15.01.2010
Les témoignages depuis Haiti via Twitter
Haïti a été frappé par un violent séisme. La plupart des médias relaient les rares informations en provenance de l'ile. Ces informations sont rares car la majorité des infrastructures de communication ont été détruites.
Face à pareille situation d'urgence, nous nous sommes penchés sur l'utilisation de Twitter pour communiquer, organiser et orienter les personnes concernées par cet événement tragique.
A propos de Twitter
Ce service permet à un internaute de créer un compte et d'émettre des messages courts, type texto, à destination d'une communauté d'utilisateurs du service. Pour de plus amples informations sur ce service, visitez Twitter : présentation et utilisation pour les ONG.
Pour faire une comparaison, Twitter est un peu comme un mur Facebook : les contenus s'actualisent en direct. Pour prendre le cas du mot clés Haiti, le lendemain soir de l'événement, Twitter comportait 1 000 messages par minute mentionnant Haiti. Aucun autre espace en ligne ne permet cela. Et à la différence d'un mur Facebook, la recherche du mot Haiti vous permet de voir tout ce que les utilisateurs proposent comme contenu sur ce mot clé. Tous les contenus sont donc publics, et ils ne sont pas tous dignes d'intêret pour autant, mais certains le sont, profondément.
Twitter et l'urgence
Le caractère synchrone de Twitter confère à cet espace en ligne une importance majeure si vous voulez suivre un événement en direct : cela a déja été le cas après le séisme en Chine, après l'atterissage miraculeux de l'avion dans la baie d'Hudson ou pendant les événements politiques des élections iraniennes. Chaque fois, des témoins directs des événements communiquent et s'organisent grâce à l'outil, notamment car Twitter interconnecte les plateformes de téléphonie mobile avec internet : vous pouvez émettre et recevoir depuis un téléphone ou depuis un poste connecté à internet.
Twitter et le tremblement de terre à Haïti
Des photos, des témoignages écrits, des appels à témoignages, des questions, des informations sur les organismes caritatifs intervenant sur place, des faux appels pour lever des fonds également, circulent en temps réel à destination de personnes de nombreux pays qui synchronisent leur attention à cet instant sur cet événement. Personnellement je n'ai suivi que les messages en anglais (très nombreux car la majorité des utilisateurs sont anglophones) et en français : sur 13 M d'utilisateurs, 1% sont francophones source : Sysomos.
Pour les médias, mais aussi pour les sièges des ONG actrices sur le terrain, il semble important d'écouter et de participer à ce qui s'échange sur ce réseau. Pour les journalistes, avec quelques recherches, il est possible de trouver des témoins sur place.
Utilisation de Twitter en direct du terrain - tous les messages sont en anglais et n'ont pas été traduits.
1. carelpedre émet des messages depuis Port au Prince et depuis le début du séisme : http://twitter.com/carelpedre.
carelpedre a été interviewé par de nombreux médias depuis trois jours : "RT @mikaelponge: @carelpedre France Inter/Radio France aimerait vous interviewer dès que possible. please RT. >>>I'm on Skype!!"
"RT" en début de message signifie ReTwit : l'émétteur du message reprend le message d'un autre.
La page Twitter de carelpedre
Témoignages
"We are more than 1 million in the streets, helpless and The Sky is Cloudy!"
"No Food, No Water, No Medications, Nothing! And Our President says he's a victim as well! How long we have to wait?"
"My internet connexion is down right now! Don't know what to do!"
Photos
"I uploaded some new pic on my Flickr account! Check them out http://www.flickr.com/photos/carelp/"
Appel à l'aide des entreprises
S'adressant à son fournisseur d'accès internet : "@InternetHaiti I need a Good connection to skype! DM me what to do!"
Appel à l'aide des multinationales du web
"I'm a Mac User (iPhone+MacBook Pro) using Twitter, Facebook and Skype ~ They Have To do something for Haiti ASAP!!"
Organisation de l'aide
"I Need Volunteers 2 build A team to help People Who's Living outside the Country 2 Have Informations about they relatives. Haitians Stand Up"
"@ladyBfollowme: Looking for the Esperance Family . 2 Blocks from Hotel Oloffson in Carrfour-Feuilles >>@RAMhaiti can Help!"
@ en début de message signifie que l'auteur s'adresse en particulier à cet utilisateur. Le message reste visible par tous les utilisateurs.
2. Depuis Haiti, Wyclef Jean (fondateur de l'ONG Yélé Haiti) donne également des informations. Il s'est rendu à Port au Prince juste après le tremblement de terre : http://twitter.com/wyclef
La page de Wyclef Jean
Eléments descriptifs sur les besoins
"Haiti needs emergency supplies right awaÝ!!! Water, Dry Goods, Blankets, and Clothing!! Pls contact state officials right now 4 dropoff pts"
Appel aux donations
"International donations to Yele Haiti Earthquake Relief Fund can be made at our website. www.yele.org STATE OF EMERGENCY #haiti @yelehaiti"
Reprise d'informations sur le bilan provisoire
"RT @Jerry_Drama: @wyclef on foxnews.. says atleast 500,000 dead http://bit.ly/4ZKVuy"
3. Fredodupoux informe également en direct de la situation : http://twitter.com/fredodupoux
La page de fredodupoux
Pour organiser l'achememinement de blessés
"2 Hospitals in Cap-Haitien are equipped and ready to receive patients. #Haiti #eq"
Sur les besoins
"We were not expecting this most of us are not equipped for survival. Places need to start opening, we all need food, water & fuel. #haiti"
"@darryltkps we have a generator but we'll be soon out of fuel since no gaz station is serving."
"only saw 2 open pharmacies today by the general hospital, and they are overly crowded."
"stopping at a hot spot. just came back from the streets. people are fighting over water food and meds."
Sur la localisation de victimes
"HELP IS NEEDED ! People still alive under College Canapé Vert are screaming for help to get them out of the rubbles."
Pour donner des nouvelles de certains habitants
"someone asked me for adi brisson last night i saw him he's fine but lost his house"
Pour médiatiser et organiser l'aide internationale
"RT @grosdim: American Airlines is taking doctors and nurses to Haiti for free. Please call 212-697-9767. Spread the word"
4. Richard Morse : http://twitter.com/ramhaiti
Situation sanitaire
"what to do, what to do with all these bodies that are starting to decompose.people are starting to wear masks"
"people sent & are waiting in the stadium for medical help and no one is coming.they're starting to give out water today"
Personnes manquantes
"RT @ralstonsmith: @RAMhaiti Nathalie Pierre, a doctoral student from NYU is missing in haiti...5'4 24 years old...http://tinyurl.com/yfellxe"
5. InternetHaiti : http://twitter.com/InternetHaiti
6. Haitifeed : http://twitter.com/Haitifeed
7. Paul Conneally : http://twitter.com/conneally, son blog : Head Down Eyes Open
Avec les médias
"Media guy" travaillant pour la Croix Rouge, Paul Conneally a realisé de nombreuses interviews depuis son arrivée :
"Still lots of interviews. Just did new york times. will b live on Sky after 6pm UK time. RTE legend Charly Bird also in the loop now #haiti."
"Went to civil aviation building where many media are based. Was Live with Sky, ITN, ARD, BBC, NZ radio etc. etc. More than 40 interviews."
Témoignages sur les activités de la Croix Rouge
"#RedCross has now managed to get 8 planes of relief + equip into #Haiti, only 3 of these thru PAP the others thru Santo Domingo."
"Norwegian colleagues putting up field hospital @ University hospital + our surgeons, nurses already working hard. Vital medicines given."
"Spanish #Redcross doing amazing work providing clean water. 200k litres today, double that tomorrow and so on the next day. #haiti"
Sur la sécurité
"We are not witnessing violence or rioting, the opposite. Calm Q's 4 water and relief items. Extremely harrowing scenes in the hospitals."
8. Edpilkington : http://twitter.com/Edpilkington

Ed Pilkington est correspondant à New York du quotidien anglais The Guardian. Arrivé le 15 janvier à Port-au-Prince, il témoigne depuis son arrivée :
"End of a long day in Haiti. Seen dead bodies, more crumpled buildings than you'd ever care to see. But also enjoyed unbelievable kindness"
"There's been much talk about violence and hordes of looters. Maybe that lies ahead. But so far we've seen none, and felt in no danger."
"Developing question here in Haiti: why wasn't more done to prepare for a quake when there were so many warning signs? http://bit.ly/5BZUsb"
"In Haiti: many of the hardest hit places were the shanty towns built on incredibly steep hillsides. they should never have been allowed"
"American embassy tells us it comes as helpers not occupiers in #Haiti. Out we go to find out what that means"
Utilisation de Twitter depuis les autres pays
La vaste majorité des utilisateurs de Twitter vivent dans des pays riches, à l'abris des conséquences du tremblement de terre. Ce sont ces pays qui envoient leur aide matériel et humain à Haïti, grâce à la générosité du public, des entreprises et via les canaux des ONG. En plus d'Action contre la Faim, de Médecins du Monde et de Médecins sans Frontière, voici une liste des organismes à qui nous pouvons adresser des dons.
S'il nous a paru important de mettre en évidence l'intérêt d'un outil comme Twitter pour garder un contact avec des témoins, alors qu'il est difficile d'obtenir des informations. A force de lire les demandes de journalistes qui veulent réaliser des interviews, je me demande s'il est bien nécessaire de les proposer aux médias.
Ces témoins seraient sans doute utiles s'ils étaient en contact avec les ONG et les personnels d'urgence qui sont et arrivent sur le terrain.
Nous réaliserons un article sur ce sujet plus tard.
N'hésitez pas à apporter vos contributions, dans les commentaires ci-dessous ou en participant au financement des grandes organisations qui agissent sur le terrain.
17:44 Publié dans Communication | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : carel pedre, wyclef jean, fredodupoux, tmoin, haiti, urgence, media, communication, ong, aide, don, donation, materiel |
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Digg
22.12.2009
Best of des campagnes sur le sommet de Copenhague
Et voila que le sommet de Copenhague s'achève, une pointe de déception se répand sur la toile, les ONG et particulièrement WWF et Greenpeace bien décidés à ne pas baisser les bras multiplient les articles et autres pétitions en attendant la prochaine session à Bonn en août prochain.
Retour sur les campagnes associatives qui ont fait battre nos pages web favoris pendant ces quelques jours écologiques.
Et concernant les vidéos, personne n'a pu échapper à ces clips:
Les Amis de la Terre sur "Du bruit pour le climat"
Et mon bonus hors association: le clip de la chanson " Danger global warning"de Utah Saints, réalisé par Alexandre Athané, qui a obtenu le « prix des internautes » au festival Protoclip, festival international de clip indépendant, du 25 au 29 novembre dernier. Ce clip a également participé au projet anglais « The Danger Global Warning Project ». Voici deux versions, l'une commentée par son auteur, l'autre non.
Si vous aussi vous avez eu votre coup de cœur militantiste, faites-le nous partager dans les commentaires !
17:13 Publié dans Environnement | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : copenhague, communication, ong, greepeace, wwf, 2009 |
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Digg
11.12.2009
Le sommet de Copenhague sur le Web : s’informer … et communiquer
L'évènement majeur de cette fin d'année en matière de développement durable et écologie, le sommet de Copenhague (souvent désigné COP15) a donné lieu à un ensemble d'initiatives originales pour informer et communiquer avec le public. Nous vous proposons un rapide aperçu des différentes façons de s'informer, et donc de communiquer, en utilisant le Web.
Le clip officiel du sommet de Copenhague
Et si commençait par les "médias traditionnels" ?
Avant d'attaquer le Web, il faut souligner l'initiative originale de 56 quotidiens à travers 45 pays différents qui se sont unis pour publier un édito commun appelant de leurs voeux un effort des décideurs politiques. Publié en plus de 20 langues (voir chez Libération ou au Guardian), il illustre à sa façon une prise de conscience commune, accélérée par le développement du Web. Une harmonie qui, prenant le risque d'être monolithique, n'est pas sans soulever des questions.
S'informer sur le sommet de Copenhague sur le Web
Commençons par le commencement, c'est-à-dire le site officiel, ou plutôt l'écosystème Web mis en place par les organisateurs. Jugez-en par vous-même :
- un site officiel ...
- ... donnant accès aux webcasts des conférences
- une page fan Facebook
- un compte Twitter
- une chaîne Youtube dédiée
Des contenus de qualité et en abondance, l'ensemble de ces supports offrent une bonne base de départ pour tous ceux souhaitant s'informer. Evidemment il est possible d'aller plus loin et ce ne sont pas les initiatives tierces qui manquent.
Les internautes peuvent ainsi signer une pétition en ligne géolocalisant ses signataires. Si vous souhaitez en savoir plus sur les émissions de gaz à effet de serre et le Protocole de Kyoto, vous pouvez également consulter la carte des gaz à effet de serre réalisée par la CCNUCC.
Les artistes ne sont pas en reste avec l'installation CO2Cubes à Copenhague.
Google a lance un ensemble d'initiatives autour du sommet de Copenhague, avec en point d'orgue l'organisation de visites guidées s'appuyant sur Google Earth. Plusieurs personnalités (telles qu'Al Gore, Arnold Schwarzenegger, Steve Schneider ou Ted Danson) proposent ainsi un tour du Monde de la question avec leurs commentaires, analyses et points de vue. Vous pouvez les télécharger ici.
Tour Google Earth commenté par Al Gore
Wikipedia consacre au sommet une entrée particulièrement bien documentée et fournie, les internautes friands d'actualités pouvant suivre les dernières informations sur la page Wikinews dédiée au COP15.
Pour ceux qui souhaitent tester une alternative à Wikipedia, et soucieux de la déontologie en matière d'information, il est possible de se tourner vers SourceWatch (anciennement Disinfopedia). Réalisé sous l'égide du Center for Media and Democracy, fait le point sur les actions des acteurs exerçant une influence sur les opinions en faveur d'intérêts commerciaux ou politiques (agences de relations publiques, professionnels des RP, think tanks, organisations et experts financés par des industriels).
SourceWatch propose ainsi une page dédiée au sommet de Copenhague mais également un portail consacré à la question du changement climatique.
Communication ... et polémique
La principale polémique de fond fut la conséquence du piratage d'échanges de courriers électroniques entre les scientifiques travaillant pour le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC). Révélant de graves manquements méthodologiques et certains biais idéologiques dans les recherches menées par les scientifiques du GIEC, le Climategate a provoqué la mise en cause des résultats des travaux du GIEC. Et par ricochet celle du bien-fondé des partisans de la thèse du réchauffement climatique. L'enquête sur les auteurs du piratage est en cours.
Une deuxième polémique touche le fond de l'argumentation et de la communication actuelle, que certaines voix minoritaires estiment faire preuve de "terrorisme intellectuel". On peut par exemple citer les analyses de Serge Galam :
Interview de Serge Galam
Une troisième polémique concerne les tentatives de récupération commerciales par différentes marques souhaitant surfer sur la vague écolo pour se refaire une virginité environnementale.
On remarquera que la publicité n'a pas épargné le sommet de Copenhague sur le Web, certains annonceurs n'hésitant pas à se positionner sur ce sujet sur les moteurs de recherche (Siemens dans ce cas) :

Un coup d'oeil aux statistiques de Google nous montre que le sommet a provoqué naturellement une "inflation" des mots-clés associés :

Ceci est notamment la conséquence de l'augmentation des recherches des internautes :

Sur place, en marge du Bella Center de Copenhague, où se tiennent les négociations officielles, des majors placent leurs marques discrètement. Comme Coca Cola, qui finance la pétition citoyenne Hopenhagen.
Un opportunisme généralisé qui n'est pas sans agacer certains. « Il faut faire la différence entre ceux qui ont un vrai programme comme McDo et qui se servent de l'événement pour le communiquer, et ceux qui bafouent les règles de sincérité à cette occasion, comme le Crédit Agricole qui invente le “green banking” » selon Pierre Siquier, président de l'agence de communication Ligari, et membre du conseil d'administration de la Fondation Nicolas Hulot.
Publicité du Crédit Agricole
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| Tags : cop15, climat, communication, copenhague |
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Digg
27.10.2009
La Journée mondiale de l'information sur le développement
La Journée mondiale de l'information sur le développement est née en 1972, sous l'impulsion de l'Assemblée générale des Nations Unies. A l'image de la résolution 3038(XXVII) qui l'accompagne et la justifie, cette journée mondiale s'inscrit dans une démarche globale de ré équilibrage entre pays « industrialisés » et pays « en voie de développement ».
Cette journée a lieu, chaque année depuis sa création, le 24 octobre. Elle coïncide ainsi avec la date anniversaire de la Journée des Nations Unies, notamment celle de 1970, au cours de laquelle a été adoptée la Stratégie internationale du développement pour la deuxième Décennie des Nations Unies pour le développement.
A l'aune de l'essor des nouvelles technologies, en terme de communication notamment, il s'agit de sensibiliser les principaux acteurs à l'équité d'un développement technique, économique et social jusqu'ici réservé à un nombre de pays restreint. Passée une approche institutionnelle, il s'agit de sensibiliser le grand public, et plus particulièrement les jeunes, à l'évolution des problèmes généraux de développement. En effet, le grand public, peut-être davantage sous l'impulsion des jeunes, peut contribuer largement à l'accroissement des efforts en matière de coopération internationale.
Notre Blog Regards sur le Web, en tant qu'outil de communication destiné à favoriser les échanges entre personnes géographiquement éloignées (voire isolées), mais surtout parce qu'il suit une éthique de développement solidaire, se devait de rappeler cette journée. Malheureusement peu véhiculée par la voix des médias, son importance ne s'est pourtant pas amoindrie depuis sa création, il y a plus de trente ans déjà. Les bloggeurs de Solidaires du monde, via leurs apports réguliers d'expériences et de conseils, via les échanges qu'ils encouragent et suscitent, sont à saluer dans le cadre de cette journée mondiale à venir.
Internet, que ce soit sous la forme d'interfaces comme celle de Solidaires du monde, de réseaux sociaux ou autres, favorise largement les échanges entre citoyens du monde. Depuis sa création, cet outil s'est révélé être un facteur de croisements, de rencontres et de créations de liens exponentiels. Contre ses détracteurs, qui le réduisent à un accélérateur d'uniformisation culturelle (entre autres), l'utilisation faite d'internet par les « solidaires du monde » nous rappelle qu'un outil n'est pas condamnable en soi, mais bien qu'il doit être ramené à l'usage qu'on en fait.
La démarche défendue ici, par Solidaires du monde en général et Regards sur le web en particulier, consiste à mettre en lumière les acteurs « terrains », également convertis en internautes via les blogs, notes et commentaires qu'ils publient. Pourquoi les mettre en avant ? Certainement pas par démagogie. Le souci premier est bien de préserver une interactivité, que nous considérons ici comme essentielle à l'échange de données et d'informations dans les nouveaux moyens de communication du type Internet. De nombreux sites d'informations sur le développement se sont davantage investis dans la communication institutionnelle, délaissant ainsi les approches didactiques, pourtant bien utiles aux utilisateurs novices...
Le Web est reconnu pour créer des liens de proximité là où il pourrait difficilement y en avoir autrement. Par la multiplication des interfaces de mises en contacts, par la variété des supports (audio, vidéo, écrit) qu'ils diffusent, les internautes se familiarisent progressivement à un outil aussi vaste que complexe. Il est de notre devoir, en tant qu'administrateurs de la plateforme, de vous aider à prendre pleine possession de cet outil. Le langage institutionnel s'adresse aux institutions, mais pour vivre pleinement, il a besoin de vous. A vous de créer le vôtre, pour ça nous vous y aidons et continuerons de le faire !
13:03 Publié dans Médias et informations | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : internet, communication, équité, développement, information |
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Digg
15.09.2009
Blog : quel intérêt pour une association ?
Dans la note suivante, nous vous proposons quelques arguments sur l'utilité et l'intérêt d'un blog pour la communication (et plus peut être) d'une association.
Le contexte
Aujourd'hui, beaucoup d'associations disposent d'un site web.
Le plus souvent, ce site contient des informations sur les activités, les zones géographiques couvertes, les thématiques abordées dans les programmes. On trouve également des informations sur l'association, ses membres, son budget, ses bailleurs, sa localisation etc.
Parfois, le site propose des témoignages de bénéficiaires, de bénévoles ou de salariés de l'association. Plus rarement encore, il est possible de trouver une rubrique d'actualités.
La majorité de ces sites contiennent un contenu statique, peu actualisé. Un internaute qui cherche de l'information sur l'association pourra la trouver. Mais quelqu'un qui veut suivre l'association, connaitre ses activités dans le temps, n'a pas vraiment la possibilité de le faire. A moins qu'il existe une lettre d'information ou un magazine, ce qui est rare et implique des coûts.
Le blog, un format avantageux et complémentaire
Tout d'abord, un blog est plus simple à utiliser pour publier des contenus qu'un site web statique décrit plus haut. Pour la simple raison que le site statique n'est pas fait pour être actualisé fréquemment. Le blog lui, est pensé pour cela.
Egalement, un blog est plus facile à référencer qu'un site institutionnel statique. Mais cela suppose une production régulière de contenus, alors qu'un site statique, une fois fini, ne nécessite que très peu d'actualisations. Il y a donc nécessairement de la part de l'association une volonté de charger quelqu'un de gérer ce blog.
S'il peut être utile de les opposer, vous l'aurez compris, ces deux types de sites sont complémentaires !
Aussi, le format blog est idéal pour une communication destinée à représenter des activités humaines, des paroles d'individus. Pourquoi ? Simplement parce que le ton d'un blog est plus naturel, spontané et personnel que le ton neutre d'un site institutionnel . En effet, le blog permet la proximité et la relation directe et individuelle avec le public de lecteurs, et surtout, il permet d'échanger, d'entrer en contact, de débattre et de partager son expérience.
Un outil peu coûteux, voir gratuit, à partir du moment ou vous disposez d'un ordinateur connecté à internet
A la différence des sites "vitrines" qui nécessitent un minimum d'investissements, l'hébergement des blogs est le plus souvent gratuit (en échange de bannières publicitaires dont les revenus sont perçus par la régie et l'éditeur de la plateforme de blogs).
Mais sur Solidaires du monde par exemple, il n'y a pas de publicité.
Sur ce point, vous pouvez consulter cet article qui explique comment choisir son hébergeur et comment créer son blog. Faites votre choix, enregistrez-vous, et c'est parti : Votre blog est prêt à recevoir vos premières publications !
Un outil simple d'utilisation
En effet, il ne nécessite pas de compétences informatiques particulières. Et le blog permet d'intégrer facilement différents formats de contenus : texte, image fixe, audio et vidéo... qui sont autant de témoignages sur les activités de l'association. Et qui lui donnent une visibilité, un porte-voix efficace à destination de ses publics, ainsi qu'une mémoire des activités, disponible pour les personnes qui cherchent des informations à ce sujet : étudiants, journalistes, candidats pour un poste...
Ainsi, en étant présente sur le web par l'intermédiaire d'un blog, l'association gagne en visibilité. En cherchant un peu sur le web, l'association peut découvrir d'autres acteurs sur la même thématique dans des zones différentes par exemple, pour partager les bonnes pratiques, les analyses du contexte, les échecs...
Par une mise à disposition régulière du contenu, l'association multiplie les occasions d'intéresser ses publics et d'entrer en contact avec eux. Comme dit plus haut, ces publics peuvent être différents : curieux, partenaires, bailleurs, bénéficiaires, salariés et bénévoles, chercheurs d'information dans le cadre de leurs activités professionnelles ou scolaires...
Enfin, la communauté de blogueurs est aussi un important relais d'information : la blogosphère agit comme une caisse de résonnance des débats qui animent les médias et l'espace public. Mais cet espace se structure plus par la langue, la culture et les centres d'intérêts, que par le seul ancrage géographique et physique.
Qu'en pensez vous ? Si vous avez des exemples ou des critiques, n'hésitez pas à les formuler dans les commentaires !
10:00 Publié dans Communication | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : blog, association, ong, humanitaire, média, outils, communication, réseau, référencement, hébergement, gratuit, communication des associations, blogging |
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Digg
03.03.2009
Publicité et ONG : le bon message en images
Les ONG communiquent de plus en plus par l’image et, pourtant, ce n’est pas forcément le plus évident pour aborder les sujets sensibles.
La tonalité des spots vidéos et/ou des animation télévisées varie énormément d’un pays à l’autre. Les spots nord-européens et anglophones, par exemple, abordent des sujets et événements graves d’une manière beaucoup plus crue et directe, favorisant l’effet choc pour sensibiliser les gens aux engagements de l’association concernée, inciter aux dons,…
En France, les réglementations en vigueur sont et ont toujours été plus fermes et restrictives. Les créatifs sont alors obligés d’user de ruse pour faire passer les mêmes messages d’une manière cette fois-ci plus indirecte.
Au-delà des restrictions juridiques et d’un point de vue purement communicationnel, l’axe de la « culpabilisation des publics » est désormais obsolète car beaucoup (trop) exploité. Il aurait plutôt tendance à faire fuir les potentiels donateurs, à les agacer.
Aussi serait-il intéressant de souligner qu’à l’ère du « tout web », certaines ONG et leurs agences/compétences de communication prennent le parti de créer des spots destinés à une diffusion pro-internet.
Pourquoi les ONG se tourneraient-elles vers Internet pour communiquer ?
Pour une ONG, le moindre investissement compte. L’achat d’espaces publicitaires et le médiaplanning sont des postes coûteux pour une visibilité sur les retours (les dons) assez faible. Internet est donc une aubaine pour ce type d’annonceurs car les statistiques sont quantifiables, la stratégie de diffusion est simple, rapide et gratuite. Le rapport entre le nombre de nouveaux donateurs et le nombre de visites de la vidéo s’établit assez facilement.
Un autre aspect est celui de la proximité, c’est un véritable dialogue qui s’ouvre entre les publics ciblés et les ONG. Le contenu des spots solidaires peut être plus dense et illimité dans le temps (l’internaute peut mettre sur pause, revenir en arrière, réécouter à sa guise). L’arrivée de nouvelles fonctionnalités interactives sur les sites de partage vidéos est aussi une opportunité pour les ONG d’impliquer un peu plus les internautes.
Enfin, le phénomène de viralité prend toute son ampleur sur la toile même si le traditionnel bouche à oreille est une valeur sûre, il l’est d’autant plus lorsqu’il est véhiculé, soutenu par les outils web classique et 2.0.
La première vidéo que nous vous présentons est justement un spot pro-internet très riche en contenus. Angel Mission met en exergue les profits énormes des industriels à l’occasion d’une fête issue des plus grandes lignes du marketing, la Saint Valentin. Quelques chiffres en illustrations viennent appuyer le discours légèrement moralisateur du spot. Un message : inciter les gens à faire un geste au regard de ce qu’ils dépensent pour une fête superficielle. Un très esthétique jeu de typographies conjugué à quelques animations 2 et 3D, un film très frais et dynamique, voyez plutôt.
Pour lutter contre la discrimination à l’égard des handicapés, les concepteurs du film belge pour l’ANLH et l’ABMM (respectivement l’Association Nationale pour le Logement des Handicapés et l’Association Belge contre les Maladies NeuroMusculaires) ont choisi de mettre en avant un homme qui compte… pas mal de défauts comme beaucoup de gens… L’objectif évident : prouver que les personnes à mobilité réduite sont comme tout le monde. Un spot réalisé à l’occasion de l’Année européenne des personnes handicapées, qui brille par sa franchise.
Un troisième, particulièrement créatif et novateur, film d’animation réalisé par l’agence TBWAParis pour Amnesty International et primé d’un Lion d’Argent au célèbre festival des publicitaires de Cannes, est une illustration, simple et efficace des missions d'Amnesty International et des thèmes d'action suivants : la libération des prisonniers d'opinion, les violences faites aux femmes, l'usage de la torture, l'abolition de la peine de mort, le recours aux enfants soldats. Ils déclinent la signature des citoyens du monde engagés comme issue possible contre ces infamies.
Voilà pour cette page de publicité solidaire, n’hésitez pas à nous laisser vos commentaires ici ou contributions plus longues via le Blognotes.
11:22 Publié dans Communication | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
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