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16.12.2009

Noël solidaire

-          Qu'est-ce qui te ferait plaisir à Noël ?

-          Bah, je sais pas...

-          Un parfum ?

-          J'en ai déjà...

-          Un vêtement ?

-          J'en ai assez...

Pour ceux qui ont vécu, vivent ou s'apprêtent à vivre ce genre d'échange -palpitant- à l'approche des fêtes de Noël, nous avons pensé à vous présenter ici une liste de cadeaux solidaires qui font figure d'alternative au cadeau inutile, pas vraiment apprécié, voire revendu sur E-bay dans les heures qui suivent le grand déballage au pied du sapin...

  • Le cercle vertueux du cadeau solidaire

effet domino cercle vertueux.jpgLe principe du cadeau solidaire est celui d'un cercle vertueux à l'intérieur duquel on risque de tomber et de prendre goût !

Le cadeau solidaire c'est l'occasion de faire plaisir à :

-          Celui qui l'offre : l'assurance de faire un cadeau original et utile

-          Celui qui le reçoit : la surprise et le plaisir d'être associé à une action solidaire menée en son nom

-          Celui qui en bénéficie : la satisfaction de recevoir une aide qui améliore son quotidien

  • Oxfam

Oxfam International est une association de 14 organisations qui œuvrent ensemble et en collaboration avec des milliers de partenaires et d'alliés dans le monde entier sur des chantiers de développement et de solidarité.

Pour un prix allant de 5€ à 60€ et plus, vous pouvez offrir au(x) proche(s) de votre choix un cadeau symbolique et plein de valeurs.

Au choix parmi les différents catalogues proposés, vous pouvez ainsi offrir un potager (5€), une chèvre (19€), une formation d'ouvrière (50€), une formation d'aide soignante (79€), une petite vache (146€), et plein d'autres choses encore. Rendez-vous sur la page du site Oxfam Unwrapped pour consulter l'ensemble des catalogues, en particulier celui du pays où vous résidez*.

*pour la France, consulter le catalogue Oxfam-Solidarité (Belgique).*

  • Boutique Dons-Cadeaux: Un geste ici, un projet là-bas

Dans le même esprit qu'Oxfam, la boutique Dons-Cadeaux vous permet d'associer un proche à un don que vous faîtes à quelqu'un qui en a vraiment besoin. Les dons-cadeaux proposés vont de 5€ à plus de 100€. En vous rendant sur le site de Boutique Dons-cadeaux, vous verrez notamment qu'il vous est possible d'offrir un suivi médical pour un enfant travailleur (5€), 6 poules et poulets pour une famille (20€), l'équipement d'une classe maternelle (60€), parmi d'autres idées de cadeaux solidaires.

N'hésitez pas à consulter également d'autres sites vous proposant des initiatives solidaires proches de celles que nous venons de vous présenter, notamment les cadeaux solidaires de Vision du monde, boutique solidaire.com d'Action contre la faim,...

  • Babyloan: micro credits, great stories

Sur Babyloan, 1er site Internet français de microcrédit solidaire des micro-entrepreneurs du Sud, vous avez la possibilité d'offrir un chèque du montant de votre choix (de 20€ à 100€) et de l'offrir à un proche, lui permettant ainsi de parrainer le micro-entrepreneur qu'il souhaite soutenir. A l'issue de ce prêt, le proche à qui vous avez permis de parrainer un entrepreneur du Sud pourra renouveler le prêt pour soutenir un autre entrepreneur ou recevoir un chèque de cadeaux multi-enseignes du montant du passeport cadeau initial.                                        cadeau-noel2.jpg

Les différents projets à soutenir par la voie du prêt vous sont présentés sur le site de Babyloan.org. Pour chacun d'eux, vous trouvez une photo du bénéficiaire du crédit, les raisons de sa demande, la présentation du partenaire local et pour finir, le montant et la durée du prêt. Un curseur vous permet de savoir où en est le montant des prêts déjà octroyés par les autres babyloniens. Vous pouvez suivre le suivi des dons et vous rendre compte ainsi de l'évolution du projet de votre entrepreneur !

Quel que soit le montant ou l'occasion du cadeau solidaire que vous voulez offrir, à vos proches ou à vous-même, n'oubliez pas que les petits ruisseaux font les grandes rivières et qu'en plus de faire plaisir, vous contribuez à changer la vie de ceux qui en ont le plus besoin !

04.11.2009

Le Social Business ou l'oxymore heureux

« Social Business »... En premier lieu,  on se dit qu'il fallait oser ! Cette figure de style bien connue, l'oxymore, a d'abord été l'apanage du langage publicitaire avant d'être investie par le monde des médias. De quoi rester dubitatif... Ici pourtant, la réunion des contraires que sont le « social » et le « business » renvoie à un mariage heureux : celui de deux notions que la morale semblait opposer...

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Dr-Muhammad-Yunus.jpgL'idée est simple, encore fallait-il l'avoir ! C'est Muhammad Yunus, économiste, entrepreneur et prix Nobel de la paix 2006 qui en est à l'origine. Muhammad Yunus est parti d'un constat simple. Bengali d'origine, il a observé que nombre de ses compatriotes étaient exclus du système bancaire, et par extension, d'un vaste pan de l'économie. Depuis surnommé « le banquier des pauvres », Muhammad Yunus a eu l'idée brillante de promouvoir un modèle économique permettant à des acteurs modestes de développer une activité économique et d'échapper ainsi au fatalisme d'un endettement progressif.

Il ne faut pas confondre charity business et social business. Dans le premier schéma, un euro donné est un euro dépensé. Dans le second, un euro donné est ré investi à l'infini. Les actionnaires de ce système rappellent le principe du mécénat plutôt que celui du retour sur investissement... Comme le veut l'adage selon lequel « mieux vaut apprendre  à pêcher à celui qui a faim que de lui donner du poisson », le modèle économique théorisé et initié par Mohammad Yunus invite les petits acteurs de l'économie à se développer par l'intermédiaire de partenaires financiers socialement engagés. C'est le système du microcrédit : avec le prêt d'une petite somme, une petite activité économique peut s'engager et prétendre à une autonomisation progressive dès l'apparition des premiers bénéfices.

A l'heure de la mondialisation, ce modèle économique présente un avantage de premier plan : il est participatif. Le développement voulu et attendu dans des pays économiquement sinistrés se fait sur la base d'une solidarité non altérée par l'appât des gains qu'il est censé produire.

  • La Grameen* Bank : du concept social à la réalité économique

microcrédit.jpgLa conscience sociale de Mohammad Yunus, réactivée par la misère des villageois vivant à proximité de l'université où il enseignait alors, a ainsi trouvé une application économique. Devant le scepticisme des banques commerciales auxquelles il a du faire face alors qu'il exposait sa théorie économique, Mohammad Yunus a été le premier à s'investir et à investir le système économique du microcrédit. A la fois théoricien et entrepreneur, c'est donc lui qui a concrétisé son programme en fondant la Grameen bank. Succès immédiat, la Grameen bank obtient le statut d'établissement bancaire en 1983, avant d'exporter son modèle à l'étranger six ans plus tard. Aujourd'hui, ce sont plus de 300 millions de personnes dans le monde qui bénéficient directement ou indirectement du microcrédit.

*En Bengali, Grameen signifie village.

  • L'application Nord/ Sud du modèle Social Business et son équivalent en France : l'ADIE

Le Social Business est régi par un cadre législatif particulier qui ne permet pas encore une application en France ou en  Europe. En cela, il se distingue de l'entrepreunariat social, modèle plus traditionnel en France.

Un équivalent du Social Business en France est l'Association pour le Droit à l'Initiative Economique (ADIE). Développée en réseau sur l'ensemble du territoire, l'ADIE finance et accompagne les entrepreneurs exclus du système de crédit bancaire, et plus particulièrement les demandeurs d'emploi et allocataires du RMI.

Pour plus de précisions, n'hésitez pas à consulter l'interview en vidéo de Maria Nowak, présidente et fondatrice de l'ADIE, puis à vous rendre sur le site de l'ADIE.

  • Focus sur Ashoka, acteur mondial du microcrédit

Cette organisation, fondée par l'américain William Drayton, participe à la structuration et au développement de l'Entrepreneuriat social. et du mouvement des entrepreneurs sociaux. Présent mondialement, cet acteur de premier plan du microcrédit poursuit trois objectifs complémentaires : sélectionner et accompagner le développement d'Entrepreneurs Sociaux novateurs, les encourager à travailler en réseau via le financement de collaborations, contribuer au développement de l'entrepreneuriat social à une échelle mondiale au travers de programmes et d'initiatives variées. Nous vous invitons à consulter le site d'Ashoka, et de vous rendre compte, au gré des clics, de la variété des programmes mis en œuvre pour soutenir et encourager le développement du microcrédit dans le monde.

  • Le « SWEB »

L'expression du Président Fondateur de Babyloan, Arnaud Poissonnier, résume tout à fait le nouvel élan solidaire décuplé par l'outil Web. Le « SWeb* », comme il le désigne, c'est l'Internet solidaire. Sans doute l'outil le plus pertinent qui soit à l'heure actuelle en matière d'échanges appliqué à la solidarité.

Par la variété des échanges, par leur caractère immédiat, les projets associatifs connaissent une dynamique nettement supérieure à celle observée avant l'avènement du Web 2.0. Le gap Nord/ Sud s'effrite à mesure que les échanges naissent, que des engagements sont pris, qu'une solidarité se met en acte, bref, à mesure que des acteurs unis par une même volonté de « sauver » l'économie contribuent à l'insertion de larges populations jusque là écartées d'une économie pourtant mondialisée. Babyloan, premier site Internet français de microcrédit solidaire à destination des micro-entrepreneurs du Sud, constitue un exemple frappant de l'impact que peut avoir le Web 2.0 dans la Solidarité telle qu'elle s'applique aujourd'hui.

*Voir la référence au SWeb dans la vidéo traitant des attentes de l'équipe de Babyloan

  • Les rencontres de Babyloan : un événement consacré aux nouvelles solidarités

Les 7 et 8 novembre prochain, aura lieu l'événement « Les rencontres de Babyloan » organisée par Babyloan. Comme indiqué ci-dessus, Babyloan est le premier site Internet français de microcrédit solidaire à destination des micro-entrepreneurs du Sud.

Parmi différents sujets et activités proposés autour de la thématique choisie pour cette année, « les nouvelles solidarités », « les rencontres de Babyloan » fournissent l'occasion de participer à des conférences relatives au social business et au micro financement.

De nombreuses activités sont prévues, pour petits et grands, notamment des animations, des ateliers, une exposition photos, des quizz enfants ainsi qu'un espace vidéo. Entre autres films diffusés à cette occasion, 1001 Fontaines, qui illustre une application du social business destiné à proposer de l'eau propre aux populations du Cambodge, ou encore l'interview de Bill Drayton, fondateur de d'Ashoka, dont l'action est évoquée plus haut.

Pour en savoir plus sur l'événement, n'hésitez pas à consulter le blog que nous rédigeons et qui est dédié aux rencontres de Babyloan. Ce blog accueillera notamment l'intégralité des conférences filmées ainsi que des comptes rendu.

29.10.2009

De nouvelles solidarités pour construire l’après-crise ?

Le bilan de la crise reste encore à réaliser, mais d'ores et déjà se pose la question des nécessaires changements à venir. L'appel pour un New Deal 2.0 devient de plus en plus audible, y compris aux Etats-Unis où se trouvent certains de ses partisans les plus convaincus.

blocks.jpgParmi les pistes à explorer en matière de refondation de la finance, la mise en place de nouvelles solidarités économiques (microcrédit, social business, entrepreneuriat social etc.) est un sujet de choix. A la fois populaire (il suffit de voir par exemple la couverture médiatique de Kiva, ou les évènements qui se multiplient sur ce thème) mais aussi controversé.

Car si les analyses de Muhammad Yunus et de Hernando de Soto ont séduit, il n'en reste pas moins que les 17 milliards $ financés par les organismes de microcrédit en 2004 sont très insuffisants face aux besoins des 4 milliards de pauvres identifiés par de Soto. Comme le remarque Peter Schaefer dans Foreign Policy, la solution pourrait être la conjugaison des idées de ces deux auteurs. Pour schématiser : répondre au besoin de crédit des pauvres - Yunus- et ainsi favoriser leur nécessaire insertion dans l'économie réelle -de Soto.

Certes des polémiques apparaissent régulièrement, concernant par exemple les taux pratiqués (et les profits réalisés par certains). Ou l'immoralité intrinsèque du système des taux d'intérêts appliqué aux pauvres. C'est en répondant à ces critiques de façon efficace, tant sur le fond que sur la forme, que les acteurs du social business pourront progresser et rencontrer un succès croissant. Comme le rappelle BusinessWeek concernant Kiva, la vérité (en matière de publicité et d'impact sur le développement) le dialogue et la transparence (vis-à-vis de ses publics et des médias sociaux) semblent donner de bons résultats.

Bien que ces nouvelles solidarités ne soient pas seulement affaire d'argent et de projets, mais aussi de comportement, d'éthique, voire pour certains (y compris athées) de foi, elles représentent une réelle opportunité pour des pans entiers de l'humanité (voir le cas de la Kashf Foundation pour les femmes au Pakistan).

microfinance.jpgL'invention de nouveaux modèles socio-économiques passe également par la formation des futurs entrepreneurs : les écoles de commerce (HEC ou l'ESSEC) et l'IEP de Paris proposent par exemple des cursus et des cours dédiés au social business.

Le Web représente de son côté un outil parfaitement adapté pour ces nouveaux acteurs, notamment dans leurs opérations de collecte de fonds & communication. Que ce soit le lancement d'outils dédiés ou l'exemple d'entreprises comme Kiva, Babyloan ou Veecus, le web appliqué au social business représente une opportunité grandissante.

Et sur le terrain, l'action de ces acteurs n'est pas seulement bénéfique aux nouveaux entrepreneurs. Elle constitue également une opportunité de carrière pour les locaux, et un tremplin efficace vers le secteur marchand (comme le montre cet exemple en Inde).

Et la France ? Babyloan organise les 7 et 8 novembre prochains les « Rencontres Babyloan », une occasion de faire le point et d'échanger autour de la microfinance. Partenaires de l'opération, nous serions ravis de vous retrouver sur place pour discuter (pour une fois) IRL. In Real Life.

Et pour ceux qui ne pourront pas se rendre à ces rencontres, un blog de la plateforme est dédié à cet événement et aux débats qui vont l'animer. Ce blog est le fruit d'un partenariat entre Solidaires du monde et Babyloan.


PS : le social s’invite au bureau (présentation de Jive Software, « work can be social again »)

07.09.2009

Clément Carjat présente Veecus et le microcrédit en ligne

Il y a quelques semaines, nous avons rencontré Clément Carjat, cofondateur du site de microcrédit entre particuliers : www.veecus.com

Créé à la fin 2008, Veecus - qui signifie village en indien - reproduit le modèle de l'américain www.kiva.org et du français www.babyloan.org.

L'idée de ces sites est d'utiliser internet pour mettre en relation des prêteurs avec des micro entrepreneurs de pays en voie de développement qui ont des besoins de financement. En l'occurrence, Veecus est en partenariat avec des institutions de micro finance du Cameroun, du Cambodge et d'Inde.

Le projet est porté par deux jeunes entrepreneurs (Clément Carjat et Baptiste Fabre : voir un résumé de leurs parcours) qui ont une expérience du terrain et qui ont foi dans l'avenir du microcrédit sur internet. Comme nous.

L'écosystème Veecus sur internet

- Le site www.veecus.com qui propose des profils de micro entrepreneurs, permet d'attribuer un prêt, de suivre son remboursement, de réunir une communauté de prêteurs, d'administrer une collecte pour un entrepreneur, de localiser un projet et de consulter des informations sur les avancements d'un projet. Le site propose un espace pour les prêteurs et un espace pour les emprunteurs. Pourtant l'asymétrie de l'accès à internet fait qu'il est impossible pour l'instant de suivre un micro entrepreneur dans son quotidien et d'avoir un contact direct avec lui.

- Le blog www.veecus.com/blog/ ; leurs tags en parlent mieux que moi (j'ai mis ceux que je trouve les plus important en gras) :

études d'impact évaluation advertising Ashoka Asie Bangladesh banques Battambang Bengale Bordeaux campagne marketing cyclone développement développement durable Dhola droit au compte entrepreneurs films finance éthique finance solidaire Inde internet investissement responsable investisseur social Kapil Mondal Médias Microcrédit microcrédit en ligne microentrepreneurs microfinance parc naturel partenaire performance sociale publicité radio Social Business Sunderbans télévision taux d'intérêt terrain tigre Veecus vidéos VSSU Yunus

Ou encore, les titres de leurs dernières notes : Portraits de clients - Qu'est-ce que l'exclusion bancaire? - Le droit au compte - Débat: Régulation du secteur de la Microfinance - Première expérience terrain: rencontre avec les "Women groups"!

- La page Fan sur Facebook

- La page Twitter à l'aide de laquelle je viens de découvrir cette vidéo d'Hans Rosling sur les relations entre éducation, santé et développement. Pour ceux qui ne le connaissent pas, Rosling est à la croisée d'un wikipedia vivant et de commentateur de foot ! Mais en plus drôle). Cf. la note que nous avons dédié à Gapminder.

Organisation de l'entretien

Bon j'en ai assez dit, je laisse la parole à Clément, qui aborde les thèmes suivant :

Première partie (11 minutes 30) : la définition du microcrédit et de la micro finance, les différentes formes de microcrédit, présentation de Veecus, l'intérêt du web pour ce type d'activité, l'intérêt du web pour les institutions de micro finance, le financement du projet, le modèle économique de Veecus et les partenaires financiers, les risques pour le prêteur et la question de la rentabilité de Veecus.

Seconde partie (11 minutes 40) : le statut de Veecus, la vocation de business social, les objectifs de Veecus, les partenariats avec les IMF locales, les critères de sélection d'un IMF, la règlementation et les taux d'intérêts pratiques par les IMF.

Troisièmes partie (10 minutes 34) : comment s'assurer que la micro finance prête aux plus démunis, comment évaluer l'impact de la micro finance, les femmes et le microcrédit, les projets de Veecus, les différences Babyloan / Veecus, quelle relation entre prêteur et micro entrepreneur, principes et nouvelles fonctionnalités du site Veecus.

Première partie :



Deuxième partie :


Troisième partie :

06.08.2009

Finances solidaires : et si la dimension sociale faisait son retour dans le financement de l'économie ?

Le rapprochement des termes "finance" et "solidaire" peut vous paraitre inattendu ? Inopportun ? Révoltant ? C'est vrai qu'il est fréquent de trouver la finance diabolisée. Pourtant, le salut de notre système économique - et politique, ce dernier étant devenu tellement dépendant du premier - passera  par un soutien massif au secteur de la finance solidaire, secteur émergent, certes marginal par rapport à la finance de profit à court terme, mais tellement symbolique et porteur d'espoirs.

Voila pourquoi il me semble important de porter ce mouvement, d'en parler dans les médias, d'en parler entre nous, et de l'alimenter des revenus de notre travail.

Si demain, 5% des clients des banques traditionnelles ferment leurs comptes pour les ouvrir dans des banques solidaires, ce sera un signal puissant envoyé à des acteurs qui sont lourdemment responsables de la crise actuelle, mais ne remettent nullement en cause leurs pratiques ni l'esprit qui les anime. L'autorégulation étant bien évidemment une vaste plaisanterie. Montesquieu n'en était il pas pleinement conscient quand il a théorisé la séparation des pouvoirs ?

Définition de la finance solidaire

« La finance solidaire établit un lien entre les personnes qui font fructifier leur épargne de manière solidaire et celles qui entreprennent des activités utiles à la lutte contre l'exclusion, à la cohésion sociale et au développement durable.

À la différence de la finance orientée vers la recherche  exclusive du profit, la finance solidaire est orientée également, voire principalement, vers la recherche de l'utilité sociale des investissements ou des dons financés. Les différents placements d'épargne solidaire (livret d'épargne, OPCVM, plan d'épargne salariale, actionnariat solidaire) financent plusieurs types d'investissement solidaire (apport en fonds propres, prêts, microcrédit, garantie, immobilier...) au profit de l'insertion par l'emploi, du logement social, du développement durable et la solidarité internationale... (extrait du baromètre finansol). »

activités financées par epargne solidaire.jpg

Comme toute entreprise, les institutions de la finance solidaire visent la rentabilité dans leurs activités, mais ce profit n'est qu'un moyen pour péreniser l'activité, et poursuivre des objectifs à dimension sociale. Ce qui rejoint la définition du social business par Mohamed Yunus, proposée ici sur le blog lesocialbusiness.

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Bien que méconnues du grand public, de nombreuses initiatives solidaires se développent à travers le monde. En ces temps de crise, elles apparaissent comme le modèle d'une nouvelle approche économique ET sociale. Les systèmes de financement classiques sont en effet de plus en plus frileux à accorder des prêts à ceux qui en ont le plus besoin, et ces nouveaux organismes solidaires constituent une alternative intégrant les aspects sociaux, au-delà des pures considérations économiques.

Ainsi, les organismes de finances solidaires agissent sur différents aspects : l'environnement, la réinsertion sociale (voire notre note sur Vitamine T : groupe d'entreprise d'insertion par l'activité économique), l'emploi, le logement, les actions humanitaires, l'aide au développement...
Les épargnants eux, participent à la concrétisation de projets porteurs de sens, comme vous pouvez le voir dans ce dossier illustré de plusieurs exemples.

Nous rendre conscient de la fonction de l'argent et du sens qui lui est donné, mettre son épargne à disposition de ceux qui ont besoin de financement en urgence, apporter sa pierre à l'édifice en ayant l'assurance que son capital n'est pas assujetti à la spéculation boursière sur des titres d'entreprises qui n'intégrent aucun critère social et environnemental dans leurs projets, tout en ayant la garantie d'une transparence dans l'utilisation des fonds, tels sont les objectifs de l'épargne solidaire.

D'ailleurs, le modèle de finance islamique, se base depuis longtemps déjà sur la prohibition de l'intérêt et l'évaluation de la valeur sociale des projets financés. Vous pouvez consulter une précédente note à ce sujet sur le Blognotes.

 

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Zoom sur La Nef

Inspirée  des premiers essais hollandais et allemands, l'association « Nouvelle Economie Fraternelle », créée en 1979, prône une utilisation conscientisée de l'argent, une valeur ajoutée sociale et humaine à son épargne.

La naissance de l'association répond à un besoin d'outils financiers pour des projets alternatifs innovants ne trouvant pas de soutien dans les réseaux bancaires classiques. Ainsi, le premier projet soutenu par la Nef en 1980 était l'installation d'une exploitation agricole biodynamique.

En 1988, 650 coopérateurs se  rassemblent pour participer à la création de la société financière anonyme coopérative de la Nef. En effet les nouvelles lois de 1984 contraignent la Nef à changer de statut, mais les objectifs restent les mêmes : proposer une alternative aux banques classiques, un système transparent reposant sur les valeurs humanistes de ses fondateurs.

Les valeurs de la Nef ?

  • L'éthique

La Nef sélectionne les projets qu'elle finance en fonction de leur utilité écologique, sociale et culturelle. Elle privilégie des initiatives qui visent le développement local de l'économie et choisit délibérément de n'encourager aucune action qui nuirait à l'homme ou à son environnement.

  • La transparence

La Nef publie chaque année dans son rapport annuel la liste de tous les prêts versés en précisant leurs principales caractéristiques et en racontant chaque petite histoire derrière les chiffres.
À travers cette publication adressée à tous les sociétaires, chaque épargnant voit à quoi sert son argent. A l'inverse, si vous souhaitez connaitre quelques uns des pires projets soutenus par les banques dominantes : le site secrets bancaires est très instructif sur les investissements dans les entreprises d'armement et les grands projets d'énergie aux conséquences dramatiques sur l'environnement et les populations.

  • La fraternité

Pour la Nef, l'économie est le domaine d'activité humaine au sein duquel devrait s'exercer la fraternité, au sens de coopération et de solidarité. Dans son action au quotidien, elle offre à chaque individu la possibilité de rentrer dans une relation d'entraide et d'exercer sa responsabilité sur les flux financiers.

les financeurs solidaires progressent.jpg

Lancement d'une banque éthique européenne

La première banque éthique alternative européenne verra le jour en 2010. Née de la fusion de la Nef (France), la Banca popolare etica (Italie) et Fiare (Espagne), cette banque adoptera le statut de coopérative européenne. L'enjeu est de doter le secteur de l'économie sociale et solidaire d'une institution bancaire dédiée à la demande grandissante d'une finance au service de l'Homme.

Le Crédit Coopératif, banque de référence de la microfinance

La microfinance est un outil financier qui concilie de façon exemplaire responsabilité et solidarité.

Le Crédit Coopératif, dont la Nef dépend, est naturellement engagé dans cette démarche, de longue date, comme en témoignent ses nombreuses initiatives en France et dans le monde. Son expertise est reconnue et une mission nationale spécifique lui est confiée au sein du Groupe Banque Populaire, dont il est membre.

Le Crédit Coopératif apporte son expertise aux acteurs de la microfinance en mettant à leur disposition des lignes de crédit, des instruments de garantie et ses capacités d'ingénierie financière.

Sur un livret Agir du Crédit Coopératif par exemple, 50% des intérêts annuels sont reversés à des associations que l'épargnant choisi. En 2008, une vingtaine d'associations ont reçu 2,5 millions d'euros de dons grâce à ce livret.

De même que se développent les dons et prêts en ligne (voir les notes écrites sur le site www.babyloan.org et une note à venir sur www.veecus.com ; qui sont tous les deux des sites de microcrédit international entre particuliers), Internet a permis de donner du poids à ces initiatives, mettant en relation épargnants et entrepreneurs du monde entier. La visibilité qu'offre le web aux différentes initiatives est également déterminante dans le développement des projets et dans l'information de la population.

Des solutions alternatives sont en marche. Donnons leur notre soutien. Que ce soit dans le domaine social, environnemental, humanitaire, les initiatives ne manquent pas et les échos de la population sont bel et bien là. Merci aux "grands médias d'information" de relayer le message !

pour aller plus loin - up.jpg

Plusieurs discussions et points de vue sur le forum de la Nef

Définition des finances solidaires sur Wikipédia (à noter : la distinctino avec l'ISR, l'investissment socialement responsable)

Finances-solidaires.com

Finansol, le site des finances solidaires

Crédit Coopératif, banque  de finance solidaire, organisme historique du micro-crédit

Finance-solidaire.info, informations pratiques et éléments de réflexion (voir également place.coop, coopérative d'étude et de R&D)

Les investissements des banques (pas solidaires) et l'environnement (site geo.fr)

La veille sur les banques avec le site des amis de la terre : http://www.amisdelaterre.org/

Le réseau anglophone : http://www.banktrack.org/ auteur de la campagne mind the gap - partenaire des amis de la terre

Les acteurs financiers solidaires (site econo.ecolo)

L'interview de Maria Nowak sur l'ADIE et le micro crédit en France

pour aller plus loin - down.jpg

20.04.2009

Kiva - accord ou unité, en swahili - la plus grande association de microcrédit aux Etats-Unis

Philanthropie 2.0
Crée en 2005 à San Francisco, « Kiva est une association à but non lucratif dont l'activité principale tient à un site sur lequel chaque personne disposant d'un accès Internet et d'une carte bancaire peut choisir de prêter de l'argent à taux zéro à des centaines de micro-entrepreneurs originaires de pays en voie de développement " explique Premal Shah, président de Kiva.

Grâce à son site internet www.kiva.org collecte des prêts dans plus d'une centaine de pays. Ensuite Kiva distribue ces prêts à des institutions de micro finance (IMF) réparties dans les pays en voie de développement. Les IMF gèrent l'accueil, l'évaluation et le suivi des micros entrepreneurs qui proposent des projets et reçoivent des prêts, tandis qu'à l'autre bout de la chaîne, Kiva gère les prêts et envois d'argent à destination de ces IMF, grâce à un accord avec Paypal notamment. Ensuite, les IMF veillent au remboursement et les prêteurs récupèrent leur argent dans les 6 à 12 mois.

Une bonne partie de l'activité de Kiva consiste également à évaluer les IMF partenaires ou futur partenaires : Kiva classe les IFM selon leur fiabilité et leurs délais de remboursements. Des audits sont effectués sur l'état des finances des IMF, leur durée et leur solidité, la taille de leur portefeuille de prêts, leur aptitude aux échanges internationaux, leurs réseaux sur le Net et affiliations aux organismes caritatifs connus.

De leur côté, les IMF dont sensiblement le même travail avec les entrepreneurs : prospection, sélection, évaluation des projets. Les IMF apportent notamment une connaissance du terrain qu'il est impossible pour Kiva de développer.

Le site www.kiva.org
Sur la page d'accueil du site (en anglais, il n'y a pas de version française) nous distinguons nettement la photo d'un micro entrepreneur et celle d'un prêteur. Kiva permet ainsi aux prêteurs d'attribuer leur argent à certain projet particulier, en fonction de la localisation, de la thématique, de la présentation qui est faîte du projet et donc de l'affinité que le prêteur éprouve à l'égard du micro entrepreneur.

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Le modèle de Kiva n'est possible que sur internet
Avant il n'était pas possible pour un particulier de prêter de l'argent à un micro entrepreneur. En effet, les associations caritatives qui reçoivent des dons de particuliers ou d'institutions ne sont pas en mesure de suivre l'attribution de l'argent. Avec ce modèle, Kiva et les sociétés françaises qui s'en inspirent comme Veecus ou Babyloan, imposent un nouveau standard de transparence, créant une attente chez les prêteurs / donateurs de savoir où, à qui et comment est alloué l'argent.

Le suivi d'un prêt
Au contraire, Kiva dans cette vidéo (en anglais) intitulée l'histoire d'un prêt Kiva, est en mesure de suivre le parcours d'un prêt de 25$ :


A Fistful Of Dollars: The Story of a Kiva.org Loan from Kieran Ball on Vimeo.

Parmi les raisons du succès

1. La simplicité d'utilisation

En quelques clics et quelques minutes, l'internaute qui souhaite devenir prêteur :

a. Crée son profil
b. Choisit la personne et le projet à qui prêter de l'argent
c. Finalise la transaction grâce au paiement sécurisé par Paypal

Kiva s'appuie donc sur des fonctionnalités de réseau social avec la mise en relation des prêteurs, l'invitation des membres de son réseau à prêter, la recommandation de prêter à certains projets etc.

2. La médiatisation du microcrédit

Du en particulier au succès de la Grameen Bank au Bangladesh et surtout à l'attribution du prix Nobel de la Paix à Muhammad Yunus.
Le micro crédit à fait éruption dans l'univers du financement du développement grâce au succès de la Grammeen Bank de Mohammed Yunus au Bangladesh.

3. Le kit de promotion

Ce kit permet à chacun de communiquer sur son l'engagement en faveur de Kiva. De cette manière chaque prêteur est en mesure de médiatiser dans ces emails, sur son profil de réseau social ou sur son blog, son engagement sur Kiva.

4. Le modèle économique et l'accord entre Paypal et Kiva

Kiva ne facture pas de taux d'intérêt aux IMF et ne se rétribue pas sur les transactions. Les frais de fonctionnement sont couverts par des donations. Mais la clé du succès est l'énorme économie permise par un accord avec Paypal, filiale d'Ebay.
En effet, cet accord est fondamental pour Kiva puisqu'il permet de n'avoir aucun frais de transaction, ce qui est un avantage certain par rapport aux structures de coûts d'entreprises comme Veecus ou Babyloan.

5. Les Kiva fellows

Kiva emploie des centaines de salariés mais fait également appel à de très nombreux bénévoles et à des entreprises de bonne volonté comme Paypal. Le programme Kiva fellows vise à promouvoir l'engagement de la communauté Kiva dans des actions de communication : photos, récits ou vidéos d'entrepreneurs ayant bénéficié d'un prêt et de membres d'IMF, prise localement et mise à la disposition de Kiva pour illustrer les conséquences sur le terrain d'un prêt. En effet, à mon sens,  une des attentes créées par le modèle Kiva est une remontée d'informations régulières du terrain. Je pense également que cette remontée d'information s'impose à toute structure impliquée dans des actions de développement.
Quelques vidéos des Kiva Fellows sur Youtube

Petit bilan de Kiva en chiffres (source : www.kiva.org & interview de Jessica Jackley, co fondatrice de Kiva)

Depuis 2005 :

  • 5 00 000 prêteurs répartis dans 100 pays
  • Un réseau de 10 000 IMF répartis dans 45 pays en voie de développement
  • 67 millions de $ de volume de prêts

Cette semaine :

  • 2 454 entrepreneurs financés
  • 1 prêt toute les 18 secondes
  • 3 726 nouveaux prêteurs
  • 1 million de $ prêtés
  • 12 873 prêteurs

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ou pour aller ailleurs tout simplement :)

Présentation d'éléments traduits du site Kiva sur le blog d'Alix de Médiapart

Article de 01net publié en 2007 : Kiva popularise le micro crédit façon web 2.0

Présentation de Kiva sur le portail Microfinance

Interview (en anglais) de Jessica Jackley, co fondatrice de Kiva : « la mission de Kiva est de mettre en contact des personnes à travers le monde »

Article Wikipedia sur le Grameen Bank

Sur le site Kiva (en anglais)

Voir une liste d'exemples de projets à financer : vous constaterez notamment la possibilité de faire des prêts à des groupes, des femmes et des hommes seuls. Sur ce point,  il faut savoir que la Grameen Bank, à l'origine du microcrédit, prêtait exclusivement à des femmes qui empruntaient en groupe. L'idée étant que les femmes investissent plus volontiers dans l'éducation de leurs enfants et dans la mise en place d'un projet à long terme. L'autre idée étant qu'un emprunt en groupe garanti une forme de solidarité entre des micro entrepreneurs en cas de difficultés. (Cf; l'article Wikipedia sur le Grameen Bank)

Voir des détails sur un projet en particulier

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02.12.2008

Qu'est-ce que le microcrédit ?

"Une paix durable ne peut pas être obtenue sans qu'une partie importante de la population trouve les moyens de sortir de la pauvreté"
Ole Danbolt Mjoes, président du comité Nobel. France

Jusqu’aux  années 1970, peu de banques (si ce n’est aucune) n'acceptent de prêter le moindre dollar aux entrepreneurs de pays en développement a priori insolvables. Muhammad Yunus, alors jeune professeur d’économie à l’université de Chittagong, décide de réagir face à cette situation : il accorde les premiers microprêts à quelques habitants du village de Jorba en utilisant son propre argent et invente par là le « microcrédit ». Cette opération semblait appelée à rencontrer le succès : ses effets ont vite entraîné des conséquences très bénéfiques sur la situation matérielle des emprunteurs et la somme est rendue intégralement au bailleur de fond.


L’activité du microcrédit est lancée officiellement en 1977. Elle consiste en l'attribution de prêts de faible montant à des entrepreneurs ou des artisans qui ne peuvent accéder aux prêts bancaires classiques. Ces prêts, en effet, ne répondent pas encore au format du microprojet (projet d’échelle villageoise ou communautaire dont l’influence est locale).

Cette pratique du microcrédit semble très vite bénéfique dans la mesure où elle implique des mutations « à la base » du système villageois ; elle crée un effet d’entraînement, de levier, permettant d’agir efficacement auprès des artisans et entrepreneurs qui souhaitent prendre des initiatives. Elle touche alors des secteurs aussi divers que l’agriculture, l’artisanat, l’économie et la protection sociale.

Face au succès et à la rentabilité de ce système, son créateur et l’organisme de prêt aux plus pauvres qu’il a fondé, la Graamen Bank, sont récompensés le 13 octobre 2006 par le prix Nobel de la paix. Ce prix fait alors logiquement suite aux propos tenus par Kofi Annan à l’occasion du lancement de l’Année internationale du microcrédit, le 18 novembre 2004 : « Le microcrédit s’est révélé une arme efficace contre la misère et la faim », et au rapport positif sur le microcrédit publié par la Banque mondiale le 24 janvier 2005.

Néanmoins, toute solidaire et rentable qu’elle paraît, la pratique du microcrédit rencontre également des détracteurs. Ainsi, certains s’insurgent contre les taux souvent très élevés de certains prêts (qui dépassent parfois les taux des prêts bancaires classiques) et s’opposent au fait que ce système ne s’accompagne pas d’un dispositif humanitaire et social complémentaire.
Il est possible, aujourd’hui, de voir quelles peuvent être les questions et doutes suscitées par le microcrédit sur le web. Ainsi, Rue89 publie, le 11 septembre 2008, un article de Benoît Granger, chercheur en microfinance, intitulé « Le microcrédit sert-il à enrichir les pauvres…ou les riches ? » : y est raconté alors le cri d’alarme de Muhammad Yunus contre les banques qui ne recherchent que le pur profit au travers de ce mécanisme, le transformant ainsi, peu à peu, en un système exagérément capitaliste. A titre de preuve, l’auteur raconte le cas Compartamos : cette ONG, après avoir appliqué les principes du microcrédit, s’est transformée en société commerciale pour ensuite être introduite en bourse. Compartamos prêtait alors aux femmes pauvres à un taux d’intérêt de 100% (!) laissant ainsi sur le bas-côté l’essence même du principe inventé par le professeur bangladeshi.

Le microcrédit représente sans aucun doute une aide précieuse pour les entrepreneurs des pays en développement puisqu’il leur offre un accès à des crédits maîtrisables qu’ils n’auraient sans doute  eu que peu de chance d’obtenir autrement. Mais les banques et organismes qui en appliquent les mécanismes ne doivent pas s’éloigner trop loin de l’idée originelle proposée par Muhammad Yunus sous risque de dérive de sens et de finalité.
Comme l’affirme un internaute réagissant à l’article de Benoît Granger : « Entreprise éthique et morale et cotation en bourse sont tout simplement deux choses totalement inconciliables »