et blogueur, Kris couvre l'activité des ONG et des fondations.
- pledgie - Pledgie
Pledgie est un site web qui permet aux internautes de lever des fonds pour une cause. Leur compte twitter est utilisé pour échanger avec la communauté d'utilisateur, mettre en valeur certaines causes et renvoyer vers des articles sur la levée de fonds en ligne et l'internaute collecteur.
- NonProfitTimes - NonProfit Times
Ce compte twitter est le compte de la publication la plus lue par les managers du secteur. Une majorité de renvois vers leurs articles. Aucune interaction avec d'autres utilisateurs.
- CommuniCause - CommuniCause
Le compte d'une agence, MindComet, qui a monté une campagne proposant aux internautes de choisir une organisation caritative dont ils se proposent de transformer l'identité numérique.
- AshokaTweets - Ashoka
Ashoka est une organisation internationale qui rassemble un réseau d'entrepreneurs sociaux. Ils utilisent twitter pour mettre en valeur les initiatives de leur réseau, celles des entrepreneurs qu'ils accompagnent et entretenir le contact avec leurs communautés.
- rosettathurman - Rosetta Thurman
Evangelisatrice du secteur sans but lucratif, blogueuse et convaincue que le changement social peut passer par les médias sociaux.
- ryan_scott - Ryan Scott
PDG de Causecast.org qui une plateforme ou les médias, les acteurs du secteur non profit, des réseaux sociaux, du divertissement et de l'éducation travaillent au service des grandes causes. Egalement investisseur et entrepreneur social, il tweet sur le "cause marketing" et la philanthropie.
- NonProfitDaily - Non-Profit Daily
Des ressources et des news sur le secteur des organisations sans but lucratif. Un comte qui réalise une veille active sur twitter et le web non profit.
- CAUSECAST - Causecast.org
Mentionné plus haut, le compte de Causecast donne de la voix aux causes promue sur leur "social action networck". Parfois il twittent aussi du moins sérieux.
- dosomething - Do Something
Le compte twitter de la plus grande organisation américaine de jeunes volontaires. De nombreux tweets posent des questions aux abonnés et entretiennent la relation avec la communauté.
- acumenfund - Acumen Fund
Des modèles économiques innovants pour s'attaquer au changement social et au problème de la pauvreté. Créé par Jaqueline Novogratz, célèbre pour sa "Blue Sweater Story".
- socialcitizen - Kari Saratovsky
Le compte de la vice présidente de l'innovation sociale de la Fondation Case & évangéliste des médias sociaux au service du changement social. Son blog : Social Citizens.
- HumaneSociety - HSUS
Compte officiel de la Humane Society (association américaine de protection des animaux).
- AmericanCancer - American Cancer Soc
L'association américaine de lutte contre le cancer utilise twitter pour relayer ses campagnes et échanger avec sa communauté.
- pndblog - Mitch Nauffts
Opinions, réflexions et commentaires sur les évolutions de la philanthropie.
Si vous avez d'autre comptes twitter en tête, n'hésitez pas à les mentionner dans les commentaires. Nous ferons prochainement un billet similaire sur les comptes francophones.

- Twitter : présentation et utilisation pour les ONG - 13/08/2009
- Les témoignages depuis Haïti via Twitter - 15/01/2010
- Le web au secours du Pakistan - 9/08/2010
- Les articles traitant de Twitter au service des ONG - bookmarkés sur delicious.com/solidairesdumonde.org
En anglais :
- Twitter Tips for Sucessful Nonprofit Fundraising - 14/06/2010
- 10 Tips for NGOs on Twitter - 23/03/2009

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| Tags : twitter, associations, organisation sans but lucratif, osbl, fondation, non profit |
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Digg
17.06.2010
Associations, ONG et adaptation au social media
J'ai rédigé cet article suite à la publication de l'article Associations, grandes causes, ONG : quelles relations avec les blogs et les blogueurs? sur le blog Influence Ethique, dont je félicite l'auteur - @_Aurelia - pour son travail et dont je vous recommande la lecture.
Associations, ONG et participation aux sites sociaux
Beaucoup d'associations et ONG se posent la question de leur présence sur des sites sociaux, sites dont les deux fondamentaux sont la relation et le contenu, qui permet à cette relation de se tisser.
Beaucoup d'entre elles sont sur Facebook, Youtube/Dailymotion ou Twitter, car les audiences se sont déplacées vers ces sites, moins nombreuses sont celles qui alimentent régulièrement un blog.
Je dirais qu'une "présence" est facile à assurer et immédiatement observable alors qu'un blog exige un travail dans le temps (donc des ressources) qui peut faire peur ou être sous estimé.
Pourtant, le blog (et les vidéos) est une matrice de l'alimentation et de l'interaction avec ces sites sociaux, je m'explique :
- Chaque note du blog peut faire l'objet d'une reprise sur Twitter et Facebook
- Facebook peut être présenté et Twitter peut être repris en élément de colonne du blog
- Les vidéos publiées sur Youtube peuvent être embarquées dans des notes de blogs et enrichies d'éléments supplémentaires
Utilité du blog dans l'écosystème numérique
Il est donc plus difficile d'assurer sa présence sur les sites sociaux sans rédiger un blog !
- Cela tient d'une part aux habitudes des internautes. Les jeunes en particulier s'attendent de plus en plus (et sont plus attentifs) à une communication personnalisée, "désinstitutionnalisée" et régulièrement mise à jour. Et pour cela, le blog est idéal.
- Cela tient d'autre part à une raison technique : le flux RSS, qui permet d'interconnecter les flux de ces sites sociaux.
Sans blog, mais avec une présence sur Facebook et Twitter, il est toujours possible de médiatiser les vidéos produites (et il faut saluer ici l'effort fait par de nombreuses associations pour se mettre à de la production vidéo), les articles d'actualités, les communiqués de presse ou encore les événements organisés par l'association (pour ce dernier point, le géo référencement est fondamental). Mais avec un blog, il faut reformuler ou remixer ces contenus, ne pas hésiter à en parler plusieurs fois, à les réagencer et à s'approprier les pratiques de la culture web présentées par Lawrence Lessig dans ces interventions vidéos (voir liens dans Pour aller plus loin).
Point avantageux : la plupart des associations et ONG sont productrices de contenu et ont des choses à dire, des témoignages à mettre en valeur, des expériences à partager. Et il y a une évolution de la demande de ces contenus par les publics de ces organisations sur internet. Aux associations de faire leurs évolutions internes. En prenant bien garde de faire dialoguer les jeunes (sensibles et facilement à l'aise avec ces outils) et les plus âgés (expérimentés, porteurs de points de vues riches, mais souvent dédiés à d'autres tâches jugées, pour l'instant, plus fondamentales).
Comme le rappelle Aurélia dans son article, la présence sur les sites sociaux et l'adaptation (ou la production exclusive) du contenu prennent du temps. La première remarque des associations est souvent que leurs services de communication (quand elles en ont) sont déjà dédiés à un certain nombre de tâches et n'ont pas toujours les connaissances (ou le temps d'apprendre) pour animer efficacement ces espaces.
L'Etude Nten sur l'utilisation des médias sociaux par les organisations sans but lucratif nord-américaines, montre qu'elles dédient des mi-temps, voir des plein temps à cette activité. C'est donc une adaptation en terme de ressources à gérer du côté des associations.
Côté économie
Les publics vers lesquels les associations se tournent sont souvent agés.
Le fait est que 80% des donateurs en France ont plus de 60 ans (source : introduction d'Olivier Fleckinger, co-fondateur d'Aider Donner dans la vidéo présentée ci-dessous dans Pour aller plus loin). C'est vrai, il y a le street marketing, qui s'adresse à des personnes plus jeunes, actives, urbaines, le travail étant réalisé par des étudiants. Mais il est réservé aux grandes ONG déja connues, celles qui par ailleurs, disposent déja des droits d'entrée (offerts) dans les agences de publicité.
Restent les petites associations, celles qui ont des difficultés à se financer. C'est de là, à mon sens, que l'innovation viendra.
Remarque confirmée par le fait que sur la plateforme de blogs Solidaires du monde, ce sont surtout de petites associations qui créent leurs blogs, et c'est souvent leur unique présence sur le web, notamment quand elles sont installées en Afrique, sans représentation sur les marchés où l'essentiel des dons de particuliers se fait, soit d'Europe et d'Amérique du nord.
En effet, je me demande si, comme ce qui se passe dans l'univers des médias, nous ne sommes pas dans un moment de transition, un moment qui va voir l'emergence d'organisation en réseaux, avec des structures de coûts différentes de celles que nous connaissons. Pour l'instant en tout cas, l'exigence de performance de la culture marketing (qui est entrée dans les associations, les grandes en particulier) n'est pas satisfaite par les actions sur les sites sociaux. Mais il manque un historique et du recul pour juger de ces opérations et l'étude Nten citée précédement montre le développement de la levée de fonds en ligne. Or celle-ci s'articule autour d'un renouvellement des dispositifs de communication, mais surtout des dispositifs relationnels, de ces organisations.
Kiva.org
Je pense à Kiva par exemple. Cette organisation lève des fonds au Nord et finance des institutions de micro-crédit au sud. Ce n'est pas le même métier que les ONG et associations. Mais voila pourquoi j'en parle : ils ont recours au crowdsourcing, ou approvisionnement par la foule (qui n'est pas très heureux je vous l'accorde). Le crowdsourcing consiste à faire faire par des tiers extérieurs des tâches qui servent l'organisation. Le volontariat est une forme de crowdsourcing. La problématique aujourd'hui pour les associations est de trouver UN MODELE POUR LE VOLONTARIAT EN LIGNE. Pourtant, force est de constater qu'une partie du web 2.0 est fondé sur le don de temps et de connaissances !
Ainsi, comment créer des dispositifs sur internet qui permettent à la solidarité, à l'entraide, au partage, à la répartition des tâches de s'effectuer au profit de la communication, de la notoriété et de l'efficacité des organisations du secteur de la solidarité ?
Les outils sont là ! Il faut les utiliser pour faire grandir l'outillage numérique solidaire.
Pour revenir à Kiva :
- Ils ont un programme intitulé Kiva fellows, grâce auquel il collecte du contenu par l'intermédiaire de volontaires, qui partent sur le terrain et leur rapportent photos, vidéos, articles de témoignages, d'expériences personnelles, sur les projets financés par les prêteurs sur Kiva ;
- Ils ont également eu recours à leur communauté pour faire traduire leur portail en différentes langues (comme Facebook d'ailleurs, ce qui pose une question éthique concernant le recours d'organisations fortes riches, au travail bénévole de leurs communautés, sur lesquelles elles assoient déja leurs profits. Laissons cela, car ça m'énerve).
Là je pense aux associations de parrainage et je me dis que j'ai déja rencontré des parrains qui visitaient sur le terrain les enfants dont ils finançaient l'accès à l'éducation. Je crois que ces parrains seraient ravis de trouver un espace leur permettant de publier leur témoignage sur le site de World Vision ou d'Aide et Action.
Dernier point : la veille
Le grand point de départ du web social est la veille : l'écoute d'abord, la participation ensuite.
Quelle veille ? La veille sur les citations des associations (qui parle de moi?), la veille sur les thématiques et les programmes de travail (qui parle des thèmes de mes activités ?), la veille sur les espaces sur lesquels les publics de ces organisations lisent ou prennent la parole : les blogs, les forums, les sites médias, les portails de partage vidéos et photos, les wikis, les sites de partage de favoris comme Delicious, les Twitter, Facebook, Ning, Skyblog...
Cette veille ne nécessite pas d'outil payant. Les flux RSS la rendent facile et rapide. Des agrégateurs comme Netvibes, les alertes Google, les recherches régulières sur les sites sociaux doivent être utilisés pour savoir où les associations peuvent prendre la parole, répondre, enrichir la conversation.
Un exemple, non exhaustif, de veille sur Action contre la Faim :
Pour accéder à cette page de démonstration : http://www.netvibes.com/thomscotch_veille#Liens_delicious
Dans l'introduction de cette vidéo, Olivier Fleckinger, co-fondateur d'Aider Donner, donne plusieurs chiffres et éléments sur le financement des associations et son articulation avec l'utilisation d'internet par les acteurs caritatifs :
Lawrence Lessig sur la culture du remix sur internet (sous titre français disponibles) :
Etude NTEN sur l'utilisation des médias sociaux par les organisations sans but lucratif
Présentation : le web au service des acteurs de la solidarité (voir la seconde présentation)
Quelques conseils aux associations pour débuter sur les sites sociaux
10 tactiques pour transformer l'information en action
08:58 Publié dans Communication / Médias | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : internet, communication, relation, crowdsourcing, blog, social media, sites sociaux, facebook, twitter, youtube, netvibes, veille, video |
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Digg
04.06.2010
Peuplade : le site de (votre) quartier !
Le but de Peuplade est de permettre à des habitants d'un même quartier de se rencontrer sur la base d'affinités communes ou de partage d'intérêts. Bons plans, échanges de services, petites annonces, événements et sorties, rencontres au coin de la rue constituent autant de motifs pour rencontrer ceux qui peuplent votre quartier. Les villes couvertes par le site sont : Paris, Marseille, Grenoble, Lyon, Toulouse, Nice, Nantes, Strasbourg, Montpellier, Bordeaux, Lille, Rennes, Reims, Le Havre, Saint Etienne et Toulon.
Tout commence avec l'ouverture d'un compte. Sur l'interface du site, vous êtes invités à remplir votre autoportrait en répondant à des questions sur vous, vos savoir-faire et vos pratiques de vie de quartier. Ce premier pas vous permet de personnaliser votre approche/accroche et de faire entendre votre sensibilité au reste de la communauté. Pour finir, un avatar ou une photo permet de pousser l'effort de personnalisation un peu plus loin et de vous faire reconnaître plus facilement parmi les autres membres :
Sur l'interface du site, un système de géo localisation vous permet de visualiser les peupladiens les plus proches de chez vous. En développant cette logique d'information géo référencée, peuplade était l'un des précurseurs en la matière ! Aperçu :

En visitant l'actualité de votre quartier, vous êtes rapidement amené à faire des rencontres qui prendront forme dans le bar du coin ou ailleurs (ballade, visite,...). Les rencontres les plus sympathiques sont souvent celles de groupe : café philo, café psycho, ... car elles permettent de renforcer l'aspect communautaire - même si les affinités réelles se forment évidemment de manière plus restreinte. La façon dont s'organisent les rencontres sont à l'image de l'esprit peupladien : une personne vous contacte, puis c'est une autre qui vous demande si vous comptez venir, tout ça avant que ce ne soit vous qui, finalement, contribuiez vous-même à faire circuler l'information.
Exemples de Peuplades :
Jeu de piste ?
Visite de château ?
Histoire du site, par Jérémie Chouraqui - co-fondateur du site
Une expression solidaire du web ? Forces et écueils
En novembre dernier, à l'occasion de l'événement Les Rencontres de Babyloan, et plus particulièrement de la conférence Web solidaire, Stéphane Legouffe était là pour présenter Peuplade. Ce positionnement comme acteur de la solidarité sur le web mérite toutefois que l'on s'y penche de plus près.
Force est de reconnaître que, sur cet axe, le concept est éloquent : chacun est susceptible d'apporter sa pierre à l'édifice du quartier, sur la base de ses qualités et compétences propres. Cet esprit communautaire est d'ailleurs vérifié par le modèle économique requis : la gratuité d'usage pour les membres et des contrats de soutien avec des entreprises partenaires - destinés à faire vivre le site. Sur ce dernier point, l'information est toute relative puisque ce ne seront bientôt plus les entreprises partenaires qui assureront le développement de Peuplade...
Mais pour l'heure, difficile d'en savoir plus ! Rappelons tout de même que Peuplade a initialement bénéficié du soutien des collectivités locales, très enthousiastes quant à l'essor de ce modèle social. Qui plus est, avec l'ouverture de l'espace Pro, qui permet aux particuliers de faire de leur passion une activité rémunératrice, le risque d'E-baysation à l'échelle des quartiers se forme... Qui plus est, des annonces telles que « offrez vous du confort à petit prix épedia, simmons, .... des matelas et sommiers à des prix défiants toute concurrence et imbattables sur le marché de l'occasion. Bonne qualité, bon état, un confort de rêve! » peuvent décrédibiliser des annonces de particuliers plus classiques - et sympathiques : « bureau en aggloméré décor chène. 1.2m*.6m bon état général, démonté et complet. A emporter près de la bastille.
Une bonne bouteille de vin en échange... Elle sera bu à la santé du troqueur. ».
Avis d'utilisateur
En prévision de la rédaction de cette note, quoi de mieux finalement que d'expérimenter soi-même le terrain peupladien pour y recueillir les avis d'utilisateurs ? Première chose à noter : la décontraction et les facilités des échanges autorisés par l'esprit du site. Contrairement à des sites de rencontre plus spécifiques, la communauté peupladienne cherche définitivement à embrasser le réel, et non à le colmater avec des fantasmes identitaires. Le principe final étant de fréquenter des gens de son quartier, le naturel est valorisé à la faveur de rencontres fiables.
Les utilisateurs rencontrés ont en commun le fait de se faire l'étendard de la philosophie peupladienne : chacun revendique, à partir de son éclairage propre, l'identité et les valeurs portées par le site. Ceci étant, les avis divergent dès lors qu'on pose la question de la pérennisation des rencontres : si la plupart revient régulièrement sur le site, notamment parce qu'il est avisé d'un message qui lui est adressé, un certain nombre regrette le manque de suivi des rencontres engagées grâce au site. En ce sens, encore une fois, les rendez-vous de groupe garantissent une certaine régularité des échanges : généralement dans des lieux et dates fixes , c'est l'occasion de retrouver des membres et de rencontrer les nouveaux arrivants. Le 22 de chaque mois par exemple à Bastille, les peupladiens se retrouvent dans un bar de la place des Vosges).

Un regret peut-être, du côté de certains utilisateurs, et qui concerne les fonctionnalités d'exportations des contenus du peuplade de son quartier vers l'extérieur : un flux RSS, une application Smart phone, un widget Facebook permettraient de favoriser les interactions entre peupladiens (souvent espacées de quelques jours).
Avis de fondateur - Interview de Nathan Stern : cofondateur de Peuplade
Q. Quelles évolutions notoires a connu Peuplade depuis sa création en 2006, notamment en termes de fonctionnalités et de développement de l'interface du site ?
R. Nous avons développé un espace Pro. Il permet aux particuliers de donner la forme d'une activité rémunératrice à leur passion. Cet espace est né du constat que les premiers clients d'un nouvel entrepreneur sont souvent ses amis ou ses voisins. Il n'est plus besoin d'acheter un pas de porte pour avoir « pignon sur rue » : il suffit de créer son espace pro, et de présenter ses services ou ses produits. La vocation de cet espace est de générer un revenu pour la plateforme en contribuant à favoriser l'émergence d'une économie à taille humaine et à visage humain, vraiment ancrée dans la vie quotidienne et indissociable des acteurs qui font les transactions.
Q. Au-delà de l'effet de buzz provoqué par l'annonce de la création de Peuplade, largement reprise dans les médias, comment le service s'est-il pérennisé ? Quels sont, à votre sens, les points forts de ce réseau social de proximité ?
R. Les points forts de ce réseau social de proximité selon moi :
> sa communauté de membres entreprenants, engagés et incroyablement fidèles à Peuplade ! Certaines de mes voisins se connectent tous les jours à Peuplade depuis près 7 ans... A l'échelle du web, 7 ans, c'est le paléolithique !
> sa vision structurée par les principes d'une charte qui reste d'actualité : Réalité, Cohésion, Universalisme, Non sélectivité, Dynamique collective, Mutualisation des talents et Indépendance des personnes.
Q. Selon vous, Peuplade répond-il davantage à une demande d'échange de services ou plutôt à un « simple » besoin de lien social ?
R. Je crains que le lien social ne soit pas un besoin et que les échanges de services ne soient qu'un prétexte. On a besoin d'amour, de temps, d'argent,... et la seule question est : où les chercher ? Sur Facebook ? Au Japon ? A l'église ? Ou, tout simplement, auprès des gens qui vivent ou travaillent à proximité de chez soi ?
Q. Auprès de quelle(s) cible(s) Peuplade rencontre-t-il le plus de succès ?
R. Les membres de Peuplade sont majoritairement des femmes de 25 à 45 ans. Parmi elles, une surreprésentation de personnes qui ont pris leurs distances avec le modèle standard « le papa, la maman et les enfants dans la maison » et qui inventent chaque jour une vie qu'ils s'efforcent de vivre. Nous avons aussi beaucoup d'hommes plus ouverts et plus sensibles que la moyenne. Nous avons enfin une importante population étonnante 60 à 75 ans qui bat en brèche nos stéréotypes sur les seniors. Ils ne se voient pas comme des personnes âgées, il ne sentent pas âgés et ils n'ont pas l'intention de se laisser assigner une condition et une identité par les médias ou leurs enfants. En fait, ils se définissent surtout par le fait qu'ils gagnent (plus ou moins bien) leur vie sans avoir nécessairement à travailler. C'est donc la liberté plutôt que l'âge qui les définit.
Q. On connaît le système économique de Peuplade ; la gratuité d'usage pour les membres et des contrats de soutien avec des entreprises partenaires. Quelles sont les entreprises partenaires aujourd'hui ? Comment choisissez-vous vos partenaires ? Le système économique de Peuplade est-il amené à évoluer ? Quels en sont, à votre sens, les principales forces et les principales faiblesses ?
R. Le modèle économique de Peuplade a changé et va encore changer. Ce ne sont plus les entreprises partenaires qui assureront le développement de Peuplade, mais pour l'heure, je ne peux en dire plus sur nos perspectives. Ce dont je peux témoigner, c'est qu'il est très difficile pour un réseau social d'arriver à l'équilibre économique.
Q. Stéphane Legouffe était présent aux Rencontres de Babyloan, en novembre dernier, pour présenter et représenter Peuplade lors de la conférence Web solidaire. Selon vous, en quoi Peuplade est une expression de la solidarité web 2.0 ? Comment celle-ci se manifeste-t-elle concrètement ? Quelles en sont les limites ?
R. Peuplade s'efforce de proposer un environnement où les interactions entre membres sont naturellement source de solidarité. L'objectif est de désenclaver l'action solidaire pour la rendre plus banale, plus quotidienne. Cela suppose de rendre l'action solidaire plus accessible, mais aussi de lever les freins culturels qui entravent le développement de la solidarité : sortir de l'héroïsation, trouver des gratifications efficaces,...
Mais je dirais avant tout que la solidarité 1.0 est elle-même en crise ! Les acteurs traditionnels de la solidarité ont de plus en plus de difficulté à mobiliser des bénévoles, à les garder, à financer leur action,... Peut-être que la solidarité 2.0 contribuera à émanciper enfin la solidarité de la religion comme de la morale ? à ce qu'on prête moins d'attention aux intentions et davantage à l'impact social ?
Les limites de la solidarité 2.0 ? Sa tendance à éloigner de la vraie vie plutôt qu'à la servir. Le temps passé devant les écrans ne cesse de croître : le temps passé devant la télévision progresse, de même que celui passé à jouer, à surfer sur Internet, et désormais à manipuler son mobile.
Même sur Peuplade, le passage de l'écran à la vraie vie est un vrai défi : beaucoup de nos membres mettent des mois avant de faire le pas ! Comme si la réalité s'éloignait à grands pas :-)
Q. Selon le paradigme courant, les réseaux sociaux permettent de tisser des liens là où la réalité présente des limites contingentes (distance, ...). Selon vous, dans quelle mesure Peuplade peut impacter une pratique sociale à l'échelle des quartiers ?
R. La réalité (les enfants, les amis,...) et l'écran (l'actu, Facebook, Twitter,...) se disputent notre attention. On constate tous les jours la force de décohésion des écrans qui distendent les liens entre voisins, entre membres d'une famille, entre pensionnaires d'une maison de retraite, entre collègues de bureaux... En travaillant à renforcer les liens de proximité, nous essayons de promouvoir la réalité et l'engagement. Parce qu'il est beaucoup facile d'agir dans le cadre de son immeuble ou de son quartier qu'à l'échelle nationale. Il suffit de placarder une affichette « fête des voisins » dans le hall ou d'inviter ses voisins à un pot de quartier. Pour agir au niveau national, c'est autre chose...
Q. Les communautés peuplades s'autonomisent-elles ; ont-elles coutume d'étendre leurs réseaux sans passer par le site ?
R. Oui, et c'est tout le sens de notre initiative : que le web ne soit qu'un tremplin, et qu'aussi vite que possible, les membres se retrouvent loin des machines.
Q. Question libre ;) : quel regard de sociologue portez-vous sur les réseaux sociaux ?
R. Hélas, les réseaux sociaux sont sans doute neutres d'un point de vue éthique : ils peuvent blesser comme ils peuvent réparer. On attribue à Einstein cette phrase « le progrès technique est comme une hache qu'on aurait mis dans les mains d'un psychopathe ». Je crois qu'on peut l'appliquer aux réseaux sociaux dont on n'a pas encore vu la face incontrôlable quoi que Formspring.me donne une petite idée de ce qui pourrait nous attendre. D'un autre côté, j'y vois une formidable source d'innovation sociale - pour le meilleur et pour le pire, certes - mais sans innovation sociale, il y a peu de chances qu'émerge une société véritablement solidaire.
16:41 Publié dans Communication / Médias | Lien permanent | Commentaires (9) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : peuplade, nathan stern, site de rencontres, quartier, web 2.0, solidarité |
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