17/02/2011

Avantages des réseaux sociaux (et inconvénients)

Les réseaux sociaux ont révolutionné Internet. On peut définir la communication via les médias sociaux comme « le fait de communiquer en utilisant tous les moyens proposés par Internet pour initier un dialogue, échanger, partager, écouter, entrer en relation... »1 . Les grands gagnants sont les blogs, Facebook, Twitter, Youtube, Dailymotion, Flickr.

 

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S'exprimer à titre personnel ou au nom de votre association

Avant toute chose, il est important de différencier la prise de parole sur les médias sociaux à titre personnel ou au nom de votre association. Les avantages et inconvénients ne sont pas les mêmes.

A titre personnel, nous vous conseillons d'être vigilant. Même si vous verrouillez l'accès à tous vos comptes, l'information peut quand même circuler (photos de soirées, etc.) via les contacts que vous nouez et entretenez sur les réseaux sociaux. Il faut bien avoir conscience que l'espace sur les réseaux sociaux est un espace social et en aucun cas un espace privé.

Au niveau de votre association, il faut accepter la co-construction et la co-diffusion des messages. C'est là, la force même des réseaux sociaux. Il ne faut pas en avoir peur. Au contraire ! Vous avez tout intérêt à ce qu'on parle de votre association, de vos projets sauf si vous travaillez sur une thématique dite sensible. Qui plus est, cela permet de rentrer directement en contact avec vos adhérents, vos donateurs, des bénévoles, des journalistes, etc.

 

Les avantages des réseaux sociaux pour votre association

Facebook, Twitter, etc. offrent des fonctionnalités de partage propices à la viralité. L'internaute a la possibilité de partager à tout instant n'importe quel contenu. La diffusion de l'information ne coûte rien.

Au-delà de la viralité, les réseaux sociaux donnent l'opportunité à l'internaute de contribuer. Il a désormais un rôle actif et peut relayer certaines de vos informations via un blog, un wiki, un commentaire/avis/opinion/notation/vote... notamment sur les médias sociaux. D'où l'importance d'encourager la collaboration en créant des communautés et en échangeant avec elles, voire même en les rencontrant.

 

Les inconvénients des réseaux sociaux pour votre association

Les réseaux sociaux présentent quelques limites qui sont loin d'être insurmontables. Comme toute action de communication, ils peuvent être chronophages notamment au niveau de la construction de votre communauté. Il faut prendre le temps de connaître sa communauté.

Vous êtes responsable du contenu publié sur vos espaces, vous devez donc faire attention à ne pas diffuser des informations outrageuses, diffamatoires, ou en votre défaveur. A noter que la confidentialité et l'effacement de vos données ne sont pas garantis sur les réseaux sociaux.

 

Pour agrandir l'image, cliquez dessus :

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Traduction et adaptation de la version anglaise de CMO

Interactivité, collaboration, instantanéité, mobilité, conversation, création de communautés, médiatisation des contenus, organisation d'évènements, rencontres, accès à de nouvelles sources d'informations, facilité d'utilisation, gratuité, accès à un large public sont autant de points positifs. Les possibilités semblent sans limite surtout en combinant habilement les différents médias sociaux (Facebook, Twitter, blogs, Youtube, etc.). Alors à vos claviers et peut être à bientôt sur Twitter et Facebook.

N'hésitez pas à nous laisser un commentaire !

[1] Définition issue du blog de Cédric Deniaud

Pour aller plus loin :

-       Participez à la prochaine formation « Utiliser Internet au service de la solidarité Internationale » organisée par Internet Sans Frontières, Solidaires du monde et l'Agence Française pour le développement. Cette formation a lieu toutes les six semaines.

-       Découvrez la présentation faîte au CAP : Le Blog au service des associations

-       Retrouvez-nous le 18 mai 2011 au CAP pour une nouvelle présentation

12/11/2010

Bonnes pratiques et conseils aux ONG pour collecter des dons en ligne

Les médias sociaux et la technologie mobile permettent de changer radicalement la façon de concevoir la communication des ONG. Ces outils et les pratiques qu'ils engendrent permettent notamment de proposer de nouvelles façons de recueillir des fonds en ligne (ou fundraising).

Certes pour l'instant, le don en ligne ne constitue qu'une goutte d'eau par rapport au reste des dons. Estimé à 3 % (17 % par prélèvement bancaire, 80 % par chèque ou espèces) on observe néanmoins une croissance exponentielle de ce type de collecte, et un changement de profil du donateur en ligne, par rapport au donateur traditionnel.

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Source : 15 bonnes pratiques de e-fundraising

 

Si ce type d'approche présente de nombreux avantages, plus de réactivité, plus écologique, plus jeune, la question de la sécurisation des dons continue de poser problème à certains tandis que la perte de la dimension humaine est parfois critiquée. Un point à mettre en avant et à garder à l'esprit dans une approche 2.0.

Pour vous aider dans votre démarche, nous avons tenté de dresser une liste d'éléments à prendre en compte dans la réalisation de votre collecte en ligne. Elle est bien sûr non exhaustive. Une partie des recommandations proviennent d'un article publié par Diosa Communications: Online Fundraising Best Practices for Nonprofit Organizations que nous vous invitons à consulter si vous pratiquez l'anglais. L'Agence Diosa est spécialiste du conseil en communication web et médias sociaux aux organisations sans but lucratif. Libre à vous de compléter l'article par le biais de commentaires.


1. Choisissez un prestataire de collecte de dons qui embrasse le Web 2.0.

De PayPal à Google Checkout, en passant par JustGive et Network for Good outre-altantique, izi-collecte, aiderenligne ou aiderdonner en France, il y a pléthore de fournisseurs qui peuvent traiter les dons pour votre organisation. Les frais de traitement vont de 2,9% à 4,75%. De tous ces fournisseurs, Network for Good a ouvert la voie à l'adoption des outils Web 2.0 de collecte de fonds. Si quelqu'un fait un don à votre association via Facebook Causes, Change.org ou Razoo, le don est traité par Network for Good.


2. Placez un bouton "Faire un don"
grand et coloré sur votre page  « Soutenez-nous !».

Les donateurs en ligne répondent bien aux boutons. Un lien « Donnez maintenant » n'est pas suffisant. Votre prestataire vous fournira un bouton ou si vous avez un graphiste, vous pouvez créer un bouton personnalisé qui le reliera directement à votre page de don. Pour voir un exemple, consultez la section
«Je donne» sur le site de la Croix Rouge. Notez également l'argument de sécurité.

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3. Ajoutez un bouton "Faire un don" sur chaque page de votre site web.

Si possible, ajoutez un lien «Faire un don» à chaque page de votre site web.
Médecins du monde a fait ce choix. Il faut réduire les riques de changement d'avis ou de perte du donateur. Ce lien doit diriger vers une page qui énumère les nombreuses façons pour un futur donateur de faire un don à votre organisation.


4. Le bouton "Faire un don" doit être relié directement à une pa
ge web qui demande les informations de contact et de carte de crédit.

Lorsqu'un sympathisant visite votre site et clique sur "Donnez", le lien doit aller directement à la page où les donateurs entrent leurs informations de contact et de leur carte de crédit. Le bouton « Donnez » ne devrait jamais conduire un donateur à une page générique sous peine de décevoir et de risquer une perte de donateurs.


5. Ajouter un "Faire un don" à votre page Facebook.

En utilisant l'application Static FBML sur Facebook, vous pouvez ajouter un  onglet ou un bouton "Don" sur votre page Facebook. Avec quelques connaissances en html, vous pouvez facilement ajouter un "Don" sur votre page Facebook qui relie directement à la page don de votre site web ou qui permet un don directement comme pour la page Reporters Sans Frontières.

Facebook n'est pas l'outil le plus adapté au don mais il a l'avantage d'être très grand public. Vous pouvez également créer un lien vers Causes.


6. Perfectionnez votre page "don" pour la rendre efficace et attrayante.

Il est nécessaire d'avoir une page «don» [Donner / Soutenez notre travail] qui inclut des informations sur les différentes manières pour un donateur de faire un don. Restez simple et clair comme pour la page de Médecins du monde par exemple. Assurez-vous que le bouton "Donner" a priorité sur la page.


7. Assurez-vous que votre page "don" comprend une adresse postale.

Beaucoup de gens continuent d'émettre des chèques pour les dons. Pourtant de nombreuses ONG font l'erreur de ne pas inclure sur leur page « don » une adresse postale. La page "contact" n'est pas suffisante puisque les donateurs potentiels risquent de se demander si c'est la bonne adresse postale pour faire des dons. Pour voir un exemple, consultez la section «Nous soutenir» d'
Asmae.

8. Ne jamais exiger un numéro de téléphone pour faire un don en ligne.

Cette exigence détourne de nombreux donateurs en ligne. Si vous voulez demander au donateur de vous abonner à votre liste d'alertes par SMS, proposez-le comme une option ou sur la page de remerciement après le don, mais il ne faut en aucun cas faire de l'inscription de son numéro de téléphone une exigence. Voir par exemple
Oxfam.


9. Mettez en avant les dons récurrents et les programmes de Soutien.

JustGive et Network for Good permettent aux donateurs de programmer des dons récurrents du montant de leur choix. Une fois signés, de
1 euro.jpgnombreux donateurs continueront à donner pendant des années. La Humane Society est un bon exemple d'encouragement aux dons mensuels. Médecins Sans Frontières propose 1 par semaine dès sa page d'accueil et a mis en place un site dédié.
En outre, de nombreuses ONG lancent des programmes de soutie
n et font apparaître cela sur leur site web, dans leur newsletter, sur leur blog, leur page Facebook et leur compte Twitter. Les adhésions à des programmes se développent lentement, surtout au début, mais peuvent devenir une source constante d'un revenu régulier pour votre organisation.


10. Offrez la possibilité de faire un don au nom de quelqu'un.


Encore une fois, JustGive et Network for Good permettent aux donateurs de donner au nom de quelqu'un. Cette fonctionnalité, très fréquente dans les pays anglo-saxons, l'est moins en France. Elle est pourtant très utile notamment au moment des fêtes où beaucoup préfèreraient faire un don au nom de quelqu'un plutôt que d'acheter un nouveau cadeau inutile à 20 €. Cela peut également être une idée pour les mariages, les anniversaires... L'astuce est de mettre en avant ce dispositif sur votre site web, newsletter, blog et autres points de présence en ligne. Vous aurez aussi besoin de cartes-cadeaux à envoyer aux destinataires. Commencez petit et achetez juste quelques jolies cartes dans une papeterie.


11. Ajoutez des boutons Facebook, Twitter, YouTube à votre page de remerciement.

Après qu'un donateur a fait un don en ligne sur votre site, il atterrit habituellement sur une page "Merci pour votre don !". Assurez-vous que la page a aussi des liens vers les réseaux sociaux. Expliquez que cela peut permettre de rester informé sur le travail de votre organisation et les progrès réalisés.
Sur ce point, il est évident que les médias sociaux, dans la mesure ou ils permettent de nouvelles possibilités d'accéder au donateur, exigent du même coup de repenser la communication sur les projets terrain menés sur ces médias sociaux. C'est alors toute la production d'information sur les projets qui doit être repensée et réorganisée.

12. Le mailing, ça marche !

N'oubliez pas le mailing, certes peu sexy, mais qui fonctionne très bien. Si la communauté est active et le ciblage précis, le taux de conversion peut être très efficace. Le mailing peut permettre de mettre en avant des situations d'urgence et de mobiliser rapidement. N'oubliez pas que tout le monde n'est pas actif sur les réseaux sociaux.

13. Expliquer comment seront utilisés les fonds

1 euro.jpgLa transparence encourage les donateurs. MSF présente ainsi comment 1 va être utilisé. Handicap International, pour encourager des dons importants, met en avant ce qu'une somme permet de faire : 7 € suffisent pour offrir une prothèse à un enfant, 50 € pour une prothèse plus une rééducation, 100 € pour une prothèse plus une rééducation et un kit scolaire. Le Secours populaire va même jusquà proposer de choisir l'affectation du don.

 

14. Vos sympathisants collectent pour vous (crowdfunding en anglais)

Sur le web comme dans la vie, les sympathisants sont les premiers porte-paroles des associations. Le web social encourage et s'appuie sur cela. Tweetez des messages et faites-vous retweeter. Encouragez le partage sur Facebook. Créez des widgets pour les blogueurs ou ceux qui ont un site. Faites même participer les sympathisants à des campagnes virales. Par exemple, le Téléthon a lancé en 2007 « Tel est ton cœur » avec comme but de devenir la vidéo virale la plus longue du monde. On peut également impliquer ces sympathisants dans des événements comme pour la course des héros en leur permettant de s'approprier l'événement, de collecter pour une association et de diffuser le message.

 

15. Fidélisez les donateurs

L'utilisation des fonds sur le terrain doit faire l'objet d'une plus grande remontée d'informations. La vidéo peut répondre à cette exigence. Ou encore des animations, des infographies. Ce qui suppose l'internalisation de ces compétences dans les organisations. C'est là que la dimension de témoignage et mise en relation directe devient décisive. En nouant un lien priviligié par le biais de médis sociaux, en facilitant l'échange et l'expression des points de vue, bref en humanisant l'information et le récit des actions menées.

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Pour conclure nous rappellerons que dans une étude de mai 2010 réalisée aux USA pour Network for Good, les plus petites ONG se montrent les plus efficaces en terme de collectes en ligne et continuent de voir leurs chiffres progresser. La collecte en ligne est une opportunité importante à saisir pour les petits acteurs innovants. Elle n'en est pas moins importante pour les grandes organisations de solidarité internationale.

 

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28/04/2010

Etude NTEN sur l'utilisation des médias sociaux par les organisations sans but lucratif

NTEN, le non profit technology network, Common knowledge et The Port réalisent chaque année une étude auprès des organisations sans but lucratif (OSBL) américaines sur le thème de leur utilisation des médias sociaux. La dernière version a été publiée en avril 2010 en anglais, voici ma sélection de quelques points clés de l'étude.


A propos de la méthodologie


Etude menée auprès de 1 173 professionels des OSBL, entre le 3 février et le 15 mars 2010.

Deux groupes de questions ont été posées :

  1. Sur l'utilisation des sites sociaux commerciaux (Twitter, Facebook, LinkedIn...)
  2. Sur la construction et l'utilisation de sites sociaux développés par l'organisation sur son propre site web : les sites sociaux maison

Les réponses émanent d'organisations de toutes tailles dans les secteurs suivants : Arts et culture, associations, éducations, environnement et protection des animaux, santé, services à la personne, organisations de solidarité internationale.

Il s'agit de la seconde édition, ce qui permet des comparaisons et des remarques sur l'évolution des pratiques.


Résultats de l'étude

Les médias sociaux commerciaux

  • 86% des organisations consultées ont une présence sur Facebook. Contre 74% l'an passé.
  • 60% ont une présence sur Twitter, contre 43% en avril 2009.
  • LinkedIn et Yoube sont utilisés comme l'an passé par 48 et 33% des organisations
  • Myspace recule de 26 à 14%

Les organisations internationales sont unanimes sur l'utilisation de Facebook : 97% l'utilisent

  • 46% des organisations indiquent que la collecte de fonds (fundraising) joue un rôle important dans leur choix de présence sur les médias sociaux, juste derrière le marketing de leur association.
  • 40% des organisations confirment avoir levé des fonds sur Facebook mais 78% d'entre elles ont levé une somme inférieure à 1 000$ dans les 12 derniers mois.
  • Facebook est la seule plateforme permettant à des organisations de lever plus de 10 000$ sur 12 mois.

Les médias sociaux maison

  • 22% des organisations disent travailler sur un média social conçu sur le site de leur organisation. Ce chiffre était de 28% l'an passé.
  • Sur le marché américain des médias sociaux maison, les plateformes sur mesure représentent 22%, Drupal 12%, Ning représente 12% (mais Ning est actuellement en train de revoir son modèle économique gratuit...) et 5% pour The Port Networck.
  • Le recours aux médias sociaux maison suppose un effort financier et humain plus important, et plus de temps aussi.
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Extrait de l'étude Non profit social network benchmark survey

 

Les médias sociaux commerciaux les plus utilisés

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Le rôle des médias sociaux commerciaux

  • 92.5% répondent qu'ils utilisent les médias sociaux pour faire du marketing traditionnel. A savoir promotion de la marque, des programmes, des événements et des services fournis.
  • 45.9% répondent que c'est pour faire de la collecte de fonds.
  • Et 34.5% pour distribuer leurs programmes et leurs reflexions.
  • Enfin 24.3% les utilisent pour faire des recherche sur leur marché.


Ressources humaines allouées à l'animation des médias sociaux

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  • 48% des organisations indiquent qu'elles prévoient d'augmenter les ressources humaines allouées à cette activité.
  • 48% affirment souhaiter rester au même périmètre de ressources.
  • 4% des organisations vont diminuer les ressources allouées.
  • Les principales barrières à l'allocation de nouvelles ressources
    • La difficulté à évaluer le retour sur investissement de l'activité.
    • Le manque de pratique et d'entrainement des organisations.
  • Les départements communication et marketing sont les principaux responsables de l'animation des médias sociaux (plutôt le marketing pour les plus grandes organisations, plutôt la communication pour les plus petites).
  • Les principaux indicateurs suivis pour évaluer les résultats sont le nombre de visiteurs amenés sur le site et la taille de la communauté


Les revenus générés à travers les médias sociaux commerciaux


Les médias sociaux comemerciaux tiennent leur promesse en termes de traffic généré, mais pas en terme de collecte de fonds. 77% des organisations ont levé moins de 1000$ sur la seule plateforme qui permette à certains acteurs de lever plus de 10 000$ : Facebook.
Un pourcentage qui mont à 88% pour Twitter.

La taille des organisations n'est pas un facteur explicatif de la réussite ou de l'échec des levées de fonds sur les médias sociaux.

Afin d'améliorer leurs pratiques, 30% des utilisateurs affirment avoir besoin de conseils et d'entrainement pour mieux travailler avec leurs publics sur les médias sociaux.

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Pour obtenir l'étude complète (en anglais) rendez-vous sur le site de NTEN

Quelques conseils pour débuter sur les sites sociaux - 05/05/2010

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