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17.06.2010

Associations, ONG et adaptation au social media

J'ai rédigé cet article suite à la publication de l'article Associations, grandes causes, ONG : quelles relations avec les blogs et les blogueurs? sur le blog Influence Ethique, dont je félicite l'auteur - @_Aurelia - pour son travail et dont je vous recommande la lecture.


Associations, ONG et participation aux sites sociaux

Beaucoup d'associations et ONG se posent la question de leur présence sur des sites sociaux, sites dont les deux fondamentaux sont la relation et le contenu, qui permet à cette relation de se tisser.

Beaucoup d'entre elles sont sur Facebook, Youtube/Dailymotion ou Twitter, car les audiences se sont déplacées vers ces sites, moins nombreuses sont celles qui alimentent régulièrement un blog.

Je dirais qu'une "présence" est facile à assurer et immédiatement observable alors qu'un blog exige un travail dans le temps (donc des ressources) qui peut faire peur ou être sous estimé.

Pourtant, le blog (et les vidéos) est une matrice de l'alimentation et de l'interaction avec ces sites sociaux, je m'explique :

  • Chaque note du blog peut faire l'objet d'une reprise sur Twitter et Facebook
  • Facebook peut être présenté et Twitter peut être repris en élément de colonne du blog
  • Les vidéos publiées sur Youtube peuvent être embarquées dans des notes de blogs et enrichies d'éléments supplémentaires


Utilité du blog dans l'écosystème numérique

Il est donc plus difficile d'assurer sa présence sur les sites sociaux sans rédiger un blog !

  • Cela tient d'une part aux habitudes des internautes. Les jeunes en particulier s'attendent de plus en plus (et sont plus attentifs) à une communication personnalisée, "désinstitutionnalisée" et régulièrement mise à jour. Et pour cela, le blog est idéal.
  • Cela tient d'autre part à une raison technique :  le flux RSS, qui permet d'interconnecter les flux de ces sites sociaux.


Sans blog, mais avec une présence sur Facebook et Twitter, il est toujours possible de médiatiser les vidéos produites (et il faut saluer ici l'effort fait par de nombreuses associations pour se mettre à de la production vidéo), les articles d'actualités, les communiqués de presse ou encore les événements organisés par l'association (pour ce dernier point, le géo référencement est fondamental). Mais avec un blog, il faut reformuler ou remixer ces contenus, ne pas hésiter à en parler plusieurs fois, à les réagencer et à s'approprier les pratiques de la culture web présentées par Lawrence Lessig dans ces interventions vidéos (voir liens dans Pour aller plus loin).

Point avantageux : la plupart des associations et ONG sont productrices de contenu et ont des choses à dire, des témoignages à mettre en valeur, des expériences à partager. Et il y a une évolution de la demande de ces contenus par les publics de ces organisations sur internet. Aux associations de faire leurs évolutions internes. En prenant bien garde de faire dialoguer les jeunes (sensibles et facilement à l'aise avec ces outils) et les plus âgés (expérimentés, porteurs de points de vues riches, mais souvent dédiés à d'autres tâches jugées, pour l'instant, plus fondamentales).

Comme le rappelle Aurélia dans son article, la présence sur les sites sociaux et l'adaptation (ou la production exclusive) du contenu prennent du temps. La première remarque des associations est souvent que leurs services de communication (quand elles en ont) sont déjà dédiés à un certain nombre de tâches et n'ont pas toujours les connaissances (ou le temps d'apprendre) pour animer efficacement ces espaces.

L'Etude Nten sur l'utilisation des médias sociaux par les organisations sans but lucratif nord-américaines, montre qu'elles dédient des mi-temps, voir des plein temps à cette activité. C'est donc une adaptation en terme de ressources à gérer du côté des associations.


Côté économie

Les publics vers lesquels les associations se tournent sont souvent agés.

Le fait est que 80% des donateurs en France ont plus de 60 ans (source : introduction d'Olivier Fleckinger, co-fondateur d'Aider Donner dans la vidéo présentée ci-dessous dans Pour aller plus loin). C'est vrai, il y a le street marketing, qui s'adresse à des personnes plus jeunes, actives, urbaines, le travail étant réalisé par des étudiants. Mais il est réservé aux grandes ONG déja connues, celles qui par ailleurs, disposent déja des droits d'entrée (offerts) dans les agences de publicité.

Restent les petites associations, celles qui ont des difficultés à se financer. C'est de là, à mon sens, que l'innovation viendra.
Remarque confirmée par le fait que sur la plateforme de blogs Solidaires du monde, ce sont surtout de petites associations qui créent leurs blogs, et c'est souvent leur unique présence sur le web, notamment quand elles sont installées en Afrique, sans représentation sur les marchés où l'essentiel des dons de particuliers se fait, soit d'Europe et d'Amérique du nord.

En effet, je me demande si, comme ce qui se passe dans l'univers des médias, nous ne sommes pas dans un moment de transition, un moment qui va voir l'emergence d'organisation en réseaux, avec des structures de coûts différentes de celles que nous connaissons. Pour l'instant en tout cas, l'exigence de performance de la culture marketing (qui est entrée dans les associations, les grandes en particulier) n'est pas satisfaite par les actions sur les sites sociaux. Mais il manque un historique et du recul pour juger de ces opérations et l'étude Nten citée précédement montre le développement de la levée de fonds en ligne. Or celle-ci s'articule autour d'un renouvellement des dispositifs de communication, mais surtout des dispositifs relationnels, de ces organisations.


Kiva.org

Je pense à Kiva par exemple. Cette organisation lève des fonds au Nord et finance des institutions de micro-crédit au sud. Ce n'est pas le même métier que les ONG et associations. Mais voila pourquoi j'en parle : ils ont recours au crowdsourcing, ou approvisionnement par la foule (qui n'est pas très heureux je vous l'accorde). Le crowdsourcing consiste à faire faire par des tiers extérieurs des tâches qui servent l'organisation. Le volontariat est une forme de crowdsourcing. La problématique aujourd'hui pour les associations est de trouver UN MODELE POUR LE VOLONTARIAT EN LIGNE. Pourtant, force est de constater qu'une partie du web 2.0 est fondé sur le don de temps et de connaissances !

Ainsi, comment créer des dispositifs sur internet qui permettent à la solidarité, à l'entraide, au partage, à la répartition des tâches de s'effectuer au profit de la communication, de la notoriété et de l'efficacité des organisations du secteur de la solidarité ?


Les outils sont là ! Il faut les utiliser pour faire grandir l'outillage numérique solidaire.

Pour revenir à Kiva :

  • Ils ont un programme intitulé Kiva fellows, grâce auquel il collecte du contenu par l'intermédiaire de volontaires, qui partent sur le terrain et leur rapportent photos, vidéos, articles de témoignages, d'expériences personnelles, sur les projets financés par les prêteurs sur Kiva ;
  • Ils ont également eu recours à leur communauté pour faire traduire leur portail en différentes langues (comme Facebook d'ailleurs, ce qui pose une question éthique concernant le recours d'organisations fortes riches, au travail bénévole de leurs communautés, sur lesquelles elles assoient déja leurs profits. Laissons cela, car ça m'énerve).


Là je pense aux associations de parrainage et je me dis que j'ai déja rencontré des parrains qui visitaient sur le terrain les enfants dont ils finançaient l'accès à l'éducation. Je crois que ces parrains seraient ravis de trouver un espace leur permettant de publier leur témoignage sur le site de World Vision ou d'Aide et Action.



Dernier point : la veille

Le grand point de départ du web social est la veille : l'écoute d'abord, la participation ensuite.

Quelle veille ? La veille sur les citations des associations (qui parle de moi?), la veille sur les thématiques et les programmes de travail (qui parle des thèmes de mes activités ?), la veille sur les espaces sur lesquels les publics de ces organisations lisent ou prennent la parole : les blogs, les forums, les sites médias, les portails de partage vidéos et photos, les wikis, les sites de partage de favoris comme Delicious, les Twitter, Facebook, Ning, Skyblog...

Cette veille ne nécessite pas d'outil payant. Les flux RSS la rendent facile et rapide. Des agrégateurs comme Netvibes, les alertes Google, les recherches régulières sur les sites sociaux doivent être utilisés pour savoir où les associations peuvent prendre la parole, répondre, enrichir la conversation.

Un exemple, non exhaustif, de veille sur Action contre la Faim :

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Pour accéder à cette page de démonstration : http://www.netvibes.com/thomscotch_veille#Liens_delicious

 

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Dans l'introduction de cette vidéo, Olivier Fleckinger, co-fondateur d'Aider Donner, donne plusieurs chiffres et éléments sur le financement des associations et son articulation avec l'utilisation d'internet par les acteurs caritatifs :

 

Lawrence Lessig sur la culture du remix sur internet (sous titre français disponibles) :

 

Etude NTEN sur l'utilisation des médias sociaux par les organisations sans but lucratif

Présentation : le web au service des acteurs de la solidarité (voir la seconde présentation)

Quelques conseils aux associations pour débuter sur les sites sociaux

10 tactiques pour transformer l'information en action

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05.05.2010

Quelques conseils aux associations pour débuter sur les sites sociaux

Un site social comme facebook peut faire figure de graal pour une organisation caritative : 15 millions de profils créés en France, 57 minutes  de temps passé par jour et par personne, des utilisateurs engagés dans des milliers de conversations, groupes et autres liens qui permettent de se faire une idée des centres d'intérêts de chacun, et un potentiel d'interconnexion inédit sur internet.


Toutefois, la création d'une page fan peut s'avérer insuffisante pour réussir une opération sur les sites sociaux et transformer des fans en donateurs.

Sarah DiJulio et Marc Ruben sont à l'origine d'un ouvrage sur ce sujet : People to People Fundraising, Social Networking and Web 2.0 for Charities, Wiley, 2007. Ils fournissent des éléments d'informations sur les us et coutumes des sites sociaux, ainsi qu'une approche pour préparer votre entrée sur ses sites. Voici une version traduite et adaptée de 12 recommandations issues de ce livre :


1.       Choisissez le bon site social

Le nombre d'utilisateurs n'est pas un argument suffisant. De petites communautés peuvent être plus petites mais plus efficaces pour votre organisation. Cela peut s'avérer utile de commencer sur un petit périmètre de sites sociaux : 2 ou 3 au départ, plutôt que de multiplier sa présence sur la vaste gamme des sites sociaux.


2.       Trouvez un expert pour vous conseiller


Cherchez dans votre organisation, autour de vous, les personnes qui ont une expérience des sites sociaux. Cela peut être un stagiaire, un volontaire, une jeune recrue. Impliqué cette personne dans vos réflexions sur les sites sociaux afin de bénéficier des ces conseils et de son expérience.
Cherchez et veillez cette réflexion sur internet.


3.       Etendez la portée de vos actions

Une fois que vous aurez choisi un site social, adoptez une technique d'essaimage. Ne vous contentez pas de la création d'un profil, créez également un groupe, créez des événements, rendez compte de ces événements. Assurez vous de comprendre les règles tacites d'utilisation des sites sociaux. Certains sites peuvent vous proposer de devenir sponsor d'un événement. Cela peut être utile d'en faire l'expérience.


4.       Préparez vous à perdre du contrôle

Il n'est pas possible d'examiner minutieusement tous les mots qu'emploient toutes les personnes qui s'expriment sur votre page ou à votre propos. Si vos équipes juridiques ne sont pas à l'aise avec cela, oubliez les sites sociaux. Vous pouvez mettre en place un système de modération / validation a priori mais veillez à ce que le système de validation soit rapide.


5.       Prenez connaissance et nouez des contacts avec ceux qui parlent en votre nom

Votre organisation est peut être déjà présente sur les sites sociaux : cherchez vous. La plus grande page fan de marque sur Facebook est celle de Coca Cola, elle n'a pas été créée par Coca Cola. Lorsque vous aurez trouvé cette personne, prenez contact avec. Il y a de forte chance que ce soit une personne impliquée et motivée qui gagnera à établir une relation avec vous.


6.       Faites une bonne première impression


Faites en sorte que vos pages aient un bel aspect. Contrôlez ce que votre organisation met à disposition des pages des membres de votre communauté. Le titre de vos pages et les visuels doivent être remarquables.


7.       Rendez disponible des contenus échangeables


Les sites sociaux sont dynamisés par les échanges de contenus. Ces contenus sont échangés quand ils sont créatifs, drôles, intéressants ou apportent une nouvelle perspective. Soyez créatifs sur vos pages, utilisez le format vidéo et les animations.


8.       Identifiez les personnes qui vous soutiennent et qui sont déjà sur les sites sociaux


Interrogez les membres de votre organisation pour savoir qui dispose de profiles sur les sites sociaux. Invitez-les à devenir membre du réseau de l'organisation.


9.       Echangez régulièrement avec les membres de votre communauté


Faites des mises à jour régulières sur vos pages afin de proposer des informations renouvelées à vos communautés. Editez des flux RSS différenciés afin de permettre à des utilisateurs de sélectionner les informations qu'ils reprennent sur leurs pages. Passez d'une approche statique à une approche dynamique de l'information sur vos pages de sites sociaux.


10.    Dédiez des personnes et du temps à construire le succès de vos pages

Une personne doit avoir pour mission de rédiger et publier des commentaires, de répondre aux questions, d'inviter des personnes à rejoindre la page, d'identifier les espaces sur lesquels il serait pertinent de prendre la parole. Cela parait simple mais prend énormément de temps !


11.    Mettez en mouvement, facilitez le mouvement de vos soutiens sur les sites sociaux


Après vos premières expériences, vous allez vouloir guider vos communautés vers des fonctions d'activistes, de donateurs ou de volontaires au service de votre organisation.

Faites en sorte que vos pages sur les sites sociaux multiplient les possibilités de participation, d'engagements. Multipliez également les occasions de faire un don à l'organisation. Même si vous ne collectez pas grand-chose à court terme, cela vous donnera de l'expérience et vous aidera pour définir vos objectifs ultérieurs.

Soyez précis lorsque vous demandez aux membres de votre communauté de faire quelque chose pour vous. Et tenez toujours vos communautés au courant de ce qui s'est passé ou dit lors d'un événement ou d'une campagne à laquelle ils n'ont pas pu participer. Ils pourront peut-être participer la prochaine fois.


12.    Pensez votre présence sur les sites sociaux comme un investissement


Les jeunes acteurs de ces nouveaux territoires d'expression sont vos donateurs de demain. Devenez vous-même acteur de ces sites sociaux afin de ne pas vous laisser dépasser par ces nouvelles pratiques.

Cette note est une traducation de l'article de Joan Fritz sur nonprofit.about.com

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Etude NTEN sur l'utilisation des médias sociaux par les organisations sans but lucratif - 28/04/2010

10 tactiques pour transformer l'information en action - 07/04/2010

Wisertuesday : êtes vous bon utilisateur des réseaux sociaux twitter et facebook ? - 03/03/2010

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07.04.2010

10 tactiques pour transformer l'information en action

Le 31 mars, Internews a convié les acteurs du secteur associatif à découvrir le film de Tactical Technology Collective (TTC) « 10 tactics for turning information into action ».

Internews et TTC sont deux ONG impliquées dans la promotion de l'information.  Les problématiques de ces deux associations internationales tournent autours des moyens de diffusion et de l'utilisation de l'information comme outil pour mobiliser les masses (comme les flashmobs par exemple), d'où l'expression « Info-Activism ».

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Le film « 10 tactiques » (disponible sur un site internet dédié) fournit originalement et astucieusement aux défenseurs des droits de l'homme des pistes d'action et les outils numériques efficaces et appropriés à utiliser individuellement (comme le site Internet classique ou le téléphone portable), ou de façon combinée (comme la géo-localisation de Google Earth ajoutée aux vidéos mises en ligne grâce à Youtube, le tout édité sur une plateforme de blogs, comme celle de Solidaires du monde).

 

 

Chaque tactique est accompagnée d'un lien. En cliquant vous découvrirez une vidéo (en anglais), une étude de cas, des témoignages d'activistes du monde entier, des conseils, des descriptifs d'outils avec leurs avantages et inconvénients (le tout traduit en français, la version originale en anglais est disponible en cochant sur la case appropriée en haut à droite).

chapter1.jpgPar exemple le chapitre 1 du film: "Mobilisez les individus et les amener à l'action" introduit le sujet avec les exemples des journalistes citoyens en Inde, de l'utilisation de Facebook par les défenseurs des lesbiennes au Liban (LGBT) et la campagne numérique de Pink Chaddi, pour la lutte des droits de la femme en Inde.

L'étude plus poussée, est le cas de la campagne de mySociety en 2009 intitulée « TheyWorkForYou », qui permis aux électeurs de Grande Bretagne d'envoyer des emails ciblés à leurs membres du Parlement, exigeant la transparence de l'utilisation des fonds publics. La campagne utilisa magistralement les outils Wordpress et Facebook, et près de 500 000 internautes visitèrent le site dans le mois. Cela aboutit à un succès, puisque peu de temps après, les frais des parlementaires furent divulgués.

Cinq conseils sont ensuite donnés pour mobiliser et entraîner les gens à devenir acteurs. Dans cette tactique, l'outil vedette, décrit de fond en comble est le site de partage de photos Flickr.

Enfin, des informations concernant les droits, sur la vie privée, l'anonymat ou autre sont éclairés à la fin du reportage.

Les 10 tactiques pour transformer l'information en action

  1. Mobiliser les individus et les amener à l'action
  2. Témoigner et enregistrer
  3. Visualiser les messages
  4. Amplifier les histoires personnelles
  5. Ajouter de l'humour
  6. Gérer les contacts
  7. Utiliser des données compliquées
  8. Utiliser l'intelligence collective
  9. Laisser aux hommes la place de poser des questions
  10. Enquêter et exposer

Ces films sont très utile à ceux qui réfléchissent sur des statégies de communication modernes et efficaces, n'hésitez pas à aller les consulter.

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Internews Europe est une ONG créée il y a 15 ans, spécialisée dans l'accès et la diffusion de l'information à tous. La conviction de cette organisation repose sur le principe que les médias ouverts, dynamiques, pluralistes, indépendants, et provenant de l'intérieur des communautés elles-mêmes, sont la pierre angulaire des sociétés libres et ouvertes.

TTC est une ONG internationale américaine née il y a 5 ans. Elle aide les défenseurs des droits humains à utiliserTTC.jpg l'information, les moyens de communications et les technologies numériques afin de maximiser l'impact de leur travail de plaidoyer. En effet, les nouvelles technologies recèlent un potentiel important pour améliorer le travail des militants et des plaiseurs, en leur donnant les outils et des guides nécessaires pour recueillir et analyser les informations et les moyens de transformer cette information en action concrète.

Les sous-titres de « 10 tactics to turn information into action» sont disponibles à l'achat en anglais, français, hindi, russe, ourdou, thaï, birman, le géorgien, espagnol, portugais et arabe.

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30.03.2010

Remarques sur la conférence communication et plaidoyer des ONG

Suite à la conférence du 17 mars chez Action contre la Faim intitulée : Quelle place pour le plaidoyer et le témoignage dans l’action humanitaire ? Quelle communication grand public ? Nous avions rédigé cette note de restitution des échanges.

Si vous avez pris connaissance des débats qui se sont tenus ce soir là, nous souhaiterions dans la note présente faire état de quelques remarques et questions sur le sujet.

Dans un contexte d'évolution de la communication, de participation croissante et de changement du rôle du public, de renouvellement des outils et de bouleversement de l'univers des médias, il est intéressant qu'Action contre la Faim ouvre ses réflexions stratégiques sur les enjeux de l'action humanitaire mais aussi sur les questions que la communication et le plaidoyer des ONG soulèvent à l'horizon 2015.

L'objectif était donc de faire un peu de prospective et d'identifier les dynamiques actuelles qui vont répondre à ces questions.

Mais où est passé Internet ?

Internet et les usages qu'il autorise ont été les grands absents de cette discussion. Les intervenants de la conférence n'y ont quasiment pas fait référence, j'étais déçu.

Pourtant dans son introduction,
Roger Persichino (administrateur d'ACF) fait référence à la notion de "connecteurs sociaux", il rappelle que les outils et usages actuels permettent et entrainent une évolution de la relation entre le donateur et l'association. Il explique également qu'Internet modifie l'articulation entre le développement de nouvelles ressources et la communication.

A mon sens, une réflexion prospective sur l'évolution de la communication et du plaidoyer d'une ONG ne peut faire l'économie d'une analyse de ce qui se fait aujourd'hui en matière de coproduction de l'information, de codiffusion, de levée de fonds en ligne, d'engagement des publics, de campagne de sensibilisation ou de plaidoyer.

Il nous semble crucial que ces points soient développés par ceux qui réfléchissent sur la communication au sein des ONG.

Nous lancons donc quelques pistes, sous forme de questions, pour peut-être faire débat avec les responsables de la communication des ONG.


Une évolution de la demande du public ?

Dans quelle mesure la pratique d'Internet provoque-t-elle une évolution de la demande de communication de la part du public ?
Olivier Fleckinger, co-fondateur d'Aider Donner, pose cette question dans cette conférence en rappellant que le contexte est en effet propice à une modification progressive du rôle du public. Comment décrire cette évolution ? Et qu'entraîne-t-elle ?

Qu'est ce que la coexistence, sur une même page web, de l'acte de s'informer et de l'acte de donner (de son temps en diffusant ou coproduisant l'information, ou de son argent) change-t-elle aux mécanismes antérieurs ? Qu'est ce que cela permet ?

Une migration obligée vers Internet ?

Si le profil du donateur évolue et migre vers une relation en ligne avec l'association, comment l'ONG s'organise-t-elle pour répondre à ce nouveau mode de relation plus direct, plus immédiat et plus collaboratif ?

Qu'est ce que les ONG mettent à disposition pour que leurs publics participent à la diffusion des messages et des campagnes ? Les contenus proposés sur le site de l'organisation facilitent-ils cette réutilisation par l'internaute ? Comment le rôle de celui-ci évolue-t-il avec les pratiques et les outils disponibles ? Comment l'ONG accompagne-t-elle cette évolution ?

Vers une modification de l'organisation de la production de l'information

Comment l'information et la communication des ONG sont-elles produites, avec ou sans partenaires ? Quels outils d'organisation de l'information
sont-ils utilisés sur le terrain ? Dans quelles mesures ces données peuvent-elles nourrir la communication ? En situation d'urgence, quel usage la structure fait-elle des applications web, Ushahidi par exemple ?

Plus largement, qu'est ce que les outils de cartographie en ligne et la diffusion d'information en temps réelle changent à la communication des ONG ? Qu'est ce que l'équipement et les usages du mobile changent-ils à la communication, à la collecte de dons ?

La fonction communication de l'ONG est-elle centralisée au siège ? Quel type de décentralisation est-il possible de faire ? Serait-il intéressant pour les acteurs de terrain, de communiquer directement aux public et journalistes ? Comment communiquer aux expatriés les informations sensibles ?

Quel rôle les ONG peuvent-elles jouer dans les missions de capacitation des partenaires et employés autochtones dans leur utilisation d'Internet pour leur communication et leur plaidoyer ?

Les médias sont de plus en plus sociaux

Dans quelle mesure une ONG doit-elle repenser son rôle vis-à-vis des médias ? Peut-elle se comporter comme un media ? Qu'est ce que cela entraine ?

Si l'ONG se considère comme un réseau social et comme membre d'une communauté de réseaux sociaux, qu'est ce que cela change à sa communication ? Comment les membres de l'association utilisent-ils les outils de publication et de diffusion comme les blogs, les réseaux sociaux, les sites de partage photo et vidéo et toute la mutualisation des outils et des expériences qu'ils permettent ?

Vers un changement d'organisation et de fonction ?

Dans un contexte d'évolution du rôle des ONG par rapport aux pouvoirs politiques et économiques, par rapport à la représentation des intérêts de la société civile notamment; la réflexion sur les changements induits par Internet dans nos sociétés, nous parait des plus importantes. C'est pourquoi nous avons posé ces questions.

Merci d'avance à ceux qui proposeront d'autres questions et réponses pour alimenter ce débat.


Quelques sources de réflexions

[English]

[Français]

 

15.01.2010

Les témoignages depuis Haiti via Twitter

Haïti a été frappé par un violent séisme. La plupart des médias relaient les rares informations en provenance de l'ile. Ces informations sont rares car la majorité des infrastructures de communication ont été détruites.

Face à pareille situation d'urgence, nous nous sommes penchés sur l'utilisation de Twitter pour communiquer, organiser et orienter les personnes concernées par cet événement tragique.

A propos de Twitter

Ce service permet à un internaute de créer un compte et d'émettre des messages courts, type texto, à destination d'une communauté d'utilisateurs du service. Pour de plus amples informations sur ce service, visitez Twitter : présentation et utilisation pour les ONG.

Pour faire une comparaison, Twitter est un peu comme un mur Facebook : les contenus s'actualisent en direct. Pour prendre le cas du mot clés Haiti, le lendemain soir de l'événement, Twitter comportait 1 000 messages par minute mentionnant Haiti. Aucun autre espace en ligne ne permet cela. Et à la différence d'un mur Facebook, la recherche du mot Haiti vous permet de voir tout ce que les utilisateurs proposent comme contenu sur ce mot clé. Tous les contenus sont donc publics, et ils ne sont pas tous dignes d'intêret pour autant, mais certains le sont, profondément.

Twitter et l'urgence

Le caractère synchrone de Twitter confère à cet espace en ligne une importance majeure si vous voulez suivre un événement en direct : cela a déja été le cas après le séisme en Chine, après l'atterissage miraculeux de l'avion dans la baie d'Hudson ou pendant les événements politiques des élections iraniennes. Chaque fois, des témoins directs des événements communiquent et s'organisent grâce à l'outil, notamment car Twitter interconnecte les plateformes de téléphonie mobile avec internet : vous pouvez émettre et recevoir depuis un téléphone ou depuis un poste connecté à internet.

Twitter et le tremblement de terre à Haïti

Des photos, des témoignages écrits, des appels à témoignages, des questions, des informations sur les organismes caritatifs intervenant sur place, des faux appels pour lever des fonds également, circulent en temps réel à destination de personnes de nombreux pays qui synchronisent leur attention à cet instant sur cet événement. Personnellement je n'ai suivi que les messages en anglais (très nombreux car la majorité des utilisateurs sont anglophones) et en français : sur 13 M d'utilisateurs, 1% sont francophones source : Sysomos.

Pour les médias, mais aussi pour les sièges des ONG actrices sur le terrain, il  semble important d'écouter et de participer à ce qui s'échange sur ce réseau. Pour les journalistes, avec quelques recherches, il est possible de trouver des témoins sur place.


Utilisation de Twitter en direct du terrain - tous les messages sont en anglais et n'ont pas été traduits.

1. carelpedre émet des messages depuis Port au Prince et depuis le début du séisme : http://twitter.com/carelpedre.

carelpedre a été interviewé par de nombreux médias depuis trois jours : "RT @mikaelponge: @carelpedre France Inter/Radio France aimerait vous interviewer dès que possible. please RT. >>>I'm on Skype!!"

"RT" en début de message signifie ReTwit : l'émétteur du message reprend le message d'un autre.


La page Twitter de carelpedre

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Témoignages

"We are more than 1 million in the streets, helpless and The Sky is Cloudy!"

"No Food, No Water, No Medications, Nothing! And Our President says he's a victim as well! How long we have to wait?"

"My internet connexion is down right now! Don't know what to do!"

Photos

"I uploaded some new pic on my Flickr account! Check them out http://www.flickr.com/photos/carelp/"

Appel à l'aide des entreprises

S'adressant à son fournisseur d'accès internet : "@InternetHaiti I need a Good connection to skype! DM me what to do!"

Appel à l'aide des multinationales du web

"I'm a Mac User (iPhone+MacBook Pro) using Twitter, Facebook and Skype ~ They Have To do something for Haiti ASAP!!"

Organisation de l'aide

"I Need Volunteers 2 build A team to help People Who's Living outside the Country 2 Have Informations about they relatives. Haitians Stand Up"

"
@ladyBfollowme: Looking for the Esperance Family . 2 Blocks from Hotel Oloffson in Carrfour-Feuilles >>@RAMhaiti can Help!"
@ en début de message signifie que l'auteur s'adresse en particulier à cet utilisateur. Le message reste visible par tous les utilisateurs.

2. Depuis Haiti, Wyclef Jean (fondateur de l'ONG Yélé Haiti) donne également des informations. Il s'est rendu à Port au Prince juste après le tremblement de terre : http://twitter.com/wyclef


La page de Wyclef Jean

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Eléments descriptifs sur les besoins

"Haiti needs emergency supplies right awaÝ!!! Water, Dry Goods, Blankets, and Clothing!! Pls contact state officials right now 4 dropoff pts"

Appel aux donations

"International donations to Yele Haiti Earthquake Relief Fund can be made at our website. www.yele.org STATE OF EMERGENCY #haiti @yelehaiti"

Reprise d'informations sur le bilan provisoire

"RT @Jerry_Drama: @wyclef on foxnews.. says atleast 500,000 dead http://bit.ly/4ZKVuy"

3. Fredodupoux informe également en direct de la situation : http://twitter.com/fredodupoux


La page de fredodupoux

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Pour organiser l'achememinement de blessés

"2 Hospitals in Cap-Haitien are equipped and ready to receive patients. #Haiti #eq"

Sur les besoins

"We were not expecting this most of us are not equipped for survival. Places need to start opening, we all need food, water & fuel. #haiti"

"@darryltkps we have a generator but we'll be soon out of fuel since no gaz station is serving."

"only saw 2 open pharmacies today by the general hospital, and they are overly crowded."

"stopping at a hot spot. just came back from the streets. people are fighting over water food and meds."

Sur la localisation de victimes

"HELP IS NEEDED ! People still alive under College Canapé Vert are screaming for help to get them out of the rubbles."

Pour donner des nouvelles de certains habitants

"someone asked me for adi brisson last night i saw him he's fine but lost his house"

Pour médiatiser et organiser l'aide internationale

"RT @grosdim: American Airlines is taking doctors and nurses to Haiti for free. Please call 212-697-9767. Spread the word"


4. Richard Morse : http://twitter.com/ramhaiti

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Situation sanitaire

"what to do, what to do with all these bodies that are starting to decompose.people are starting to wear masks"

"people sent & are waiting in the stadium for medical help and no one is coming.they're starting to give out water today"

Personnes manquantes

"RT @ralstonsmith: @RAMhaiti Nathalie Pierre, a doctoral student from NYU is missing in haiti...5'4 24 years old...http://tinyurl.com/yfellxe"


5. InternetHaiti : http://twitter.com/InternetHaiti

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6. Haitifeed : http://twitter.com/Haitifeed

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7. Paul Conneally : http://twitter.com/conneally, son blog : Head Down Eyes Open

 

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Avec les médias

"Media guy" travaillant pour la Croix Rouge, Paul Conneally a realisé de nombreuses interviews depuis son arrivée :

"Still lots of interviews. Just did new york times. will b live on Sky after 6pm UK time. RTE legend Charly Bird also in the loop now #haiti."

"Went to civil aviation building where many media are based. Was Live with Sky, ITN, ARD, BBC, NZ radio etc. etc. More than 40 interviews."

Témoignages sur les activités de la Croix Rouge

"#RedCross has now managed to get 8 planes of relief + equip into #Haiti, only 3 of these thru PAP the others thru Santo Domingo."

"Norwegian colleagues putting up field hospital @ University hospital + our surgeons, nurses already working hard. Vital medicines given."

"Spanish #Redcross doing amazing work providing clean water. 200k litres today, double that tomorrow and so on the next day. #haiti"

Sur la sécurité

"We are not witnessing violence or rioting, the opposite. Calm Q's 4 water and relief items. Extremely harrowing scenes in the hospitals."

8. Edpilkington : http://twitter.com/Edpilkington

 

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Ed Pilkington est correspondant à New York du quotidien anglais The Guardian. Arrivé le 15 janvier à Port-au-Prince, il témoigne depuis son arrivée :

"End of a long day in Haiti. Seen dead bodies, more crumpled buildings than you'd ever care to see. But also enjoyed unbelievable kindness"

"There's been much talk about violence and hordes of looters. Maybe that lies ahead. But so far we've seen none, and felt in no danger."

"Developing question here in Haiti: why wasn't more done to prepare for a quake when there were so many warning signs? http://bit.ly/5BZUsb"

"In Haiti: many of the hardest hit places were the shanty towns built on incredibly steep hillsides. they should never have been allowed"

"American embassy tells us it comes as helpers not occupiers in #Haiti. Out we go to find out what that means"

 

Utilisation de Twitter depuis les autres pays

La vaste majorité des utilisateurs de Twitter vivent dans des pays riches, à l'abris des conséquences du tremblement de terre. Ce sont ces pays qui envoient leur aide matériel et humain à Haïti, grâce à la générosité du public, des entreprises et via les canaux des ONG. En plus d'Action contre la Faim, de Médecins du Monde et de Médecins sans Frontière, voici une liste des organismes à qui nous pouvons adresser des dons.

S'il nous a paru important de mettre en évidence l'intérêt d'un outil comme Twitter pour garder un contact avec des témoins, alors qu'il est difficile d'obtenir des informations. A force de lire les demandes de journalistes qui veulent réaliser des interviews, je me demande s'il est bien nécessaire de les proposer aux médias.

Ces témoins seraient sans doute utiles s'ils étaient en contact avec les ONG et les personnels d'urgence qui sont et arrivent sur le terrain.

Nous réaliserons un article sur ce sujet plus tard.

N'hésitez pas à apporter vos contributions, dans les commentaires ci-dessous ou en participant au financement des grandes organisations qui agissent sur le terrain.

22.12.2009

Best of des campagnes sur le sommet de Copenhague

Et voila que le sommet de Copenhague s'achève, une pointe de déception se répand sur la toile, les ONG et particulièrement WWF et Greenpeace bien décidés à ne pas baisser les bras multiplient les articles et autres pétitions en attendant la prochaine session à Bonn en août prochain.

Retour sur les campagnes associatives qui ont fait battre nos pages web favoris pendant ces quelques jours écologiques.

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Et concernant les vidéos, personne n'a pu échapper à ces clips:

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Les Amis de la Terre sur "Du bruit pour le climat"

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it's time for climate justice

Et mon bonus hors association: le clip de la chanson " Danger global warning"de Utah Saints, réalisé par Alexandre Athané, qui a obtenu le « prix des internautes » au festival Protoclip, festival international de clip indépendant, du 25 au 29 novembre dernier. Ce clip a également participé au projet anglais « The Danger Global Warning Project ». Voici deux versions, l'une commentée par son auteur, l'autre non.

 


Si vous aussi vous avez eu votre coup de cœur militantiste, faites-le nous partager dans les commentaires !

17:13 Publié dans Environnement | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : copenhague, communication, ong, greepeace, wwf, 2009 | | | Digg! Digg

11.12.2009

Le sommet de Copenhague sur le Web : s’informer … et communiquer

L'évènement majeur de cette fin d'année en matière de développement durable et écologie, le sommet de Copenhague (souvent désigné COP15) a donné lieu à un ensemble d'initiatives originales pour informer et communiquer avec le public. Nous vous proposons un rapide aperçu des différentes façons de s'informer, et donc de communiquer, en utilisant le Web.


Le clip officiel du sommet de Copenhague



Et si commençait par les "médias traditionnels" ?

Avant d'attaquer le Web, il faut souligner l'initiative originale de 56 quotidiens à travers 45 pays différents qui se sont unis pour publier un édito commun appelant de leurs voeux un effort des décideurs politiques. Publié en plus de 20 langues (voir chez Libération ou au Guardian), il illustre à sa façon une prise de conscience commune, accélérée par le développement du Web. Une harmonie qui, prenant le risque d'être monolithique, n'est pas sans soulever des questions


S'informer sur le sommet de Copenhague sur le Web

Commençons par le commencement, c'est-à-dire le site officiel, ou plutôt l'écosystème Web mis en place par les organisateurs. Jugez-en par vous-même :

Des contenus de qualité et en abondance, l'ensemble de ces supports offrent une bonne base de départ pour tous ceux souhaitant s'informer. Evidemment il est possible d'aller plus loin et ce ne sont pas les initiatives tierces qui manquent.

Les internautes peuvent ainsi signer une pétition en ligne géolocalisant ses signataires. Si vous souhaitez en savoir plus sur les émissions de gaz à effet de serre et le Protocole de Kyoto, vous pouvez également consulter la carte des gaz à effet de serre réalisée par la CCNUCC.

Les artistes ne sont pas en reste avec l'installation CO2Cubes à Copenhague.

Google a lance un ensemble d'initiatives autour du sommet de Copenhague, avec en point d'orgue l'organisation de visites guidées s'appuyant sur Google Earth. Plusieurs personnalités (telles qu'Al Gore, Arnold Schwarzenegger, Steve Schneider ou Ted Danson) proposent ainsi un tour du Monde de la question avec leurs commentaires, analyses et points de vue. Vous pouvez les télécharger ici.


Tour Google Earth commenté par Al Gore


Wikipedia consacre au sommet une entrée particulièrement bien documentée et fournie, les internautes friands d'actualités pouvant suivre les dernières informations sur la page Wikinews dédiée au COP15.

Pour ceux qui souhaitent tester une alternative à Wikipedia, et soucieux de la déontologie en matière d'information, il est possible de se tourner vers SourceWatch (anciennement Disinfopedia). Réalisé sous l'égide du Center for Media and Democracy, fait le point sur les actions des acteurs exerçant une influence sur les opinions en faveur d'intérêts commerciaux ou politiques (agences de relations publiques, professionnels des RP, think tanks, organisations et experts financés par des industriels). 

SourceWatch propose ainsi une page dédiée au sommet de Copenhague mais également un portail consacré à la question du changement climatique


Communication ... et polémique

La principale polémique de fond fut la conséquence du piratage d'échanges de courriers électroniques entre les scientifiques travaillant pour le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC). Révélant de graves manquements méthodologiques et certains biais idéologiques dans les recherches menées par les scientifiques du GIEC, le Climategate a provoqué la mise en cause des résultats des travaux du GIEC. Et par ricochet celle du bien-fondé des partisans de la thèse du réchauffement climatique. L'enquête sur les auteurs du piratage est en cours. 

Une deuxième polémique touche le fond de l'argumentation et de la communication actuelle, que certaines voix minoritaires estiment faire preuve de "terrorisme intellectuel". On peut par exemple citer les analyses de Serge Galam :


Interview de Serge Galam

Une troisième polémique concerne les tentatives de récupération commerciales par différentes marques souhaitant surfer sur la vague écolo pour se refaire une virginité environnementale.

On remarquera que la publicité n'a pas épargné le sommet de Copenhague sur le Web, certains annonceurs n'hésitant pas à se positionner sur ce sujet sur les moteurs de recherche (Siemens dans ce cas) :

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Un coup d'oeil aux statistiques de Google nous montre que le sommet a provoqué naturellement une "inflation" des mots-clés associés :

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Ceci est notamment la conséquence de l'augmentation des recherches des internautes :

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Sur place, en marge du Bella Center de Copenhague, où se tiennent les négociations officielles, des majors placent leurs marques discrètement. Comme Coca Cola, qui finance la pétition citoyenne Hopenhagen.

Un opportunisme généralisé qui n'est pas sans agacer certains. « Il faut faire la différence entre ceux qui ont un vrai programme comme McDo et qui se servent de l'événement pour le communiquer, et ceux qui bafouent les règles de sincérité à cette occasion, comme le Crédit Agricole qui invente le “green banking” » selon Pierre Siquier, président de l'agence de communication Ligari, et membre du conseil d'administration de la Fondation Nicolas Hulot.


Publicité du Crédit Agricole

 

16:51 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : cop15, climat, communication, copenhague | | | Digg! Digg

27.10.2009

La Journée mondiale de l'information sur le développement

La Journée mondiale de l'information sur le développement est née en 1972, sous l'impulsion de l'Assemblée générale des Nations Unies. A l'image de la résolution 3038(XXVII) qui l'accompagne et la justifie, cette journée mondiale s'inscrit dans une démarche globale de ré équilibrage entre pays « industrialisés » et pays « en voie de développement ».

Cette journée a lieu, chaque année depuis sa création, le 24 octobre. Elle coïncide ainsi avec  la date anniversaire de la Journée des Nations Unies, notamment celle de 1970, au cours de laquelle a été adoptée la Stratégie internationale du développement pour la deuxième Décennie des Nations Unies pour le développement.

A l'aune de l'essor des nouvelles technologies, en terme de communication notamment, il s'agit de sensibiliser les principaux acteurs à l'équité d'un développement technique, économique et social jusqu'ici réservé à un nombre de pays restreint. Passée une approche institutionnelle, il s'agit de sensibiliser le grand public, et plus particulièrement les jeunes, à l'évolution des problèmes généraux de développement. En effet, le grand public, peut-être davantage sous l'impulsion des jeunes, peut contribuer largement à l'accroissement des efforts en matière de coopération internationale.

Notre Blog Regards sur le Web, en tant qu'outil de communication destiné à favoriser les échanges entre personnes géographiquement éloignées (voire isolées), mais surtout parce qu'il suit une éthique de développement solidaire, se devait de rappeler cette journée. Malheureusement peu véhiculée par la voix des médias, son importance ne s'est pourtant pas amoindrie depuis sa création, il y a plus de trente ans déjà. Les bloggeurs de Solidaires du monde, via leurs apports réguliers d'expériences et de conseils, via les échanges qu'ils encouragent et suscitent, sont à saluer dans le cadre de cette journée mondiale à venir.

Internet, que ce soit sous la forme d'interfaces comme celle de Solidaires du monde, de réseaux sociaux ou autres, favorise largement les échanges entre citoyens du monde. Depuis sa création, cet outil s'est révélé être un facteur de croisements, de rencontres et de créations de liens exponentiels. Contre ses détracteurs, qui le réduisent à un accélérateur d'uniformisation culturelle (entre autres), l'utilisation faite d'internet par les « solidaires du monde » nous rappelle qu'un outil n'est pas condamnable en soi, mais bien qu'il doit être ramené à l'usage qu'on en fait.

La démarche défendue ici, par Solidaires du monde en général et Regards sur le web en particulier, consiste à mettre en lumière les acteurs « terrains », également convertis en internautes via les blogs, notes et commentaires qu'ils publient. Pourquoi les mettre en avant ? Certainement pas par démagogie.  Le souci premier est bien de préserver une interactivité, que nous considérons ici comme essentielle à l'échange de données et d'informations dans les nouveaux moyens de communication du type Internet. De nombreux sites d'informations sur le développement se sont davantage investis dans la communication institutionnelle, délaissant ainsi les approches didactiques, pourtant bien utiles aux  utilisateurs novices...

Le Web est reconnu pour créer des liens de proximité là où il pourrait difficilement y en avoir autrement. Par la multiplication des interfaces de mises en contacts, par la variété des supports (audio, vidéo, écrit) qu'ils diffusent, les internautes se familiarisent progressivement à un outil aussi vaste que complexe. Il est de notre devoir, en tant qu'administrateurs de la plateforme, de vous aider à prendre pleine possession de cet outil. Le langage institutionnel s'adresse aux institutions, mais pour vivre pleinement, il a besoin de vous. A vous de créer le vôtre, pour ça nous vous y aidons et continuerons de le faire !

15.09.2009

Blog : quel intérêt pour une association ?

Dans la note suivante, nous vous proposons quelques arguments sur l'utilité et l'intérêt d'un blog pour la communication (et plus peut être) d'une association.

Le contexte

Aujourd'hui, beaucoup d'associations disposent d'un site web.

Le plus souvent, ce site contient des informations sur les activités, les zones géographiques couvertes, les thématiques abordées dans les programmes. On trouve également des informations sur l'association, ses membres, son budget, ses bailleurs, sa localisation etc.

Parfois, le site propose des témoignages de bénéficiaires, de bénévoles ou de salariés de l'association. Plus rarement encore, il est possible de trouver une rubrique d'actualités.

La majorité de ces sites contiennent un contenu statique, peu actualisé. Un internaute qui cherche de l'information sur l'association pourra la trouver. Mais quelqu'un qui veut suivre l'association, connaitre ses activités dans le temps, n'a pas vraiment la possibilité de le faire. A moins qu'il existe une lettre d'information ou un magazine, ce qui est rare et implique des coûts.

Le blog, un format avantageux et complémentaire

Tout d'abord, un blog est plus simple à utiliser pour publier des contenus qu'un site web statique décrit plus haut. Pour la
simple raison  que le site statique n'est pas fait pour être actualisé fréquemment. Le blog lui, est pensé pour cela.

Egalement, un blog est plus facile à référencer qu'un site institutionnel statique. Mais cela suppose une production régulière de contenus, alors qu'un site statique, une fois fini, ne nécessite que très peu d'actualisations. Il y a donc nécessairement de la part de l'association une volonté de charger quelqu'un de gérer ce blog.
S'il peut être utile de les opposer, vous l'aurez compris, ces deux types de sites sont complémentaires !

Aussi, le format blog est idéal pour une communication destinée à représenter des activités humaines, des paroles d'individus. Pourquoi ? Simplement parce que le ton d'un blog est plus naturel, spontané et personnel que le ton neutre d'un site institutionnel . En effet, le blog permet la proximité et la relation directe et individuelle avec le public de lecteurs, et surtout, il permet d'échanger, d'entrer en contact, de débattre et de partager son expérience.

Un outil peu coûteux, voir gratuit, à partir du moment ou vous disposez d'un ordinateur connecté à internet

A la différence des sites "vitrines" qui nécessitent un minimum d'investissements, l'hébergement des blogs est le plus souvent gratuit (en échange de bannières publicitaires dont les revenus sont perçus par la régie et l'éditeur de la plateforme de blogs).

Mais sur Solidaires du monde par exemple, il n'y a pas de publicité.

Sur ce point, vous pouvez consulter cet article qui explique
comment choisir son hébergeur et comment créer son blog. Faites votre choix, enregistrez-vous, et c'est parti : Votre blog est prêt à recevoir vos premières publications !

Un outil simple d'utilisation

En effet, il ne nécessite pas de compétences informatiques particulières. Et le blog permet d'intégrer facilement différents formats de contenus : texte, image fixe, audio et vidéo... qui sont autant de témoignages sur les activités de l'association. Et qui lui donnent une visibilité, un porte-voix efficace à destination de ses publics, ainsi qu'une mémoire des activités, disponible pour les personnes qui cherchent des informations à ce sujet : étudiants, journalistes, candidats pour un poste...

Ainsi, en étant présente sur le web par l'intermédiaire d'un blog, l'association gagne en visibilité. En cherchant un peu sur le web, l'association peut découvrir d'autres acteurs sur la même thématique dans des zones différentes par exemple, pour partager les bonnes pratiques, les analyses du contexte, les échecs...

Par une mise à disposition régulière du contenu, l'association multiplie les occasions d'intéresser ses publics et d'entrer en contact avec eux. Comme dit plus haut, ces publics peuvent être différents : curieux, partenaires, bailleurs, bénéficiaires, salariés et bénévoles, chercheurs d'information dans le cadre de leurs activités professionnelles ou scolaires...

Enfin, la communauté de blogueurs est aussi un important relais d'information : la blogosphère agit comme une caisse de résonnance des débats qui animent les médias et l'espace public. Mais cet espace se structure plus par la langue, la culture et les centres d'intérêts, que par le seul ancrage géographique et physique.

Qu'en pensez vous ? Si vous avez des exemples ou des critiques, n'hésitez pas à les formuler dans les commentaires !

03.03.2009

Publicité et ONG : le bon message en images

Les ONG communiquent de plus en plus par l’image et, pourtant, ce n’est pas forcément le plus évident pour aborder les sujets sensibles.

La tonalité des spots vidéos et/ou des animation télévisées varie énormément d’un pays à l’autre. Les spots nord-européens et anglophones, par exemple, abordent des sujets et événements graves d’une manière beaucoup plus crue et directe, favorisant l’effet choc pour sensibiliser les gens aux engagements de l’association concernée, inciter aux dons,…
En France, les réglementations en vigueur sont et ont toujours été plus fermes et restrictives. Les créatifs sont alors obligés d’user de ruse pour faire passer les mêmes messages d’une manière cette fois-ci plus indirecte.
Au-delà des restrictions juridiques et d’un point de vue purement communicationnel, l’axe de la « culpabilisation des publics » est désormais obsolète car beaucoup (trop) exploité. Il aurait plutôt tendance à faire fuir les potentiels donateurs, à les agacer.

Aussi serait-il intéressant de souligner qu’à l’ère du « tout web », certaines ONG et leurs agences/compétences de communication prennent le parti de créer des spots destinés à une diffusion pro-internet.


Pourquoi les ONG se tourneraient-elles vers Internet pour communiquer ?

Pour une ONG, le moindre investissement compte. L’achat d’espaces publicitaires et le médiaplanning sont des postes coûteux pour une visibilité sur les retours (les dons) assez faible. Internet est donc une aubaine pour ce type d’annonceurs car les statistiques sont quantifiables, la stratégie de diffusion est simple, rapide et gratuite. Le rapport entre le nombre de nouveaux donateurs et le nombre de visites de la vidéo s’établit assez facilement.

Un autre aspect est celui de la proximité, c’est un véritable dialogue qui s’ouvre entre les publics ciblés et les ONG. Le contenu des spots solidaires peut être plus dense et illimité dans le temps (l’internaute peut mettre sur pause, revenir en arrière, réécouter à sa guise). L’arrivée de nouvelles fonctionnalités interactives sur les sites de partage vidéos est aussi une opportunité pour les ONG d’impliquer un peu plus les internautes.

Enfin, le phénomène de viralité prend toute son ampleur sur la toile même si le traditionnel bouche à oreille est une valeur sûre, il l’est d’autant plus lorsqu’il est véhiculé, soutenu par les outils web classique et 2.0.

La première vidéo que nous vous présentons est justement un spot pro-internet très riche en contenus. Angel Mission met en exergue les profits énormes des industriels à l’occasion d’une fête issue des plus grandes lignes du marketing, la Saint Valentin. Quelques chiffres en illustrations viennent appuyer le discours légèrement moralisateur du spot. Un message : inciter les gens à faire un geste au regard de ce qu’ils dépensent pour une fête superficielle. Un très esthétique jeu de typographies conjugué à quelques animations 2 et 3D, un film très frais et dynamique, voyez plutôt.

Pour lutter contre la discrimination à l’égard des handicapés, les concepteurs du film belge pour l’ANLH et l’ABMM (respectivement l’Association Nationale pour le Logement des Handicapés et l’Association Belge contre les Maladies NeuroMusculaires) ont choisi de mettre en avant un homme qui compte… pas mal de défauts comme beaucoup de gens… L’objectif évident : prouver que les personnes à mobilité réduite sont comme tout le monde. Un spot réalisé à l’occasion de l’Année européenne des personnes handicapées, qui brille par sa franchise.

Un troisième, particulièrement créatif et novateur, film d’animation réalisé par l’agence TBWAParis pour Amnesty International et primé d’un Lion d’Argent au célèbre festival des publicitaires de Cannes, est une illustration, simple et efficace des missions d'Amnesty International et des thèmes d'action suivants : la libération des prisonniers d'opinion, les violences faites aux femmes, l'usage de la torture, l'abolition de la peine de mort, le recours aux enfants soldats. Ils déclinent la signature des citoyens du monde engagés comme issue possible contre ces infamies.

Voilà pour cette page de publicité solidaire, n’hésitez pas à nous laisser vos commentaires ici ou contributions plus longues via le Blognotes.