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17.06.2010

Associations, ONG et adaptation au social media

J'ai rédigé cet article suite à la publication de l'article Associations, grandes causes, ONG : quelles relations avec les blogs et les blogueurs? sur le blog Influence Ethique, dont je félicite l'auteur - @_Aurelia - pour son travail et dont je vous recommande la lecture.


Associations, ONG et participation aux sites sociaux

Beaucoup d'associations et ONG se posent la question de leur présence sur des sites sociaux, sites dont les deux fondamentaux sont la relation et le contenu, qui permet à cette relation de se tisser.

Beaucoup d'entre elles sont sur Facebook, Youtube/Dailymotion ou Twitter, car les audiences se sont déplacées vers ces sites, moins nombreuses sont celles qui alimentent régulièrement un blog.

Je dirais qu'une "présence" est facile à assurer et immédiatement observable alors qu'un blog exige un travail dans le temps (donc des ressources) qui peut faire peur ou être sous estimé.

Pourtant, le blog (et les vidéos) est une matrice de l'alimentation et de l'interaction avec ces sites sociaux, je m'explique :

  • Chaque note du blog peut faire l'objet d'une reprise sur Twitter et Facebook
  • Facebook peut être présenté et Twitter peut être repris en élément de colonne du blog
  • Les vidéos publiées sur Youtube peuvent être embarquées dans des notes de blogs et enrichies d'éléments supplémentaires


Utilité du blog dans l'écosystème numérique

Il est donc plus difficile d'assurer sa présence sur les sites sociaux sans rédiger un blog !

  • Cela tient d'une part aux habitudes des internautes. Les jeunes en particulier s'attendent de plus en plus (et sont plus attentifs) à une communication personnalisée, "désinstitutionnalisée" et régulièrement mise à jour. Et pour cela, le blog est idéal.
  • Cela tient d'autre part à une raison technique :  le flux RSS, qui permet d'interconnecter les flux de ces sites sociaux.


Sans blog, mais avec une présence sur Facebook et Twitter, il est toujours possible de médiatiser les vidéos produites (et il faut saluer ici l'effort fait par de nombreuses associations pour se mettre à de la production vidéo), les articles d'actualités, les communiqués de presse ou encore les événements organisés par l'association (pour ce dernier point, le géo référencement est fondamental). Mais avec un blog, il faut reformuler ou remixer ces contenus, ne pas hésiter à en parler plusieurs fois, à les réagencer et à s'approprier les pratiques de la culture web présentées par Lawrence Lessig dans ces interventions vidéos (voir liens dans Pour aller plus loin).

Point avantageux : la plupart des associations et ONG sont productrices de contenu et ont des choses à dire, des témoignages à mettre en valeur, des expériences à partager. Et il y a une évolution de la demande de ces contenus par les publics de ces organisations sur internet. Aux associations de faire leurs évolutions internes. En prenant bien garde de faire dialoguer les jeunes (sensibles et facilement à l'aise avec ces outils) et les plus âgés (expérimentés, porteurs de points de vues riches, mais souvent dédiés à d'autres tâches jugées, pour l'instant, plus fondamentales).

Comme le rappelle Aurélia dans son article, la présence sur les sites sociaux et l'adaptation (ou la production exclusive) du contenu prennent du temps. La première remarque des associations est souvent que leurs services de communication (quand elles en ont) sont déjà dédiés à un certain nombre de tâches et n'ont pas toujours les connaissances (ou le temps d'apprendre) pour animer efficacement ces espaces.

L'Etude Nten sur l'utilisation des médias sociaux par les organisations sans but lucratif nord-américaines, montre qu'elles dédient des mi-temps, voir des plein temps à cette activité. C'est donc une adaptation en terme de ressources à gérer du côté des associations.


Côté économie

Les publics vers lesquels les associations se tournent sont souvent agés.

Le fait est que 80% des donateurs en France ont plus de 60 ans (source : introduction d'Olivier Fleckinger, co-fondateur d'Aider Donner dans la vidéo présentée ci-dessous dans Pour aller plus loin). C'est vrai, il y a le street marketing, qui s'adresse à des personnes plus jeunes, actives, urbaines, le travail étant réalisé par des étudiants. Mais il est réservé aux grandes ONG déja connues, celles qui par ailleurs, disposent déja des droits d'entrée (offerts) dans les agences de publicité.

Restent les petites associations, celles qui ont des difficultés à se financer. C'est de là, à mon sens, que l'innovation viendra.
Remarque confirmée par le fait que sur la plateforme de blogs Solidaires du monde, ce sont surtout de petites associations qui créent leurs blogs, et c'est souvent leur unique présence sur le web, notamment quand elles sont installées en Afrique, sans représentation sur les marchés où l'essentiel des dons de particuliers se fait, soit d'Europe et d'Amérique du nord.

En effet, je me demande si, comme ce qui se passe dans l'univers des médias, nous ne sommes pas dans un moment de transition, un moment qui va voir l'emergence d'organisation en réseaux, avec des structures de coûts différentes de celles que nous connaissons. Pour l'instant en tout cas, l'exigence de performance de la culture marketing (qui est entrée dans les associations, les grandes en particulier) n'est pas satisfaite par les actions sur les sites sociaux. Mais il manque un historique et du recul pour juger de ces opérations et l'étude Nten citée précédement montre le développement de la levée de fonds en ligne. Or celle-ci s'articule autour d'un renouvellement des dispositifs de communication, mais surtout des dispositifs relationnels, de ces organisations.


Kiva.org

Je pense à Kiva par exemple. Cette organisation lève des fonds au Nord et finance des institutions de micro-crédit au sud. Ce n'est pas le même métier que les ONG et associations. Mais voila pourquoi j'en parle : ils ont recours au crowdsourcing, ou approvisionnement par la foule (qui n'est pas très heureux je vous l'accorde). Le crowdsourcing consiste à faire faire par des tiers extérieurs des tâches qui servent l'organisation. Le volontariat est une forme de crowdsourcing. La problématique aujourd'hui pour les associations est de trouver UN MODELE POUR LE VOLONTARIAT EN LIGNE. Pourtant, force est de constater qu'une partie du web 2.0 est fondé sur le don de temps et de connaissances !

Ainsi, comment créer des dispositifs sur internet qui permettent à la solidarité, à l'entraide, au partage, à la répartition des tâches de s'effectuer au profit de la communication, de la notoriété et de l'efficacité des organisations du secteur de la solidarité ?


Les outils sont là ! Il faut les utiliser pour faire grandir l'outillage numérique solidaire.

Pour revenir à Kiva :

  • Ils ont un programme intitulé Kiva fellows, grâce auquel il collecte du contenu par l'intermédiaire de volontaires, qui partent sur le terrain et leur rapportent photos, vidéos, articles de témoignages, d'expériences personnelles, sur les projets financés par les prêteurs sur Kiva ;
  • Ils ont également eu recours à leur communauté pour faire traduire leur portail en différentes langues (comme Facebook d'ailleurs, ce qui pose une question éthique concernant le recours d'organisations fortes riches, au travail bénévole de leurs communautés, sur lesquelles elles assoient déja leurs profits. Laissons cela, car ça m'énerve).


Là je pense aux associations de parrainage et je me dis que j'ai déja rencontré des parrains qui visitaient sur le terrain les enfants dont ils finançaient l'accès à l'éducation. Je crois que ces parrains seraient ravis de trouver un espace leur permettant de publier leur témoignage sur le site de World Vision ou d'Aide et Action.



Dernier point : la veille

Le grand point de départ du web social est la veille : l'écoute d'abord, la participation ensuite.

Quelle veille ? La veille sur les citations des associations (qui parle de moi?), la veille sur les thématiques et les programmes de travail (qui parle des thèmes de mes activités ?), la veille sur les espaces sur lesquels les publics de ces organisations lisent ou prennent la parole : les blogs, les forums, les sites médias, les portails de partage vidéos et photos, les wikis, les sites de partage de favoris comme Delicious, les Twitter, Facebook, Ning, Skyblog...

Cette veille ne nécessite pas d'outil payant. Les flux RSS la rendent facile et rapide. Des agrégateurs comme Netvibes, les alertes Google, les recherches régulières sur les sites sociaux doivent être utilisés pour savoir où les associations peuvent prendre la parole, répondre, enrichir la conversation.

Un exemple, non exhaustif, de veille sur Action contre la Faim :

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Pour accéder à cette page de démonstration : http://www.netvibes.com/thomscotch_veille#Liens_delicious

 

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Dans l'introduction de cette vidéo, Olivier Fleckinger, co-fondateur d'Aider Donner, donne plusieurs chiffres et éléments sur le financement des associations et son articulation avec l'utilisation d'internet par les acteurs caritatifs :

 

Lawrence Lessig sur la culture du remix sur internet (sous titre français disponibles) :

 

Etude NTEN sur l'utilisation des médias sociaux par les organisations sans but lucratif

Présentation : le web au service des acteurs de la solidarité (voir la seconde présentation)

Quelques conseils aux associations pour débuter sur les sites sociaux

10 tactiques pour transformer l'information en action

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20.05.2010

Internet, éxutoire des homophobes

Le 17 mai, 6e journée mondiale de la lutte contre l'homophobie, a été l'occasion de mettre en lumière le rapport annuel deSOSHomophobie.jpg SOS Homophobie. Celui-ci dévoile une nouveauté : le recours massif à Internet pour diffuser des propos et appels à l'homophobie.


16 % des plaintes concernent Internet

En 2009, sur 1 200 témoignages, près de 16 %, soit 160, témoignent d'une agression diffusée sur Internet. Pour la première fois, la toile devance les collègues, le voisinage, les lieux publics ou la famille, devenant ainsi premier motif d'appel au siège de l'association. Même si les commentaires et messages sont finalement retirés, car modérés à postériori, le mal est fait.

Pour Christian Boyer, Directeur de la Rédaction du rapport « Internet sert de lieu de défouloir ». Deux raisons expliqueraient les déferlantes d'injures que connaissent les internautes homosexuels : la banalisation des insultes « Il semble être moins grave d'écrire des injures homophobes que racistes ou antisémites », ainsi que l'anonymat permettant de fustiger en toute liberté les homosexuels dans les forums, les commentaires d'articles, les blogs et même dans la création de jeu on-line, comme Escopeta dont la règle est de tuer le plus d'homosexuels possible sous peine de se faire sodomiser par l'un d'eux....

Internet permet la liberté de discuter et de penser sans craindre pour son intégrité, notamment grâce aux pseudos. A l'image des électeurs du Front National, qui sont toujours plus nombreux dans les bureaux de vote que dans les sondages et estimations. Batholomé Girard, Président de SOS Homophobie approuve cette théorie « A l'encontre de l'idée selon laquelle la société deviendrait plus tolérante, on se rend compte que les homophobes à l'abri derrière leur écran, se sentent moins exposés et se lâchent ».

 

Sur quels sites Internet ?

Pour 21 %, ce sont les sites grand public et de presse qui sont les plus concernés, non pas par des articles, mais par des commentaires. L'exemple repris par Le Figaro, concerne l'annonce du retrait d'Amélie Mauresmo de la compétition, qui a valu au quotidien des commentaires en cascade, dont un concours lesbophobe de jeu de mots...

Mais les propos les plus virulents restent, sans surprise, sur les sites religieux, d'extrême droite et de jeux vidéos,  notamment sur les forums.

Enfin, pour 7 %, ce sont les réseaux sociaux (pages ou groupes) qui sont également concernés.


Internet en justice

Il est difficile d'agir puisque bien souvent les sites sont hébergés à l'étranger. Comme le rappelle Célia Héron, journaliste au Monde « Entre les différentes fonctions (hébergeurs, rédacteurs et responsables éditoriaux) et les paramètres législatifs qui varient selon les cas et les pays, la responsabilité des auteurs de propos discriminatoires sur Internet est rarement établie. », d'où une faiblesse de condamnations.

Le travail de veille sur le web est donc indispensable. Un groupe  de SOS Homophobie est chargé d'y traquer les homophobes. Cela pose bien entendu, la question de la liberté d'expression sur le web, et des possibilités législatives, ou non. Pour Batholomé Girard, « Le Web n'est que la projection virtuelle de ce qui se passe dans la société ». Si on applique ce même principe, l'injure publique et la diffamation publique punies par la loi française d'une année de prison et de 45 000 euros d'amende seraient égallement de mise pour les délinquants du web.

Les exaspérations se multiplient. Aussi après, huit signalements, Alexandre Marcel, homosexuel et décorateur, Alexandre Marcel.jpg a fini par porter plainte contre Facebook et contre les organisateurs inconnus de deux groupes homophobes  pour « provocation publique à la discrimination, la haine, et la violence » et pour « injure publique ». Il dénonce les propos régulièrement mis à jour, considérant les gays comme des malades mentaux ou propagateurs du VIH.

A Avignon, un autre jeune homme, Nicolas Canut, a également porté trois plaintes pour « complicité d'incitation à la haine et à la violence envers la communauté homosexuelle », contre des pages, qui appellent à bruler les gays et à leur couper les mains. L'enquête, menée par la cellule de lutte contre la cybercriminalité de Nanterre suit son cours.


La contre-attaque s'organise aussi sur la Toile

A défaut d'une législation ou d'une autre démarche, la lutte contre l'homophobie s'organise aussi sur la Toile, notamment sur Facebook.

A la requette "Homophobie", nous trouvons 24 pages, dont la plus populaire "Stop homophobie!" compte 3 816 membres. Pour les groupes, le plus important des 227 est espagnol "NON HO PROBLEMI A PUBBLICARE SULLA MIA BACHECA DUE UOMINI CHE SI BACIANO" avec 9 134 membres et le second est français "Je Recherche 1 000 000 De Personnes Qui Ne Sont Pas HOMOPHOBES" avec 8 569 membres.

A la requette "Non à l'homophobie". La page la plus populaire « Non à l'homophobie », créée le 11 juin 2009, compte aujourd'hui 61 570 fans. Active, elle réactualise tous les jours, les informations, événements, films, articles, discussions... Elle a proposé par exemple de regarder l'émission « La France est-elle homophobe ? » diffusée le 17 mai sur France 3, dans l'émission « Ce soir ou jamais ». Entre le 17 et le 20 mai, 500 fans se sont inscrits, preuve que la journée mondiale du 17 a probablement porté ses fruits.

Concernant les groupes, il en existe 23, le premier "NON à l'homophobie! / ¡ No a la homofobia ! / NO to homophobia!" recense 6 276 membres.

 

Aussi le Kiss-in, organisé sous la Tour Eiffel, mais aussi dans 20 autres pays, en même temps, ce même 17 mai, a été largement relayé, par les pages  Facebook "défendons les droits des homos et des bi" (2 832 fans) ou encore "Je cherche 1 million de personnes qui ne sont pas homophobes" (363 538 fans) ayant diffusé la vidéo promo du Kiss-in.

 

Avaaz, un exemple de site de résistance

D'autres vont encore plus loin. Le site Avaaz, s'est lancé dans la lutte contre le projet de loi discutée avaazlogo_fr.gifau Parlement en Ouganda. En effet, le pays est à deux doigts de réveiller la peine de prison à vie pour tout homosexuels. Luttant pour la défense des Droits de l'Homme, Avaaz a lancé une pétition, ayant pour objectif de récolter 500 000 signataires avant que la loi ne soit votée afin de faire pression. « La loi prévoit l'emprisonnement à vie pour toute personne reconnue coupable d'avoir des relations homosexuelles, et la peine de mort pour les "récidivistes". Les ONG travaillant dans le domaine de la prévention contre le VIH risquent jusqu'à 7 ans de prison pour "promotion de l'homosexualité". Et n'importe quel citoyen peut risquer jusqu'à 3 ans d'emprisonnement s'il est reconnu coupable de ne pas avoir dénoncé une relation homosexuelle à la police dans les 24 heures! » rappelle le site.

Aujourd'hui, l'action a récolté 489 240 partisans... Vous pouvez participer à cette action mondiale ou ajouter sa page Facebook à vos favoris, recensant 111 640 fans, d'ailleurs un décompte mensuel a été installé dans les infos.

D'autres initiatives se développent sur Internet, et prouve l'intérêt porté à l'égalité et la solidarité au niveau mondial.

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Le Parisien, le 17 mai 2010 : Il chasse l'homophobie sur la toile

Le Monde, le 11 mai 2010 : Les agressions homophobes progressent en 2009

Le Figaro, le 11 mai 2010: Internet, défouloir pour l'homophobie

SOS Homophie présente son rapport en vidéo et sur son site

L'Express, le 17 mai 2010 : Internet, terrain de jeu des homophobes

Lire l'article 6e journée mondiale de lutte contre l'homophobie, dans le blog Evènements de Solidaires du monde

Qu'est ce qu'Avaaz ? Le site Internet a été créée par Res Publica, une organisation de plaidoyer citoyen sur les enjeux mondiaux, et par Moveon.org, une communauté internet pionnière dans le plaidoyer en ligne aux Etats-Unis. Avaaz a pour partenaires et soutiens des grandes organisations militantes, comme Service Employees International Union ou encore GetUp.org.au et mise sur les possibilités d'inteconnection qu'offre le web. Il tisse un réseau mondial, envoie des newsletter en 13 langues pour favoriser l'intéret et l'implication de tous quelque soit son pays. En trois ans, avec plus de 4,5 millions de membres, un impact réel de pression se fait sentir sur la politique internationale. Le journal The Economist estime qu'Avaaz est entrain de réveiller les leaders du monde par "un appel assourdissant", le Indian Express applaudit "le plus grand réseau de campagnes en ligne du monde" et le Prix Nobel Al Gore a déclaré "Avaaz est une source d'inspiration et a déjà changé beaucoup de choses."

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27.04.2010

Africascopie, un webdocumentaire sur l'Afrique à l'heure du numérique

Le développement du mobile et des cybercafés dans les grandes villes du Sénégal et du Mali : un webdocumentaire de témoignages sur les changements économiques et sociaux en Afrique avec l'arrivée des technologies de communications numériques.

En octobre dernier, nous avions rédigé deux articles sur Africascopie, juste avant le départ des deux journalistes à l'origine du projet : le premier article présentait le projet et relayait l'appel à témoignage, le second était constitué des réponses des porteurs du projet à quelques questions que nous leur avions posé.

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Je vous propose maintenant de revenir sur l'aboutissement de ce projet : le webdocumentaire intitulé Africascopie, qui, comme son nom l'indique met le périscope sur l'Afrique, plus particulièrement pour nous renseigner sur le développement d'internet et de la téléphonie mobile au Mali et au Sénégal.

Si vous vous demandez ce que c'est qu'un webdocumentaire, disons que c'est un documentaire diffusé sur internet et utilisant les possibilités du multimédia :

  • utilisation de textes, de photo, de sons et d'images vidéo;
  • récit non linéaire avec la possibilité pour l'internaute de choisir l'ordre de visionnage du documentaire;
  • interactions avec les médias sociaux

Africascopie est composé en 5 parties de quelques minutes chacune. Il a été réalisé par Jean Abbiateci et Antonin Sabot au Sénégal et au Mali, à l'automne 2010 et produit par lemonde.fr.

La parole aux africains utilisateurs de TIC

1ère partie : la folie du mobile

Comme l'explique Miami Diabate au Mali, la baisse des prix des cartes téléphoniques a permis un développement accéléré de l'accès au téléphone mobile. La forte demande de cartes téléphoniques traduit un fort besoin de communiquer.

Quelques chiffres sur les opérateurs de téléphonie mobile en Afrique :
Chaque partie du webdocumentaire propose des fiches pratiques sur un point particulier en relation avec le thème, accessible au dessus de l'image vidéo.

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Infographie issue d'Africascopie, 1ère partie : les acteurs du marché du mobile en Afrique


Au total : 10 M d'abonnés au téléphone mobile en 2001 et 130 M d'abonnés au mobile fin 2006.

2ème partie : les métiers du portable

"Ici, on essaie toujours de donner une seconde vie aux choses. Il faut se dire que les gens n'ont pas toujours les moyens d'aller payer un téléphone 40, 50 ou 100 000 francs CFA" Ibrahim Sy, réparateur de portables.
Sachant que 500 francs CFA sont équivalent à 1 € et que dans nombre de pays d'Afrique des proportions importantes des populations rurales vivent avec moins d'1$ par jour.

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Photographie issue d'Africascopie, 2ème partie Petits métiers portables


Les activités économiques générées par le développement de la téléphonie mobile sont multiples : réparation et vente de téléphones, de chargeurs, de cartes. Une réparation peut prendre 1 heure à 2 jours pour un téléphone.

Tous les téléphones sont importés depuis Dubaï, la Chine, l'Europe et les Etats Unis.


Il faut aussi noter qu'en l'absence de téléphonie fixe précédent l'arrivée du portable, les africains apprennent la téléphonie avec la mobilité et la prise de rendez-vous à distance, jusque là inédite.Tout ceci bouleverse le rapport au temps.


Le développement du téléphone aide les petits entrepreneurs en réduisant les distances parcourues et en facilitant la synchronisation des actions.


Concernant les coûts d'internet à Bamako au Mali, Mohammed Diakité facture 400 francs CFA l'heure de connexion, soit 0.8€.

Ce gérant d'un cyber café de Bamako dispose de 10 postes de travail, avec une connexion de 512Kb/s pour 100 000 francs CFA/mois soit 150€ ! Le modèle économique est difficile à équilibrer.

3ème partie : le monde depuis un cyber africain


Boukary Konaté, dont vous pouvez entendre le témoignage dans cette 3ème partie est un blogueur malien, s'exprime notamment dans un commentaire sur
cette page  d'appel à projet du webdocumentaire Africascopie (le quatrième commentaire publié). 

Voici ce qu'il dit à propos de l'utilité de la pratique d'internet :


"
Les réseaux sociaux comme Face book, linknd et d’autres m'ont permis d'avoir contact avec des correspondants, des gens de bonne volonté pour le développement de l'Afrique ainsi que des collaborateurs de travail à distance. Cela me permet de dire que l'Internet n'est pas seulement un espace d'information ou de jeux mais aussi un espace de travail en groupe donc un espace qui contribue au développement de la condition humaine."

"
Malgré les multitudes initiatives de lutte contre la fracture numérique, l'Afrique a des difficultés d'accès à Internet à cause du prix élevé de la connexion dans les Cybercafés et la lenteur de la connexion quelques fois sans parler de l'impossibilité pour la plupart d'avoir son propre ordinateur. L'heure de connexion s'élevant entre 400 F CFA à 500 FCFA à Bamako et même 1000 F CFA dans les régions est très chère pour quelqu'un qui veut réaliser de belles initiatives dans le domaine des NTIC. Pour cela, un effort inlassable doit être fournit pour que l'Internet soit à la portée de tous pour qu'il y ait un total désenclavement numérique."

Boukary Konate complète ce propos dans Africascopie :


"
Aujourd'hui, toutes les connaissances se trouvent propagées sur internet. Il suffit d'avoir accès à la connaissance et à l'expérience des autres".

Avec cette critique :


"
Les jeunes communiquent avec les filles pour se donner rendez-vous dans les hotels. En afrique auparavant dans la culture, ce n'est pas normal qu'il y ait un contact entre les jeunes hommes et femmes. Ca c'est un trait négatif pour notre culture".

4 ème partie : nouvelles technologies et médecine


"Actuellement tous les radiologues diplômés du Mali sont à Bamako. Dans les autres régions, il n'y a pas de radiologue".


Pour pallier à ce déficit de médecins spécialisés, les radios sont photograhiées avec un appareil numérique et envoyées au radiologue à Bamako. Les paysans interprètent l'envoi de photos comme de la magie.


Au dela, cette partie fournit une infographie sur le rôle des TIC en matière de développement.

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Infographie issue d'Africascopie, 4ème partie Nouvelles technologies et médecine


5ème partie : rebuts informatiques


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Infographie issue d'Africascopie, 5ème partie Rebuts informatiques

 

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19.04.2010

L'histoire d'Internet par Serge Soudoplatoff

En regardant cette intervention filmée de Serge Soudoplatoff sur l'histoire d'Internet, voila quelques points que je souhaiterai retenir et partager avec vous.



Serge Soudoplatoff - Les vraies ruptures d'Internet

- Internet renvoit à l'invention de l'alphabet, plutôt qu'à l'invention de l'imprimerie. La rupture est donc plus profonde.

- Internet n'est pas né d'une volonté du Ministère américain de la défense de construire un réseau suffisament décentralisé pour résister à une attaque nucléaire. Ou du moins pas seulement. Internet ne s'est pas développé selon un processus causal mais plutôt suite à une "innovation de percolation" (la percolation renvoit à l'idée de seuil, de  limite au dela de laquelle un phénomène se met à changer), c'est à dire le rencontre et la mise en commun de travaux réalisés séparément mais ayant des points communs et des complémentarités.

- Ce sont des réseaux de personnes passionées qui ont fait et qui continuent de le faire.

- En 1991, Al Gore dans son livre blanc, propose de faire d'internet un moteur d'innovation sociale.

- 1.7 milliards d'individus ont accès à Internet (+/- 25% de la population mondiale)

- Internet n'a rien inventé mais il a permis à des formes sociales existantes de se développer. Internet favorise les relations horizontales et les échanges entre membres d'un même réseau.

- Lorsqu'on partage un bien matériel, il se divise; quand on partage un bien immatériel, il se multiplie.

- L'utilisateur veut être co-constructeur du service ou du produit.

- L'enjeu de l'ère d'internet est la gestion des interactions entre les individus.


Appliqué aux questions de solidarité et de développement, qu'est ce propos pourrait apporter ?

Voici quelques avis personnels et questions sur la question.

- Tout d'abord, les organisations de solidarité nationale et internationale partagent avec les constructeurs d'internet le fait d'être des passionés. Pourquoi l'engagement associatif est il affaire de passionés ? La question reste ouverte et vous avez les commentaires pour donner votre avis, mais mes connaissances du milieu confirment cette idée. Les conditions matérielles et financières dans lesquelles ces organisations travaillent sont souvent compensées par un investissement personnel sans relâche des salariés et bénévoles. Cet investissement trouve sa source dans l'adéquation entre les convictions personnels des individus et les valeurs portées par l'organisation.

- La solidarité qui concerne les biens matériels n'est pas gérée par les même lois que la solidarité qui concerne l'immatériel. Autant une ressource limitée devra être attribué à tel ou tel projet, autant une ressource immatérielle peut servir en même temps à plusieurs utilisateurs. C'est même ce partage à un grand nombre qui fait la valeur de cette ressource : plus quelque chose est partagé, plus il a de la valeur.

- Les grandes associations et ONG doivent s'adapter à Internet comme les entreprises : leur centralisation, leur contrôle de l'information et leur organisation hierarchique vont se heurter aux pratiques de leurs utilisateurs.

- La co-construction vaut également pour les actions de solidarité. De plus en plus, les internautes co-construisent l'image et les représenations qui concernent les associations et les ONG. Dans une certaine mesure, avec des sites comme Aider Donner (équivalent de l'anglo saxon Just Giving), les internautes deviennent collecteurs de dons pour les associations. Demain, sur le terrain, les associations seront-elles des organisatrices des bonnes volonté et des centre de mise en relation de personnes ayant des compétences et de la bonne volonté, avec des porteurs de projet (à l'image de Dreamshake).

- La gestion des interactions semble se faire de plus en plus sur les sites sociaux. Quelle utilisation solidaire est faite de ces sites sociaux ?

 

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Pour une retransciption intégrale du propos de Serge Soudoplatoff par Taos Aït Si Slimane (que nous remercions au passage).

Le blog de Serge Soudoplatoff

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30.03.2010

Remarques sur la conférence communication et plaidoyer des ONG

Suite à la conférence du 17 mars chez Action contre la Faim intitulée : Quelle place pour le plaidoyer et le témoignage dans l’action humanitaire ? Quelle communication grand public ? Nous avions rédigé cette note de restitution des échanges.

Si vous avez pris connaissance des débats qui se sont tenus ce soir là, nous souhaiterions dans la note présente faire état de quelques remarques et questions sur le sujet.

Dans un contexte d'évolution de la communication, de participation croissante et de changement du rôle du public, de renouvellement des outils et de bouleversement de l'univers des médias, il est intéressant qu'Action contre la Faim ouvre ses réflexions stratégiques sur les enjeux de l'action humanitaire mais aussi sur les questions que la communication et le plaidoyer des ONG soulèvent à l'horizon 2015.

L'objectif était donc de faire un peu de prospective et d'identifier les dynamiques actuelles qui vont répondre à ces questions.

Mais où est passé Internet ?

Internet et les usages qu'il autorise ont été les grands absents de cette discussion. Les intervenants de la conférence n'y ont quasiment pas fait référence, j'étais déçu.

Pourtant dans son introduction,
Roger Persichino (administrateur d'ACF) fait référence à la notion de "connecteurs sociaux", il rappelle que les outils et usages actuels permettent et entrainent une évolution de la relation entre le donateur et l'association. Il explique également qu'Internet modifie l'articulation entre le développement de nouvelles ressources et la communication.

A mon sens, une réflexion prospective sur l'évolution de la communication et du plaidoyer d'une ONG ne peut faire l'économie d'une analyse de ce qui se fait aujourd'hui en matière de coproduction de l'information, de codiffusion, de levée de fonds en ligne, d'engagement des publics, de campagne de sensibilisation ou de plaidoyer.

Il nous semble crucial que ces points soient développés par ceux qui réfléchissent sur la communication au sein des ONG.

Nous lancons donc quelques pistes, sous forme de questions, pour peut-être faire débat avec les responsables de la communication des ONG.


Une évolution de la demande du public ?

Dans quelle mesure la pratique d'Internet provoque-t-elle une évolution de la demande de communication de la part du public ?
Olivier Fleckinger, co-fondateur d'Aider Donner, pose cette question dans cette conférence en rappellant que le contexte est en effet propice à une modification progressive du rôle du public. Comment décrire cette évolution ? Et qu'entraîne-t-elle ?

Qu'est ce que la coexistence, sur une même page web, de l'acte de s'informer et de l'acte de donner (de son temps en diffusant ou coproduisant l'information, ou de son argent) change-t-elle aux mécanismes antérieurs ? Qu'est ce que cela permet ?

Une migration obligée vers Internet ?

Si le profil du donateur évolue et migre vers une relation en ligne avec l'association, comment l'ONG s'organise-t-elle pour répondre à ce nouveau mode de relation plus direct, plus immédiat et plus collaboratif ?

Qu'est ce que les ONG mettent à disposition pour que leurs publics participent à la diffusion des messages et des campagnes ? Les contenus proposés sur le site de l'organisation facilitent-ils cette réutilisation par l'internaute ? Comment le rôle de celui-ci évolue-t-il avec les pratiques et les outils disponibles ? Comment l'ONG accompagne-t-elle cette évolution ?

Vers une modification de l'organisation de la production de l'information

Comment l'information et la communication des ONG sont-elles produites, avec ou sans partenaires ? Quels outils d'organisation de l'information
sont-ils utilisés sur le terrain ? Dans quelles mesures ces données peuvent-elles nourrir la communication ? En situation d'urgence, quel usage la structure fait-elle des applications web, Ushahidi par exemple ?

Plus largement, qu'est ce que les outils de cartographie en ligne et la diffusion d'information en temps réelle changent à la communication des ONG ? Qu'est ce que l'équipement et les usages du mobile changent-ils à la communication, à la collecte de dons ?

La fonction communication de l'ONG est-elle centralisée au siège ? Quel type de décentralisation est-il possible de faire ? Serait-il intéressant pour les acteurs de terrain, de communiquer directement aux public et journalistes ? Comment communiquer aux expatriés les informations sensibles ?

Quel rôle les ONG peuvent-elles jouer dans les missions de capacitation des partenaires et employés autochtones dans leur utilisation d'Internet pour leur communication et leur plaidoyer ?

Les médias sont de plus en plus sociaux

Dans quelle mesure une ONG doit-elle repenser son rôle vis-à-vis des médias ? Peut-elle se comporter comme un media ? Qu'est ce que cela entraine ?

Si l'ONG se considère comme un réseau social et comme membre d'une communauté de réseaux sociaux, qu'est ce que cela change à sa communication ? Comment les membres de l'association utilisent-ils les outils de publication et de diffusion comme les blogs, les réseaux sociaux, les sites de partage photo et vidéo et toute la mutualisation des outils et des expériences qu'ils permettent ?

Vers un changement d'organisation et de fonction ?

Dans un contexte d'évolution du rôle des ONG par rapport aux pouvoirs politiques et économiques, par rapport à la représentation des intérêts de la société civile notamment; la réflexion sur les changements induits par Internet dans nos sociétés, nous parait des plus importantes. C'est pourquoi nous avons posé ces questions.

Merci d'avance à ceux qui proposeront d'autres questions et réponses pour alimenter ce débat.


Quelques sources de réflexions

[English]

[Français]

 

04.03.2010

Au menu de la rencontre Starting Block

Vous trouverez ci-dessous des éléments et ressources illustrant la présentation animée par Jérôme de l'association Orcades et moi-même sur le thème du web en matiète d'éducation à la citoyenneté et à la solidarité.

Cet atelier est organisé avec des étudiants mobilisés dans le cadre du 14ème week end National de Formation et d’Echanges sur « l’éducation à la solidarité et à la citoyenneté par les jeunes, vers les jeunes » organisé par l'association Starting Block. Pour en savoir plus, voir le programme.


TIC, médias et ECS : enquête et
promenade commentée sur le web 2.0

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Chemin de faire
  • Echanges et communication : email et fonctionnalité "répondre à tous", baisse des coûts, mobilité, inégalités sociales, culturelles
  • Synchronie et asynchronie
  • Mise en relation : démultiplication des rencontres et des échanges
  • Participation : les plateformes de contenu générés par les utilisateurs
  • Collaboration : wiki, partage de fichiers
  • Diffusion : du modèle broadcast  (centre > périphérie) au modèle en réseaux
  • Production : nouveau modèle de production ? Open source
  • Information & sensibilisation : campagnes Greenpeace - Global Voices - Journalisme citoyen - multiplication et spécialisation des médias, incertitudes sur les modèles économiques, avenir du journalisme ?
  • Les associations, les entreprises et les institutions sont producteurs d'informations. Désintermédiation relative // médias traditionnels.
  • Mobilisation : possibilité de s'organiser sans organisation, interpellation et incitation à l'action : avaaz.org - campagne Robin Hood Tax
  • Veille, outils : twitter et netvibes, standard RSS
  • Partage : information, connaissances et compétences. Don de soi, de temps.
  • Inégalités d'accès, de pratiques, représentation de la richesse linguistique
  • Rôle des TIC dans les échanges culturels, économiques, financiers
  • Réseaux sociaux : généraliste et grand public, spécialisés comme wiser earth - ou les réseaux sociaux professionels
  • Langues et échanges interculturels
  • Peer to peer lending : Friendsclear - Prosper, couchsurfing, ebay et création de système d'évaluation de la confiance, réputation
  • Téléphonie mobile dans les pays en voie de développement

 

A vos remarques et questions !

18.02.2010

Entretien avec Jean-Michel Cornu de la Fing sur l'innovation et les usages d'internet

Le 21 janvier dernier, nous avons rencontré Jean-Michel Cornu, directeur scientifique de la Fondation Internet Nouvelle Génération.

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Présentation de la Fing

Créée en 2000 par une équipe d’entrepreneurs et d’experts, la Fing repére et valorise l’innovation dans les services et les usages du numérique. Elle compte plus de 160 membres dont 4 grands partenaires : Orange, la Caisse des Dépots et Consignations, le Groupe Laser et la Région PACA, ainsi que des grandes entreprises, start-ups,  laboratoires de recherche, universités, collectivités territoriales, administrations et associations.

Afin de diffuser sa veille et ses analyses, la Fing édite le site Internet Actu, dont nous recommandons la lecture à ceux qui veulent des analyses détaillées sur les usages des TIC.

Interview de Jean-Michel Cornu

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Il nous a semblé intéressant de rencontrer Jean-Michel afin de lui poser quelques questions sur les usages d'internet dans les pays en développement, sur la diffusion de l'innovation et les échanges interculturels permis par l'augmentation de l'utilisation d'internet.

En tant que directeur scientifique, Jean-Michel tisse un trait d'union entre les laboratoires où s'élaborent les nouvelles technologies et les premiers utilisateurs. Mais, comme il le rappelle dans l'entretien, il ne suffit pas de suivre les laboratoires publics ou privés des pays riches matériellement. En effet, l'innovation est aussi au coeur des pays en voie de développement dans les adaptations, les combinaisons et les usages faits des nouvelles technologies.

Pour en savoir plus sur les activités de Jean-Michel Cornu : sa page dédiée sur le site de la Fing ou encore, son blog.

Nous remercions Jean-Michel pour sa disponibilité pour cette interview et la générosité de ses réponses.


Première partie
: innovation et usage des TIC

Après une minute de présentation sur son parcours personnel et ses activités au sein de la Fing, Jean-Michel présente quelques éléments issus de ses recherches en matière de veille sur les innovations technologiques au nord et au sud.

A propos des usages des technologies de l'information et de la communication, Jean-Michel rappelle ce propos d'un de ses amis, ancien directeur de l'African Centre of Meteorological Application for Development (Acmad), paraphrasant Esope  : "les TIC sont un peu comme la langue des hommes, à la fois la meilleur et la pire des choses" puis il remet en question l'idée que les TIC permettrait un rattrapage en matière de développement : "sommes nous vraiment un modèle ?"

Jean Michel rappelle également que les meilleurs niveaux de multilinguisme et d'artisanat résident en Afrique. Des véritables atouts dans les usages d'internet.

Accès direct aux références : ACMAD - Fab Labs - Neil Gershenfeld on Fab Labs - Fondation Internet Nouvelle Génération - The Well

André Gunthert : “Internet est une révolution de la consultation plus que de la production


Deuxième partie

A propos de mobilisation permise par internet, Jean-Michel nous met en garde contre une vision consistant à voir de manière séparée le monde en ligne et le monde hors ligne. Internet prolonge et accroit les possibilités d'échanges déja existantes entre les humains.

"Utilisons internet pour des gens qui ne savent pas ce que c'est qu'internet. Avec un téléphone mobile et une petite bidouille, on peut créer une passerelle entre les SMS envoyés par les téléphones mobiles et le Web. Un autre dispositif a été mis en place par RFI et l'ANPE du Mali afin de diffuser des offres d'emplois en passant par internet, le satellite et les radios locales".

Accès direct aux références : Agence Nationale pour l'Emploi du Mali - RFI - TIC


Troisième partie

Concernant la transmission des savoirs, Jean-Michel Cornu revient notamment sur les avantages du multilinguisme à l'ère d'internet. Les capacités linguistiques et culturelles deviennent déterminantes sur internet en matière de diffusion de la connaissance.

Accès direct aux références : site de RFI planète radio & article sur le système du boeuf qui tourne pour produire de l'énergie

Sur le multilinguisme en Afrique : les origines du multilinguisme en Afrique, ou pourquoi les Africains sont souvent polyglottes et pour aller plus loin sur ce sujet : Multilinguisme et politiques linguistiques en Afrique, par Marcel Diki-Kidiri.

Sur le Forum Innov@frica, organisé à Bamako au Mali du 14 au 18 décembre 2009 : restitution du premier forum - rapport de la mission de la Fing - le blog dédié à l'événement - l'émission dédiée de Cédric Kalongi sur RFI


Quatrième partie

A propos de nouveaux modèles productifs et de valeurs, Jean-Michel revient sur la définition d'internet comme un "réseau de réseaux".  Il  rappelle l'importance de l'interconnexion des réseaux et la tension entre uniformisation et atomisation : ce qui est intéressant c'est de garder les différentes cultures sur les réseaux car l'approche de l'innovation peut être tellement différente que cela nous interroge et nous donne de nouveaux éclairages sur les innovations et leurs usages.

"Ce qui est intéressant, ce ne sont pas les réponses mais le partage des questions... La solidarité, c'est partager les questions pour se remettre en question".

Accès direct aux références : crowdsourcing - open source


Cinquième partie

Internet est un support d'innovation inédit "il y a plus d'innovations dans les 20 dernières années que dans toute l'histoire de l'humanité".
Après deux minutes, Jean-Michel aborde la question de l'innovation monétaire. Il développe les réflexions menées autour du Moniba avec le CESTI et l'ANPE du Mali. Cela permet de comprendre comment on peut échanger une monnaie affectée (ou complémentaire) contre des heures de formations pour faciliter les échanges de formations entre individus. Plus vous formez les autres, plus vous accumulez des Moniba et plus vous pouvez être formé.

Accès direct aux références : article imprimantes 3D sur wikipedia - vidéo de présentation d'une imprimante 3D
Je n'ai rien trouvé sur le travail de Valentin Lacambre sur les graines libres. Comme le sujet m'intéresse, je reviendrai sur le sujet ultérieurement.

Sur les tableaux blancs interactifs : tableau blanc interactif sur Wikipedia - démonstration et explications en français sur le tableau blanc interactif à base de Wiimote - l'initiateur de cette innovation se nomme Johnny Chung Lee.

A propos des monnaies affectées ou complémentaires :



Sixième et dernière partie

Jean-Michel s'exprime ici sur la rencontre avec l'autre dans ce qu'elle permet "une proximité de coeur et une différence de culture". Il rappelle également ce propos de Rousseau : "l'humain peut à la fois être meilleur et pire que la nature".
"Parce que nous allons avoir des visions différentes, nous allons pouvoir enrichir les choses".

La fin de l'interview met en perspective les sciences humaines dominantes comme l'économie avec les sciences de la compléxité, les sciences de la prise en compte du multiple : passer de la science de l'un aux sciences du deux (l'économie, vision dominante de notre époque), à celles de demain, les sciences du multiple.
Les indiens Pirahas d'Amazonie ont beaucoup à nous apprendre, si nous prenons le soin de les écouter.

"Les meilleurs spécialistes de la compléxité sont ceux qui ont le plus de liens avec le nous !"

 

 

N'hésitez pas à proposer vos commentaires sur cette note ou à visiter le blog de Jean-Michel Cornu pour lui faire part directement de vos remarques : le blog de Jean-Michel Cornu.

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L'histoire d'Internet par Serge Soudoplatoff

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30.12.2009

Internet Prix Nobel de la Paix ?

Internet prendrait-il forme humaine ? Entre son auto-développement et son utilisation quasi-vitale, on peut se demander quelles sont les limites d'un outil qui déstructure et entraine une réorganisation de nombreuses activités humaines : économiques, culturelles, sociales, identitaires... Le journal italien Wired ne s'encombre pas de questions en proposant  la nomination d'Internet pour le Prix Nobel de la Paix de 2010 !

A coté de celle de Mickaël Jackson, on peut sentir comme un glissement de la thématique d'origine... Pour Riccardo Luna, rédacteur en chef de Wired-Italia, la proposition se justifie dans la mesure où Internet « peut être considéré comme la première arme de construction massive ».

Pour appuyer sa thèse, le journal énumère les arguments, mis en ligne sur le site créé à cette occasion, internetforpeace.org.

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Jusqu'où Internet peut-il remplacer l'humain ? Débat (provocateur) lancé !

Internet est en soi un outil incontesté et irremplaçable, il permet effectivement de lier les hommes au dela du temps et de l'espace, il permet de diffuser plus d'information et de créer du débat, de la solidarité. Pour autant, son instrumentalisation à des fins très contestables est véritable : les exemples se comptent à la pelle,  en matière de propagande politique,  de sectarisme,  d'escroqueries, de division et d'expression des pires folies humaines.

En tant qu'outil, sa fonction est liée à l'objectif visé par celui qui l'emploie. Et plus il y a d'utilisateurs, plus il y a d'objectifs, plus l'outil n'apparait alors que comme un reflet de ce qui se fait de mieux et de pire dans l'espèce humaine.

Pour autant, des célébrités semblent ouvertes à cette proposition, se disant que l'heureux élu peut également être une organisation, à l'image de Médecins Sans Frontières par exemple qui eut le prix en 1999, ou la International Campaign to Ban Landmines, un réseau fonctionnant uniquement grâce au web, lauréat en 1997. Aussi Shirin Ebadi, avocate iranienne, elle-même Prix Nobel de la Paix en 2003, ou Georgio Armani sont partisans de la candidature d'Internet et figurent sur la liste de ses soutiens.

Les éditions américaines et britanniques de Wired se sont également associées à l'édition italienne pour assurer la campagne jusqu'en septembre 2010. Les relations entre l'éxécutif italien et les médias expliqueraient-elles que wired.it ait proposé l'idée ?

Nous pouvons ainsi accepter que le Prix Nobel ne soit pas exclusivement remis à un humain, comme c'est également le cas de son petit frère français, moins médiatisé, mais néanmoins vieux de 20 ans, le Prix des Droits de l'Homme de la République Française, remis par la Commission Nationale Consultative des Droits de l'Homme (CNCDH). Celui-ci vient d'être décerné le 10 décembre autours de deux thèmes : l'aide aux enfants des rues et le soutien aux libertés d'expression et d'information. Dans la première catégorie, l'ONG tchétchène Sauvons la Génération a été récompensée, puis Voice of Children. Dans la seconde, Citizen Against Corruption, puis PNGO (une plateforme d'ONG palestiniennes) et le Centre Argentin d'Etudes Légales et Sociales sont les heureux lauréats.

Alors admettons que cette idée aboutisse, quelles pourraient en être les conséquences, changerait-elle notre perception et notre utilisation de l'outil ? Une dynamique positive pourrait-elle être déclenchée ? Ou n'est-ce pas le début d'une désacralisation du Prix, ou simplement une évolution ? Encore faut-il vraiment vouloir qu'il évolue.  Et cela n'annulerait-il pas finalement ou du moins ne nierait-il pas desvraies actions bien réelles, sur le terrain ou en amont, par de vraies personnes, porteuses de valeurs qu'aspire à reconnaitre le Prix ?

Rappelons ainsi la définition de base qu'Alfred Nobel écrit dans son testament : le prix récompense « la personnalité ayant le plus ou le mieux contribué au rapprochement des peuples, à la suppression ou à la réduction des armées permanentes, à la réunion et à la propagation des progrès pour la paix ». En relisant ces lignes, on peut également se demander sur quels critères Barack Obama, venant de renforcer ses troupes armées en Afghanistan pouvait mériter ce prix... Mais c'est un autre débat.

Pour soutenir la candidature d' Internet, vous pouvez vous inscrire sur la pétition en ligne ou réagir en laissant vos commentaires !

18:40 Publié dans Institutions | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : prix, nobel, paix, 2010, internet, solidarité, wired | | | Digg! Digg

27.10.2009

La Journée mondiale de l'information sur le développement

La Journée mondiale de l'information sur le développement est née en 1972, sous l'impulsion de l'Assemblée générale des Nations Unies. A l'image de la résolution 3038(XXVII) qui l'accompagne et la justifie, cette journée mondiale s'inscrit dans une démarche globale de ré équilibrage entre pays « industrialisés » et pays « en voie de développement ».

Cette journée a lieu, chaque année depuis sa création, le 24 octobre. Elle coïncide ainsi avec  la date anniversaire de la Journée des Nations Unies, notamment celle de 1970, au cours de laquelle a été adoptée la Stratégie internationale du développement pour la deuxième Décennie des Nations Unies pour le développement.

A l'aune de l'essor des nouvelles technologies, en terme de communication notamment, il s'agit de sensibiliser les principaux acteurs à l'équité d'un développement technique, économique et social jusqu'ici réservé à un nombre de pays restreint. Passée une approche institutionnelle, il s'agit de sensibiliser le grand public, et plus particulièrement les jeunes, à l'évolution des problèmes généraux de développement. En effet, le grand public, peut-être davantage sous l'impulsion des jeunes, peut contribuer largement à l'accroissement des efforts en matière de coopération internationale.

Notre Blog Regards sur le Web, en tant qu'outil de communication destiné à favoriser les échanges entre personnes géographiquement éloignées (voire isolées), mais surtout parce qu'il suit une éthique de développement solidaire, se devait de rappeler cette journée. Malheureusement peu véhiculée par la voix des médias, son importance ne s'est pourtant pas amoindrie depuis sa création, il y a plus de trente ans déjà. Les bloggeurs de Solidaires du monde, via leurs apports réguliers d'expériences et de conseils, via les échanges qu'ils encouragent et suscitent, sont à saluer dans le cadre de cette journée mondiale à venir.

Internet, que ce soit sous la forme d'interfaces comme celle de Solidaires du monde, de réseaux sociaux ou autres, favorise largement les échanges entre citoyens du monde. Depuis sa création, cet outil s'est révélé être un facteur de croisements, de rencontres et de créations de liens exponentiels. Contre ses détracteurs, qui le réduisent à un accélérateur d'uniformisation culturelle (entre autres), l'utilisation faite d'internet par les « solidaires du monde » nous rappelle qu'un outil n'est pas condamnable en soi, mais bien qu'il doit être ramené à l'usage qu'on en fait.

La démarche défendue ici, par Solidaires du monde en général et Regards sur le web en particulier, consiste à mettre en lumière les acteurs « terrains », également convertis en internautes via les blogs, notes et commentaires qu'ils publient. Pourquoi les mettre en avant ? Certainement pas par démagogie.  Le souci premier est bien de préserver une interactivité, que nous considérons ici comme essentielle à l'échange de données et d'informations dans les nouveaux moyens de communication du type Internet. De nombreux sites d'informations sur le développement se sont davantage investis dans la communication institutionnelle, délaissant ainsi les approches didactiques, pourtant bien utiles aux  utilisateurs novices...

Le Web est reconnu pour créer des liens de proximité là où il pourrait difficilement y en avoir autrement. Par la multiplication des interfaces de mises en contacts, par la variété des supports (audio, vidéo, écrit) qu'ils diffusent, les internautes se familiarisent progressivement à un outil aussi vaste que complexe. Il est de notre devoir, en tant qu'administrateurs de la plateforme, de vous aider à prendre pleine possession de cet outil. Le langage institutionnel s'adresse aux institutions, mais pour vivre pleinement, il a besoin de vous. A vous de créer le vôtre, pour ça nous vous y aidons et continuerons de le faire !

20.10.2009

6 questions à Jean et Antonin, porteurs du projet Africascopie

Il y a une semaine, nous vous présentions le projet Africascopie : un web reportage participatif porté par deux journalistes français, Jean Abbiateci et Antonin Sabot, en partenariat avec Le Monde.

Dans cette note, nous vous proposions aussi de soumettre vos propres témoignages sur les conséquences des technologies de communication au Mali et au Sénégal, et dans les pays en développement de manière générale. C'est toujours possible en écrivant à africascopie[@]gmail.com ou directement sur l'Atelier des Médias.

Ce projet, nous l'apprécions car il croise plusieurs thèmes qui nous tiennent à coeur :

  • les témoignages recueillis sur le terrain, directement auprès des populations des pays en développement. L'enjeu ici réside dans l'utilisation d'Internet pour rapprocher les populations du Nord des populations du Sud, faciliter leurs échanges et la connaissance des uns des autres et réduire le poids des stéréoypes dans les représentations.
  • les conséquences sociales, économiques et culturelles de l'adoption des technologies de communication mobiles et Internet : dans les pays développés avec l'avènement de nouvelles formes de reportages, et de nouvelles relations avec les journalistes, mais surtout dans les pays en voie de développement où l'adoption de technologies entraîne également un mouvement de réorganisation des activités.
  • le renouvellement de l'écriture et des approches journalistiques avec la notion de participation au reportage et de webdocumentaire
  • la question de la représentation et de la fabrication des représentations des populations du Nord à propos des populations du Sud et inversement, avec le rôle fondamental joué par les migrants, les voyageurs, les médias et les journalistes, les professionnels des ONG et du développement,...

Enthousiasmé par Africascopie, nous avons adressé 6 questions aux deux journalistes. Voici leurs réponses.

Nous avons également prévu de réaliser une interview de Jean et d'Antonin à leur retour. Si des questions vous chatouillent, n'hésitez pas, nous les poserons pour vous et pour l'aspect participatif de notre reportage :-)

Comment avez-vous préparé et documenté votre projet ? Vous êtes vous déjà rendus dans ces pays ? Avez-vous des contacts terrains et si oui, comment les avez-vous identifiés ?

"Africascopie est un projet de web-reportage au Mali et au Sénégal. Antonin et moi sommes tous les deux journalistes et nous souhaitions, à travers ce reportage, essayer de comprendre les impacts d'Internet et du téléphone portable en Afrique. Nous voulions également aller au peu au-delà de l'image d'un continent dont on n'évoque souvent le nom qu'au travers de reportages sur le sida, la famine ou la guerre.

Pour préparer ce reportage, on s'est pas mal documenté, on a passé quelques coups de fil. Et ce, afin de repérer les initiatives vraiment intéressantes. D'après mon expérience, j'essaye de privilégier des contacts directs, en évitant au maximum les intermédiaires. Je suis toujours un peu méfiant des grosses ONG occidentales, des usines à gaz où, parfois, la communication prend le pas sur l'intérêt réel du projet. Les petites structures locales sont toujours les plus intéressantes pour ramener de la matière, des témoignages authentiques."

Pouvez-nous expliquer et détailler ce que vous entendez par reportage participatif ? Prévoyez-vous notamment de confier des outils d'écriture aux personnes que vous allez rencontrer ?

"Ce reportage est un peu particulier puisqu'il se veut participatif.
Premier niveau, l'internaute peut laisser un commentaire et nous répondons. Mais nous avons essayé d'aller un peu plus loin, en lien avec l'émission de RFI, l'Atelier des Médias. Cette web-émission fédère depuis deux ans une communauté d'internautes, notamment maliens et sénégalais. Depuis quinze jours, on a lancé la conversation avec eux sur l'impact que pouvait avoir pour eux les nouvelles technologies dans leur vie quotidienne. Ce sont eux les mieux placés pour témoigner. On va essayer de rencontrer plusieurs d'entre eux lors de notre passage en Afrique. (cf. la présentation du projet sur l'atelier des médias de RFI dans les liens Pour aller plus loin).

Il ne s'agit aucunement de faire du participatif un échappatoire à notre boulot de reporter. Il s'agit simplement de collecter, par ce biais, des idées, des angles, des témoignages que nous n'aurions pas pu collecter autrement. Exemple : cet internaute d'un village sénégalais qui nous a raconté comment, en cas de décès, le téléphone portable avait permis de prévenir plus facilement les proches, alors qu'auparavant, il fallait envoyer quelqu'un pour les prévenir." La source du témoignage.

Pensez-vous être surpris de ce que vous allez observer, ou pensez-vous plutôt faire des expériences qui confirment l'idée que vous avez, a priori, de l'impact des nouveaux médias au Mali et au Sénégal ?

"Mais c'est tout le charme d'un reportage :-) Si nous savions ce que nous allions ramener lors de notre reportage, ça ne vaudrait pas la peine de partir. Plus sérieusement, c'est certes important de se documenter avant de partir. Mais il faut laisser, il me semble, un peu de place à la surprise, à la rencontre impromptue. Il ne s'agit évidemment pas de tout improviser. Mais à trop vouloir programmer le reportage, on ne sait plus être à l'écoute et c'est très important en reportage."

Quelle approche souhaitez-vous privilégier au cours de votre reportage ? Etudes des effets économiques, sociologiques et culturels, anthropologiques ?

"Nous partons en reportage. Donc on va essayer de privilégier les exemples concrets d'impacts des TIC, plutôt que de se lancer dans de grands discours. Eh oui, l'impact des TIC est évidemment économique, mais également social. On va essayer de voir large."

La diffusion des nouvelles technologies de communication est souvent présentée comme un accélérateur du développement. Quels sont, selon vous, et avant votre reportage, les effets négatifs de ces technologies ?

"Même réponse que pour la question plus haut. Mais on ne veut pas non plus tomber dans l'angélisme. Les NTIC ont certes un potentiel formidable pour les pays du Sud, mais la fracture numérique est une réalité. C'est là qu'à mon avis le boulot de reportage prend tout son sens. Aller au-delà des déclarations pour aller voir réellement où ça bouge et où ça craque."

Quels matériels emportez-vous ? Serez-vous en mesure d'écrire en temps réel ?

"En temps réel ? N'exagérons rien ! De toute façon, sur un tel sujet, ça n'a pas forcément un grand intérêt. On va simplement essayer de raconter chaque jour, nos rencontres, les coulisses de notre reportage et ce, avec les outils que permet le multimédia : le son, la photo, l'audio, le texte et la vidéo. Concrètement, on va emmener nos appareils photos (qui permettent également de tourner de petites séquences vidéos) et des enregistreurs audio. Sans oublier carnets et stylos."

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Sur Africascopie

Sur le thème du web documentaire (ces exemples ne concernent pas les questions de développement mais introduisent de nouvelles formes d'écriture journalistique)

Réalisé pour le Monde, sur les dernières nuits en prisons de 5 détenu

Réalisé pour le Monde, à la place d'un journaliste d'investigation en chine

Réalisé pour le New York Times, Choisir son président

Réalisé pour le Las Vegas Sun, étancher la soif de las Vegas

La vie quotidienne des Kurdes d'Irak, l'après-Katrina, le voyage d'un Camerounais migrant vers la France...

Montréal en 12 lieux

Source : un webdocumentaire sur le webdocumentaire, très bien fait

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