04.03.2010
Au menu de la rencontre Starting Block
Chemin de faire
- Echanges et communication : email et fonctionnalité "répondre à tous", baisse des coûts, mobilité, inégalités sociales, culturelles
- Synchronie et asynchronie
- Blog & plateforme de blogs
- Utilité du blog : témoignage d'Ibrahim El Ali (à +/- 3 minutes), pour les acteurs du terrain, blogs DFID
- Mise en relation : démultiplication des rencontres et des échanges
- Participation : les plateformes de contenu générés par les utilisateurs
- Collaboration : wiki, partage de fichiers
- Diffusion : du modèle broadcast (centre > périphérie) au modèle en réseaux
- Production : nouveau modèle de production ? Open source
- Crowdsourcing : plateformes ushahidi
- Urgence : Haïti-Twitter - Campagne de levée de fonds de la Croix Rouge par SMS sur Facebook, Twitter, la télévision et la radio
- Organisation des connaissances et des informations : page delicious Internet, solidarité et développement
- Information & sensibilisation : campagnes Greenpeace - Global Voices - Journalisme citoyen - multiplication et spécialisation des médias, incertitudes sur les modèles économiques, avenir du journalisme ?
- Les associations, les entreprises et les institutions sont producteurs d'informations. Désintermédiation relative // médias traditionnels.
- Mobilisation : possibilité de s'organiser sans organisation, interpellation et incitation à l'action : avaaz.org - campagne Robin Hood Tax
- Veille, outils : twitter et netvibes, standard RSS
- Partage : information, connaissances et compétences. Don de soi, de temps.
- Inégalités d'accès, de pratiques, représentation de la richesse linguistique
- Rôle des TIC dans les échanges culturels, économiques, financiers
- Réseaux sociaux : généraliste et grand public, spécialisés comme wiser earth - ou les réseaux sociaux professionels
- Témoignages : Etat critique de Médecins sans Frontières
- Vidéo : portail vidéo de Première Urgence - de Greenpeace - d'Action contre la faim
- Ecriture multimédia et webdocumentaire : Voyage au bout du Charbon - plateforme Arte webdoc - page france 5 dédiée - Le Monde
- Langues et échanges interculturels
- Peer to peer lending : Friendsclear - Prosper, couchsurfing, ebay et création de système d'évaluation de la confiance, réputation
- Collecte de fonds : Aider donner - Just Giving - Kiva ou Babyloan
- Téléphonie mobile dans les pays en voie de développement
19:13 Publié dans Education | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : starting block, orcades, presentation, lien, internet, solidarité, web |
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Digg
18.02.2010
Entretien avec Jean-Michel Cornu de la Fing sur l'innovation et les usages d'internet
Le 21 janvier dernier, nous avons rencontré Jean-Michel Cornu, directeur scientifique de la Fondation Internet Nouvelle Génération.
Présentation de la Fing
Créée en 2000 par une équipe d’entrepreneurs et d’experts, la Fing est une association (et non une fondation !) d'une vingtaine de personne qui repére et valorise l’innovation dans les services et les usages du numérique. La Fing compte plus de 160 membres dont 4 grands partenaires : Orange, la Caisse des Dépots et Consignations, le Groupe Laser et la Région PACA, ainsi que des grandes entreprises, start-ups, laboratoires de recherche, universités, collectivités territoriales, administrations et associations.
Afin de diffuser sa veille et ses analyses, la Fing édite le site Internet Actu, dont nous recommandons la lecture à ceux qui veulent des analyses détaillées sur les usages des TIC.
Interview de Jean-Michel Cornu

Il nous a semblé intéressant de rencontrer Jean-Michel afin de lui poser quelques questions sur les usages d'internet dans les pays en développement, sur la diffusion de l'innovation et les échanges interculturels permis par l'augmentation de l'utilisation d'internet.
En tant que directeur scientifique, Jean-Michel tisse un trait d'union entre les laboratoires où s'élaborent les nouvelles technologies et les premiers utilisateurs. Mais, comme il le rappelle dans l'entretien, il ne suffit pas de suivre les laboratoires publics ou privés des pays riches matériellement. En effet, l'innovation est aussi au coeur des pays en voie de développement dans les adaptations, les combinaisons et les usages faits des nouvelles technologies.
Pour en savoir plus sur les activités de Jean-Michel Cornu : sa page dédiée sur le site de la Fing ou encore, son blog.
Nous remercions Jean-Michel pour sa disponibilité pour cette interview et la générosité de ses réponses.
Première partie : innovation et usage des TIC
Après une minute de présentation sur son parcours personnel et ses activités au sein de la Fing, Jean-Michel présente quelques éléments issus de ses recherches en matière de veille sur les innovations technologiques au nord et au sud.
A propos des usages des technologies de l'information et de la communication, Jean-Michel rappelle ce propos d'un de ses amis : "les TIC sont un peu comme la langue des hommes, à la fois la meilleur et la pire des choses" puis il remet en question l'idée que les TIC permettrait un rattrapage en matière de développement : "sommes nous vraiment un modèle ?"
Jean Michel rappelle également que les meilleurs niveaux de multinlinguisme et d'artisanat résident en Afrique. Des véritables atouts dans les usages d'internet.
Accès direct aux références : ACMAD - Fab Labs - Neil Gershenfeld on Fab Labs - Fondation Internet Nouvelle Génération - The Well
André Gunthert : “Internet est une révolution de la consultation plus que de la production”
Deuxième partie
A propos de mobilisation permise par internet, Jean-Michel nous met en garde contre une vision consistant à voir de manière séparée le monde en ligne et le monde hors ligne. Internet prolonge et accroit les possibilités d'échanges déja existantes entre les humains.
"Utilisons internet pour des gens qui ne savent pas ce que c'est qu'internet. Avec un téléphone mobile et une petite bidouille, on peut créer une passerelle entre le protocole internet (TCP-IP) et le protocole SMS. Un dispositif semblable a été mis en place par RFI et l'ANPE du Mali afin de diffuser des offres d'emplois en passant par SMS, radio et internet".
Accès direct aux références : Agence Nationale pour l'Emploi du Mali - RFI - TIC
Troisième partie
Concernant la transmission des savoirs, Jean-Michel Cornu revient notamment sur les avantages du multilinguisme à l'ère d'internet. Les capacités linguistiques et culturelles deviennent déterminantes sur internet en matière de diffusion de la connaissance.
Accès direct aux références : site de RFI planète radio & article sur le système du boeuf qui tourne pour produire de l'énergie
Sur le multilinguisme en Afrique : les origines du multilinguisme en Afrique, ou pourquoi les Africains sont souvent polyglottes et pour aller plus loin sur ce sujet : Multilinguisme et politiques linguistiques en Afrique, par Marcel Diki-Kidiri.
Sur le Forum Innov@frica, organisé à Bamako au Mali du 14 au 18 décembre 2009 : restitution du premier forum - rapport de la mission de la Fing - le blog dédié à l'événement - l'émission dédiée de Cédric Kalongi sur RFI
Quatrième partie
A propos de nouveaux modèles productifs et de valeurs, Jean-Michel revient sur la définition d'internet comme un "réseau de réseaux". Il rappelle l'importance de l'interconnexion des réseaux et la tension entre uniformisation et atomisation : ce qui est intéressant c'est de garder les différentes cultures sur les réseaux car l'approche de l'innovation peut être tellement différente que cela nous interroge et nous donne de nouveaux éclairages sur les innovations et leurs usages.
"Ce qui est intéressant, ce ne sont pas les réponses mais le partage des questions... La solidarité, c'est partager les questions pour se remettre en question".
Accès direct aux références : crowdsourcing - open source
Cinquième partie
Internet est un support d'innovation inédit "il y a plus d'innovations dans les 20 dernières années que dans toute l'histoire de l'humanité".
Après deux minutes, Jean-Michel aborde la question de l'innovation monétaire. Il développe les réflexions menées autour du Moniba avec le CESTI. Cela permet de comprendre comment on peut échanger une monnaie affectée (ou complémentaire) contre des heures de formations pour faciliter les échanges de formations entre individus. Plus vous formez les autres, plus vous accumulez des Moniba et plus vous pouvez être formé.
Accès direct aux références : article imprimantes 3D sur wikipedia - vidéo de présentation d'une imprimante 3D
Je n'ai rien trouvé sur le travail de Valentin Lacambre sur les graines libres. Comme le sujet m'intéresse merci pour vos commentaires si vous voyez des informations sur ce sujet.
Sur les tableaux blancs interactifs : tableau blanc interactif sur Wikipedia - démonstration et explications en français sur le tableau blanc interactif à base de Wiimote - l'initiateur de cette innovation se nomme Johnny Chung Lee.
A propos des monnaies affectées ou complémentaires :
- Monnaies locales : Le projet Moniba sur le site économie solidaire et sociale du pays de Brest, par Michel Briand
- L'article de Wikipedia sur les monnaies complémentaires, sur le projet Moniba
- 32 monnaires complémentaires par Bernard Lietaer, spécialiste du sujet, voir son blog en anglais
- Conférence filmée de Bernard Lietaer, en Français
- Un documentaire bien fait sur la création monétaire et les nouvelles monnaies : the money fix, sous titres en français
Sixième et dernière partie
Jean-Michel s'exprime ici sur la rencontre avec l'autre dans ce qu'elle permet "une proximité de coeur et une différence de culture". Il rappelle également ce propos de Rousseau : "l'humain peut à la fois être meilleur et pire que la nature".
"Parce que nous allons avoir des visions différentes, nous allons pouvoir enrichir les choses".
La fin de l'interview met en perspective les sciences humaines dominantes comme l'économie avec les sciences de la compléxité, les sciences de la prise en compte du multiple : passer de la science de l'un aux sciences du deux (l'économie, vision dominante de notre époque), à celles de demain, les sciences du multiple.
Les indiens Piras d'Amazonie ont beaucoup à nous apprendre, si nous prenons le soin de les écouter.
"Les meilleurs spécialistes de la compléxité sont ceux qui ont le plus de liens avec le nous !"
20:21 Publié dans Technologie de l'information | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : fing, science, innovation, technologie, usage, internet, diffusion, connaissance, culture |
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Digg
30.12.2009
Internet Prix Nobel de la Paix ?
Internet prendrait-il forme humaine ? Entre son auto-développement et son utilisation quasi-vitale, on peut se demander quelles sont les limites d'un outil qui déstructure et entraine une réorganisation de nombreuses activités humaines : économiques, culturelles, sociales, identitaires... Le journal italien Wired ne s'encombre pas de questions en proposant la nomination d'Internet pour le Prix Nobel de la Paix de 2010 !
A coté de celle de Mickaël Jackson, on peut sentir comme un glissement de la thématique d'origine... Pour Riccardo Luna, rédacteur en chef de Wired-Italia, la proposition se justifie dans la mesure où Internet « peut être considéré comme la première arme de construction massive ».
Pour appuyer sa thèse, le journal énumère les arguments, mis en ligne sur le site créé à cette occasion, internetforpeace.org.

Jusqu'où Internet peut-il remplacer l'humain ? Débat (provocateur) lancé !
Internet est en soi un outil incontesté et irremplaçable, il permet effectivement de lier les hommes au dela du temps et de l'espace, il permet de diffuser plus d'information et de créer du débat, de la solidarité. Pour autant, son instrumentalisation à des fins très contestables est véritable : les exemples se comptent à la pelle, en matière de propagande politique, de sectarisme, d'escroqueries, de division et d'expression des pires folies humaines.
En tant qu'outil, sa fonction est liée à l'objectif visé par celui qui l'emploie. Et plus il y a d'utilisateurs, plus il y a d'objectifs, plus l'outil n'apparait alors que comme un reflet de ce qui se fait de mieux et de pire dans l'espèce humaine.
Pour autant, des célébrités semblent ouvertes à cette proposition, se disant que l'heureux élu peut également être une organisation, à l'image de Médecins Sans Frontières par exemple qui eut le prix en 1999, ou la International Campaign to Ban Landmines, un réseau fonctionnant uniquement grâce au web, lauréat en 1997. Aussi Shirin Ebadi, avocate iranienne, elle-même Prix Nobel de la Paix en 2003, ou Georgio Armani sont partisans de la candidature d'Internet et figurent sur la liste de ses soutiens.
Les éditions américaines et britanniques de Wired se sont également associées à l'édition italienne pour assurer la campagne jusqu'en septembre 2010. Les relations entre l'éxécutif italien et les médias expliqueraient-elles que wired.it ait proposé l'idée ?
Nous pouvons ainsi accepter que le Prix Nobel ne soit pas exclusivement remis à un humain, comme c'est également le cas de son petit frère français, moins médiatisé, mais néanmoins vieux de 20 ans, le Prix des Droits de l'Homme de la République Française, remis par la Commission Nationale Consultative des Droits de l'Homme (CNCDH). Celui-ci vient d'être décerné le 10 décembre autours de deux thèmes : l'aide aux enfants des rues et le soutien aux libertés d'expression et d'information. Dans la première catégorie, l'ONG tchétchène Sauvons la Génération a été récompensée, puis Voice of Children. Dans la seconde, Citizen Against Corruption, puis PNGO (une plateforme d'ONG palestiniennes) et le Centre Argentin d'Etudes Légales et Sociales sont les heureux lauréats.
Alors admettons que cette idée aboutisse, quelles pourraient en être les conséquences, changerait-elle notre perception et notre utilisation de l'outil ? Une dynamique positive pourrait-elle être déclenchée ? Ou n'est-ce pas le début d'une désacralisation du Prix, ou simplement une évolution ? Encore faut-il vraiment vouloir qu'il évolue. Et cela n'annulerait-il pas finalement ou du moins ne nierait-il pas desvraies actions bien réelles, sur le terrain ou en amont, par de vraies personnes, porteuses de valeurs qu'aspire à reconnaitre le Prix ?
Rappelons ainsi la définition de base qu'Alfred Nobel écrit dans son testament : le prix récompense « la personnalité ayant le plus ou le mieux contribué au rapprochement des peuples, à la suppression ou à la réduction des armées permanentes, à la réunion et à la propagation des progrès pour la paix ». En relisant ces lignes, on peut également se demander sur quels critères Barack Obama, venant de renforcer ses troupes armées en Afghanistan pouvait mériter ce prix... Mais c'est un autre débat.
Pour soutenir la candidature d' Internet, vous pouvez vous inscrire sur la pétition en ligne ou réagir en laissant vos commentaires !
18:40 Publié dans Institutions | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : prix, nobel, paix, 2010, internet, solidarité, wired |
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Digg
27.10.2009
La Journée mondiale de l'information sur le développement
La Journée mondiale de l'information sur le développement est née en 1972, sous l'impulsion de l'Assemblée générale des Nations Unies. A l'image de la résolution 3038(XXVII) qui l'accompagne et la justifie, cette journée mondiale s'inscrit dans une démarche globale de ré équilibrage entre pays « industrialisés » et pays « en voie de développement ».
Cette journée a lieu, chaque année depuis sa création, le 24 octobre. Elle coïncide ainsi avec la date anniversaire de la Journée des Nations Unies, notamment celle de 1970, au cours de laquelle a été adoptée la Stratégie internationale du développement pour la deuxième Décennie des Nations Unies pour le développement.
A l'aune de l'essor des nouvelles technologies, en terme de communication notamment, il s'agit de sensibiliser les principaux acteurs à l'équité d'un développement technique, économique et social jusqu'ici réservé à un nombre de pays restreint. Passée une approche institutionnelle, il s'agit de sensibiliser le grand public, et plus particulièrement les jeunes, à l'évolution des problèmes généraux de développement. En effet, le grand public, peut-être davantage sous l'impulsion des jeunes, peut contribuer largement à l'accroissement des efforts en matière de coopération internationale.
Notre Blog Regards sur le Web, en tant qu'outil de communication destiné à favoriser les échanges entre personnes géographiquement éloignées (voire isolées), mais surtout parce qu'il suit une éthique de développement solidaire, se devait de rappeler cette journée. Malheureusement peu véhiculée par la voix des médias, son importance ne s'est pourtant pas amoindrie depuis sa création, il y a plus de trente ans déjà. Les bloggeurs de Solidaires du monde, via leurs apports réguliers d'expériences et de conseils, via les échanges qu'ils encouragent et suscitent, sont à saluer dans le cadre de cette journée mondiale à venir.
Internet, que ce soit sous la forme d'interfaces comme celle de Solidaires du monde, de réseaux sociaux ou autres, favorise largement les échanges entre citoyens du monde. Depuis sa création, cet outil s'est révélé être un facteur de croisements, de rencontres et de créations de liens exponentiels. Contre ses détracteurs, qui le réduisent à un accélérateur d'uniformisation culturelle (entre autres), l'utilisation faite d'internet par les « solidaires du monde » nous rappelle qu'un outil n'est pas condamnable en soi, mais bien qu'il doit être ramené à l'usage qu'on en fait.
La démarche défendue ici, par Solidaires du monde en général et Regards sur le web en particulier, consiste à mettre en lumière les acteurs « terrains », également convertis en internautes via les blogs, notes et commentaires qu'ils publient. Pourquoi les mettre en avant ? Certainement pas par démagogie. Le souci premier est bien de préserver une interactivité, que nous considérons ici comme essentielle à l'échange de données et d'informations dans les nouveaux moyens de communication du type Internet. De nombreux sites d'informations sur le développement se sont davantage investis dans la communication institutionnelle, délaissant ainsi les approches didactiques, pourtant bien utiles aux utilisateurs novices...
Le Web est reconnu pour créer des liens de proximité là où il pourrait difficilement y en avoir autrement. Par la multiplication des interfaces de mises en contacts, par la variété des supports (audio, vidéo, écrit) qu'ils diffusent, les internautes se familiarisent progressivement à un outil aussi vaste que complexe. Il est de notre devoir, en tant qu'administrateurs de la plateforme, de vous aider à prendre pleine possession de cet outil. Le langage institutionnel s'adresse aux institutions, mais pour vivre pleinement, il a besoin de vous. A vous de créer le vôtre, pour ça nous vous y aidons et continuerons de le faire !
13:03 Publié dans Médias et informations | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : internet, communication, équité, développement, information |
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Digg
20.10.2009
6 questions à Jean et Antonin, porteurs du projet Africascopie
Il y a une semaine, nous vous présentions le projet Africascopie : un web reportage participatif porté par deux journalistes français, Jean Abbiateci et Antonin Sabot, en partenariat avec Le Monde.
Dans cette note, nous vous proposions aussi de soumettre vos propres témoignages sur les conséquences des technologies de communication au Mali et au Sénégal, et dans les pays en développement de manière générale. C'est toujours possible en écrivant à africascopie[@]gmail.com ou directement sur l'Atelier des Médias.
Ce projet, nous l'apprécions car il croise plusieurs thèmes qui nous tiennent à coeur :
- les témoignages recueillis sur le terrain, directement auprès des populations des pays en développement. L'enjeu ici réside dans l'utilisation d'Internet pour rapprocher les populations du Nord des populations du Sud, faciliter leurs échanges et la connaissance des uns des autres et réduire le poids des stéréoypes dans les représentations.
- les conséquences sociales, économiques et culturelles de l'adoption des technologies de communication mobiles et Internet : dans les pays développés avec l'avènement de nouvelles formes de reportages, et de nouvelles relations avec les journalistes, mais surtout dans les pays en voie de développement où l'adoption de technologies entraîne également un mouvement de réorganisation des activités.
- le renouvellement de l'écriture et des approches journalistiques avec la notion de participation au reportage et de webdocumentaire
- la question de la représentation et de la fabrication des représentations des populations du Nord à propos des populations du Sud et inversement, avec le rôle fondamental joué par les migrants, les voyageurs, les médias et les journalistes, les professionnels des ONG et du développement,...
Enthousiasmé par Africascopie, nous avons adressé 6 questions aux deux journalistes. Voici leurs réponses.
Nous avons également prévu de réaliser une interview de Jean et d'Antonin à leur retour. Si des questions vous chatouillent, n'hésitez pas, nous les poserons pour vous et pour l'aspect participatif de notre reportage :-)
Comment avez-vous préparé et documenté votre projet ? Vous êtes vous déjà rendus dans ces pays ? Avez-vous des contacts terrains et si oui, comment les avez-vous identifiés ?
"Africascopie est un projet de web-reportage au Mali et au Sénégal. Antonin et moi sommes tous les deux journalistes et nous souhaitions, à travers ce reportage, essayer de comprendre les impacts d'Internet et du téléphone portable en Afrique. Nous voulions également aller au peu au-delà de l'image d'un continent dont on n'évoque souvent le nom qu'au travers de reportages sur le sida, la famine ou la guerre.
Pour préparer ce reportage, on s'est pas mal documenté, on a passé quelques coups de fil. Et ce, afin de repérer les initiatives vraiment intéressantes. D'après mon expérience, j'essaye de privilégier des contacts directs, en évitant au maximum les intermédiaires. Je suis toujours un peu méfiant des grosses ONG occidentales, des usines à gaz où, parfois, la communication prend le pas sur l'intérêt réel du projet. Les petites structures locales sont toujours les plus intéressantes pour ramener de la matière, des témoignages authentiques."
Pouvez-nous expliquer et détailler ce que vous entendez par reportage participatif ? Prévoyez-vous notamment de confier des outils d'écriture aux personnes que vous allez rencontrer ?
"Ce reportage est un peu particulier puisqu'il se veut participatif.
Premier niveau, l'internaute peut laisser un commentaire et nous répondons. Mais nous avons essayé d'aller un peu plus loin, en lien avec l'émission de RFI, l'Atelier des Médias. Cette web-émission fédère depuis deux ans une communauté d'internautes, notamment maliens et sénégalais. Depuis quinze jours, on a lancé la conversation avec eux sur l'impact que pouvait avoir pour eux les nouvelles technologies dans leur vie quotidienne. Ce sont eux les mieux placés pour témoigner. On va essayer de rencontrer plusieurs d'entre eux lors de notre passage en Afrique. (cf. la présentation du projet sur l'atelier des médias de RFI dans les liens Pour aller plus loin).
Il ne s'agit aucunement de faire du participatif un échappatoire à notre boulot de reporter. Il s'agit simplement de collecter, par ce biais, des idées, des angles, des témoignages que nous n'aurions pas pu collecter autrement. Exemple : cet internaute d'un village sénégalais qui nous a raconté comment, en cas de décès, le téléphone portable avait permis de prévenir plus facilement les proches, alors qu'auparavant, il fallait envoyer quelqu'un pour les prévenir." La source du témoignage.
Pensez-vous être surpris de ce que vous allez observer, ou pensez-vous plutôt faire des expériences qui confirment l'idée que vous avez, a priori, de l'impact des nouveaux médias au Mali et au Sénégal ?
"Mais c'est tout le charme d'un reportage :-) Si nous savions ce que nous allions ramener lors de notre reportage, ça ne vaudrait pas la peine de partir. Plus sérieusement, c'est certes important de se documenter avant de partir. Mais il faut laisser, il me semble, un peu de place à la surprise, à la rencontre impromptue. Il ne s'agit évidemment pas de tout improviser. Mais à trop vouloir programmer le reportage, on ne sait plus être à l'écoute et c'est très important en reportage."
Quelle approche souhaitez-vous privilégier au cours de votre reportage ? Etudes des effets économiques, sociologiques et culturels, anthropologiques ?
"Nous partons en reportage. Donc on va essayer de privilégier les exemples concrets d'impacts des TIC, plutôt que de se lancer dans de grands discours. Eh oui, l'impact des TIC est évidemment économique, mais également social. On va essayer de voir large."
La diffusion des nouvelles technologies de communication est souvent présentée comme un accélérateur du développement. Quels sont, selon vous, et avant votre reportage, les effets négatifs de ces technologies ?
"Même réponse que pour la question plus haut. Mais on ne veut pas non plus tomber dans l'angélisme. Les NTIC ont certes un potentiel formidable pour les pays du Sud, mais la fracture numérique est une réalité. C'est là qu'à mon avis le boulot de reportage prend tout son sens. Aller au-delà des déclarations pour aller voir réellement où ça bouge et où ça craque."
Quels matériels emportez-vous ? Serez-vous en mesure d'écrire en temps réel ?
"En temps réel ? N'exagérons rien ! De toute façon, sur un tel sujet, ça n'a pas forcément un grand intérêt. On va simplement essayer de raconter chaque jour, nos rencontres, les coulisses de notre reportage et ce, avec les outils que permet le multimédia : le son, la photo, l'audio, le texte et la vidéo. Concrètement, on va emmener nos appareils photos (qui permettent également de tourner de petites séquences vidéos) et des enregistreurs audio. Sans oublier carnets et stylos."
Réalisé pour le Monde, sur les dernières nuits en prisons de 5 détenu
Réalisé pour le Monde, à la place d'un journaliste d'investigation en chine
Réalisé pour le New York Times, Choisir son président
Réalisé pour le Las Vegas Sun, étancher la soif de las Vegas
Source : un webdocumentaire sur le webdocumentaire, très bien fait
12:58 Publié dans Médias et informations | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : africascopie, le monde, reportage, ntic, téléphonie mobile, internet, interview, entretien, webdocumentaire, reportage participatif, mali, sénégal |
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Digg
14.10.2009
Us Now, ou comment internet permet de créer de la confiance, du lien social et de la solidarité
Nous souhaitons partager avec vous quelques éléments inspirés du documentaire US Now du réalisateur anglais Ivo Gormley (vidéaste et anthropologue de formation).
Us Now dure 60 minutes, le film est sous-titré en français, il est disponible en bas de cette note et il aborde principalement la création, grâce à internet, de nouvelles façons de prendre des décisions, de nouvelles façons de tisser du lien social et d'organiser la confiance entre les individus et les communautés.
Les nouveaux modèles de partage permis par internet constituent l'élément central de ce documentaire
L'argument principal du film est de montrer que nous sommes dans un monde qui change ! Et un des moteurs de ce changement est constitué par les pratiques émergentes des médias sociaux. Pratiques qui permettent la production de formes nouvelles de solidarités et qui rendent visible une économie du don qui restait jusque là intangible.

Us Now, « US » pour nous et « now » pour maintenant, met les femmes et les hommes de la société civile au cœur des nouvelles façons de partager, de se connaître, de s'entraider, de se conseiller ou d'échanger des idées. Et à terme, de nouvelles façons de gouverner et de prendre des décisions.
Echanges de canapés et d'expériences
Peut être avez vous entendu parler de www.couchsurfing.com, site qui permet la mise en relation de particuliers proposant un hébergement en échange de la possiblité de se faire héberger ultérieurement.

Dés le début du film, l'exemple du Couchsurfing montre qu'au-delà d'offrir un hébergement à un voyageur, l'hôte permet à ce dernier de l'intégrer dans son réseau social et de lui faire rapidement rencontrer de nouvelles personnes. Les échanges mis en place grâce aux médias sociaux accélèrent donc la socialisation et l'intégration dans un réseau. Le service rendu dépasse le service prévu initialement : il y a création de valeur mais il n'y a pas de relation marchande.
Autre exemple ? Netmums, un service d'échange et d'entraide entre jeunes mamans. Grâce aux échanges qui s'y tiennent, la communauté met en évidence le fait que les recommandations d'experts (pédiatres, pharmaciens, puéricultrices...) sont mis en concurrence ou carrément contournés par les échanges entre les mamans elles-mêmes.
Les jeunes mères trouvent dans les discussions qu'elles génèrent elles-mêmes davantage de crédit et de pertinence que dans certains conseils d'experts. Si ce n'est pas vrai pour tous les conseils, cela entraine une réorganisation des fonctions, des attentes, des connaissances...
Ainsi, futures mamans et femmes enceintes privilégient les réponses émanant de leurs pairs. Elles sont plus rassurées lorsque 15 autres mamans confirment le choix d'un lait pour leur enfant plutôt que lorsqu'un seul expert prescrit celui-ci. Ou du moins vont-elles chercher la confirmation de la parole de l'expert auprès de leurs pairs.

« Tu as une chose à enseigner mais plein de choses à apprendre »
Les différents témoignages qui ponctuent le film montrent comment les nouveaux outils communautaires permettent à chacun de partager ses connaissances, de s'inscrire dans un réseau social et d'acquérir un statut et une identité en se rendant disponible, en partageant son expérience et en apportant des conseils. En donnant de soi, de son savoir et de son temps en somme.
Le documentaire met également en lumière le fait que chaque internaute, en contribuant aux besoins des autres, réorganise les systèmes de pouvoir en mettant en question les discours prescripteurs traditionnels : l'entreprise et ses marques, l'Etat et les collectivités, les institutions dans leur ensemble.
Certains interviewés voient dans ce mouvement l'émergence d'une demande de réorganisation des modes de gouvernance : des élections de la démocratie représentative aux élections et à la prise de décisions en entreprise. Cela va prendre du temps. Combien de temps ?
Certains passages du film montrent que ces modes de contribution et d'échange facilitent et accélèrent la création de lien social. Des formes nouvelles de solidarité et de don sont donc permises grâce à internet.
« La révolution n'arrive pas lorsque la société adopte de nouveaux outils... La révolution arrive quand la société adopte de nouveaux comportements. » Clay Shirky, auteur de Here Comes Everybody

Par extension, « Us now » transpose ces nouveaux comportements dans la relation actuelle entre consommateurs et acteurs économiques, entre citoyens et vie politique. « Je veux avoir un rôle sur ce que cet homme politique décide actuellement au Parlement ou alors on le fera nous-mêmes ». De plus en plus, il existe une demande pour une remise en cause du modèle vertical classique.
L'idée n'est bien évidemment pas de transposer tous les mécanismes de décision vers des dispositifs participatif et collaboratif, ce n'est pas possible et de nombreuses décisions ne peuvent pas être prise ainsi. Toutefois, en germe dans ces revendications, il y l'idée d'évaluer ce qui existe actuellement dans les mécanismes de décision, évaluer ce qui manque d'efficacité et qui pourrait être complété, voir remplacé, par un mécanisme fondé sur le réseau social, la collaboration, la transparence, le partage et la co-création.
Internet met en lumière le fait que depuis des décennies, les citoyens se sentent frustrés dans leur participation et leur contribution à la vie au sein d'une communauté, et qu'il existe un véritable « volontariat de la participation », une demande !
Le film soutient donc que les outils du web 2.0 ne sont pas de simples gadgets mais bien des véritables leviers tendant à l'adoption de nouveaux comportements des citoyens face aux institutions politiques, économiques et aux instances qui prennent des décisions. Pour ceux qui voudraient poursuivre sur ces questions, nous sommes ici au cœur du sujet qui occupe l'universitaire américain Clay Shirky. Il travaille principalement sur les conséquences des technologies de communication sur les comportements individuels et sociaux.
Un des exemples proposé par Us Now présente l'initiative du Parti Vert Canadien qui a élaboré son programme politique sur à un wiki ! Tous les internautes sympathisants étaient invités. Non pas à simplement proposer leurs idées mais à l'écrire directement dans le programme, à l'argumenter également et à prendre parti ou à questionner les éléments du programme proposés par d'autres.
La modération se faisant pour l'ensemble des contributeurs comme sur le modèle de l'encyclopédie Wikipédia.
Un programme politique accouché dans le débat entre le parti et ses adhérents/sympathisants, ne devrait-il pas servir de modèle à tout programme politique ?
Le film conclue sur ces mots : « la valeur sociale porte réellement sur le fait de prendre soin des gens plutôt que de payer pour fournir cette valeur ». En d'autres termes, les efforts désintéressés et volontaires de chacun mis au service de tous, ont bien plus d'importance que celui d'un prestataire ou d'un expert mandaté pour y répondre.
En d'autres termes encore, l'écosystème social est plus important que le marché !
Dans une prochaine note, nous reviendrons en détail sur certains services présentés dans Us Now.
Quelques remarques sur les éléments que vous trouverez en ligne
Us Now dispose d'un site dédié : http://www.usnowfilm.com/ sur lequel vous trouverez en anglais, des parties du film, en streaming ou en téléchargement, toutes les retranscription écrites des interviews, les noms et des éléments sur les personnes interviewés et les services présentés. Sont également mis à disposition les rushs du film afin que quelqu'un qui souhaite réutiliser certains éléments puisse le faire.
A propos d'Us Now, court article publié dans Internet Actu : "Ce que la confiance des internautes transforme", c'est grâce à cet article que nous avons découvert le documentaire.
La version sous titrée en français du film (et merci à la communauté de bénévoles pour la traduction)
Aperçu critique
La remise en question d'une forme d'expertise dans certaines activités ne signifie pas pour autant une remise en question des mécanismes d'attribution du pouvoir dans toutes les activités. Quelles activités sont les plus exposées ? Lesquelles sont les moins concernées ?
Si des mécanismes de prise de décision sont d'ores et déja désorganisés/réorganisés par les échanges permis par les médias sociaux, cela ne signifie pas que cela va se généraliser à tous les mécanismes de prise décision et d'attribution du pouvoir. Notamment les plus anciens d'entre eux : le pouvoir politique et économique.
C'est en effet, dommage que le film ne nous permette pas de nous faire une idée des délais nécessaires pour mettre en place ces changements.
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| Tags : media sociaux, internet, reseau, gouvernance, prise de décision, participatif |
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Digg
13.10.2009
Africascopie : témoigner sur les conséquences des technologies de communication dans les pays en voie de développement
Une fois n'est pas coutume, cette note est courte et incite à l'action.
Je suis tombé hier sur cette note Bamako-Dakar ! En route pour un web-reportage participatif sur le blog espritblog. Du coup, j'ai posté un commentaire et j'ai commencé des échanges avec un des deux journalistes qui porte ce projet.
L'idée est de leur poser quelques questions avant le départ et de leur poser de nouveau quelques questions après leur retour.
J'a également visité le blog dédié à leur projet : Afriscopie, et suite à la lecture de la note le téléphone a remplacé le cheval j'ai souhaité relayer leur appel à témoignage.
En effet, si vous souhaitez faire parvenir un témoignage écrit montrant comment les technologies de communication changent les choses dans les pays en voie de développement, n'hésitez pas à écrire à l'adresse : africascopie [@] gmail.com

"Le téléphone portable a remplacé le cheval" - 13 octobre 2009
Le membre de l'Atelier des médias Guejopaalgnane, nous a envoyé ce témoignage sur la manière dont les NTIC ont changé son mode de vie. Entre obligations coutumières et professionnelles, le téléphone portable a "assoupli les exigences sociales".
"Traditionnellement en milieu rural Sérère (centre-ouest du Sénégal), quand une personne mourrait, l'annonce de sa mort dans l'ensemble de la quarantaine de villages où résident ses parents se faisait grâce à de jeunes gens qui enfourchaient des chevaux. Lorsque la nouvelle devait parvenir à un parent en ville, il fallait faire le voyage. Ce qui prenait de l'argent, du temps et de la peine. Aujourd'hui l'instrument de l'annonce c'est le téléphone portable. C'est pourquoi d'ailleurs je crois que ce qui a véritablement changé dans mon village qui se trouve à plus de 100 kilomètres de Dakar, c'est d'abord la qualité de l'eau et ensuite les moyens et les méthodes de communication.
Répondre au temps qui passe plus vite
La solidarité familiale veut que les membres de la famille se rencontrent de manière périodique, en temps de paix, pour des visites de courtoisie. Aujourd'hui le temps dont l'homme dispose pour lui-même, pour ses loisirs et donc pour une visite de courtoisie ou pour une cérémonie devient de plus en plus réduit : le téléphone portable ou l'internet permettent d'assouplir cette distanciation des membres de la famille en leur permettant de garder au moins un contact à distance. (...)
Traditionnellement en pays Sérère, on ne pouvait pas enterrer un homme sans que certaines personnes ne soient présentes. L'impossibilité de ces hommes à se déplacer dans le délai nécessaire à cause de la contrainte du travail a considérablement assoupli cette exigence sociale et familiale.
Personnellement, il m'est arrivé de mentir à plusieurs reprises avec le téléphone portable qui me permet de dire que je ne suis pas chez moi alors que j'y suis, que je suis à l'école alors que je suis au lit. Ce qui n'était possible avec le fixe. (...)"
Vous aussi, vous pouvez envoyez vos témoignages par email : africascopie[@]gmail.com ou sur l'Atelier des Médias .
Source : http://africascopie.blog.lemonde.fr/2009/10/13/le-telepho...
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| Tags : africascopie, le monde, reportage, ntic, téléphonie mobile, internet |
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Digg
24.08.2009
31 août : Journée mondiale du blog (Blog Day)
Lundi 31 août prochain, se tiendra sur internet la Journée Mondiale du blog ou 310g Day. Dédiée à tous les blogs et blogueurs.
Comme vous l'avez peut être remarqué, un tag a été créé pour l'occasion : 310g Day. Écrivez-le avec le 3, le 1 et le 0 en numéro et le g dans un moteur de recherche, cela permet de trouver tous les blogs participant à l'opération.
C'est une façon astucieuse d'exclure des résultats de la recherche tous les articles mentionnant les mots "blog" et "day", mais qui ne participent pas à l'opération.
Cette événement sera l'occasion pour : "les bloggers partout dans le monde de poster un article recommandant 5 nouveaux blogs, de préférence des blogs différents de leur culture, point de vue et attitude. En ce jour, les visiteurs de blogs se retrouveront projetés et découvriront des blogs inconnus, célébrant la découverte de nouvelles personnes, et de nouveaux bloggers."
Je trouve intéressant de voir que cette journée vise à favoriser la présentation par un bloggeur de blogs qui ne sont pas directement dans l'univers de ce bloggeur.
Pour d'avantage d'informations, rendez-vous sur le site officiel : www.blogday.org
Cette journée nous donne l'occasion de revenir sur le phénomène des blogs : ce qu'est un blog je pourquoi utiliser ce support pour une communication en ligne.
Sur le net, les premiers journaux personnels sont apparus au Canada dés 1995. Depuis, le phénomène s'est démocratisé et voila où nous en sommes aujourd'hui :
| Le phénomène en quelques chiffres |
| 100 millions : c'est le nombre de blogs recensés par Technorati, moteur de recherche de la blogosphère 120 000 : c'est le nombre de blogs qui sont crées tous les jours dans le monde 9 millions : c'est le nombre d'internautes français (soit plus de 30% de la totalité des internautes) qui consultent au moins un blog tous les mois |
Toutefois, si ces chiffres impressionnent, nous manquons de données sur la durée de vie d'un blog.
Car s'il est simple d'ouvrir un blog, il est beaucoup plus exigeant de l'éditer dans la durée et d'en faire un outil de communication. Cela demande un investissement dans le temps et s'apparente plutôt à un marathon qu'à un 100 mètres.
Le blog témoigne de l'appropriation des espaces en ligne par le public
Qu'est-ce qu'un blog ?
Le terme de blog a été formé par l'association de deux termes, web (la toile) et log (journal). Un journal de bord en quelques sortes.
Ce sont les jeunes de la génération « digital natives » qui s'est approprié le phénomène de manière massive dans les années 2000. De ce fait, le blog a beaucoup été ramené à sa dimension intime, personnelle et « adolescentrée », par de nombreux journalistes notamment.
Alors que le blog a d'emblée était un outil d'expression multiple : personnel et collectif, intime et politique, amateur et professionnel, gratuit et intéressé, original et copié collé...
Quelques fondamentaux
- L'architecture du blog en fait un site d'expression personnelle, au sens de l'expression d'une personne : le plus souvent le blog est le fait d'un bloggeur.
- Mais il existe des blogs avec une rédaction à plusieurs. C'est le cas de celui que vous lisez.
- Mais il existe des blogs avec une rédaction à plusieurs. C'est le cas de celui que vous lisez.
- Un blog offre une fonctionnalité de commentaires, ce qui laisse un espace d'expression aux lecteurs du blog. De ce fait, le blog est aussi un terrain d'expression collective, un espace de débats, d'échanges d'arguments, notamment entre le bloggeur et ses lecteurs.
- Mais il existe des blogs fermés aux commentaires, ou du moins des notes sur lesquels il n'est plus possible de commenter
- Un blog exige un travail d'écriture régulier et favorise l'actualisation des contenus. La dernière note publiée est présentée en premier. Les notes publiées antérieurement ne sont donc pas aussi visible que les dernières notes publiées
- Mais il existe des blogs avec une architecture telle que des contenus publiés antérieurement sont directement accessible depuis la première page du blog
Pourquoi un tel succès ?
L'une des clefs du succès des blogs provient de leur simplicité.
Avant l'arrivée des blogs (et mis à part les forums de discussion), il était nécessaire de connaitre le langage html pour éditer un site web.
Depuis l'avénement des blogs, il est possible d'éditer du texte et des images sur internet sans maitriser le langage html. De ce fait, n'importe qui disposant d'un ordinateur, d'une connexion internet et voulant s'exprimer, peut créer son blog en quelques minutes. Par contre, il vous faudra passer de nombreuses heures avant de disposer d'un blog digne d'intéresser des lecteurs !
La dimension sociale des blogs est également un point important expliquant leur succès. En effet, l'interactivité est fondamentale dans la blogosphère : les blogs valent autant par le propos du blogueur que par ce qu'écrivent les contributeurs et les autres blogueurs à travers les commentaires.
Un blog sans commentaire et un blog très commenté n'offrent pas la même variété de points de vue.
Sur le plan technique cette interactivité est assurée par des liens hypertextes, des rétroliens et des fils RSS.
Le blog et les faveurs des moteurs de recherche
Enfin le blog présente de nombreux avantages en termes de référencement. Du point de vue de la stratégie de communication, ce point est sans doute le plus important. Il fera l'objet d'une note prochainement. Pour résumer retenez deux points :
- Chaque note d'un blog produit un url, c'est-à-dire une adresse internet unique. Cette adresse reprend généralement les mots du titre de la note. Or c'est avant tout dans ces liens que le moteur de recherche fouille avant de vous proposer des résultats.
- Ainsi en produisant de nombreux url, sur un champ sémantique donné, un blog construit son référencement plus rapidement qu'un site web qui ne produit pas régulièrement des url.
- La deuxième explication permettant de donner avantage aux blogs sur les sites statiques en termes de référencement, ce sont les interconnexions entre les blogs. En effet, la blogosphère produit beaucoup plus de liens que la sphère des sites statiques (souvent contraint par des dispositions de responsabilités juridiques). De ce fait elle est favorisée par les moteurs de recherche, au détriment des sites statiques.
Autres éléments sur le référencement
Le contenu : un contenu de qualité intéressant une communauté de lecteurs spécialisés, sera susceptible d'intéresser d'autres blogueurs et internautes, créant ainsi du trafic vers votre blog. Vos articles et arguments peuvent être repris sur un autre blog, ou renvoyer vers votre blog grâce aux liens hypertextes.
En tant que bloggeur, il est intéressant de prendre la parole par le biais de commentaires sur des blogs qui traitent de sujets similaires. C'est aussi de cette manière que s'organise la conversation entre les blogs.
Les mots clés : faites bien attention à vos titres et aux mots clés (tags) associés à votre article, qui favorise le référencement, c'est-à-dire le positionnement de votre blog dans la liste des résultats proposés lors d'une requête sur ces mots-clefs.
Liens : n'hésitez pas à étoffer vos articles de liens sortants, renvoyant vers des articles sur la même thématique, des définitions, des contenus multimédias... Ce qui vous permet de rediriger vos lecteurs vers les blogs des autres et ce qui vous apporte indirectement du trafic.
Je vous invite à lire cet article sur l'optimisation d'un blog et illustré de quelques exemples : un blog pour améliorer son référencement, et sur le blog Solidaires du monde De nous à Vous, vous trouverez de nombreux conseils dans la catégorie "Comment bien bloguer"
12:42 Publié dans Médias et informations | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : blog, blogueur, media, médias, internet, blogosphère, chiffres, réseau, association, ong, témoignage, interactivité, lien hypertexte |
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Digg
10.08.2009
Les nouvelles technologies aident les pays en développement
Je vous propose la traduction d'un article publié sur le blog de l'International Association of Agricultural Information Specialists (IAAIS pour aller plus vite).
Le dernier rapport du Groupe de la Banque Mondiale conclu que les nouvelles technologies créent des emplois, augmentent la productivité et améliorent la gestion.
Selon un nouveau rapport du Groupe de la Banque Mondiale : Information and Communications for Development 2009: Extending Reach and Increasing Impact, le nombre d'utilisateurs d'Internet a été multiplié par 10 entre 2000 et 2007 dans les pays en voie de développement.
De plus, le rapport estime que les prochains milliards d'abonnés à la téléphonie mobile seront principalement des utilisateurs en zones rurales. Un exemple illustrant ce phénomène est l'Inde, un pays en développement qui s'est converti en leader mondial de cette industrie.
Cependant, le Groupe de la Banque Mondiale affirme que moins de 15% de ce marché de la communication a été exploité, et il estime que l'on atteindra seulement 27% en 2010. Cette réalité incite les experts à analyser la meilleure manière d'employer les avantages offerts par internet et d'atteindre son un développement plus complet.
Dans un pays comme le Ghana, les télécommunications ont contribué au développement économique. Actuellement, 35% de l'emploi dans les pays en développement est lié au secteur des services, il en va de même pour 51% de son PIB.
Une des raisons est l'utilisation que font les agriculteurs des téléphones mobiles pour accéder aux informations de marché. Grâce à un service d'alerte par messages courts (sms), l'utilisateur connaît les prix des produits en temps réel et les offres d'achat et vente.
De la même manière, des accords sont conclus entre commerçants sans faire appel à des intermédiaires qui augmentent le coût des transactions. Une autre manière d'éviter le paiement de taxes est l'utilisation de services bancaires et de paiements mobiles.
L'accès aux réseaux à large bande (internet et mobile) est fondamentale pour le développement futur de ce secteur.
Bien que de nos jours les réseaux mobiles constituent la plus grande plateforme de distribution au monde, la connexion à Internet est fondamentale pour le développement futur de ce secteur. Les experts s'accordent pour dire qu'une augmentation de 10 % des connexions à Internet à haut débit augmenterait de 1,3 % la croissance économique des zones rurales.
Pourquoi ? Simplement parce que si le haut débit gagnait les zones éloignées, de nouveaux emplois seraient créés pour les jeunes, et la productivité des champs de culture et leurs exportations augmenteraient.

Extrait de la synthèse du rapport en français (cf. encadré Pour aller plus loin)
Mais ces avancées en matière de télécommunications n'apportent pas que des bénéfices économiques, mais également politiques.
Les gouvernements modernes qui se servent des TIC peuvent accroitre l'éfficacité de leurs services publics, la transparence de leur fonctionnement et leurs capacités de répondre aux problèmes.
Ce sont les conclusions des projets menés en Chine et au Brésil sous le nom d'e-gouvernement. Ces projets ont permis de réduire le cout et le temps passé pour les transactions financières et ils ont permis une augmentation des revenus fiscaux des gouvernements.
De plus, l'accès à un service public depuis depuis un centre local ne nécessitant pas de longs trajets, a permis une plus forte participation de la population.
La pénétration des technologies de communication dans les zones défavorisées a aussi contribué à des améliorations sociales.
De nombreux pays en voie de développement souffrent du manque d'accès à des soins de santé. Face à ce problème, l'amélioration des systèmes d'information aident au suivi de prestations de services, améliorent la gestion des inventaires et permettent aux professionels d'être averti plus rapidemment sur les résultats de leurs actions.
Enfin, un bénéfice social majeur nait de l'intensification des relations sociales à distance permises par les nouveaux médias, par delà les frontières notamment.
Les obstacles
Le cout élevé de la mise en place de ces systèmes reste un inconvénient majeur.
Les nouvelles technologies de l'information se développent surtout dans les villes qui permettent aux acteurs de rentabiliser leurs investissements. Les zones rurales restent profondément défavorisées en matière d'accès à internet, du fait de l'absence de réseau existant permettant de véhiculer les données, du fait des distances à parcourir également.
Le manque de personnel compétent freine également le développement de la pratiques et d'applications de ces nouvelles technologies. Toutefois, on peut rappeler que la formation peut désormais se faire de manière distante. Les conditions de transfèrs de compétences du nord vers le sud et du sud vers le nord n'ont jamais étaient aussi bonnes qu'avec internet. Toutefois la multiplicité des langues n'est pas sans poser problème (note du traducteur :).
Enfin, la volonté politique est une des clés du développement de l'accès à internet. Des politiques incititatives doivent être menées pour aider à la mise en place des investissements de départ.
Les bailleurs du nord devraient prévoir une amplification des fonds destinés à financer ce type de programmes.
Synthèse du rapport Information et Communication pour le Développement, en français par Mohsen Khalil, Philippe Dongier, and Christine Zhen-Wei Qiang : 18 pages et de nombreuses références à des études.
17:54 Publié dans Développement économique | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : ntic, mobile, internet, pvd, pays en voie de développement, télécommunications, mobile en zone rurale, emploi, échanges |
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Digg
29.07.2009
Relations entre journalistes et bloggeurs : entretien avec Alain Joannes dans le dossier "les nouveaux médias et l'information"
En passant par le site de l'agence de communication Tocsin (agence de communication spécialisée pour les associations), j'ai découvert la lettre d'information du site http://www.societesdelinformation.net. Bonne pioche !
La publication du mois de juin comporte un dossier "les nouveaux médias et l'information" dont je recommande la lecture.
Il s'agit des réponses d'Alain Joannes, auteur d'un livre intitulé "Le Journalisme à l'heure électronique". L'entretien porte sur les relations entre journalistes et bloggeurs. Par ailleurs Alain Joannes est l'auteur d'un blog remplis de réflexions et d'analyses sur les médias et le journalisme. Réflexions qui se retrouvent dans son livre. Mais là, je parlais de son blog, qui s'intitule Journalistiques.
Avant cet entretien, je me permet de commencer par une petite remarque personnelle et préliminaire :
A la lecture de ces réponses, je ne peux m'empêcher de penser à quel point il devient important pour les acteurs de la solidarité et du développement d'entretenir des espaces de témoignages et de dialogues sur internet, ainsi qu'une présence dans les réseaux sociaux qui se structurent sur le web (Facebook mais pas seulement) ; afin de se rendre disponible aux journalistes qui cherchent (de plus en plus) des informations sur internet pour construire leurs articles et leurs points de vue. Mise en relation qui souvent, se traduit par une rencontre et ne demeure donc pas au stade "virtuel". C'est peut être moins vrai lorsque la distance géographique est importante, mais cela rend d'autant plus intéressant de tisser des relations pour rendre compte d'événements lointains.
J'en profite pour remercier M. Joannes de ne pas tomber dans l'argumentaire classique qui consiste à mettre en concurrence d'un côté des bloggeurs qui ne seraient que des critiques des médias et de l'autre côté, des journalistes qui ne verraient les bloggeurs que comme des pirates de l'information. Comme si c'était fait pour ralentir l'établissement de relations entre lecteurs/journalistes et internautes auteurs/diffuseurs d'informations. J'arrête la parano. Bonne lecture !
Les mises en gras sont de ma part.
Quelles relations peuvent nouer journalistes et blogueurs ?
Alain Joannes : "Tout dépend du blog. Aujourd’hui, les témoins peuvent y publier ce qu’ils ont vu. Les blogs d’experts sont aussi une mine pour les journalistes qui ne peuvent pas prétendre au même niveau de technicité qu’un professionnel de la finance ou du transport aérien. Ce sont de nouvelles sources à exploiter, complémentaires des sources officielles. Les sources d’information étant diversifiées, les journalistes peuvent multiplier les points de vue."
Et la fonction critique ?
Alain Joannes : "Pour entretenir une relation de qualité avec leur audience, les journalistes devraient avoir eux-aussi des blogs. Ils doivent rendre des comptes à leur public. Je suis pour les panels de lecteurs qui peuvent interpeller une rédaction ou demander un droit de suite. Avec Internet, ça semble nouveau, mais j’ai été localier. Quand on traite de l’actualité locale, on est interpellé en permanence. Le journaliste vit au milieu des gens dont il parle. La manifestation sur laquelle il écrit, ses voisins y étaient. Si ce qu’ils ont vu diffère de ce qu’ils lisent, ils demandent des comptes."
Jusqu’où peut aller cette nouvelle relation ?
Alain Joannes : "Les anglo-saxons pratiquent le watch dog, c’est-à dire l’observation vigilante et critique des médias. Un contre-pouvoir des lecteurs est sain. Toutefois, je suis plus sceptique sur les personnes qui ne savent pas comment fonctionne un journal et qui élaborent après des théories plus ou moins délirantes. Pour avoir une critique qui porte, il faut d’abord s’intéresser au fonctionnement d’une rédaction, à ses contraintes. Cela manque en France."
Le terrain d’enquête de demain, c’est donc le seul Internet ?
Alain Joannes : "Je n’y crois pas. Internet s’ajoute à l’existant, il ne s’y substitue pas. Quand on interviewe quelqu’un, un non dit ou une mimique peut traduire un aquiescement. Sur le web, ces informations-là ne transitent pas."
17:57 Publié dans Médias et informations | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : metier, journalisme, journaliste, joannes, relation, internet, blog, bloggeurs, numerique |
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