17.03.2011
Internet, entre le Japon, la Cote d'Ivoire et la Libye.
En ces temps d'expression de citoyenneté et de liberté, de catastrophe naturelle et de catstarophe nucléaire, Internet est une fois de plus au centre des quatre coins du monde. Il ne s'agit pas de démontrer ici la force, l'influence et l'importance de l'outil, les faits d'actualité notamment tunisiens ou égyptiens, parlent d'eux-mêmes. Les blogueurs, simples internautes ont trouvé leur place pour s'exprimer et se faire entendre mais surtout contre-balancer les versions officielles et raconter au monde leur réalité (notamment sur Global Voices, Mondoblog de RFI et Les Observateurs de France 24). Faisons plutôt un point sur les URL à suivre que vous soyez plus intéressé par le Japon, la Cote d'Ivoire ou la Lybie.
Japon :
Qui mieux que Google pour diffuser des infos sur le web ? Et oui, le moteur de recherche se mobilise et se mobilise fort, comme il l'avait faitpour Haiti, via son blog : Googleblog. Il offre une douzaine de service, comme par exemple :
- Le Japan Person Finder pour retrouver des Japonais où se déclarer afin de rassurer ceux qui nous cherche
- Google Crisis Response qui offre des informations, à qui faire des dons, quelles sont les dernieres news, videos, images, etc.
- Picasa spécial Japon qui offre des photos du pays
- Une Google map sur le Japon, mais aussi une carte sur les centrales nucléaires ou le trafic automobile de l'île.
Les Maps : d'autres sites que Google proposent des cartes plus ou moins en temps réel, comme Ushahidi, qui s'est penché sur Sinsai plus particulièrement et sur le Japon plus largement, ou encore OpenStreetMap. Bien sûr les informations se diffusent sur Twitter, avec les "#" suivants : #japon, #japan, #helpjapan, #nuclear, #tsunami, #Fukushima, #jpquake, #jisin, #jishin, #hinan, #eqJP, #prayforjapan, ainsi que des comptes pertinents comme @NNSANews Washington, D.C. (The National Nuclear Security Administration), ou des blogueurs comme @oohamazaki, @mitsu_1024, (ce qui n'a aucun intérêt si vous ne lisez pas le japonais), ou @mamachari, @shirafu (ce qui est beaucoup plus intéressant si vous parlez anglais). Ces comptes alimentent des pages japonaises spéciales. Twitter a mis égelement à disposition son blog japonais pour être cohérent dans les "#" choisis.
Les dossiers des "Pure Player" consacrés au Japon en cliquant ici sur Rue 89 ou GlobalVoices.
Côte d'Ivoire :
Les évènements qui ne semblent que s'aggraver en Côte d'Ivoire sont également repris en masse sur la toile.
Voici des exemples de compte à suivre sur Twitter : @Sanders225, la liste @civ2011, @annagueye, @SenamBeheton, @jeanettemallet, @nnenna, @ekbensah, @Belligiani, @Darth_Sideous, @Sanders225, @DirectScoop, @yoroba, @LaurentGbagbo10, @AbidjanNews, @akendewa, @wonzomai, @diabymohamed ainsi que les #civ2010, #civ2011, #wonzomai, #civ, #ecowas, #cedeao. Le billet de Edith Yah Brou sur l'Atelier des médias complète cette liste, elle propose en effet des comptes Twitter ivoirien par thématique.
Sur Facebook, devenez fan des pages Adosolutions, Adosolutions Adovictoire, RHDP Solutions, Laurent Gbagbo, Victoire pour Laurent Gbagbo, Simone Ethivet Gbagbo
La carte de crise, Wonzomai, créée pour les élections présidentielles est toujours d'actualité. Le site utilise le concept d'Ushahidi, permettant de signaler des évènements dénonciables et de les géolocaliser (par mail ou sms). Nous l'avions présenté au moment des élections dans cette note.
Voici par ailleurs quelques sites et blogs (officiels et officieux) à suivre, que vous ayez un partis pris ou non : Le site de Laurent Gbagbo, le blog de Claudus, le blog de Theophile Kouamouo, Avenue 225, le site Adoboysgirls, le site d'Abidjan, le site du CIPJ, (Comité Ivoirien pour la Protection des Journalistes).
N'hésitez pas non plus à consulter la page et le dossier Côte d'Ivoire des Obervateurs de France 24, le dossier spécial de Global Voices, mais de nomberux articles sont également à lire un peu partout comme "Comment les pro-gbagbo s'organisent sur le web" par l'Express ou le reportage photos "My country has two presidents". A noter que les blogs de l'Atelier des médias/RFI/Mondoblog sont particulièrement intéressants, notamment le Blog de Stéphane Goué, le Blog d'Israel Yoroba ou la page de Suy Kahofi.
Libye :
En Libye, la situation n'est pas non plus réglée. A l'heure où est rédigée cette note, le colonel Khadhafi semble reprendre des villes tombées auparavant. Pour faire le bilan en temps réel, des crisis map sont déclinées : comme la Mapping Violence Against Pro-Democracy Protests in Libya permettant de visualiser les actions violentes contre les opposants au régime accompagné du témoignage et du compte Twitter respectif. Mais nous trouvons aussi la Libya Crisis Map, réalisée avec la performance Ushahidi, ou la carte interactive de The Gardian, diffudant en direct les comptes Twitter des journalistes, blogueurs et experts des pays du Moyen-Orient.
Pour détourner la censure, les Anonymous ont créé l'Opération Lybie, afin de relayer un maximum de photos et de vidéos issues du pays (cette opération a déjà été expérimentée pour l'Egypte). Un compte Twitter est lié à cette opération : @oplybia ainsi qu'une page Facebook et un site s'y rapportant : Liveword Libya.
Rev11.info est une page de base minimaliste, régulièrement mise à jour indiquant les comptes fiables à suivre sur Twitter, les sites internet de référence et des conseils pour exporter des informations et supports médiatiques. On y trouve également une compilation des "#" à suivre pour chaque pays, notamment la Lybie : #feb17, #Libya, #Gadafi, #Gaddafi, #tripoli, #Libye, #kadhafi, #Benghazi, #Baida, #Misrata, #GaddafiCrimes. Vous pouvez suivre la liste de Global Voices Twitter List: Libya Unrest 2011, mais aussi celle de Mohamed ElGohary: Libya List ou encore celle de Dima Khatib: Libya #Feb17.
N'hésitez pas à lire cet article La fièvre de la cyberdissidence à l'assaut du régime de Kadhafi disponible dans le dossier spécial Lybie de France 24.
Pour ces trois situations, bien que différentes, Internet permet l'utilisation du temps réel (la crisis map), la diffusion d'informations formelles (comptes officiels) et citoyennes (blogs plus ou moins activistes), un effet d'entrainement et de rassemblement (micro-blogging), le partage de la réalité visualisée (video, image, audio), le détournement de tout risque de censure ou de mensonge (inter)national (Speak2Tweet par exemple, mis en place par Google et Twitter permettant d'émettre des tweets audio sur boite vocale). Tout pour répondre par l'affirmative à la question psoée par Rue89 dans son excellent article: "Après la Tunisie, Internet sert-il à faire la révolution ?"
18:02 Publié dans Droits de l'homme / Plaidoyer | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : internet, revolution, reseau social, japon, côte d'ivoire, libye |
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Digg
17.06.2010
Associations, ONG et adaptation au social media
J'ai rédigé cet article suite à la publication de l'article Associations, grandes causes, ONG : quelles relations avec les blogs et les blogueurs? sur le blog Influence Ethique, dont je félicite l'auteur - @_Aurelia - pour son travail et dont je vous recommande la lecture.
Associations, ONG et participation aux sites sociaux
Beaucoup d'associations et ONG se posent la question de leur présence sur des sites sociaux, sites dont les deux fondamentaux sont la relation et le contenu, qui permet à cette relation de se tisser.
Beaucoup d'entre elles sont sur Facebook, Youtube/Dailymotion ou Twitter, car les audiences se sont déplacées vers ces sites, moins nombreuses sont celles qui alimentent régulièrement un blog.
Je dirais qu'une "présence" est facile à assurer et immédiatement observable alors qu'un blog exige un travail dans le temps (donc des ressources) qui peut faire peur ou être sous estimé.
Pourtant, le blog (et les vidéos) est une matrice de l'alimentation et de l'interaction avec ces sites sociaux, je m'explique :
- Chaque note du blog peut faire l'objet d'une reprise sur Twitter et Facebook
- Facebook peut être présenté et Twitter peut être repris en élément de colonne du blog
- Les vidéos publiées sur Youtube peuvent être embarquées dans des notes de blogs et enrichies d'éléments supplémentaires
Utilité du blog dans l'écosystème numérique
Il est donc plus difficile d'assurer sa présence sur les sites sociaux sans rédiger un blog !
- Cela tient d'une part aux habitudes des internautes. Les jeunes en particulier s'attendent de plus en plus (et sont plus attentifs) à une communication personnalisée, "désinstitutionnalisée" et régulièrement mise à jour. Et pour cela, le blog est idéal.
- Cela tient d'autre part à une raison technique : le flux RSS, qui permet d'interconnecter les flux de ces sites sociaux.
Sans blog, mais avec une présence sur Facebook et Twitter, il est toujours possible de médiatiser les vidéos produites (et il faut saluer ici l'effort fait par de nombreuses associations pour se mettre à de la production vidéo), les articles d'actualités, les communiqués de presse ou encore les événements organisés par l'association (pour ce dernier point, le géo référencement est fondamental). Mais avec un blog, il faut reformuler ou remixer ces contenus, ne pas hésiter à en parler plusieurs fois, à les réagencer et à s'approprier les pratiques de la culture web présentées par Lawrence Lessig dans ces interventions vidéos (voir liens dans Pour aller plus loin).
Point avantageux : la plupart des associations et ONG sont productrices de contenu et ont des choses à dire, des témoignages à mettre en valeur, des expériences à partager. Et il y a une évolution de la demande de ces contenus par les publics de ces organisations sur internet. Aux associations de faire leurs évolutions internes. En prenant bien garde de faire dialoguer les jeunes (sensibles et facilement à l'aise avec ces outils) et les plus âgés (expérimentés, porteurs de points de vues riches, mais souvent dédiés à d'autres tâches jugées, pour l'instant, plus fondamentales).
Comme le rappelle Aurélia dans son article, la présence sur les sites sociaux et l'adaptation (ou la production exclusive) du contenu prennent du temps. La première remarque des associations est souvent que leurs services de communication (quand elles en ont) sont déjà dédiés à un certain nombre de tâches et n'ont pas toujours les connaissances (ou le temps d'apprendre) pour animer efficacement ces espaces.
L'Etude Nten sur l'utilisation des médias sociaux par les organisations sans but lucratif nord-américaines, montre qu'elles dédient des mi-temps, voir des plein temps à cette activité. C'est donc une adaptation en terme de ressources à gérer du côté des associations.
Côté économie
Les publics vers lesquels les associations se tournent sont souvent agés.
Le fait est que 80% des donateurs en France ont plus de 60 ans (source : introduction d'Olivier Fleckinger, co-fondateur d'Aider Donner dans la vidéo présentée ci-dessous dans Pour aller plus loin). C'est vrai, il y a le street marketing, qui s'adresse à des personnes plus jeunes, actives, urbaines, le travail étant réalisé par des étudiants. Mais il est réservé aux grandes ONG déja connues, celles qui par ailleurs, disposent déja des droits d'entrée (offerts) dans les agences de publicité.
Restent les petites associations, celles qui ont des difficultés à se financer. C'est de là, à mon sens, que l'innovation viendra.
Remarque confirmée par le fait que sur la plateforme de blogs Solidaires du monde, ce sont surtout de petites associations qui créent leurs blogs, et c'est souvent leur unique présence sur le web, notamment quand elles sont installées en Afrique, sans représentation sur les marchés où l'essentiel des dons de particuliers se fait, soit d'Europe et d'Amérique du nord.
En effet, je me demande si, comme ce qui se passe dans l'univers des médias, nous ne sommes pas dans un moment de transition, un moment qui va voir l'emergence d'organisation en réseaux, avec des structures de coûts différentes de celles que nous connaissons. Pour l'instant en tout cas, l'exigence de performance de la culture marketing (qui est entrée dans les associations, les grandes en particulier) n'est pas satisfaite par les actions sur les sites sociaux. Mais il manque un historique et du recul pour juger de ces opérations et l'étude Nten citée précédement montre le développement de la levée de fonds en ligne. Or celle-ci s'articule autour d'un renouvellement des dispositifs de communication, mais surtout des dispositifs relationnels, de ces organisations.
Kiva.org
Je pense à Kiva par exemple. Cette organisation lève des fonds au Nord et finance des institutions de micro-crédit au sud. Ce n'est pas le même métier que les ONG et associations. Mais voila pourquoi j'en parle : ils ont recours au crowdsourcing, ou approvisionnement par la foule (qui n'est pas très heureux je vous l'accorde). Le crowdsourcing consiste à faire faire par des tiers extérieurs des tâches qui servent l'organisation. Le volontariat est une forme de crowdsourcing. La problématique aujourd'hui pour les associations est de trouver UN MODELE POUR LE VOLONTARIAT EN LIGNE. Pourtant, force est de constater qu'une partie du web 2.0 est fondé sur le don de temps et de connaissances !
Ainsi, comment créer des dispositifs sur internet qui permettent à la solidarité, à l'entraide, au partage, à la répartition des tâches de s'effectuer au profit de la communication, de la notoriété et de l'efficacité des organisations du secteur de la solidarité ?
Les outils sont là ! Il faut les utiliser pour faire grandir l'outillage numérique solidaire.
Pour revenir à Kiva :
- Ils ont un programme intitulé Kiva fellows, grâce auquel il collecte du contenu par l'intermédiaire de volontaires, qui partent sur le terrain et leur rapportent photos, vidéos, articles de témoignages, d'expériences personnelles, sur les projets financés par les prêteurs sur Kiva ;
- Ils ont également eu recours à leur communauté pour faire traduire leur portail en différentes langues (comme Facebook d'ailleurs, ce qui pose une question éthique concernant le recours d'organisations fortes riches, au travail bénévole de leurs communautés, sur lesquelles elles assoient déja leurs profits. Laissons cela, car ça m'énerve).
Là je pense aux associations de parrainage et je me dis que j'ai déja rencontré des parrains qui visitaient sur le terrain les enfants dont ils finançaient l'accès à l'éducation. Je crois que ces parrains seraient ravis de trouver un espace leur permettant de publier leur témoignage sur le site de World Vision ou d'Aide et Action.
Dernier point : la veille
Le grand point de départ du web social est la veille : l'écoute d'abord, la participation ensuite.
Quelle veille ? La veille sur les citations des associations (qui parle de moi?), la veille sur les thématiques et les programmes de travail (qui parle des thèmes de mes activités ?), la veille sur les espaces sur lesquels les publics de ces organisations lisent ou prennent la parole : les blogs, les forums, les sites médias, les portails de partage vidéos et photos, les wikis, les sites de partage de favoris comme Delicious, les Twitter, Facebook, Ning, Skyblog...
Cette veille ne nécessite pas d'outil payant. Les flux RSS la rendent facile et rapide. Des agrégateurs comme Netvibes, les alertes Google, les recherches régulières sur les sites sociaux doivent être utilisés pour savoir où les associations peuvent prendre la parole, répondre, enrichir la conversation.
Un exemple, non exhaustif, de veille sur Action contre la Faim :
Pour accéder à cette page de démonstration : http://www.netvibes.com/thomscotch_veille#Liens_delicious
Dans l'introduction de cette vidéo, Olivier Fleckinger, co-fondateur d'Aider Donner, donne plusieurs chiffres et éléments sur le financement des associations et son articulation avec l'utilisation d'internet par les acteurs caritatifs :
Lawrence Lessig sur la culture du remix sur internet (sous titre français disponibles) :
Etude NTEN sur l'utilisation des médias sociaux par les organisations sans but lucratif
Présentation : le web au service des acteurs de la solidarité (voir la seconde présentation)
Quelques conseils aux associations pour débuter sur les sites sociaux
10 tactiques pour transformer l'information en action
08:58 Publié dans Communication / Médias | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : internet, communication, relation, crowdsourcing, blog, social media, sites sociaux, facebook, twitter, youtube, netvibes, veille, video |
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Digg
20.05.2010
Internet, éxutoire des homophobes
Le 17 mai, 6e journée mondiale de la lutte contre l'homophobie, a été l'occasion de mettre en lumière le rapport annuel de
SOS Homophobie. Celui-ci dévoile une nouveauté : le recours massif à Internet pour diffuser des propos et appels à l'homophobie.
16 % des plaintes concernent Internet
En 2009, sur 1 200 témoignages, près de 16 %, soit 160, témoignent d'une agression diffusée sur Internet. Pour la première fois, la toile devance les collègues, le voisinage, les lieux publics ou la famille, devenant ainsi premier motif d'appel au siège de l'association. Même si les commentaires et messages sont finalement retirés, car modérés à postériori, le mal est fait.
Pour Christian Boyer, Directeur de la Rédaction du rapport « Internet sert de lieu de défouloir ». Deux raisons expliqueraient les déferlantes d'injures que connaissent les internautes homosexuels : la banalisation des insultes « Il semble être moins grave d'écrire des injures homophobes que racistes ou antisémites », ainsi que l'anonymat permettant de fustiger en toute liberté les homosexuels dans les forums, les commentaires d'articles, les blogs et même dans la création de jeu on-line, comme Escopeta dont la règle est de tuer le plus d'homosexuels possible sous peine de se faire sodomiser par l'un d'eux....
Internet permet la liberté de discuter et de penser sans craindre pour son intégrité, notamment grâce aux pseudos. A l'image des électeurs du Front National, qui sont toujours plus nombreux dans les bureaux de vote que dans les sondages et estimations. Batholomé Girard, Président de SOS Homophobie approuve cette théorie « A l'encontre de l'idée selon laquelle la société deviendrait plus tolérante, on se rend compte que les homophobes à l'abri derrière leur écran, se sentent moins exposés et se lâchent ».
Sur quels sites Internet ?
Pour 21 %, ce sont les sites grand public et de presse qui sont les plus concernés, non pas par des articles, mais par des commentaires. L'exemple repris par Le Figaro, concerne l'annonce du retrait d'Amélie Mauresmo de la compétition, qui a valu au quotidien des commentaires en cascade, dont un concours lesbophobe de jeu de mots...
Mais les propos les plus virulents restent, sans surprise, sur les sites religieux, d'extrême droite et de jeux vidéos, notamment sur les forums.
Enfin, pour 7 %, ce sont les réseaux sociaux (pages ou groupes) qui sont également concernés.
Internet en justice
Il est difficile d'agir puisque bien souvent les sites sont hébergés à l'étranger. Comme le rappelle Célia Héron, journaliste au Monde « Entre les différentes fonctions (hébergeurs, rédacteurs et responsables éditoriaux) et les paramètres législatifs qui varient selon les cas et les pays, la responsabilité des auteurs de propos discriminatoires sur Internet est rarement établie. », d'où une faiblesse de condamnations.
Le travail de veille sur le web est donc indispensable. Un groupe de SOS Homophobie est chargé d'y traquer les homophobes. Cela pose bien entendu, la question de la liberté d'expression sur le web, et des possibilités législatives, ou non. Pour Batholomé Girard, « Le Web n'est que la projection virtuelle de ce qui se passe dans la société ». Si on applique ce même principe, l'injure publique et la diffamation publique punies par la loi française d'une année de prison et de 45 000 euros d'amende seraient égallement de mise pour les délinquants du web.
Les exaspérations se multiplient. Aussi après, huit signalements, Alexandre Marcel, homosexuel et décorateur,
a fini par porter plainte contre Facebook et contre les organisateurs inconnus de deux groupes homophobes pour « provocation publique à la discrimination, la haine, et la violence » et pour « injure publique ». Il dénonce les propos régulièrement mis à jour, considérant les gays comme des malades mentaux ou propagateurs du VIH.
A Avignon, un autre jeune homme, Nicolas Canut, a également porté trois plaintes pour « complicité d'incitation à la haine et à la violence envers la communauté homosexuelle », contre des pages, qui appellent à bruler les gays et à leur couper les mains. L'enquête, menée par la cellule de lutte contre la cybercriminalité de Nanterre suit son cours.
La contre-attaque s'organise aussi sur la Toile
A défaut d'une législation ou d'une autre démarche, la lutte contre l'homophobie s'organise aussi sur la Toile, notamment sur Facebook.
A la requette "Homophobie", nous trouvons 24 pages, dont la plus populaire "Stop homophobie!" compte 3 816 membres. Pour les groupes, le plus important des 227 est espagnol "NON HO PROBLEMI A PUBBLICARE SULLA MIA BACHECA DUE UOMINI CHE SI BACIANO" avec 9 134 membres et le second est français "Je Recherche 1 000 000 De Personnes Qui Ne Sont Pas HOMOPHOBES" avec 8 569 membres.
A la requette "Non à l'homophobie". La page la plus populaire « Non à l'homophobie », créée le 11 juin 2009, compte aujourd'hui 61 570 fans. Active, elle réactualise tous les jours, les informations, événements, films, articles, discussions... Elle a proposé par exemple de regarder l'émission « La France est-elle homophobe ? » diffusée le 17 mai sur France 3, dans l'émission « Ce soir ou jamais ». Entre le 17 et le 20 mai, 500 fans se sont inscrits, preuve que la journée mondiale du 17 a probablement porté ses fruits.
Concernant les groupes, il en existe 23, le premier "NON à l'homophobie! / ¡ No a la homofobia ! / NO to homophobia!" recense 6 276 membres.
Aussi le Kiss-in, organisé sous la Tour Eiffel, mais aussi dans 20 autres pays, en même temps, ce même 17 mai, a été largement relayé, par les pages Facebook "défendons les droits des homos et des bi" (2 832 fans) ou encore "Je cherche 1 million de personnes qui ne sont pas homophobes" (363 538 fans) ayant diffusé la vidéo promo du Kiss-in.
Avaaz, un exemple de site de résistance
D'autres vont encore plus loin. Le site Avaaz, s'est lancé dans la lutte contre le projet de loi discutée
au Parlement en Ouganda. En effet, le pays est à deux doigts de réveiller la peine de prison à vie pour tout homosexuels. Luttant pour la défense des Droits de l'Homme, Avaaz a lancé une pétition, ayant pour objectif de récolter 500 000 signataires avant que la loi ne soit votée afin de faire pression. « La loi prévoit l'emprisonnement à vie pour toute personne reconnue coupable d'avoir des relations homosexuelles, et la peine de mort pour les "récidivistes". Les ONG travaillant dans le domaine de la prévention contre le VIH risquent jusqu'à 7 ans de prison pour "promotion de l'homosexualité". Et n'importe quel citoyen peut risquer jusqu'à 3 ans d'emprisonnement s'il est reconnu coupable de ne pas avoir dénoncé une relation homosexuelle à la police dans les 24 heures! » rappelle le site.
Aujourd'hui, l'action a récolté 489 240 partisans... Vous pouvez participer à cette action mondiale ou ajouter sa page Facebook à vos favoris, recensant 111 640 fans, d'ailleurs un décompte mensuel a été installé dans les infos.
D'autres initiatives se développent sur Internet, et prouve l'intérêt porté à l'égalité et la solidarité au niveau mondial.
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Le Parisien, le 17 mai 2010 : Il chasse l'homophobie sur la toile
Le Monde, le 11 mai 2010 : Les agressions homophobes progressent en 2009
Le Figaro, le 11 mai 2010: Internet, défouloir pour l'homophobie
SOS Homophie présente son rapport en vidéo et sur son site
L'Express, le 17 mai 2010 : Internet, terrain de jeu des homophobes
Lire l'article 6e journée mondiale de lutte contre l'homophobie, dans le blog Evènements de Solidaires du monde
Qu'est ce qu'Avaaz ? Le site Internet a été créée par Res Publica, une organisation de plaidoyer citoyen sur les enjeux mondiaux, et par Moveon.org, une communauté internet pionnière dans le plaidoyer en ligne aux Etats-Unis. Avaaz a pour partenaires et soutiens des grandes organisations militantes, comme Service Employees International Union ou encore GetUp.org.au et mise sur les possibilités d'inteconnection qu'offre le web. Il tisse un réseau mondial, envoie des newsletter en 13 langues pour favoriser l'intéret et l'implication de tous quelque soit son pays. En trois ans, avec plus de 4,5 millions de membres, un impact réel de pression se fait sentir sur la politique internationale. Le journal The Economist estime qu'Avaaz est entrain de réveiller les leaders du monde par "un appel assourdissant", le Indian Express applaudit "le plus grand réseau de campagnes en ligne du monde" et le Prix Nobel Al Gore a déclaré "Avaaz est une source d'inspiration et a déjà changé beaucoup de choses."
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18:16 Publié dans Communication / Médias | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : internet, homophie, lutte, homosexualité, pétition, manifestatio, 17 mai, journée mondiale, plainte |
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