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05.02.2010

Médiaterre - l'information mondiale pour le développement durable

Né en 2002 lors du Sommet Mondial sur le Développement durable de Johannesbourg, Médiaterre est un site collaboratif francophone qui se veut un espace de coopération pour le développement durable.

Réseau de sites portails géographiques et thématiques sur l'information du développement durable, Médiaterre est le site de référence en matière d'actualité du développement durable au sein de l'espace francophone. Avec 5000 lecteurs quotidiens dont plus d'un quart sont issus d'Afrique, 6000 membres inscrits, 9000 abonnés à son bulletin d'information courriel, Médiaterre s'affirme comme un média incontournable pour quiconque souhaite obtenir une information de qualité généralement présente nulle part ailleurs sur Internet.

Les objectifs de ce site :

  • produire et diffuser de l'information sur les thèmes du développement durable
  • assurer la couverture médiatique des manifestations et évènements majeurs du développement durable
  • contribuer à la réduction de la fracture numérique Nord/Sud et au renforcement de capacités des acteurs du Sud
  • concourir au renforcement de la présence du français sur Internet et à la diffusion des textes, en français, utilisés et produits lors des débats et évènements internationaux
  • permettre aux internautes de recevoir et de diffuser l'information issue de Médiaterre

>> www.mediaterre.org

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15.01.2010

Iran-Moldavie : les nouvelles formes numériques de mobilisation politique

En 1989, Ronal Reagan proclamait que « le Goliath du totalitarisme sera abattu par le David de la puce électronique ». Un peu plus tard Bill Clinton comparait la censure de l’Internet à « essayer de clouer de la gélatine sur un mur ». En 1999 c’est George W. Bush qui déclarait « imaginez si l’Internet réussit à s’implanter en Chine. Imaginez alors comme la liberté pourrait se répandre ».

Le développement des nouveaux outils de communication (réseaux sociaux tels Facebook, plate-formes vidéo telles Youtube, micro-blogging avec Twitter) et leur utilisation pour des mobilisations politiques est un phénomène récent. On peut considérer que la Révolution Orange de 2004 en Ukraine, a été le premier cas dans lequel ces outils ont joué un rôle important. On pourra à ce sujet consulter avec profit l’étude du Berkman Center for Internet & Society de l’université de Harvard intitulée The Role of Digital Networked Technologies in the Ukrainian Orange Revolution.

Si le cyber-optimisme des débuts a dû être nuancé par les expériences concrètes du terrain, il n’en reste pas moins que les nouvelles formes de solidarité et de mobilisations politiques numériques sont des changements majeurs.


Moldavie et Iran, retour sur les faits

Les révoltes urbaines en Moldavie (avril 2009) et en Iran (depuis juin 2009) ont pour la première fois, dans leur traitement médiatique en tout cas, laissé une place presque prépondérante aux nouveaux médias numériques. A la fois comme source d’information des médias étrangers dans des pays soumis à la censure et comme instruments de mobilisation politique. Twitter s’imposant presque exclusivement, si l’on suit le traitement médiatique de l’époque, comme le symbole de ces révolutions 2.0.

Emission de CNN, débat sur le rôle de Twitter dans les mobilisations iraniennes


Les capacités de réaction des internautes furent de nouveau mises en valeur : devant la multiplication des messages liés aux évènements en Iran, des filtres basés sur la géo-localisation des tweets furent utilisés. Comme celui-ci, filtrant les tweets en anglais émis dans une circonférence de 500 km autour de Téhéran.

Emission de CNN, sur la veille sur Twitter et son utilisation pour suivre les événements ayant eu sur place

Que la Moldavie, le pays le plus pauvre d’Europe, souffrant d’un retard notable en matière de télécommunications, ait connu de telles mobilisations numériques a marqué nombre d’observateurs, en France (lire cet article de l’Express) ou à l’étranger (analyse de Foreign Policy). 

Plusieurs observateurs étrangers ont souligné le rôle joué sur le terrain par ces nouveaux outils : « je ne connais aucun autre facteur [autre que Facebook et Twitter] qui serait responsable d’une mobilisation d’une telle ampleur » analyse dans le New York Times Evgeny Morozov, de l’Open Society Institute.

De l’autre côté, qu’un pays aussi contrôlé que l’Iran, dont les services de sécurité disposent d’un réel savoir-faire en matière de répression numérique, ait pu être agité par des mobilisations numériques montre la difficulté à contrôler de manière étanche l’information et les communications entre individus, malgré des moyens importants.


Le mythe des révolutions 2.0

Le recul permet aujourd’hui d’analyser plus précisément ces évolutions, et de nuancer le tableau d’ensemble. Un bon point de départ est l’analyse d’Olivier Tesquet dans l’Express.

Première nuance, comme le souligne Anne Applebaum dans Slate, Twitter, fut dans le cas des révoltes moldaves bien plus un accélérateur, un facilitateur, qu’un déclencheur. Il a servi avant tout de moyen de coordination et de communication, une rôle repris et accéléré sur une échelle plus importante en Iran. 

D’un point de vue technique, le recours aux nouveaux médias numériques s’explique par à la fois l’impossibilité d’utiliser d’autres canaux et par la facilité d’utilisation de ces outils, au point de provoquer un engorgement des réseaux (mobile notamment ; voir ces statistiques pour l’Iran. Engorgement soutenu par les autorités car privant les internautes de leur canal de communication le plus libre.

A contrario on peut se poser la question des moyens électroniques de veille et de surveillance, permettant aux Etats policiers d’utiliser ces nouveaux médias pour identifier et punir, une fois l’attention médiatique retombée. S’exprimer implique par définition attirer l’attention, l’anonymat n’existant pas sur Internet, pour peu que des moyens techniques suffisants soient mobilisés.

Autre nuance, si Twitter a concentré presque exclusivement la lumière des projecteurs médiatiques, il ne faut pas pour autant oublier les autres supports. Bien que moins utilisés (du fait à la fois d’un usage moins instantané et d’un blocage / censure plus efficaces) ils furent des compléments importants, apportant contenus (texte, image, vidéo) complémentaires. On peut par exemple citer, dans le cas moldave, le groupe Support Moldova, créé par un Roumain, qui a essayé de pondérer les ardeurs des partisans d'une ligne dure et JurnalTV, une télévision sur Internet basée à Chisinau (capitale de la Moldavie).

A contrario, les médias numériques, notamment la vidéo, peuvent également avoir des effets pervers voire servir d’outils pour des tentatives de manipulation. Anne Applebaum souligne, dans les colonnes de Slate, le rôle par Youtube dans la radicalisation du mouvement moldave et les violences qui en ont résulté, au final discréditant le mouvement de protestation. On peut également penser à l’utilisation par les services iraniens des vidéos pour identifier et cataloguer les opposants, quitte à opérer des rafles « au calme », une fois endormie l’attention des médias étrangers. Ce fut le cas à plusieurs reprises dans les campus étudiants de Téhéran notamment.


Une conclusion … temporaire

Comme le déclare Clay Shirky " Au fur et à mesure qu'un média devient plus rapide, il devient plus émotionnel. Nous ressentons plus vite que nous ne réfléchissons. Mais Twitter est aussi au média bien plus personnel. Lire les messages personnels d'individus présents sur le terrain nous  conduit à une implication affective accrue. Nous voyons tout le monde essayer désespérément de faire quelque chose pour montrer sa solidarité et soudainement la communauté se rend compte qu'elle peut offrir des Proxys Web sécurisés ou persuader de différer une mise à jour technique pour maintenir le média accessible".

Intervention de Clay Shirky pendant les conférences TED sur le thème « Comment Twitter peut faire l’histoire »


En conclusion on peut suivre Evgeny Morozov de la Boston Review quand il affirme que « construire des sphères publiques, online ou offline, en commençant depuis le sommet revient à construire des émules de Frankenstein : on pourrait ne pas aimer le produit final. Ce qui ne veut pas dire que nous devons renoncer à l’Internet en tant qu’outil de démocratisation, seulement que nous devrions refuser l’idéologie du déterminisme technologique et se concentrer sur des tâches pratiques. Découvrir les manières dont l’Internet peut aider les forces et organisations démocratiques existantes, dont très peu ont démontré des approches du Web particulièrement créatives, ne serait pas un mauvais point de départ ».

07.12.2009

Utilisation des blogs par les acteurs de terrain

Jeudi soir, à l'Agence Française de Développement, se tenait la conférence organisée à l'occasion du premier anniversaire de la plateforme Solidaires du monde. Le thème de la conférence ? La solidarité 2.0 ou Internet au service de la solidarité et du développement.

La communication des ONG, des associations ou d'autres acteurs du changement pour plus de solidarité et de développement a fait l'objet de plusieurs échanges, notamment le témoignage de M. Ibrahim el Ali, du blog l'écologie au Liban. Le compte rendu de ces débats sera disponible bientôt, nous travaillons dessus.

En attendant, vous trouverez dans cette note quelques remarques rédigées suite à l'écoute de l'émission Mondoblog de Philippe Couve et Cédric Kalonji enregistrée le 4 décembre 2009 dans les locaux de RFI.

Le sujet de l'émission : « Comment les ONG utilisent-elles les blogs ? ».

Les invités : Pauline Bodin de Babyloan, Romain Gitenet de Médecins sans frontières et Raphaël Guillen du site Humanitarian Fisheye.

Les notes qui suivent rendent compte de la première partie de l'émission, autour de l'intervention de Romain Gitenet, chef de mission MSF au Nord Kivu et porte-parole du site Etat Critique.

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http://www.condition-critical.org/fr/

Romain rappelle tout d'abord que le site Etat Critique n'est pas uniquement un blog. Si sa fonction est essentiellement de rendre disponible un certain nombre de témoignages sur les conditions de vie et l'état des populations, son architecture n'est pas celle d'un blog. Le site utilise le format blog comme un élément dans un ensemble plus large.

Le traitement du conflit en RDC par les médias
Première remarque de Romain : les médias traitent de la situation du Nord Kivu « de temps en temps », à l'occasion d'un « pic dans une crise conflictuelle ». Au contraire, Etat Critique rend disponible de manière permanente, directement depuis le terrain une diversité de témoignages et de sujets sur le quotidien vécu là-bas.

Le travail de MSF dans ce cas revient à la fois à rendre compte plus fréquemment et de manière plus complète du travail effectué sur le terrain. Mais l'objectif est également d'équilibrer le traitement médiatique dominant organisé autour de l'éclatement de crises en proposant des regards positifs sur l'évolution de la situation.

Vers une redéfinition des rôles ?
Partant de ce constat, le travail des médias ne peut plus être de couvrir ce que fait MSF, puisqu'ils le font eux-mêmes, mais bien de développer une vue d'ensemble sur tous les acteurs de terrain, les forces en présence, les enjeux, le contexte et tout autre élément qui risque de manquer à un acteur de terrain principalement orienté sur ses missions.

C'est une redéfinition des rôles qui se dessine alors : afin que tous les acteurs travaillent de manière complémentaire, plutôt que concurrentielle.

Médias et nouveaux médias complémentaires
Comme le rappelle Romain, la condition de la réussite du site Etat Critique est bien la reprise et la résonance des contenus dans les médias  presse TV et radio : l'émission Mondoblog en est un parfait exemple puisqu'elle utilise ses résultats de recherches sur Internet pour choisir ses sujets.

C'est exactement le sens du témoignage de M. Ibrahim El Ali, jeudi soir à l'AFD : son blog lui a permis d'être identifié par différents journalistes comme spécialiste des questions d'écologie au Liban. Ainsi, il a été cité dans des articles et il a fourni des sources d'informations aux journalistes. Une fois cité dans ces articles, il a reçu un nombre de visiteurs qualifiés important (ici j'entends par "qualifié" des personnes qui s'intéressent aux mêmes problématiques que celles développées sur le blog Ecologie au Liban).

Ce qui mène le journaliste Philippe Couve à une question sur le profil des personnes recrutées par les associations : doivent-ils, en plus de leur compétence métier (médical, administratif, logistique, ingénierie...), disposer de connaissances leur permettant de rédiger et mettre en ligne des contenus témoignant de leurs activités ?

Pour l'instant, du côté de MSF, des personnes polyvalentes se chargent d'alimenter le site en contenu, la communication reste un plus et ce sont des bénévoles qui participent à la production de ces contenus, qu'ils soient expatriés ou habitants du Congo. Mais nous ne sommes qu'au début de l'histoire du bouleversement des médias et de l'échange d'informations et, pour l'instant, MSF ne dispose pas de moyens suffisants pour couvrir toutes ses missions avec un site dédié et des contenus produits exclusivement.

Si nous pensons aux habitants du Congo qui participent aux programmes de MSF et aux contenus du site, c'est un moyen de leur donner la parole plus souvent, mais cela permet également de leur fournir des compétences, des moyens, des conseils et des expériences quant à l'utilisation d'Internet et des nouveaux médias en matière de témoignages et de communication.

Si vous souhaitez donner votre avis sur l'émission, vous pouvez l'écouter sur ce lien et nous proposer vos commentaires.

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Consultez le site Etat Critique : présenté par le chef de mission Romain Gitenet, consituté de témoignages d'expatriés, de locaux et de bénéficiaires des programmes de santé de MSF dans le Nord Kivu. La mission comporte 850 personnes, elle est en place depuis une dizaine d'années. Le site web a ouvert il y a un an et a reçu 800 000 visites.

Consultez les sites des autres intervenants :

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27.10.2009

La Journée mondiale de l'information sur le développement

La Journée mondiale de l'information sur le développement est née en 1972, sous l'impulsion de l'Assemblée générale des Nations Unies. A l'image de la résolution 3038(XXVII) qui l'accompagne et la justifie, cette journée mondiale s'inscrit dans une démarche globale de ré équilibrage entre pays « industrialisés » et pays « en voie de développement ».

Cette journée a lieu, chaque année depuis sa création, le 24 octobre. Elle coïncide ainsi avec  la date anniversaire de la Journée des Nations Unies, notamment celle de 1970, au cours de laquelle a été adoptée la Stratégie internationale du développement pour la deuxième Décennie des Nations Unies pour le développement.

A l'aune de l'essor des nouvelles technologies, en terme de communication notamment, il s'agit de sensibiliser les principaux acteurs à l'équité d'un développement technique, économique et social jusqu'ici réservé à un nombre de pays restreint. Passée une approche institutionnelle, il s'agit de sensibiliser le grand public, et plus particulièrement les jeunes, à l'évolution des problèmes généraux de développement. En effet, le grand public, peut-être davantage sous l'impulsion des jeunes, peut contribuer largement à l'accroissement des efforts en matière de coopération internationale.

Notre Blog Regards sur le Web, en tant qu'outil de communication destiné à favoriser les échanges entre personnes géographiquement éloignées (voire isolées), mais surtout parce qu'il suit une éthique de développement solidaire, se devait de rappeler cette journée. Malheureusement peu véhiculée par la voix des médias, son importance ne s'est pourtant pas amoindrie depuis sa création, il y a plus de trente ans déjà. Les bloggeurs de Solidaires du monde, via leurs apports réguliers d'expériences et de conseils, via les échanges qu'ils encouragent et suscitent, sont à saluer dans le cadre de cette journée mondiale à venir.

Internet, que ce soit sous la forme d'interfaces comme celle de Solidaires du monde, de réseaux sociaux ou autres, favorise largement les échanges entre citoyens du monde. Depuis sa création, cet outil s'est révélé être un facteur de croisements, de rencontres et de créations de liens exponentiels. Contre ses détracteurs, qui le réduisent à un accélérateur d'uniformisation culturelle (entre autres), l'utilisation faite d'internet par les « solidaires du monde » nous rappelle qu'un outil n'est pas condamnable en soi, mais bien qu'il doit être ramené à l'usage qu'on en fait.

La démarche défendue ici, par Solidaires du monde en général et Regards sur le web en particulier, consiste à mettre en lumière les acteurs « terrains », également convertis en internautes via les blogs, notes et commentaires qu'ils publient. Pourquoi les mettre en avant ? Certainement pas par démagogie.  Le souci premier est bien de préserver une interactivité, que nous considérons ici comme essentielle à l'échange de données et d'informations dans les nouveaux moyens de communication du type Internet. De nombreux sites d'informations sur le développement se sont davantage investis dans la communication institutionnelle, délaissant ainsi les approches didactiques, pourtant bien utiles aux  utilisateurs novices...

Le Web est reconnu pour créer des liens de proximité là où il pourrait difficilement y en avoir autrement. Par la multiplication des interfaces de mises en contacts, par la variété des supports (audio, vidéo, écrit) qu'ils diffusent, les internautes se familiarisent progressivement à un outil aussi vaste que complexe. Il est de notre devoir, en tant qu'administrateurs de la plateforme, de vous aider à prendre pleine possession de cet outil. Le langage institutionnel s'adresse aux institutions, mais pour vivre pleinement, il a besoin de vous. A vous de créer le vôtre, pour ça nous vous y aidons et continuerons de le faire !

20.10.2009

6 questions à Jean et Antonin, porteurs du projet Africascopie

Il y a une semaine, nous vous présentions le projet Africascopie : un web reportage participatif porté par deux journalistes français, Jean Abbiateci et Antonin Sabot, en partenariat avec Le Monde.

Dans cette note, nous vous proposions aussi de soumettre vos propres témoignages sur les conséquences des technologies de communication au Mali et au Sénégal, et dans les pays en développement de manière générale. C'est toujours possible en écrivant à africascopie[@]gmail.com ou directement sur l'Atelier des Médias.

Ce projet, nous l'apprécions car il croise plusieurs thèmes qui nous tiennent à coeur :

  • les témoignages recueillis sur le terrain, directement auprès des populations des pays en développement. L'enjeu ici réside dans l'utilisation d'Internet pour rapprocher les populations du Nord des populations du Sud, faciliter leurs échanges et la connaissance des uns des autres et réduire le poids des stéréoypes dans les représentations.
  • les conséquences sociales, économiques et culturelles de l'adoption des technologies de communication mobiles et Internet : dans les pays développés avec l'avènement de nouvelles formes de reportages, et de nouvelles relations avec les journalistes, mais surtout dans les pays en voie de développement où l'adoption de technologies entraîne également un mouvement de réorganisation des activités.
  • le renouvellement de l'écriture et des approches journalistiques avec la notion de participation au reportage et de webdocumentaire
  • la question de la représentation et de la fabrication des représentations des populations du Nord à propos des populations du Sud et inversement, avec le rôle fondamental joué par les migrants, les voyageurs, les médias et les journalistes, les professionnels des ONG et du développement,...

Enthousiasmé par Africascopie, nous avons adressé 6 questions aux deux journalistes. Voici leurs réponses.

Nous avons également prévu de réaliser une interview de Jean et d'Antonin à leur retour. Si des questions vous chatouillent, n'hésitez pas, nous les poserons pour vous et pour l'aspect participatif de notre reportage :-)

Comment avez-vous préparé et documenté votre projet ? Vous êtes vous déjà rendus dans ces pays ? Avez-vous des contacts terrains et si oui, comment les avez-vous identifiés ?

"Africascopie est un projet de web-reportage au Mali et au Sénégal. Antonin et moi sommes tous les deux journalistes et nous souhaitions, à travers ce reportage, essayer de comprendre les impacts d'Internet et du téléphone portable en Afrique. Nous voulions également aller au peu au-delà de l'image d'un continent dont on n'évoque souvent le nom qu'au travers de reportages sur le sida, la famine ou la guerre.

Pour préparer ce reportage, on s'est pas mal documenté, on a passé quelques coups de fil. Et ce, afin de repérer les initiatives vraiment intéressantes. D'après mon expérience, j'essaye de privilégier des contacts directs, en évitant au maximum les intermédiaires. Je suis toujours un peu méfiant des grosses ONG occidentales, des usines à gaz où, parfois, la communication prend le pas sur l'intérêt réel du projet. Les petites structures locales sont toujours les plus intéressantes pour ramener de la matière, des témoignages authentiques."

Pouvez-nous expliquer et détailler ce que vous entendez par reportage participatif ? Prévoyez-vous notamment de confier des outils d'écriture aux personnes que vous allez rencontrer ?

"Ce reportage est un peu particulier puisqu'il se veut participatif.
Premier niveau, l'internaute peut laisser un commentaire et nous répondons. Mais nous avons essayé d'aller un peu plus loin, en lien avec l'émission de RFI, l'Atelier des Médias. Cette web-émission fédère depuis deux ans une communauté d'internautes, notamment maliens et sénégalais. Depuis quinze jours, on a lancé la conversation avec eux sur l'impact que pouvait avoir pour eux les nouvelles technologies dans leur vie quotidienne. Ce sont eux les mieux placés pour témoigner. On va essayer de rencontrer plusieurs d'entre eux lors de notre passage en Afrique. (cf. la présentation du projet sur l'atelier des médias de RFI dans les liens Pour aller plus loin).

Il ne s'agit aucunement de faire du participatif un échappatoire à notre boulot de reporter. Il s'agit simplement de collecter, par ce biais, des idées, des angles, des témoignages que nous n'aurions pas pu collecter autrement. Exemple : cet internaute d'un village sénégalais qui nous a raconté comment, en cas de décès, le téléphone portable avait permis de prévenir plus facilement les proches, alors qu'auparavant, il fallait envoyer quelqu'un pour les prévenir." La source du témoignage.

Pensez-vous être surpris de ce que vous allez observer, ou pensez-vous plutôt faire des expériences qui confirment l'idée que vous avez, a priori, de l'impact des nouveaux médias au Mali et au Sénégal ?

"Mais c'est tout le charme d'un reportage :-) Si nous savions ce que nous allions ramener lors de notre reportage, ça ne vaudrait pas la peine de partir. Plus sérieusement, c'est certes important de se documenter avant de partir. Mais il faut laisser, il me semble, un peu de place à la surprise, à la rencontre impromptue. Il ne s'agit évidemment pas de tout improviser. Mais à trop vouloir programmer le reportage, on ne sait plus être à l'écoute et c'est très important en reportage."

Quelle approche souhaitez-vous privilégier au cours de votre reportage ? Etudes des effets économiques, sociologiques et culturels, anthropologiques ?

"Nous partons en reportage. Donc on va essayer de privilégier les exemples concrets d'impacts des TIC, plutôt que de se lancer dans de grands discours. Eh oui, l'impact des TIC est évidemment économique, mais également social. On va essayer de voir large."

La diffusion des nouvelles technologies de communication est souvent présentée comme un accélérateur du développement. Quels sont, selon vous, et avant votre reportage, les effets négatifs de ces technologies ?

"Même réponse que pour la question plus haut. Mais on ne veut pas non plus tomber dans l'angélisme. Les NTIC ont certes un potentiel formidable pour les pays du Sud, mais la fracture numérique est une réalité. C'est là qu'à mon avis le boulot de reportage prend tout son sens. Aller au-delà des déclarations pour aller voir réellement où ça bouge et où ça craque."

Quels matériels emportez-vous ? Serez-vous en mesure d'écrire en temps réel ?

"En temps réel ? N'exagérons rien ! De toute façon, sur un tel sujet, ça n'a pas forcément un grand intérêt. On va simplement essayer de raconter chaque jour, nos rencontres, les coulisses de notre reportage et ce, avec les outils que permet le multimédia : le son, la photo, l'audio, le texte et la vidéo. Concrètement, on va emmener nos appareils photos (qui permettent également de tourner de petites séquences vidéos) et des enregistreurs audio. Sans oublier carnets et stylos."

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Sur Africascopie

Sur le thème du web documentaire (ces exemples ne concernent pas les questions de développement mais introduisent de nouvelles formes d'écriture journalistique)

Réalisé pour le Monde, sur les dernières nuits en prisons de 5 détenu

Réalisé pour le Monde, à la place d'un journaliste d'investigation en chine

Réalisé pour le New York Times, Choisir son président

Réalisé pour le Las Vegas Sun, étancher la soif de las Vegas

La vie quotidienne des Kurdes d'Irak, l'après-Katrina, le voyage d'un Camerounais migrant vers la France...

Montréal en 12 lieux

Source : un webdocumentaire sur le webdocumentaire, très bien fait

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03.09.2009

Gapminder : les grandes tendances mondiales à la portée de tous

« Les hommes politiques ne connaissent la misère que par les statistiques. On ne pleure pas devant les chiffres. » Abbé Pierre

La connaissance des phénomènes mondiaux à grande échelle (pauvreté/richesse, santé, éducation, etc.) s'appuie traditionnellement sur les données statistiques. Des chiffres qui sont rarement parlants pour les néophytes, si tant est qu'ils soient accessibles.

Paradoxe : en ces temps de mondialisation triomphante, et malgré l'accumulation de données fiables depuis environ un siècle, le sens des tendances de fond nous échappe toujours.

Dit autrement : alors que jamais les hommes n'ont été si mobiles et si connectés, faussement omniscients, il leur est toujours aussi difficile de prendre de la hauteur pour analyser le passé et tenter de comprendre le présent. Nous sommes toujours aussi aveugles concernant l'évolution du « nous » collectif.

Hans Rosling : un chercheur venu du froid

Sans titre 3.jpgHans Rosling est un universitaire suédois qui a décidé de s'attaquer à ce problème de manière très pragmatique. Il a crée une fondation (Gapminder) et un logiciel (Trendalyzer). Le second permet d'agréger, d'animer et d'exploiter facilement les données statistiques chiffrées. De simple logiciel il est devenu un service web, gratuit et accessible à tous (Gapminder World).

Pour la petite histoire, en mars 2006 Google a acquis le logiciel Trendalyzer, l'équipe de développeurs rejoignant la Californie un an plus tard, en avril 2007[1]. La fondation Gapminder continue depuis à alimenter en données[2] l'outil Web.

Gapminder en action

Comme le résume Hans Rosling : « le problème n'est pas l'ignorance : ce sont les idées préconçues ». Rien de tel que des cas concrets pour se « frotter » aux chiffres et les faire parler. Parmi les nombreuses vidéos de conférences de Hans Rosling réalisées à l'aide de Gapminder, nous vous en conseillons particulièrement deux (en VOST) : la première sur les « mythes » concernant le Tiers Monde et la seconde  sur l'impact surprenant du développement (ici).

L'impact pédagogique de l'outil est immédiat. Si l'audience salue souvent le talent d'orateur (et parfois d'humoriste) de Hans Rosling, ce qu'il raconte est très sérieux.

 

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L'avantage : grâce à cet outil, les chiffres « parlent » et dégagent un sens d'eux-mêmes. Et si donner un sens aux chiffres a souvent été critiqué comme étant un acte éminemment subjectif, ici l'argument ne tient pas. Pas d'idéologie mais des faits, l'ambition de la fondation Gapminder est d'être un « fact tank » défendant une vision objective du monde. Un outil plutôt qu'un prêt-à-penser.

Concrètement il s'agit d'un graphique 2D animé et customisable : il suffit de sélectionner les données pour l'axe des abscisses et des ordonnées, les zones géographiques ou les pays et les échelles puis d'appuyer sur « Play » et l'histoire se met en marche. Ce qui permet de comparer l'évolution des pays sur des dizaines d'années.

A tout moment il est possible d'arrêter l'application, pour par exemple « fixer » une valeur (le PIB par tête aux Etats-Unis en 74 par exemple) alors que les autres continuent d'évoluer. Très utile pour faire des comparaisons.

Démonstration
Pour obtenir les sous titres de la vidéo en français, cliquez sur "subtitles" en dessous de la vidéo et choisissez la langue.


Le Web comme outil pédagogique

En mettant à disposition de tous un outil permettant d'exploiter des données brutes très peu utilisée jusqu'alors, Hans Rosling a réussi un pari osé : rendre plus intelligible un ensemble de données complexe grâce à un outil graphique accessible à un plus grand nombre. Grâce au Web et à la forme intuitive de l'outil, on peut considérer que l'objectif est atteint. Féliciations !

Certes on reste à un niveau d'abstraction relativement élevé, et certes la simplicité de l'outil se paie en termes de limites (choix des items par exemple). Il n'en demeure pas moins que Gapminder est un excellent moyen de s'initier aux grandes évolutions du monde et de comprendre les enjeux du développement.

L'une des conclusions de Hans Rosling est notamment que les changements sociaux devancent le plus souvent les évolutions économiques. On ne peut qu'espérer que cet outil serve également d'aide à la décision, notamment en matière de développement. Sa vocation macro en fait un excellent baromètre des politiques passées.

Testez Gapminder et dîtes-nous ce que vous en pensez.

 


[1] Hans Rosling, en charge de la fondation (à but non-lucratif) ne s'est pas enrichi personnellement à l'occasion de cette acquisition (pour en savoir plus)

[2] La majorité des données proviennent de l'ONU.

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24.08.2009

31 août : Journée mondiale du blog (Blog Day)

Lundi 31 août prochain, se tiendra sur internet la Journée Mondiale du blog ou 310g Day. Dédiée à tous les blogs et blogueurs.

Comme vous l'avez peut être remarqué, un tag a été créé pour l'occasion : 310g Day. Écrivez-le avec le 3, le 1 et le 0 en numéro et le g dans un moteur de recherche, cela permet de trouver tous les blogs participant à l'opération.
C'est une façon astucieuse d'exclure des résultats de la recherche tous les articles mentionnant les mots "blog" et "day", mais qui ne participent pas à l'opération.

Cette événement sera l'occasion pour : "les bloggers partout dans le monde de poster un article recommandant 5 nouveaux blogs, de préférence des blogs différents de leur culture, point de vue et attitude. En ce jour, les visiteurs de blogs se retrouveront projetés et découvriront des blogs inconnus, célébrant la découverte de nouvelles personnes, et de nouveaux bloggers."

Je trouve intéressant de voir que cette journée vise à favoriser la présentation par un bloggeur de blogs qui ne sont pas directement dans l'univers de ce bloggeur.

Pour d'avantage d'informations, rendez-vous sur le site officiel : www.blogday.org

Blog Day 2009

Cette journée nous donne l'occasion de revenir sur le phénomène des blogs : ce qu'est un blog je pourquoi utiliser ce support pour une communication en ligne.

Sur le net, les premiers journaux personnels sont apparus au Canada dés 1995. Depuis, le phénomène s'est démocratisé et voila où nous en sommes aujourd'hui :

Le phénomène en quelques chiffres

100 millions : c'est le nombre de blogs recensés par Technorati, moteur de recherche de la blogosphère

120 000 : c'est le nombre de blogs qui sont crées tous les jours dans le monde

9 millions : c'est le nombre d'internautes français (soit plus de 30% de la totalité des internautes) qui consultent au moins un blog tous les mois
Sources : Médiamétrie, EIAA, Forrester, Technorati, Skyrock.com


Toutefois, si ces chiffres impressionnent, nous manquons de données sur la durée de vie d'un blog.

Car s'il est simple d'ouvrir un blog, il est beaucoup plus exigeant de l'éditer dans la durée et d'en faire un outil de communication. Cela demande un investissement dans le temps et s'apparente plutôt à un marathon qu'à un 100 mètres.

Le blog témoigne de l'appropriation des espaces en ligne par le public

Qu'est-ce qu'un blog ?

Le terme de blog a été formé par l'association de deux termes, web (la toile) et log (journal). Un journal de bord en quelques sortes.

Ce sont les jeunes de la génération « digital natives » qui s'est approprié le phénomène de manière massive dans les années 2000. De ce fait, le blog a beaucoup été ramené à sa dimension intime, personnelle et « adolescentrée », par de nombreux journalistes notamment.
Alors que le blog a d'emblée était un outil d'expression multiple : personnel et collectif, intime et politique, amateur et professionnel, gratuit et intéressé, original et copié collé...

Quelques fondamentaux

  • L'architecture du blog en fait un site d'expression personnelle, au sens de l'expression d'une personne : le plus souvent le blog est le fait d'un bloggeur.
    • Mais il existe des blogs avec une rédaction à plusieurs. C'est le cas de celui que vous lisez.
  • Un blog offre une fonctionnalité de commentaires, ce qui laisse un espace d'expression aux lecteurs du blog. De ce fait, le blog est aussi un terrain d'expression collective, un espace de débats, d'échanges d'arguments, notamment entre le bloggeur et ses lecteurs.
    • Mais il existe des blogs fermés aux commentaires, ou du moins des notes sur lesquels il n'est plus possible de commenter
  • Un blog exige un travail d'écriture régulier et favorise l'actualisation des contenus. La dernière note publiée est présentée en premier. Les notes publiées antérieurement ne sont donc pas aussi visible que les dernières notes publiées
    • Mais il existe des blogs avec une architecture telle que des contenus publiés antérieurement sont directement accessible depuis la première page du blog

Pourquoi un tel succès ?

L'une des clefs du succès des blogs provient de leur simplicité.
Avant l'arrivée des blogs (et mis à part les forums de discussion), il était nécessaire de connaitre le langage html pour éditer un site web.

Depuis l'avénement des blogs, il est possible d'éditer du texte et des images sur internet sans maitriser le langage html. De ce fait, n'importe qui disposant d'un ordinateur, d'une connexion internet et voulant s'exprimer, peut créer son blog en quelques minutes. Par contre, il vous faudra passer de nombreuses heures avant de disposer d'un blog digne d'intéresser des lecteurs !

La dimension sociale des blogs est également un point important expliquant leur succès. En effet, l'interactivité est fondamentale dans la blogosphère : les blogs valent autant par le propos du blogueur que par ce qu'écrivent les contributeurs et les autres blogueurs à travers les commentaires.

Un blog sans commentaire et un blog très commenté n'offrent pas la même variété de points de vue.

Sur le plan technique cette interactivité est assurée par des liens hypertextes, des rétroliens et des fils RSS.

Le blog et les faveurs des moteurs de recherche

Enfin le blog présente de nombreux avantages en termes de référencement. Du point de vue de la stratégie de communication, ce point est sans doute le plus important. Il fera l'objet d'une note prochainement. Pour résumer retenez deux points :

  • Chaque note d'un blog produit un url, c'est-à-dire une adresse internet unique. Cette adresse reprend généralement les mots du titre de la note. Or c'est avant tout dans ces liens que le moteur de recherche fouille avant de vous proposer des résultats.
    • Ainsi en produisant de nombreux url, sur un champ sémantique donné, un blog construit son référencement plus rapidement qu'un site web qui ne produit pas régulièrement des url.
  • La deuxième explication permettant de donner avantage aux blogs sur les sites statiques en termes de référencement, ce sont les interconnexions entre les blogs. En effet, la blogosphère produit beaucoup plus de liens que la sphère des sites statiques (souvent contraint par des dispositions de responsabilités juridiques). De ce fait elle est favorisée par les moteurs de recherche, au détriment des sites statiques.

Autres éléments sur le référencement

Le contenu : un contenu de qualité intéressant une communauté de lecteurs spécialisés, sera susceptible d'intéresser d'autres blogueurs et internautes, créant ainsi du trafic vers votre blog. Vos articles et arguments peuvent être repris sur un autre blog, ou renvoyer vers votre blog grâce aux liens hypertextes.
En tant que bloggeur, il est intéressant de prendre la parole par le biais de commentaires sur des blogs qui traitent de sujets similaires. C'est aussi de cette manière que s'organise la conversation entre les blogs.

Les mots clés : faites bien attention à vos titres et aux mots clés (tags)  associés à votre article, qui favorise le référencement, c'est-à-dire le positionnement de votre blog dans la liste des résultats proposés lors d'une requête sur ces mots-clefs.

Liens : n'hésitez pas à étoffer vos articles de liens sortants, renvoyant vers des articles sur la même thématique, des définitions, des contenus multimédias... Ce qui vous permet de rediriger vos lecteurs vers les blogs des autres et ce qui vous apporte indirectement du trafic.

Je vous invite à lire cet article sur l'optimisation d'un blog et illustré de quelques exemples : un blog pour améliorer son référencement, et sur le blog Solidaires du monde De nous à Vous, vous trouverez de nombreux conseils  dans la catégorie "Comment bien bloguer"

 

13.08.2009

Twitter : présentation et utilisation pour les ONG

L'objectif de cette note est double :

  • Présenter le service Twitter et le situer dans la chaine de diffusion de l'information
  • Proposer des pistes concernant l'utilisation de ce service pour les acteurs de la solidarité et du développement


Resituons Twitter : chiffres et présentation

En chiffres : 27 millions d'utilisateurs et plus d'1 milliard de messages envoyés

Twitter est un service internet qui, depuis fin 2008, fait parler beaucoup parler de lui tant par son attrait que par sa méconnaissance.

Il s'agit d'un outil de microblogging et de réseau social qui permet à un utilisateur d'envoyer gratuitement des messages, appelés « tweets » (tweet veut dire gazouillis en français, des petits cris d'oiseaux numériques), de 140 caractères maximum, par Internet, par messagerie instantanée et/ou par SMS.

Au vu des chiffres de croissance, l'outil est en pleine ascension puisque  72,5 %* des utilisateurs ont rejoint Twitter lors des 5 premiers mois de 2009.

Mais malgré un certain succès, Twitter reste un outil peu connu et encore mal utilisé. Pour preuve, 85,3 %** des utilisateurs postent moins d'un tweet par jour et même 21 %** des utilisateurs n'ont jamais émis de message.


*étude Pear Analytics, Aout 2009 http://www.pearanalytics.com/wp-content/uploads/2009/08/T...

*étude Sysomos, Inside Twitter, Juin 2009 http://www.sysomos.com/insidetwitter/


Premier maillon de la chaine de diffusion de l'information ?

Tout d'abord, Twitter doit une partie de son succès à son interface facile et léger, qui permet à chacun d'entre nous de s'approprier l'outil. C'est pour cela que les premiers utilisateurs de Twitter étaient majoritairement jeunes et curieux de tester le dernier  services du web.

La croissance du service aidant (plus il y a d'utilisateurs sur un service en ligne plus celui-ci est utile et attire d'autres utilisateurs : c'est la loi de Metcalfe), Twitter est devenu un lieu d'échanges majeur et un sujet de conversation récurrent sur les blogs et dans les médias. Notamment pendant la campagne Obama et plus récemment compte tenu de l'utilisation qui en a été faite par les jeunes iraniens révoltés par les conditions de la réélection de Mahmoud Ahmadinejad.

Désormais, comme avec de nombreux services web, ce ne sont plus seulement des jeunes qui dynamisent le service, mais également des professionnels de la veille, des médias et d'internet, des politiques, des entreprises etc.

L'annuaire Twibs par exemple, recense plus de 16 000 entreprises sur Twitter. Cherchez media et vous trouverez près de 900 utilisateurs ; et une écrasante majorité d'anglophones.

En effet, comme toujours avec internet, la langue la plus utilisée est l'anglais (oui j'oublie le chinois, mais celui-ci n'est pas encore assez pratiqué au niveau international pour rivaliser avec l'anglais). Et si Twitter a atteint une maturité dans la sphère anglophone. Ce n'est pas encore le cas chez ses utilisateurs francophones. Reste à savoir ce que c'est que la maturité d'un service web. Peut être faudrait-il plutôt parler de diversité d'utilisateurs.

Aujourd'hui, le Figaro, le Monde et l'Equipe assurent une présence sur Twitter. Le Monde gère même plusieurs profils spécialisés en fonction des thèmes abordés.

Toutefois, on peut émettre une première salve de réserves car rien ne garantit que c'est bien le journal le Monde qui gère ces profils. C'est à la communauté de followers d'évaluer la qualité et la crédibilité des contenus.

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Voici une liste absolument pas exhaustive de journalistes français sur Twitter.


Twitter, le plus chaud des nouveaux médias ?

Aujourd'hui, au delà, de l'effervescence médiatique et de l'effet de bouche à oreille, on ne peut que constater que Twitter est devenu un outil de premier plan dans la diffusion de l'information.

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Le graphique ci-dessus montre comment Twitter (en bleu ciel) s'inscrit dans une diffusion de l'information en amont par rapport aux autres supports que sont les supports en ligne tout d'abord : blogs, forums et sites éditoriaux (en bleu foncé) puis la radio (en vert), la télé (en rouge) ou la presse écrite (en orange).

Ainsi Twitter devient une plateforme incontournable pour :

-          veiller ce qu'échangent les utilisateurs sur des mots clés identifiés

-          suivre un sujet en temps réel, un événement, une conférence, un moment fort

-          entretenir des échanges directs avec une communauté identifiée : écouter et prendre la parole

-          organiser et synchroniser des équipes distantes en garantissant la réception par tous d'un même message (sur ordinateur et téléphone portable)

-          proposer des productions et des sources d'informations à une communauté (ce qui pousse à une segmentation par sujet, par zone géographique, lorsqu'on travaille sur différentes zones et thématiques)

Mais comme tout service en ligne, il est nécessaire d'y investir du temps. Avec une communauté de centaines de followers, vous pouvez être amené à échanger de messages avec des centaines de personne, et ce de manière régulière.

Si vous faites vos premiers pas sur Twitter, commencez par passer du temps sur le moteur de recherche http://search.twitter.com afin d'identifier les utilisateurs qui s'expriment et publient des messages susceptibles de vous intéresser, mais aussi susceptibles d'être intéressé par ce que vous proposerez.

Et si vous lisez des blogs, repéréz ceux qui utilisent un compte Twitter.

Retwitt et fonctionnement de la (re)diffusion de l'information

La puissance de diffusion de Twitter réside dans l'une de ses fonctionnalités essentielles : la possibilité de « retwitter » une information.

Ainsi, un message diffusé par un utilisateur de Twitter à sa communauté de followers à des chances, s'il intéresse l'utilisateur, d'être rediffusé à nouveau par un ses followers qui le twittera à destination de sa propre communauté. Et le message circule
si le message les intéresse et si les membres de cette communauté le rediffusent à leur communauté.

Dans tous les cas, l'information se répand d'autant plus vite lorsqu'elle touche une communauté de personnes sensible à cette information, et donc prête à se l'approprier et à la rediffuser (sur Twitter, mais aussi dans un article publié sur un blogs, dans un commentaire, dans un mail, sur le mur d'un réseau social ou dans une conversation en face à face).

Evidemment, cette définition du « retwittage » est à prendre avec du recul. Pour deux raisons :

1. La première est que les deux communautés de followers auxquelles a été diffusé le tweet initial ont une part plus ou moins négligeable d'utilisateurs en commun. Cela induit de fait une baisse du nombre de contacts absolus (mais cela informe de l'interêt que plusieurs utilisateurs portent sur le sujet).
2. La deuxième raison tient simplement du fait qu'un tweet n'est pas lu par l'ensemble des followers suivant le flux de l'émetteur du message. Le taux de lecture d'un tweet est le plus élevé juste après sa publication. Ainsi, plus un utilisateur du service suit le flux d'autres membres, plus il aura du mal à suivre l'ensemble des tweet postés par les membres qu'il suit ; car les messages se perdront dans la masse comme poussés par les messages plus récents.

Il s'agit donc de trouver un juste équilibre entre le nombre de messages publiés et le nombre d'utilisateurs.

Mais nous pouvons aussi espérer que la communauté de développeurs qui créé des applications pour Twitter mettra en place des fonctionnalités de filtrage permettant de filtrer / hiérarchiser les messages reçus en fonction de leur contenu (pour autant, Twitter n'est pas une application Open Source, pour ceux qui en font un critère, mieux vaut se tourner vers Laconica)

Dans tous les cas, commencer par identifier et écouter des utilisateurs. Entrez dans la boucle quand vous pensez pouvoir leur apporter des éléments intéressants. Respectez une certaine homogénéité éditoriale.

Si vous rédigez un blog par exemple, synchroniser votre publication avec votre profil de réseau social et votre profil Twitter, afin d'avertir vos publics de votre publication (sans que ceux-ci aient à se rendre sur votre blog).
Vous pouvez également partager vos liens, comme vous pourriez le faire avec Delicious.

Proposez votre profil Twitter sur votre profil de réseau social, votre blog, votre site internet.


Si vous trouvez que 140 caractères ne suffisent pas


1. Optez pour des tags plutôt que des phrases

2. Utilisez http://url.exen.fr/ : un réducteur d'url ! En rentrant l'adresse de votre note vous obtiendrez une nouvelle adresse beaucoup plus courte d'une vingtaine de caractères.

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Twitter pour les acteurs de la solidarité et du développement

Tout d'abord, les associations et ONG sont des émetteurs crédibles d'informations. Ils doivent donc profiter de cette crédibilité pour prendre position sur Twitter et s'inscrire dans les communautés existantes.

En effet, les acteurs de la société civile sont peut être plus crédible que les médias car ces acteurs ont des communautés de soutien qui ne doutent pas de la qualité et de l'authenticité de leurs propos et de leurs prises de position (je ne dis pas qu'il ne peut pas y avoir d'instrumentalisation comme dans les médias, mais je suis convaincu que certains acteurs de la société civile remplissent -et rempliront - de plus en plus une fonction de contre pouvoir économique et politique, trop souvent désertée par les grands médias).

Aujourd'hui, c'est la dimension sociale qui explique le sujet d'une majorité de service comme les réseaux sociaux, les blogs, le microblogging etc. Or grâce à la dimension sociale revêtit par la majorité des nouvelles applications web, il n'a jamais été aussi facile d'identifier,  d'entrer en relation, de former des groupes de personnes qui partagent les mêmes  préoccupations et centres d'intérêt. Les outils d'organisation de ces groupes ne manquent pas et Twitter en fait partie.

Pour les personnes intéressées par les questions d'environnement par exemple, suivre Greenpeace sur Twitter sera nécessairement source d'informations utiles, de rencontres, d'événements. Ce qui ne peut être qu'enrichissant pour la relation que Greenpeace entretient avec ses publics.

Aujourd'hui le profil Greenpeace compte prêt de 15 000 followers. Le profil Greenpeace Brazil en compte prêt de 20 000.

Utilisation de Twitter pour les associations et ONG

A des fins de communication externe

Un flux renvoyant vers : les communiqués de presse, les vidéos publiées sur les sites de partage, les événements, les zones d'interventions, des renvois vers des chiffres et des études publiées, un flux renvoyant vers des témoignages de volontaires et de bénéficiaires (sur un blog), un flux renvoyant vers un blog de suivi des activités de plaidoyer, un flux pour inviter à des événements / conférences.

Et tous ces flux peuvent (et devraient ?) se décliner dans toutes les langues. En fait, toute actualisation d'un support portant des productions de l'organisation peut faire l'objet d'un message.

Ce qui suppose que ce n'est pas une seule personne qui est dédiée à alimenter les flux, mais bien le création d'un réseau d'utilisateurs dans l'organisation elle-même. A destination de l'organisation elle-même et à destination de l'extérieur.

Cela suppose également l'appropriation de l'outil par un grand nombre d'acteurs, pas seulement le service « communication » !

La Croix Rouge française pour sa part compte 518 followers. Amnesty international 12 021. Human Rights Watch 5 452. Oxfam International en 7 459. Reporters without borders a 526 followers.

Médecins sans Frontières UK et Autriche tweetent, mais pas MSF France. L'UNICEF a 3 184 followers. Chacun de ses tweet commence par le pays concerné par le tweet.


Ou interne, pour l'organisation et la synchronisation des équipes

Prenons une ONG dans ses activités sur un terrain sensible, comme le Soudan. L'organisation est présente en capitale et dans plusieurs endroits du pays. Chaque jour, des informations sont échangées entre les personnes sur les lieux des missions, les responsables de missions dans la capitale Khartoum et les responsables de missions au siège à Paris. Les outils de communication utilisés à ce jour sont déjà le téléphone mobile pour les appels et les SMS, et les ordinateurs pour la messagerie instantanée et les emails.

Une circulation d'information plus rapide dans l'urgence

Dans la cas d'une information urgente qui doit modifier les comportements des équipes à un instant T, et qui est diffusée depuis le siège à destination des équipe sur le terrain, Twitter offre une instantanéité de diffusion vers les ordinateurs et les téléphones mobiles. De plus, dans certains cas, comme dans cette vidéo : le fait de tapper « 40404 + I am ok » suffit pour avertir toute la communauté de followers twitters du fait que vous allez bien (par contre ce n'est pas si simple hors des Etats-Unis, le numéro est bien plus long).

Passer par le message texte tout d'abord permet de dépasser l'impossibilité éventuelle d'établir une liaison téléphonique : le SMS et le mail finissent toujours par arriver même en cas de surcharge du réseau. Hors, en cas de catastrophe, les réseaux de téléphonie sont souvent saturés.

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Associations using Twitter (en anglais et pas forcément des associations de solidarité internationale)

Twitter for educational puropose

Toutes les notes du blog de Beth Kanter (spécialiste de l'utilisation des médias sociaux pour les acteurs non profit).

Le twitter Nethumanitaire : actualités, informations des liens francophones de solidarités

La levée de fonds grâce à Twitter

Twittez vous sur Twitter sur cause humanitaire

Un exemple d'application mêlant Twitter et Google Earth pour localiser du matériel de soin (8ème paragraphe)

Une somme de connaissances sur Twitter : introduction, fonctionnement, applications et cas pratiques

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03.08.2009

Témoignages photographiques : photoblog de Médecins sans Frontières

J'ai découvert le photoblog* de Médecins sans Frontières. J'ai visité ce site grâce à Facebook, car je me suis abonné au groupe MSF et je reçois désormais les actualités qu'ils publient grâce à ce groupe. Facebook, outil utile donc.

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Comme pour travailler dans l'humanitaire, mieux vaut parler l'anglais
si vous vous inscrivez à ce groupe. Même si la photo se passe aisément du langage.

En terme de structure, le photoblog se traduit par une mise au premier plan de l'image photographique.
Le photoblog de MSF permet d'ailleurs de mettre un cache noir sur les textes qui entourent la photo, lorsque vous cliquez sur l'image. Comme ci-dessous :

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Nigeria, Photo: Misha Friedman

Chaque note porte en titre le nom du pays où la scène a été photographiée. Sur ce cliché, il s'agit d'un enfant nigerian pris en 2007 alors qu'il subissait une intervention chirurgicale dans l'hopital Teme de Port Harcourt, suite à une blessure.

En terme de fonction le site propose un flux RSS qui permet de recevoir chaque mise à jour. Dans la colonne de gauche, le photoblog propose des liens vers une dizaine de blogs tenus par des expatriés MSF sur le terrain, ainsi que des blogs d'expatriés revenus du terrain.

Chaque photographie est accompagnée d'une légende qui met l'image en contexte et donne à voir un peu de ce qui se passe en dehors de l'image. Mais encore une fois, il faut parler anglais car vous ne trouverez pas de traduction.

Dans la légende de cette photo, Médecins sans Frontières explique son action dans le pays ou l'image a été prise. En l'occurence, le Nigeria dans la ville de Port Harcourt en 2007. Toutefois, nous regrettons que le site ne propose pas de lien vers d'autres pages permettant d'en savoir plus sur leurs actions dans le cadre de cette mission particulière.

A propos
Dans la rubrique à propos, MSF explique les intentions qui président à cette initiative. Les voici reproduites :

"Alors qu’il est possible de décrire des émotions, d’expliquer des faits et de raconter une histoire au travers les mots; ils ne peuvent jamais remplacer l’instant précieux que capture une photographie. Des images touchantes offrent une fenêtre sur la vie des gens, décrivant souvent leur réalité à travers une perspective unique. Depuis plus de 30 ans, MSF envoie des photographes dans ses projets pour documenter à la fois son travail et les personnes qu’elle souhaite aider. Voici une collection de quelques-unes des meilleures images prises par ceux-ci, y compris des images provenant de photographes primés, indépendants ou affiliés aux agences de presse internationales et agences photo.

Le blogue photo MSF présentera, au quotidien, une image de son travail actuel ou provenant de ses archives, afin de partager ces images exceptionnelles avec le public. La sélection sera faite parmi trois décennies d’images provenant des nombreux pays dans lesquels MSF a travaillé ou œuvre aujourd’hui."

Texte et image : deux vecteurs de l'information
En effet, le texte et la photographie sont deux moyens d'informations complémentaires, qui permettent de saisir différents aspects de la réalité. Si je prends une image et que je la décris, l'effet produit dans l'esprit de quelqu'un qui prend connaissance de cette description ne sera jamais le même que l'effet produit par une image. Une photographie se donne à voir complétement, d'un seul coup. Alors que le texte nécessite du temps pour que les mots s'impriment dans la mémoire. Pour cette raison, l'image véhicule plus rapidemment une émotion. C'est donc un moyen privilégie pour toucher le coeur. Le texte pour sa part s'adresse plus facilement à la raison.

Or, s'adresser à la raison et au coeur sont les deux moyens dont disposent les organisations humanitaires pour transmettre leurs messages et témoigner des réalités vécuent sur le terrain.

ONG et image
Comme le rappelle MSF, d'une certaine manière, le mouvement  des organisations humanitaires, n'a jamais travaillé sans image. Les ONG ont toujours eu recours à la photographie pour témoigner des réalités qu'ils rencontraient sur le terrain. Au film également.

Toutefois, ces images avaient une diffusion confidentielle : elles étaient rarement publiées et servaient principalement en interne dans les ONG, ou bien  parfois à destination des bailleurs de fonds pour illustrer les rapports d'activités des associations. Quelques livres et films documentaires ont bien véhiculé ces images. Je pense notament à la BD éditées par et pour Reporters sans Frontières, sur la grand reporter Anne Nivat. Il  en est question dans cet article de Rue89. Je pense également aux très beaux films de Christophe de Ponfilly : l'Etoile du Soldat et Massoud l'Afghan. Christophe ayant été photographe dans une mission de Médecins sans Frontières en Afghanistan à la fin des années 80.

Ce que change internet
Or l'avénement d'internet change la donne en matière de diffusion d'images.

En effet, la mise à disposition et le partage des images ne représente plus un coût important. De plus les images sont accessibles depuis n'importe quel ordinateur connecté, n'importe quand. Ce qui n'est pas le cas dans un système de distribution physique.

Les ONG peuvent désormais mettre à disposition  un grand nombre de témoignages depuis un plus grand nombre de lieux de missions. Si cela est vrai pour les images, cela l'est également pour les témoignages écrit. La disponibilité et la possibilité d'accèder, grâce à un site internet, à un réseau de témoignages des acteurs de terrain change radicalement de l'époque ou les organisations humanitaires dépendaient de la mise en Une par les médias d'un pays, d'une situation, pour pouvoir y placer les témoignages produits par l'organisation.

En terme d'accès à l'information pour les publics, cela change également la donne. Si, en tant que journaliste, chercheur, futur voyageur ou migrant, je fais des recherches sur un lieu particulier, sur un type d'action, sur une thématique, il m'est désormais possible d'aller chercher dans les archives proposées par les organisations humanitaires pour me renseigner. C'est un moyen de trouver de nouveaux interlocuteurs, de nouveaux partenaires, de nouvelles sources d'informations. C'est donc un nouveau moyen d'enrichir l'information de points de vue. Sans parler des possiblités de mises en relations directes, de rencontres.

Si comme l'affirmait Bernard Kouchner - qui fut membre fondateur de MSF : "L'ennemi essentiel des dictatures et du sous développement reste la photographie et les sursauts qu'elle déclenche", alors nous ne pouvons que louer la simplification et l'accroissement de la distribution de photographies témoins de ce qui se passe dans le monde, grâce à un internet.

* Pour ceux qui ne savent pas ce que c'est qu'un photoblog, je le définirai comme un blog, c'est à dire un site dynamique régulièrement mis à jour, dont l'essentiel des contenus est fait de photographies. Le texte intervenant comme un complément de l'image.

Pour poursuivre sur ce thème :

Visiter le photoblog de MSF

Site de photojournalisme social et humanitaire de Manuel Meszarovits


Que voit-on lorsqu’on aperçoit de manière furtive le visage d’une victime de catastrophe naturelle sur un panneau de 4 par 3 dans les couloirs du métro ? Que comprend-on quand on découvre en une des journaux des images de famine ? Qu’est-ce qui dans ces images fait sens, nous interpelle ou nous révolte ?

29.07.2009

Relations entre journalistes et bloggeurs : entretien avec Alain Joannes dans le dossier "les nouveaux médias et l'information"

En passant par le site de l'agence de communication Tocsin (agence de communication spécialisée pour les associations), j'ai découvert la lettre d'information du site http://www.societesdelinformation.net. Bonne pioche !

La publication du mois de juin comporte un dossier "les nouveaux médias et l'information" dont je recommande la lecture.

Il s'agit des réponses d'Alain Joannes, auteur d'un livre intitulé "Le Journalisme à l'heure électronique". L'entretien porte sur les relations entre journalistes et bloggeurs. Par ailleurs Alain Joannes est l'auteur d'un blog remplis de réflexions et d'analyses sur les médias et le journalisme. Réflexions qui se retrouvent dans son livre. Mais là, je parlais de son blog, qui s'intitule Journalistiques.

Avant cet entretien, je me permet de commencer par une petite remarque personnelle et préliminaire :

A la lecture de ces réponses, je ne peux m'empêcher de penser à quel point il devient important pour les acteurs de la solidarité et du développement d'entretenir des espaces de témoignages et de dialogues sur internet, ainsi qu'une présence dans les réseaux sociaux qui se structurent sur le web (Facebook mais pas seulement) ; afin de se rendre disponible aux journalistes qui cherchent  (de plus en plus) des informations sur internet pour construire leurs articles et leurs points de vue. Mise en relation qui souvent, se traduit par une rencontre et ne demeure donc pas au stade "virtuel". C'est peut être moins vrai lorsque la distance géographique est importante, mais cela rend d'autant plus intéressant de tisser des relations pour rendre compte d'événements lointains.

J'en profite pour remercier M. Joannes de ne pas tomber dans l'argumentaire classique  qui consiste à mettre en concurrence d'un côté des bloggeurs qui ne seraient que des critiques des médias et de l'autre côté, des journalistes qui ne verraient les bloggeurs que comme des pirates de l'information. Comme si c'était fait pour ralentir l'établissement de relations entre lecteurs/journalistes et internautes auteurs/diffuseurs d'informations. J'arrête la parano. Bonne lecture !


Les mises en gras sont de ma part.

Quelles relations peuvent nouer journalistes et blogueurs ?

Alain Joannes : "Tout dépend du blog. Aujourd’hui, les témoins peuvent y publier ce qu’ils ont vu. Les blogs d’experts sont aussi une mine pour les journalistes qui ne peuvent pas prétendre au même niveau de technicité qu’un professionnel de la finance ou du transport aérien. Ce sont de nouvelles sources à exploiter, complémentaires des sources officielles. Les sources d’information étant diversifiées, les journalistes peuvent multiplier les points de vue."

Et la fonction critique ?

Alain Joannes : "Pour entretenir une relation de qualité avec leur audience, les journalistes devraient avoir eux-aussi des blogs. Ils doivent rendre des comptes à leur public. Je suis pour les panels de lecteurs qui peuvent interpeller une rédaction ou demander un droit de suite. Avec Internet, ça semble nouveau, mais j’ai été localier. Quand on traite de l’actualité locale, on est interpellé en permanence. Le journaliste vit au milieu des gens dont il parle. La manifestation sur laquelle il écrit, ses voisins y étaient. Si ce qu’ils ont vu diffère de ce qu’ils lisent, ils demandent des comptes."

Jusqu’où peut aller cette nouvelle relation ?

Alain Joannes : "Les anglo-saxons pratiquent le watch dog, c’est-à dire l’observation vigilante et critique des médias. Un contre-pouvoir des lecteurs est sain. Toutefois, je suis plus sceptique sur les personnes qui ne savent pas comment fonctionne un journal et qui élaborent après des théories plus ou moins délirantes. Pour avoir une critique qui porte, il faut d’abord s’intéresser au fonctionnement d’une rédaction, à ses contraintes. Cela manque en France."

Le terrain d’enquête de demain, c’est donc le seul Internet ?

Alain Joannes : "Je n’y crois pas. Internet s’ajoute à l’existant, il ne s’y substitue pas. Quand on interviewe quelqu’un, un non dit ou une mimique peut traduire un aquiescement. Sur le web, ces informations-là ne transitent pas."

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