Solidaires du monde Créer son blog Se connecter Signaler un abus Retour sur le portail

27.04.2010

Africascopie, un webdocumentaire sur l'Afrique à l'heure du numérique

Le développement du mobile et des cybercafés dans les grandes villes du Sénégal et du Mali : un webdocumentaire de témoignages sur les changements économiques et sociaux en Afrique avec l'arrivée des technologies de communications numériques.

En octobre dernier, nous avions rédigé deux articles sur Africascopie, juste avant le départ des deux journalistes à l'origine du projet : le premier article présentait le projet et relayait l'appel à témoignage, le second était constitué des réponses des porteurs du projet à quelques questions que nous leur avions posé.

africascopie%20logo.jpg

Je vous propose maintenant de revenir sur l'aboutissement de ce projet : le webdocumentaire intitulé Africascopie, qui, comme son nom l'indique met le périscope sur l'Afrique, plus particulièrement pour nous renseigner sur le développement d'internet et de la téléphonie mobile au Mali et au Sénégal.

Si vous vous demandez ce que c'est qu'un webdocumentaire, disons que c'est un documentaire diffusé sur internet et utilisant les possibilités du multimédia :

  • utilisation de textes, de photo, de sons et d'images vidéo;
  • récit non linéaire avec la possibilité pour l'internaute de choisir l'ordre de visionnage du documentaire;
  • interactions avec les médias sociaux

Africascopie est composé en 5 parties de quelques minutes chacune. Il a été réalisé par Jean Abbiateci et Antonin Sabot au Sénégal et au Mali, à l'automne 2010 et produit par lemonde.fr.

La parole aux africains utilisateurs de TIC

1ère partie : la folie du mobile

Comme l'explique Miami Diabate au Mali, la baisse des prix des cartes téléphoniques a permis un développement accéléré de l'accès au téléphone mobile. La forte demande de cartes téléphoniques traduit un fort besoin de communiquer.

Quelques chiffres sur les opérateurs de téléphonie mobile en Afrique :
Chaque partie du webdocumentaire propose des fiches pratiques sur un point particulier en relation avec le thème, accessible au dessus de l'image vidéo.

les-acteurs-du-march%C3%A9-du-mobile-en-afrique.jpg

Infographie issue d'Africascopie, 1ère partie : les acteurs du marché du mobile en Afrique


Au total : 10 M d'abonnés au téléphone mobile en 2001 et 130 M d'abonnés au mobile fin 2006.

2ème partie : les métiers du portable

"Ici, on essaie toujours de donner une seconde vie aux choses. Il faut se dire que les gens n'ont pas toujours les moyens d'aller payer un téléphone 40, 50 ou 100 000 francs CFA" Ibrahim Sy, réparateur de portables.
Sachant que 500 francs CFA sont équivalent à 1 € et que dans nombre de pays d'Afrique des proportions importantes des populations rurales vivent avec moins d'1$ par jour.

reparateur-de-portable-mali-senegal.gif
Photographie issue d'Africascopie, 2ème partie Petits métiers portables


Les activités économiques générées par le développement de la téléphonie mobile sont multiples : réparation et vente de téléphones, de chargeurs, de cartes. Une réparation peut prendre 1 heure à 2 jours pour un téléphone.

Tous les téléphones sont importés depuis Dubaï, la Chine, l'Europe et les Etats Unis.


Il faut aussi noter qu'en l'absence de téléphonie fixe précédent l'arrivée du portable, les africains apprennent la téléphonie avec la mobilité et la prise de rendez-vous à distance, jusque là inédite.Tout ceci bouleverse le rapport au temps.


Le développement du téléphone aide les petits entrepreneurs en réduisant les distances parcourues et en facilitant la synchronisation des actions.


Concernant les coûts d'internet à Bamako au Mali, Mohammed Diakité facture 400 francs CFA l'heure de connexion, soit 0.8€.

Ce gérant d'un cyber café de Bamako dispose de 10 postes de travail, avec une connexion de 512Kb/s pour 100 000 francs CFA/mois soit 150€ ! Le modèle économique est difficile à équilibrer.

3ème partie : le monde depuis un cyber africain


Boukary Konaté, dont vous pouvez entendre le témoignage dans cette 3ème partie est un blogueur malien, s'exprime notamment dans un commentaire sur
cette page  d'appel à projet du webdocumentaire Africascopie (le quatrième commentaire publié). 

Voici ce qu'il dit à propos de l'utilité de la pratique d'internet :


"
Les réseaux sociaux comme Face book, linknd et d’autres m'ont permis d'avoir contact avec des correspondants, des gens de bonne volonté pour le développement de l'Afrique ainsi que des collaborateurs de travail à distance. Cela me permet de dire que l'Internet n'est pas seulement un espace d'information ou de jeux mais aussi un espace de travail en groupe donc un espace qui contribue au développement de la condition humaine."

"
Malgré les multitudes initiatives de lutte contre la fracture numérique, l'Afrique a des difficultés d'accès à Internet à cause du prix élevé de la connexion dans les Cybercafés et la lenteur de la connexion quelques fois sans parler de l'impossibilité pour la plupart d'avoir son propre ordinateur. L'heure de connexion s'élevant entre 400 F CFA à 500 FCFA à Bamako et même 1000 F CFA dans les régions est très chère pour quelqu'un qui veut réaliser de belles initiatives dans le domaine des NTIC. Pour cela, un effort inlassable doit être fournit pour que l'Internet soit à la portée de tous pour qu'il y ait un total désenclavement numérique."

Boukary Konate complète ce propos dans Africascopie :


"
Aujourd'hui, toutes les connaissances se trouvent propagées sur internet. Il suffit d'avoir accès à la connaissance et à l'expérience des autres".

Avec cette critique :


"
Les jeunes communiquent avec les filles pour se donner rendez-vous dans les hotels. En afrique auparavant dans la culture, ce n'est pas normal qu'il y ait un contact entre les jeunes hommes et femmes. Ca c'est un trait négatif pour notre culture".

4 ème partie : nouvelles technologies et médecine


"Actuellement tous les radiologues diplômés du Mali sont à Bamako. Dans les autres régions, il n'y a pas de radiologue".


Pour pallier à ce déficit de médecins spécialisés, les radios sont photograhiées avec un appareil numérique et envoyées au radiologue à Bamako. Les paysans interprètent l'envoi de photos comme de la magie.


Au dela, cette partie fournit une infographie sur le rôle des TIC en matière de développement.

quel-usage-des-tic-pour-le-developpement.gif
Infographie issue d'Africascopie, 4ème partie Nouvelles technologies et médecine


5ème partie : rebuts informatiques


la%20face%20cachee%20des%20nouvelles%20technologies.jpg
Infographie issue d'Africascopie, 5ème partie Rebuts informatiques

 

1644739870.3.jpg
409287958.2.jpg

 

19.04.2010

L'histoire d'Internet par Serge Soudoplatoff

En regardant cette intervention filmée de Serge Soudoplatoff sur l'histoire d'Internet, voila quelques points que je souhaiterai retenir et partager avec vous.



Serge Soudoplatoff - Les vraies ruptures d'Internet

- Internet renvoit à l'invention de l'alphabet, plutôt qu'à l'invention de l'imprimerie. La rupture est donc plus profonde.

- Internet n'est pas né d'une volonté du Ministère américain de la défense de construire un réseau suffisament décentralisé pour résister à une attaque nucléaire. Ou du moins pas seulement. Internet ne s'est pas développé selon un processus causal mais plutôt suite à une "innovation de percolation" (la percolation renvoit à l'idée de seuil, de  limite au dela de laquelle un phénomène se met à changer), c'est à dire le rencontre et la mise en commun de travaux réalisés séparément mais ayant des points communs et des complémentarités.

- Ce sont des réseaux de personnes passionées qui ont fait et qui continuent de le faire.

- En 1991, Al Gore dans son livre blanc, propose de faire d'internet un moteur d'innovation sociale.

- 1.7 milliards d'individus ont accès à Internet (+/- 25% de la population mondiale)

- Internet n'a rien inventé mais il a permis à des formes sociales existantes de se développer. Internet favorise les relations horizontales et les échanges entre membres d'un même réseau.

- Lorsqu'on partage un bien matériel, il se divise; quand on partage un bien immatériel, il se multiplie.

- L'utilisateur veut être co-constructeur du service ou du produit.

- L'enjeu de l'ère d'internet est la gestion des interactions entre les individus.


Appliqué aux questions de solidarité et de développement, qu'est ce propos pourrait apporter ?

Voici quelques avis personnels et questions sur la question.

- Tout d'abord, les organisations de solidarité nationale et internationale partagent avec les constructeurs d'internet le fait d'être des passionés. Pourquoi l'engagement associatif est il affaire de passionés ? La question reste ouverte et vous avez les commentaires pour donner votre avis, mais mes connaissances du milieu confirment cette idée. Les conditions matérielles et financières dans lesquelles ces organisations travaillent sont souvent compensées par un investissement personnel sans relâche des salariés et bénévoles. Cet investissement trouve sa source dans l'adéquation entre les convictions personnels des individus et les valeurs portées par l'organisation.

- La solidarité qui concerne les biens matériels n'est pas gérée par les même lois que la solidarité qui concerne l'immatériel. Autant une ressource limitée devra être attribué à tel ou tel projet, autant une ressource immatérielle peut servir en même temps à plusieurs utilisateurs. C'est même ce partage à un grand nombre qui fait la valeur de cette ressource : plus quelque chose est partagé, plus il a de la valeur.

- Les grandes associations et ONG doivent s'adapter à Internet comme les entreprises : leur centralisation, leur contrôle de l'information et leur organisation hierarchique vont se heurter aux pratiques de leurs utilisateurs.

- La co-construction vaut également pour les actions de solidarité. De plus en plus, les internautes co-construisent l'image et les représenations qui concernent les associations et les ONG. Dans une certaine mesure, avec des sites comme Aider Donner (équivalent de l'anglo saxon Just Giving), les internautes deviennent collecteurs de dons pour les associations. Demain, sur le terrain, les associations seront-elles des organisatrices des bonnes volonté et des centre de mise en relation de personnes ayant des compétences et de la bonne volonté, avec des porteurs de projet (à l'image de Dreamshake).

- La gestion des interactions semble se faire de plus en plus sur les sites sociaux. Quelle utilisation solidaire est faite de ces sites sociaux ?

 

1644739870.3.jpg

Pour une retransciption intégrale du propos de Serge Soudoplatoff par Taos Aït Si Slimane (que nous remercions au passage).

Le blog de Serge Soudoplatoff

409287958.2.jpg

15.04.2010

Tinkuy.fr : le dilemme communautaire

A moins d'être féru de culture web ou de parler couramment Quechua, peu d'entre nous savent ce que signifie « Tinkuy ».

Tinkuy, « rencontre » dans la langue des Incas, est aussi le nom d'un site web collaboratif né en septembre 2008, qui permet d'échanger des conseils, produits, services et événements pour une vie plus responsable.

Principal avantage de ce frais modèle économique du web : une fidélisation et un dynamisme accrus de la communauté en place via un système de récompenses orchestré par Tinkuy et alimenté par des produits d'annonceurs.

Tinkuy a donc fondé son modèle économique sur son rôle d'intermédiaire entre des annonceurs et une communauté d'internautes rassemblée sous son nom  (les Tinkuynautes). Les annonceurs faisant office de fournisseurs de biens et de services « bonus », les Tinkuynautes évaluant la pertinence des produits sous un angle écolo, il semblerait que tout le monde y trouve son intérêt : soit respectivement se faire connaître et se faire entendre.

En version web 2.0, le principe de « la carotte », pour reprendre les mots de Frédéric Poussard, fait toujours recette. Il constitue un avantage notoire pour motiver les Tinkuynautes à raffermir les liens communautaires sur la base d'un intérêt à la fois personnel (gagner des cadeaux et des avantages) et de groupe (peser en faveur d'un marché consumériste « responsable »).

Nuance, nuance.

Dans le schéma Tinkuysien, on peut tout de même se demander si la primauté revient aux initiatives privées de développement durable, à l'instar de « Panda », cité plus bas dans le billet, ou aux annonceurs. D'où ce questionnement :  Tinkuy est-il réductible à l'appellation de communauté marchande ?  Pour autant, s'inscrit-il de manière pleinement concluante dans une démarche de solidarité et de développement ? La sur-présence des annonceurs, contrebalancée par l'effective communauté d' internautes éco-responsables faisant autorité sur le site et sur les produits présentés, contribue à brouiller les pistes.  Un argument d'autorité, peut-être ? Tinkuy.fr bénéficie aujourd'hui du soutien du Programme de la Décennie des Nations Unions pour l'Education au Développement Durable.

Ecoutons plutôt Frédéric Poussard*, l'un des fondateurs de Tinkuy, s'exprimer à propos du modèle économique du site :

Pour revenir un peu sur l'origine du site, Tinkuy est le fruit d'une rencontre entre cinq amis, Frédéric Poussard (que vous pouvez écouter ci,-dessus), Damien Boyer, Renaud Le Chatelier, Franck Blot et Julien Frédonie, autour d'un projet professionnel. Réunissant leurs compétences respectives (web, communauté, programmation, développement durable), la réflexion s'est rapidement centrée sur différents points qui sont autant de constats que d'aspirations communs. Tout d'abord, ce constat selon lequel « le citoyen lambda manque d'informations, d'idées simples ; de culture générale sur ce que peut être sa responsabilité au jour le jour ». A cela s'ajoute successivement le constat de la puissance du web corrélative au manque de mise en avant de certaines initiatives et, pour finir, le besoin criant d'échanges. Ce tout s'est trouvé dynamisé par l'intérêt personnel des convaincus et leur envie de changer les modèles économiques.

Concrètement, Tinkuy est donc une communauté d'internautes qui s'entraident dans le but d'une responsabilisation de l'homme et de l'environnement. Cette plateforme participative s'appuie sur des technologies web innovantes pour accompagner et sensibiliser les internautes à la diffusion et au partage de solutions concrètes par de petits gestes qui re-fondent le quotidien.

Résumé en images :


Selon Frédéric Poussard*, Tinkuy est à comprendre comme "le Facebook du développement durable". Ecoutons plutôt :


Exemples concrets

On a tous plus ou moins en tête qu'il faut revenir à une consommation naturelle des fruits et légumes, autrement dit, les consommer pendant la saison. Mais entre nous, qui est vraiment au point sur la question ? Le Panda, un internaute de la communauté Tinkuy propose ainsi un calendrier téléchargeable pour savoir quand manger quoi. Argument force de frappe : « selon les analyses du WWF, un fruit importé hors saison par avion consomme 10 à 20 fois plus de pétrole que le même fruit produit localement et acheté en saison... ». Cela peut paraître simpliste, de prime abord. Sauf que, ces petites actions, une fois mises bout à bout, fournissent réellement l'occasion de modifier son empreinte écologique et de se donner les moyens de ses convictions.


Fondamentalement, ce qui ressort de ce projet est la volonté et la mise en application d'une conciliation possible entre intérêts environnementaux, humains et économiques. Dans ce cercle vertueux, les acteurs en chaîne doivent trouver leur compte :

1) Le particulier : il trouve des solutions applicables au quotidien et gagne des points et des avantages quand il aide la communauté (nous y reviendrons plus tard)

2) Les amis : ils bénéficient également d'avantages en contribuant au développement de la communauté.

3) Les entreprises : elles peuvent proposer des solutions et soumettre leurs offres à l'évaluation de la communauté.

... Le tout au bénéfice de la planète et la réduction de l'impact environnemental. A souligner d'ailleurs que l'activité de Tinkuy.fr permet de générer des dons pour financer des projets partenaires menés dans des associations, ONG, etc.

tinkuy.fr.JPG

Pour résumer, Tinkuy.fr c'est :

- Trouver ce qu'on cherche à partir de catégories, de types de publications et de bénéfices variées

- Proposer des conseils, des services, des produits ou des événements

- Rencontrer la communauté des Tinkuynautes et parrainer des amis pour gagner des Tinkpoints

- Gagner des Tiknpoints et des avantages écolos grâce aux entreprises partenaires du site

- Agir, avec des partenaires tels que easydevis, covoiturage.fr, babyoloan ou encore WWF et UNICEF

Reste ouverte la question du modèle Tinkuy abordée en début de billet... Tinkuy ; communauté d'influence marchande ou communauté d'échange et de partage ? D'une utilisation à l'autre, les avis seront partagés.

 

* Les extraits audio ont été enregistrés lors de la Conférence Entraide 2.0 : quand les réseaux sociaux facilitent la solidarité le 7 avril 2010. Etaient notamment présents Renaud Le Chatelier et Frédéric Poussard, co-fondateurs de Tinkuy.fr, Ludovi Bu, co-animateur de l'Auberge de la solidarité, Fraznçois-Xavier Tanguy, co-fondateur de Dreamshake.com et Frédéric Mazzella, fondateur de Comuto et éditeur de Covoiturage.fr (et dont il est fait allusion dans les extraits vidéos).

27.10.2009

La Journée mondiale de l'information sur le développement

La Journée mondiale de l'information sur le développement est née en 1972, sous l'impulsion de l'Assemblée générale des Nations Unies. A l'image de la résolution 3038(XXVII) qui l'accompagne et la justifie, cette journée mondiale s'inscrit dans une démarche globale de ré équilibrage entre pays « industrialisés » et pays « en voie de développement ».

Cette journée a lieu, chaque année depuis sa création, le 24 octobre. Elle coïncide ainsi avec  la date anniversaire de la Journée des Nations Unies, notamment celle de 1970, au cours de laquelle a été adoptée la Stratégie internationale du développement pour la deuxième Décennie des Nations Unies pour le développement.

A l'aune de l'essor des nouvelles technologies, en terme de communication notamment, il s'agit de sensibiliser les principaux acteurs à l'équité d'un développement technique, économique et social jusqu'ici réservé à un nombre de pays restreint. Passée une approche institutionnelle, il s'agit de sensibiliser le grand public, et plus particulièrement les jeunes, à l'évolution des problèmes généraux de développement. En effet, le grand public, peut-être davantage sous l'impulsion des jeunes, peut contribuer largement à l'accroissement des efforts en matière de coopération internationale.

Notre Blog Regards sur le Web, en tant qu'outil de communication destiné à favoriser les échanges entre personnes géographiquement éloignées (voire isolées), mais surtout parce qu'il suit une éthique de développement solidaire, se devait de rappeler cette journée. Malheureusement peu véhiculée par la voix des médias, son importance ne s'est pourtant pas amoindrie depuis sa création, il y a plus de trente ans déjà. Les bloggeurs de Solidaires du monde, via leurs apports réguliers d'expériences et de conseils, via les échanges qu'ils encouragent et suscitent, sont à saluer dans le cadre de cette journée mondiale à venir.

Internet, que ce soit sous la forme d'interfaces comme celle de Solidaires du monde, de réseaux sociaux ou autres, favorise largement les échanges entre citoyens du monde. Depuis sa création, cet outil s'est révélé être un facteur de croisements, de rencontres et de créations de liens exponentiels. Contre ses détracteurs, qui le réduisent à un accélérateur d'uniformisation culturelle (entre autres), l'utilisation faite d'internet par les « solidaires du monde » nous rappelle qu'un outil n'est pas condamnable en soi, mais bien qu'il doit être ramené à l'usage qu'on en fait.

La démarche défendue ici, par Solidaires du monde en général et Regards sur le web en particulier, consiste à mettre en lumière les acteurs « terrains », également convertis en internautes via les blogs, notes et commentaires qu'ils publient. Pourquoi les mettre en avant ? Certainement pas par démagogie.  Le souci premier est bien de préserver une interactivité, que nous considérons ici comme essentielle à l'échange de données et d'informations dans les nouveaux moyens de communication du type Internet. De nombreux sites d'informations sur le développement se sont davantage investis dans la communication institutionnelle, délaissant ainsi les approches didactiques, pourtant bien utiles aux  utilisateurs novices...

Le Web est reconnu pour créer des liens de proximité là où il pourrait difficilement y en avoir autrement. Par la multiplication des interfaces de mises en contacts, par la variété des supports (audio, vidéo, écrit) qu'ils diffusent, les internautes se familiarisent progressivement à un outil aussi vaste que complexe. Il est de notre devoir, en tant qu'administrateurs de la plateforme, de vous aider à prendre pleine possession de cet outil. Le langage institutionnel s'adresse aux institutions, mais pour vivre pleinement, il a besoin de vous. A vous de créer le vôtre, pour ça nous vous y aidons et continuerons de le faire !

03.09.2009

Gapminder : les grandes tendances mondiales à la portée de tous

« Les hommes politiques ne connaissent la misère que par les statistiques. On ne pleure pas devant les chiffres. » Abbé Pierre

La connaissance des phénomènes mondiaux à grande échelle (pauvreté/richesse, santé, éducation, etc.) s'appuie traditionnellement sur les données statistiques. Des chiffres qui sont rarement parlants pour les néophytes, si tant est qu'ils soient accessibles.

Paradoxe : en ces temps de mondialisation triomphante, et malgré l'accumulation de données fiables depuis environ un siècle, le sens des tendances de fond nous échappe toujours.

Dit autrement : alors que jamais les hommes n'ont été si mobiles et si connectés, faussement omniscients, il leur est toujours aussi difficile de prendre de la hauteur pour analyser le passé et tenter de comprendre le présent. Nous sommes toujours aussi aveugles concernant l'évolution du « nous » collectif.

Hans Rosling : un chercheur venu du froid

Sans titre 3.jpgHans Rosling est un universitaire suédois qui a décidé de s'attaquer à ce problème de manière très pragmatique. Il a crée une fondation (Gapminder) et un logiciel (Trendalyzer). Le second permet d'agréger, d'animer et d'exploiter facilement les données statistiques chiffrées. De simple logiciel il est devenu un service web, gratuit et accessible à tous (Gapminder World).

Pour la petite histoire, en mars 2006 Google a acquis le logiciel Trendalyzer, l'équipe de développeurs rejoignant la Californie un an plus tard, en avril 2007[1]. La fondation Gapminder continue depuis à alimenter en données[2] l'outil Web.

Gapminder en action

Comme le résume Hans Rosling : « le problème n'est pas l'ignorance : ce sont les idées préconçues ». Rien de tel que des cas concrets pour se « frotter » aux chiffres et les faire parler. Parmi les nombreuses vidéos de conférences de Hans Rosling réalisées à l'aide de Gapminder, nous vous en conseillons particulièrement deux (en VOST) : la première sur les « mythes » concernant le Tiers Monde et la seconde  sur l'impact surprenant du développement (ici).

L'impact pédagogique de l'outil est immédiat. Si l'audience salue souvent le talent d'orateur (et parfois d'humoriste) de Hans Rosling, ce qu'il raconte est très sérieux.

 

Tutoriel.jpg

L'avantage : grâce à cet outil, les chiffres « parlent » et dégagent un sens d'eux-mêmes. Et si donner un sens aux chiffres a souvent été critiqué comme étant un acte éminemment subjectif, ici l'argument ne tient pas. Pas d'idéologie mais des faits, l'ambition de la fondation Gapminder est d'être un « fact tank » défendant une vision objective du monde. Un outil plutôt qu'un prêt-à-penser.

Concrètement il s'agit d'un graphique 2D animé et customisable : il suffit de sélectionner les données pour l'axe des abscisses et des ordonnées, les zones géographiques ou les pays et les échelles puis d'appuyer sur « Play » et l'histoire se met en marche. Ce qui permet de comparer l'évolution des pays sur des dizaines d'années.

A tout moment il est possible d'arrêter l'application, pour par exemple « fixer » une valeur (le PIB par tête aux Etats-Unis en 74 par exemple) alors que les autres continuent d'évoluer. Très utile pour faire des comparaisons.

Démonstration
Pour obtenir les sous titres de la vidéo en français, cliquez sur "subtitles" en dessous de la vidéo et choisissez la langue.


Le Web comme outil pédagogique

En mettant à disposition de tous un outil permettant d'exploiter des données brutes très peu utilisée jusqu'alors, Hans Rosling a réussi un pari osé : rendre plus intelligible un ensemble de données complexe grâce à un outil graphique accessible à un plus grand nombre. Grâce au Web et à la forme intuitive de l'outil, on peut considérer que l'objectif est atteint. Féliciations !

Certes on reste à un niveau d'abstraction relativement élevé, et certes la simplicité de l'outil se paie en termes de limites (choix des items par exemple). Il n'en demeure pas moins que Gapminder est un excellent moyen de s'initier aux grandes évolutions du monde et de comprendre les enjeux du développement.

L'une des conclusions de Hans Rosling est notamment que les changements sociaux devancent le plus souvent les évolutions économiques. On ne peut qu'espérer que cet outil serve également d'aide à la décision, notamment en matière de développement. Sa vocation macro en fait un excellent baromètre des politiques passées.

Testez Gapminder et dîtes-nous ce que vous en pensez.

 


[1] Hans Rosling, en charge de la fondation (à but non-lucratif) ne s'est pas enrichi personnellement à l'occasion de cette acquisition (pour en savoir plus)

[2] La majorité des données proviennent de l'ONU.

more_up copie.jpg
more_down copie.jpg

 

21.07.2009

Campagne mondiale de photographies - Humaniser le Développement

logofrench-300x86.jpg

Comment voir ? Comment regarder le développement ? Comment présenter le visage humain des processus de développement ? Comment les initiatives et les programmes de développement améliorent-ils les conditions de vie des populations ?

Les situations d'urgence associées au développement sont souvent représentées par des images de désolation et de désespoir, en dépit d’innombrables initiatives, programmes, idées et partenariats qui changent les vies de millions de personnes dans le monde. Pour accroître la sensibilisation aux succès que rencontre le processus de développement et partager des actions innovantes, le Centre international de stratégies pour une croissance pour tous (IPC-IG), en coopération avec de nombreux partenaires, lance la Campagne Mondiale de Photographie « Humaniser le Développement ».

La Campagne, lancée le 1er juin, vise à présenter et promouvoir des exemples de communautés qui remportent la bataille contre la pauvreté, l’exclusion sociale et la marginalisation, en mettant l’accent sur les questions exposées ci-dessus.

Les médias à qui on rapproche souvent de véhiculer une image misérabiliste des populations des pays en développement. Pensez-vous qu’une telle initiative puisse permettre de changer ce regard ?

Comme certaines réussites ne peuvent s’immortaliser sur une photo, le blog Idées pour le développement ouvre ses colonnes pour vous permettre de partager vos expériences !

Racontez les projets de développement réussis que vous avez menés ou dont vous avez été témoin.

Pour illustrer votre propos, vous pouvez en parallèle envoyer une photo (libre de droit ou vous appartenant) qui serons publiées avec votre commentaire : contactblog.id4d@gmail.com

>> Pour en savoir plus sur cette campagne <<

posterfrench-300x212.jpg

Des partenaires répartis sur tous les continents soutiennent cette campagne : du Brésil au Kazakhstan ; du Sri Lanka à Haïti ; de la Companhia do Metropolitano de São Paulo - Metrô à la Calvary School de Singapour. Un groupe de Volontaires des Nations Unies - Service Volontariat en Ligne coopère avec l’IPC-IG à l’organisation de cette campagne.

Chacun peut participer à cet effort global et y contribuer avec une photographie : il vous suffit d’enregistrer votre photo sur le site Internet de la campagne : http://www.ipc-undp.org/photo/


Les photographies doivent illustrer l’un des 14 différents domaines thématiques de la campagne liés aux objectifs du Millénaire pour le développement, tels que lutter contre le manque et améliorer l’accès à la nourriture, à l’eau, au traitement des déchets, à l’éducation et aux services de santés pour les plus démunis et la promotion de la capacité de gestion des femmes et des opportunités égales pour développer les talents.

A l’issue de cette campagne une galerie photo, aménagée de façon permanente au siège de l’IPC-IG et ouverte au public ; une série d’expositions photographiques dans plusieurs villes du monde ; et une banque de données photographiques qui sera partagée avec les partenaires de cette campagne et plusieurs agences et départements des Nations Unies seront mises en place.

 

11:18 Publié dans Médias et informations | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : photos, humaniser, développement, pnud | | | Digg! Digg

12.03.2009

Aide et Action : entretien avec Sylvie Miot

Comme nous vous l'avions annoncé hier dans notre note présentant Aide et Action, voici l'interview de cette ONG. Sylvie Miot, responsable de la communication on line chez Aide et Action, a répondu à quelques questions sur l'éducation, l'opération « 150 message pour l'éducation des femmes », la place d'Internet dans leur communication et leur collecte de fond...

  • Vous soulignez qu'en 2009, 45 millions des filles et des femmes dans le monde n'auront toujours pas accès à l'éducation, quel est le défi majeur pour Aide et Action durant ces prochaines années? 

A l'occasion du 8 mars, Journée Internationale des Femmes, Aide et Action réaffirme son engagement pour l'éducation des filles et des femmes et poursuivra ses actions de terrain afin qu'elles y accèdent davantage et qu'elles soient mieux armées pour changer le monde. Ainsi, Aide et Action s'engage à influer pour des méthodes d'enseignement et des curriculums qui permettent aux filles comme aux garçons d'apprendre dans les meilleures conditions. L'association poursuit ses efforts dans la formation des enseignantes et l'intégration de la dimension genre dans les programmes de formation des enseignants en général. Enfin, Aide et Action s'engage à promouvoir la vocation enseignante chez les femmes en soutenant l'augmentation du taux d'enseignantes formées, compétentes et qualifiées. 

  • La Déclaration du Millénaire de 2000 annonçait que les gouvernements de la planète s'étaient engagés pour, au plus tard en 2015, donner à tous les enfants, garçons et filles, les moyens d'achever un cycle complet d'études primaires, mais cet objectif ne sera certainement pas atteint. Qu'en pensez-vous?

Les Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) ambitionnent l'inscription de 100% des enfants à l'école primaire et l'égalité fille - garçon dans l'accès à l'école. Cet enjeu pause certaines questions. D'une part, il se concentre sur l'aspect quantitatif de l'inscription et pas sur la qualité des enseignements. Ainsi dans certaines zones d'Asie ou d'Afrique, jusqu'à 1 enfant scolarisé sur 2 ne sait pas lire au terme du cycle primaire. De plus, on sait qu'après une première inscription, souvent obligatoire, le taux d'abandon est très important dans ces mêmes régions. Du coup, la mesure peut même avoir un effet négatif, si les parents qui ont fait l'effort d'inscrire leur premier enfant n'ont pas l'impression qu'il en retire un acquis, le feront-ils pour le deuxième ?

Dans ce cadre, Aide et Action accompagne les chaînes éducatives (des parents et associations locales jusqu'aux Ministères) dans le développement d'initiatives renforçant la qualité. Parmi elles ont peut citer : petite enfance, méthodes actives, production de matériels didactiques endogènes, formation des personnels éducatifs (maîtres, directeurs) et administratifs (inspecteurs, formateurs de formateurs), développement d'un environnement lettré. A cela, s'ajoute la volonté de donner du sens à l'école au travers de formations professionnelles adaptées au contexte (I Lead en Inde) ou de programmes scolaires tenant compte des environnements des populations.

Mais quels que soient nos moyens, notre volonté et l'ampleur de nos partenariats dans les pays où nous travaillons, c'est le financement et la mobilisation autour de l'éducation qui ne sont pas à la hauteur des objectifs affichés. Ainsi, côté financier en 2005, la France consacrait 1% de son Aide Publique au Développement au renforcement effectif de l'éducation de base... Quant à l'enjeu de mobilisation, le défi est de créer et de soutenir les dynamiques locales, nationales et internationales autour de l'accès de tous à une éducation de qualité. Les Etats arrivent rarement à résoudre seuls les problèmes de société, surtout quand il s'agit d'enjeux mondiaux.

A ce propos, vous avez organisé l'opération « 150 messages pour l'éducation des femmes » à l'occasion de la journée de la femme le 8 mars :

  • Pouvez-vous nous présenter en détail cette opération ? Dans quel but a-t-elle été créée?

Aide et Action propose, pour la deuxième année consécutive, de se mobiliser dans le cadre de « Mon défi pour l'éducation », une opération de sensibilisation à la solidarité internationale et au droit à l'éducation en faveur de celles et ceux qui en sont exclus. Publier un total de « 150 messages pour l'éducation des femmes » est le défi que nous avons lancé aux bloggeuses et bloggeurs de la plateforme Ebuzzing. Notre objectif est, à l'occasion de la Journée internationale de la femme, de sensibiliser les internautes sur les disparités persistantes hommes-femmes dans l'accès à une éducation de qualité. L'idée est de donner la parole aux internautes. Nous les invitons à mettre en lumière l'importance de l'éducation des filles et des femmes et à illustrer leur message d'expériences, histoires, témoignages pour engager les discussions avec leurs lecteurs.

 Aide et Action / internet

  • Cette opération s'inscrit-elle dans une stratégie internet plus large ou est-ce une action ponctuelle? Avez-vous d'autres projets de communication?

Aide et Action adopte une stratégie de visibilité en ligne qui repose essentiellement sur des campagnes à budget limité. Nous bénéficions du programme Google Grant qui permet aux associations de gérer des campagnes de liens sponsorisés gracieuses. Nous travaillons également avec une agence qui négocie des espaces publicitaires gracieux en notre faveur.

Nous étudions la place que pourrait avoir Aide et Action au sein des réseaux sociaux. Cette opération est donc un test ponctuel. Nous envisagerons d'étendre ce type d'action suivant les résultats obtenus. 

  • Plus généralement, quel usage votre association fait-elle d'internet? Mettez vous en place des dispositifs d'e-learning?

Aide et Action utilise encore Internet comme un outil d'information à destination de nos internautes. Notre défi est de mieux en exploiter les possibilités et de créer une véritable interactivité avec nos publics.

Nous ne mettons pas en place de dispositifs d'e-learning.

  • Sur votre budget global, quelle est la part de don reçus par Internet?

Environ 11% des parrains recrutés en 2008 le sont pas internet.

  • Enfin, pourriez-vous nous donner votre définition de la solidarité?

Etre solidaire, c'est partager et agir pour un monde où la dignité est assurée pour toutes et tous, femmes, hommes et enfants, grâce à l'éducation, levier du développement humain. 

Prochainement, nous vous tiendrons informés des retombées de l'action « 150 messages pour l'éducation des femmes ».

11.03.2009

Aide et Action, l’éducation au service du développement

Lors de notre note sur la journée de la femme, nous vous avions parlé de l'ONG Aide et Action et de son action « 150 messages pour l'éducation des femmes » lancée en faveur de l'éducation des femmes. Nous avons voulu en savoir plus. Sylvie Miot, responsable de la communication on line, a accepté de répondre à nos questions. Dans cette note, nous vous présentons l'ONG. Demain, dans une nouvelle note, nous vous retranscrirons l'interview.

Aide et Action : présentation

Créée en 1981, cette association de solidarité internationale a pour but le développement grâce à une éducation de qualité. Première association de parrainage en France, elle propose entre autres, de soutenir des projets éducatifs qui permettent l'accès à l'éducation, l'amélioration et la diversification du système éducatif...

Par association de parrainage, on entend une association qui fait l'intermédiaire entre les fonds versés par des donateurs et les enfants qui ont besoins de ces dons. Bien plus qu'un simple don, le parrainage est un moyen de contribuer de façon concrète et suivie à l'éducation d'un enfant. Des informations sont données sur l'évolution de l'enfant parrainé, et une correspondance s'établit avec lui.

Aide et Action compte 63 000 marraines, parrains et donateurs réguliers qui permettent d'accompagner l'éducation de plus de 5 millions de personnes dans le monde.

Cette ONG intervient dans 22 pays au travers de 120 projets. Avec un réseau de pas moins de 700 bénévoles répartis sur 60 départements français et environ 1000 salariés dans le monde, cette association est reconnue d'utilité publique, agréée par le Ministère français de l'éducation nationale et considérée par l'Unesco comme l'un des 50 acteurs majeurs pour l'éducation.

En 2007, les ressources de l'association atteignaient 24 359 K€.

aide-et-action-ressources.jpg

Les projets sont menés sur le long terme. Tournés vers les acteurs locaux (communautés villageoises, parents d'élèves, enseignants, ONG locales, Etat...), ils tiennent compte des spécificités culturelles et visent la responsabilisation des acteurs. Sans couleur politique ni religieuse, les valeurs défendues sont celles de la liberté, du respect, de la solidarité, de l'équité et de l'intégrité qui sont bien traduites dans le site.

Aide et Action : le site

Le site d'Aide et Action est riche et bien fait. Ses contenus sont accessibles pour les mal et non voyants grâce à la solution handilog 2.0. Pour les utilisateurs de flux RSS, le site met à disposition un flux pour récupérer les contenus mis à jour.

Deux objectifs apparaissent : Informer en toute transparence et sensibiliser pour mener à l'action.

Les contenus du site

Pour répondre à ces objectifs, Aide et Action propose une newsletter et un magazine « Aide et Action », mensuel, au format pdf (sommaire du n°108) ; des dossiers et communiqués de presse sont également disponibles pour les journalistes. En complément, des éléments de présentation de l'association, ses membres, ses partenaires, ses actions et son bilan annuel.

On trouve aussi sur le site une rubrique dédiée aux témoignages de parrains (par exemple, ce blog rédigé à l'occasion d'un voyage en Inde), des éléments sur les avantages fiscaux sont mis en avant pour les donateurs, ainsi que les différentes façons de soutenir les actions de l'association. Parmi les dispositifs de soutien, on trouve le parrainage, le don régulier ou ponctuel, les legs-Donations, l'épargne solidaire, le bénévolat, les cadeaux solidaires via la boutique en ligne du site ou sur le site des partenaires...

Sur Youtube, Aide et Action entretient une chaine de vidéos pédagogiques : on y trouve à la fois des témoignages de personnels sur le terrain et des films d'animation pour sensibiliser à la problématique de l'éducation.

Le mot d'ordre est donc de convaincre en inspirant confiance. Aide et Action cherche à expliquer le bienfondé des missions, la simplicité de participation et les avantages pour le contributeur (aide au développement, correspondance avec les enfants parrainés, avantages fiscaux, témoignages et récits des actions...).

La diversité des moyens permet à l'internaute de trouver un moyen d'action qui lui correspond.

 

more_up copie.jpg


Notre interview de Sylvie Miot
, responsable Communication on line de Aide et Action

blog d'un parrain d'une écolière indienne

Témoignages de parrains, marraines et donateurs sur le site de Aide et Action

Article « Le parrainage, une aventure humaine » de Violaine De Marsangy

Portail de l'UNESCO Education

 

more_down copie.jpg

02.12.2008

Qu'est-ce que le microcrédit ?

"Une paix durable ne peut pas être obtenue sans qu'une partie importante de la population trouve les moyens de sortir de la pauvreté"
Ole Danbolt Mjoes, président du comité Nobel. France

Jusqu’aux  années 1970, peu de banques (si ce n’est aucune) n'acceptent de prêter le moindre dollar aux entrepreneurs de pays en développement a priori insolvables. Muhammad Yunus, alors jeune professeur d’économie à l’université de Chittagong, décide de réagir face à cette situation : il accorde les premiers microprêts à quelques habitants du village de Jorba en utilisant son propre argent et invente par là le « microcrédit ». Cette opération semblait appelée à rencontrer le succès : ses effets ont vite entraîné des conséquences très bénéfiques sur la situation matérielle des emprunteurs et la somme est rendue intégralement au bailleur de fond.


L’activité du microcrédit est lancée officiellement en 1977. Elle consiste en l'attribution de prêts de faible montant à des entrepreneurs ou des artisans qui ne peuvent accéder aux prêts bancaires classiques. Ces prêts, en effet, ne répondent pas encore au format du microprojet (projet d’échelle villageoise ou communautaire dont l’influence est locale).

Cette pratique du microcrédit semble très vite bénéfique dans la mesure où elle implique des mutations « à la base » du système villageois ; elle crée un effet d’entraînement, de levier, permettant d’agir efficacement auprès des artisans et entrepreneurs qui souhaitent prendre des initiatives. Elle touche alors des secteurs aussi divers que l’agriculture, l’artisanat, l’économie et la protection sociale.

Face au succès et à la rentabilité de ce système, son créateur et l’organisme de prêt aux plus pauvres qu’il a fondé, la Graamen Bank, sont récompensés le 13 octobre 2006 par le prix Nobel de la paix. Ce prix fait alors logiquement suite aux propos tenus par Kofi Annan à l’occasion du lancement de l’Année internationale du microcrédit, le 18 novembre 2004 : « Le microcrédit s’est révélé une arme efficace contre la misère et la faim », et au rapport positif sur le microcrédit publié par la Banque mondiale le 24 janvier 2005.

Néanmoins, toute solidaire et rentable qu’elle paraît, la pratique du microcrédit rencontre également des détracteurs. Ainsi, certains s’insurgent contre les taux souvent très élevés de certains prêts (qui dépassent parfois les taux des prêts bancaires classiques) et s’opposent au fait que ce système ne s’accompagne pas d’un dispositif humanitaire et social complémentaire.
Il est possible, aujourd’hui, de voir quelles peuvent être les questions et doutes suscitées par le microcrédit sur le web. Ainsi, Rue89 publie, le 11 septembre 2008, un article de Benoît Granger, chercheur en microfinance, intitulé « Le microcrédit sert-il à enrichir les pauvres…ou les riches ? » : y est raconté alors le cri d’alarme de Muhammad Yunus contre les banques qui ne recherchent que le pur profit au travers de ce mécanisme, le transformant ainsi, peu à peu, en un système exagérément capitaliste. A titre de preuve, l’auteur raconte le cas Compartamos : cette ONG, après avoir appliqué les principes du microcrédit, s’est transformée en société commerciale pour ensuite être introduite en bourse. Compartamos prêtait alors aux femmes pauvres à un taux d’intérêt de 100% (!) laissant ainsi sur le bas-côté l’essence même du principe inventé par le professeur bangladeshi.

Le microcrédit représente sans aucun doute une aide précieuse pour les entrepreneurs des pays en développement puisqu’il leur offre un accès à des crédits maîtrisables qu’ils n’auraient sans doute  eu que peu de chance d’obtenir autrement. Mais les banques et organismes qui en appliquent les mécanismes ne doivent pas s’éloigner trop loin de l’idée originelle proposée par Muhammad Yunus sous risque de dérive de sens et de finalité.
Comme l’affirme un internaute réagissant à l’article de Benoît Granger : « Entreprise éthique et morale et cotation en bourse sont tout simplement deux choses totalement inconciliables »