20.01.2010
Les résultats de recherche "Haïti" sur Facebook
Depuis la tragédie haïtienne, Internet et les réseaux sociaux en particulier, apparaissent comme des caisses de résonnance, des lieux de mobilisation et des outils pour la collecte de fonds des associations.
A la manière des grands médias, Facebook entretient une proximité émotionnelle entre l'événement et les internautes. Ce qui s'affiche sur les pages Facebook de votre réseau semble plus personnel et proche que ce que les télévisions et radio retransmettent ? Si oui, cela promet un avenir certain à l'utilisation d'internet en matière de solidarité. Si le mimétisme est une strétégie répandue entre internautes membres d'un même réseau, la mobilisation et la collecte de fonds ne sont qu'au début de leur histoire numérique.
Sur Facebook, après le tremblement de terre, des groupes, des pages fans et des événements se sont créés dans de nombreuses langues (en anglais en majorité, en espagnol, portuguais, français, italien, allemand aussi). Le type d'information va de la page d'hommage à l'annonce d'événements publics, de l'invitation à donner à la page dédiée d'information d'une organisation internationale, de l'appel à l'annulation de la dette pour Haïti aux nombreuses pages qui monnayent l'adhésion des membres contre l'envoi d'1 $ en aide aux victimes. Ces dernières comptent énormément de membres...
A propos des pages de recrutement de membres contre promesses de dons
Le 19 janvier, 7 jours après la catastrophe, on dénombrait 15 000 groupes comprenant le mot « Haiti ». Pour faire son choix entre ces milliers d'initiatives, la langue et le nombre de membres déja inscrits semblent être les critères majeurs. Parmi les premiers résultats :
- 345 096 membres pour « For Each Member Who Joins I Will Donate $0.05 to Haiti Earthquake Victims » en français « Pour chaque membre se joignant au groupe, je ferai un don de 0.05$ en faveur des victimes du tremblement de terre de Haiti ».
- 288 000 fans pour Ayuda a Haití con un Click, 5 min. pueden salvar una vida. « Aide Haiti en 1 click, 5 minutes peuvent sauver une vie ».
A première vue, ces page sont anonymes. Cela doit inciter à la prudence. Pour le première, la somme collectée serait remise à la section Haïti de la Croix-Rouge Américaine « The Red Cross Haiti Disaster Relief Foundation ». Si des liens existent vers les formes de don possible à la Croix Rouge Américaine (alors que la la Croix Rouge Américaine a sa propre page Facebook) ainsi que des vidéos sur les ONG agissant en Haïti sont proposées, on ne peut que douter de l'authenticité de cette page. Sa vocation est sans doute uniquement de générer le plus grand nombre de membres afin de collecter des données personnelles.
Si les fans de ces pages ne s'engagent pas financièrement mais pensent engager un tiers sans doute l'auteur de la page a-t-il un intérêt à cumuler tant de membres.
Nous mettons donc en garde les internautes, car si certains ont une démarche sincère et honnête, tous ne le sont pas pour autant.
Notons que la date de création, le nom de l'administrateur, les messages ou liens sont autant d'indices qui peuvent aiguiller votre jugement. Par ailleurs n'hésitez pas à écrire à l'administrateur de la page, ou sur le mur (dans la mesure où il serait anonyme) ou à l'association pour confirmer ou infirmer les unions. Mais l'association risque d'avoir d'autres demandes plus urgentes...
Les groupes les plus importants sont majoritairement ceux qui appellent à la générosité des internautes. Sur les six premiers, trois proposent un don en échange de l'appartenance au groupe. Pourtant, ces pages ne donnent pratiquement pas d'information sur l'évolution de la situation. Elles ne vivent que par leur promesse et les internautes qui y croient.
Cette prédominance pose des questions. Pourquoi aucune ONG n'apparait dans la première page de résultat d'une recherche "Haiti" sur Facebook ? Pourquoi le moteur de recherche de Facebook privilégie les pages comptant le plus de fans dans ses résultats ? Pourquoi n'y a-t-il pas de mise en garde sur ces pages ?
Enseignements pour les ONG : anticiper la recherche des internautes
La surreprésentation des groupes de promesse de dons contre appartenance à la page vient du fait que les internautes ont principalement cherché le mot clé Haïti sur Facebook. Un des mots les plus prononcés dans les médias ces 15 derniers jours...
Si le moteur de recherche de Facebook a connu un pic comparable à celui de Google, alors ce sont les créateurs de page les plus réactifs qui ont récupéré le plus grand nombre de fans et la plus forte visibilité. Cela m'incite à penser que les ONG ont intérêt à créer elles-mêmes leur page dédiée au moment d'une urgence, comme l'a fait la Croix-Rouge Italienne, première ONG à apparaitre dans les pages de résultats d'une recherche sur Haïti.
Il est facile de créer une nouvelle page, et il est simple pour les ONG de les alimenter avec les informations qu'elles récupèrent du terrain : ces pages seraient donc bien plus intéressantes que celles mentionnées précédemment.
Enfin, c'est une manière supplémentaire de donner de la visibilité aux actions de l'association et de proposer aux internautes une possibilité de donation sécurisée par la crédibilité de l'organisation.
La page Canada for Haïti
Parmi les premieres pages de résultats de recherche apparait la page Canada for Haïti. Elle compte 160 000 membres anglophones principalement. La page propose les logos de 8 orgnisations caritatives nord américaines et compte tenu de son nom elle a du être visité par bon nombre de canadiens expatriés ou vivant dans leur pays. Je n'ai pas relevé d'autres initiatives "nationales" d'un autre pays mais je ne parle pas toutes les langues.
L'initiative parait intéressante car le titre invite les canadiens à se fédérer autour de la cause. Auncun administrateur n'est mentionné mais la page renvoie à de nombreuses reprises vers cette page dédiée à la donation de l'ONG World Vision.
Dans cette initiative, je trouve intéressant que plusieurs ONG s'unissent pour s'adresser à la communauté canadienne (et à toutes les communautés qui s'estiment en affinité évidemment! Si vous lisez un peu les messages du mur vous verrez de l'arabe, de l'italien, du français...).
Plutôt que chaque ONG génère sa page et plutôt que de s'inscrire dans la concurrence des dons, le fait de se réunir pour s'adresser à une communauté en particulier me parait une bonne idée.
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| Tags : facebook, haiti, association, collecte, fonds, reseau social |
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Digg
25.11.2009
Communautés en ligne et solidarité : pourquoi et comment créer facilement un réseau social
Les logiques de collecte de dons à l'époque du web social sont en train de changer. D'une communication descendante classique, modernisée par la mobilisation des nouveaux médias, nous passons peu à peu à la création et à l'animation de communautés. La capacité à fédérer et animer un réseau social sur le Web est en passe de devenir un élément important pour les acteurs de la solidarité souhaitant améliorer la qualité de leurs rapports avec les donateurs et les destinataires de dons.
Cette tendance de fond a été soulignée par les différents participants des rencontres de Babyloan, notamment la conférence consacrée au web solidaire.
Renversement de la logique habituelle dans laquelle l'institution (par exemple un organismme de microfinance) va à l'encontre des publics pour récolter des dons, ces communautés prennent l'initiative de se mobiliser pour soutenir les projets. On peut imaginer qu'à l'avenir le rôle des institutions (associations, entreprises de microfinance, etc.) se recentre sur l'animation des communautés avec un soutien en matière de conseil et d'accompagnement des projets.
Plusieurs formes de mobilisation collective sur le web témoignent de ces tendances de fond :
- La collecte de dons, par exemple : JustGiving en Grande Bretagne, AiderDonner en France ou encore Acteurs de la solidarité du Groupe SOS. Dans chacun de ces cas l'association met à disposition une plateforme qui permet aux internautes de collecter eux-mêmes des dons auprès de leurs connaissances.
- La co-création et le partage, avec forum.ubuntu pour l'Open Source par exemple ; nous sommes ici en présence de logiques très proches du crowdsourcing, les publics réclamant de plus en plus la possibilité d'influer sur la conception des services proposés. L'Open Source permet également l'émergence d'outils technologiques peu onéreux, ce qui en retour facilite les projets solidaires aux moyens parfois limités.
- Les réseaux permettant de faciliter les relations de proximité, par exemple Peuplades, favorisant la solidarité de proximité (de quartier notamment). Paradoxalement c'est grâce à des outils Web tels que ceux-ci qu'une convivialité de voisinnage peut s'installer, avec des formes de solidarité tels que le troc de biens ou de services.
- Différentes formes de micro-finance dont les avatars Web incitent de plus en plus les donateurs à se rapprocher des destinataires sous l'effet d'une double exigence de transparence et de contact humain. On peut par exemple citer Babyloan ou Veecus en France, Kiva ou Microplace pour la sphère anglophone.
Au final les initiatives solidaires semblent pouvoir bénéficier de plus en plus des apports à la fois des outils technologiques du web social et des logiques de fonctionnement communautaires.
C'est donc tout naturellement qu'est apparu le besoin de créer facilement des réseaux sociaux. On peut notamment citer mobee qui est une appellation générique recouvrant une offre de conseil et de mise en œuvre technique dans le domaine des mécénats et du bénévolat.

Créée en 2004, mobee est une association d'intérêt général de type loi 1901. Destinée aux organisations à but non lucratif, aux entreprises et aux organismes et institutions publics, mobee propose « un ensemble de services permettant de créer, de développer et de gérer leur réseau de mobilisation opérationnelle en faveur de leurs projets, actions et partenariats de solidarité ».
Elle vise notamment le développement du mécénat de compétences, on et offline, en s'appuyant sur les mécanismes contributifs et notamment les réseaux sociaux.
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Une autre solution intéressante est proposées par Ning, plate-forme permettant la mise en place rapide de réseaux sociaux thématiques. Créé en 2004, Ning compte aujourd'hui 37 millions d'utilisateurs regroupés dans 1,8 millions de réseaux.
Parmi ceux-ci on trouve plusieurs initiatives solidaires, avec par exemple :
- Web2solidarité, le "réseau social de la solidarité numérique" créé par l'Agence Mondiale pour la Solidarité Numérique
- Le Dépanneur Sylvestre, une initiative de solidarité de proximité associant restauration et travail d'accompagnement pour faciliter l'inclusion
- Le réseau SPM (Social Performance Management) Microfinance, fédérant plusieurs groupes de professionnels et passionnés autour de la mise en place de principes de gestion financière associant éthique et efficacité
- Africa Sustainable Energy, un réseau centré sur le développement de solutions énergetiques durables pour le continent africain
Pour finir voici une vidéo (en anglais) expliquant simplement ce que sont les réseaux sociaux et leur fonctionnement :
17:51 Publié dans Technologie de l'information | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : web, réseau social, solidarité |
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Digg
09.07.2009
Zoom sur les réseaux sociaux africains
Comme annoncé lors d'une précédente note ("les réseaux sociaux de proximité"), nous vous avons préparé un petit tour d'horizon des réseaux sociaux africains les plus plebiscités par les internautes.
Vous le savez, l'accès à Internet reste très inégal selon les pays : difficultés de connexion, de formation et/ou de connaissances des outils, disponibilité des équipements,... Toutes ces données s'additionnent et expliquent la faible représentativité de l'Afrique sur les réseaux sociaux classiques. Cette carte du monde est particulièrement parlante :

Cependant, de réels efforts sont entrepris, de belles initiatives voient le jour au fur et à mesure, et c'est bien l'objet de cet article !
Aussi, sans plus attendre, je vous présente les 3 réseaux sociaux phares créés en Afrique :
AFRIGATOR
AFRIGATOR se définit comme un "agrégateur social et un annuaire pour les citoyens digitaux africains qui consomment et produisent du contenu". Grand réseau de blogueurs à travers toute l'Afrique du Sud, la plateforme est en anglais, mais il est possible d'y trouver aussi des blogs francophones et même hispanophones. Vous pouvez y poster photos, videos, et importer votre liste de contacts facilement.
ZOOPY

Très complémentaire, ZOOPY propose les mêmes fonctionnalités (blogs, partage de vidéos et de photos,...) et même d'importer ses amis depuis son compte AFRIGATOR. La grande différence ? ZOOPY s'adresse avant tout à un public local (Afrique du Sud), bien qu'il puisse être utilisé depuis la planète entière. ZOOPY serait donc, au-delà d'un social network, un vrai réseau social de proximité !
USHAHIDI

Le terme "ushahidi" signifie "témoignage" en swahili. La plateforme USHAHIDI trouve ses origines dans les violents affrontements qui ont suivi les élections de 2008 au Kenya. En effet, le site proposait à cette époque un mapping (ou géolocalisation) grâce à GoogleMaps, situant les endroits où avaient lieu des affrontements, et qui était alimenté par les témoignages d'utilisateurs. La plateforme réunit désormais services de blogs, envoi et réception d'alertes par le web, les mails ou les sms.
Nous avons choisis ces 3 plateformes de social networking pour leur activité et leur visibilité bien sûr, mais surtout parce qu'elles représentent les initiatives menées par les Africains eux-mêmes : ce ne sont ni des plateformes étrangères implantées, ni le fait d'ONG.
Enfin voici une liste non exhaustive d'autres réseaux sociaux présents en Afrique :
http://www.plentyafricans.com
http://www.africanpath.com/p_home.cfm
http://www.iborian.com/home.php
http://www.twitter.com/kenyahub
N'hésitez pas à compléter si nous avons oublié des réseaux sociaux que vous utilisez !
18:16 Publié dans Médias et informations | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : réseau social, social networking, afrique, facebook, hi5, afrigator, zoopy, ushahidi, kenya, côte d'ivoire, accès, internet, connexion |
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Digg
08.07.2009
Les réseaux sociaux de proximité
Les réseaux sociaux font de plus en plus parler d'eux. Facebook et autres sites communautaires se multiplient, mais voilà qu'apparaissent désormais les réseaux sociaux de proximité. Quelle différence entre ces deux types de social networking ? Quelles en sont les ambitions et applications, pourquoi s'y inscrire? Les réseaux, outils vraiment efficaces ? Zoom sur ces communautés virtuelles, aux effets bien réels !
Fonctionnement
Le principe des réseaux sociaux ou social networking classiques est de mettre en relation des internautes pour accroitre son cercle d'amis, rechercher des partenaires ou encore trouver son futur employeur. Ils permettent donc de créer son propre réseau, dans sa ville comme à travers le monde, par le biais de différents moyens de communication : messageries instantanées, invitation à rejoindre un groupe,... Le tout grâce à une étape préalable simple : la création de son profil, c'est-à-dire sa page personnelle contenant toutes les infos « utiles » (coordonnées, photos, cv, centres d'intérêt,...).
Les réseaux sociaux de proximité, comme leur nom l'indique, ont pour particularité de créer des réseaux au niveau local : voisins, quartier, ville,... et permettent donc une approche moins « virtuelle » (voir à ce sujet l'excellent site voisinsolidaires.fr ). Il est d'ailleurs intéressant de noter que les utilisateurs de réseaux sociaux de proximité n'hésitent pas à donner leur identité réelle plutôt qu'un pseudonyme. La démarche vise donc à faire de vraies rencontres plutôt que d'entretenir des relations virtuelles.
Principe des six degrés de séparation entre les individus
A l'origine de ces initiatives, un constat
Un constat plus particulièrement visible dans les grandes agglomérations : l'absence ou la détérioration du lien social. L'individualisme ambiant, la surpopulation et même le fameux « monde virtuel » sont accusés de nuire au vivre ensemble et de favoriser le repli sur soi. L'électrochoc a été la grande canicule de 2003 qui a mis en lumière l'immense isolement des personnes âgées.
Ainsi, nous avons vu naître des initiatives telles que la fête des voisins (en Europe et à travers le monde) visant à se réapproprier l'espace de vie, tisser du lien avec les personnes proches de chez soi, échanger des idées ou prendre des initiatives ensemble (vide-greniers, pique-nique, échange de vêtements, présentation des nouveaux habitants...).
Les projets « vitesse grand V »
Grâce à ce système de réseau, on peut informer en un temps record tous nos contacts d'une actu, fédérer un maximum de personnes autour d'un événement, manifestation ou rencontre, et être tenu au courant par ses contacts de leurs propres actus. Les informations circulent vite, de groupes sociaux en groupes sociaux (le fameux « les amis de mes amis sont mes amis ») et permettent de donner vie à ses projets. Ces derniers mois, à Paris, ont été riches en rendez-vous de communautés -aussi appelés Flash Mob - des plus sérieux au plus loufoques : de la minute de silence pour montrer son soutien à une population jusqu'aux batailles d'oreillers, le lien reprend le devant de la scène et avec lui, la solidarité.
Bataille d'oreillers (FlashMob)
Et dans les pays du Sud ?
Si pour les pays du Nord l'utilisation d'Internet et de ses outils est devenue une évidence tant ils sont « démocratisés », la situation est bien différente dans les pays du Sud : « en 2008, on dénombre 5 fois moins d'utilisateurs d'Internet en Afrique (51 millions d'internautes, soit 1 habitant sur 20) qu'en Amérique du Nord (248 millions d'internautes) alors que le continent africain est 3 fois plus peuplé que l'Amérique du Nord. » (source : web2solidarite.org).
L'accès à Internet et au matériel reste difficile, alors même que ces outils sont de formidables moyens pour se développer et participer à la dynamique mondiale. Nous l'avons vu, les réseaux sociaux de proximité, entre autres outils, permettent de mener et de partager de grands projets, de partager des idées et des connaissances.
De belles initiatives se développent, notamment en Afrique du Sud, nous vous en reparlerons dans une prochaine note à venir dans Regards sur le web !
Et vous, quelle utilisation faites-vous des réseaux sociaux de proximité ? Quels sont les réseaux les plus utilisés dans votre région ? Réagissez à cette note et racontez-nous vos expériences !


14:19 Publié dans Médias et informations | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : réseau social, social networking, proximité, liens, facebook, communautés, solidaires, voisins, quartier, flashmob, peuplade, pres de chez vous |
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Digg
28.04.2009
Médias sociaux pour causes sociales : l'utilisation de Facebook par Danone Communities
Bonjour, j'étais la semaine dernière à une rencontre Danone Communities sur le thème de l'utilisation des réseaux sociaux pour des causes sociales.
Du coup, nous avons beaucoup entendu parler de Facebook et notamment de l'application "Pour un nouveau capitalisme" (référence au livre de Muhammad Yunus, dont la rencontre avec Franck Riboud, le PDG de Danone, a été le début des Danone Communities).
Je vous reproduit ci dessous mes notes, nourrie de quelques liens. N'hésitez pas si vous avez des questions.
Ce petit déjeuner s'est tenu le 21 avril 2009 de 8h30 à 11h à La Cantine avec :
- Olivier Maurel, directeur de la communication de Danone Communities
- Le président de l'agence KRDS, leader de la création d'applications Facebook pour des tiers
- Grégory Pouy, créateur de Culture Buzz
- Et une cinquantaine de participants issus d'ONG/associations, de médias, d'entreprises et d'agences de communication.
Déroulé :
1. La première partie (qui fait l'objet du compte rendu ci-dessous) était accompagnée de cette présentation
2. La seconde partie était une session de réflexion par groupe sur les problématiques de communication des 4 associations suivantes :
- La voute nubienne, projet gagnant du jeu « pour un nouveau capitalisme » sur Facebook. L'association promeut la fabrication de construction en terre dans le Sahel
- 1001 fontaines, assoc qui gèrent des projets d'assainissement d'eau au Cambodge
- SOS Sahel, projets de lutte contre la désertification
- L'Adie, association pour le développement de l'initiative économique, première association de micro crédit en France
1. Rappel :
Danone communities est un réseau de micro-entreprises qui ont pour objectif de répondre à des problèmes de malnutrition (l'expérience principale est le social business Grammeen Danone Food au Bangladesh - plus d'info dans le livre Pour un nouveau capitalisme de M. Yunus).
Au niveau local, DC se lance dans des projets de co-construction avec des acteurs locaux.
Au niveau de com. globale, ils favorisent le dialogue, l'échange, l'engagement...
Stratégie web de DC :
Le site internet Danone Communities est le cœur du réseau, il dispose des fonctionnalités d'un blog (commentaires, antéchronologie, archives, publication régulière, liens vers blogs externes et autres plateformes : flick'r pour les images, Facebook pour la gestion des relations, Twitter pour les micromessages réguliers ; utilisation de Google docs etc.
Adoption d'une logique crossmédia avec l'irrigation d'un réseau sur plusieurs plateformes web (Twitter, netvibes, Facebook,...)
2. Présentation du président de KRDS : la société leader dans la production d'applications FB à des fins de communication
Facebook en chiffres :
- Plus de 200 millions d'utilisateurs actifs (c'est-à-dire qui se sont connectés au moins une fois par mois), la moitié des membres actifs se connectent au moins une fois par jour (la durée de connexion est d'en moyenne 19 minutes)
- Une croissance fulgurante avec plus d'1 million d'inscriptions par jour (au Canada déjà 35% de la population et inscrite sur Facebook)
- Premier hébergeur de photos (loin devant Flickr et autres) : 850 millions de photos uploadés par jour. Il s'agit avec le mail de la première utilisation de FB par les utilisateurs.
- En France, on compte 9 millions d'inscrits sur Facebook (il y a un an, on en comptait 2 millions)
- FB est leader en temps passé, devant tous les autres sites web : 50% des membres actifs passent 19 minutes par jour sur FB (la moyenne, tous sites confondues est de 2 minutes/jour/site)
Quelles entreprises et quelles causes profitent le plus de Facebook ?
- Des entreprises avec comme exemple le buzz mené par Burger King, des marques comme Nutella
- Des éditeurs d'applications : les applications et particulièrement les applications de jeux sont les plus populaires. Elles sont majoritairement américaines et anglais pour celles qui suivent : par exemple, l'application « Texas Hold Em Poker » dégage 1 million de chiffre d'affaire par mois (de multiples micro-contribution), cette appli compte 12 315 897 utilisateurs actifs par mois et 424 580 fans.
De toutes les applications, la plus populaire est Living social, elle compte plus de 23 millions d'utilisateurs actifs et 180 000 fans.
- La troisième application la plus populaire = causes avec 17 M d'utilisateurs actifs. Pour en savoir plus sur l'appli ; Causes ne marche qu'avec des associations enregistrées dans le droit US. L'application permet d'attribuer des dons aux organisations enregistrées. A titre d'exemple, MSF a reçu 14 000 $ de 125 000 membres. MSF est l'ONG qui a reçu le plus de don via Causes.
Le nombre d'applications explose : 33 000 à ce jour.
En 2008, 2 millions d'utilisateurs d'application. En 2009, 34 millions.
- Des Médias : CNN compte près de 380 00 fans qui reçoivent tous des updates à chaque modification de la page
- Des causes peuvent aussi acquérir beaucoup de notoriété sur Facebook et générer des dons:
- La lutte contre le cancer : The race to end Cancer a reçu 50 000 $ de 5 M de membres ; Support the O Campaign for Cancer Prevention a reçu 85 000
- Animal Rights : c'est la cause qui génère le plus de dons
- Stop Global Warning
3. Présentation de l'opération « Pour un nouveau capitalisme » sur Facebook :
L'application est un mini-site à l'intérieur de Facebook. Cette application a été conçue par KRDS et a obtenu le prix de la meilleure application francophone.
Cette opération avait comme objectif :
- d'attirer l'attention
- de faire découvrir le social business et l'action de Danone Communities
- de faire jouer
- de faire voter
- de faire partager
- de recevoir des projets
Lancé au début du mois de décembre (pour mieux l'assimiler à une bonne résolution), cette opération s'est déroulée en quelques mois (le prix a été décerné en mars). L'application « Pour un nouveau capitalisme » a eu 40 000 utilisateurs, 800 fans et 80 projets ont été reçus.
Cela permet notamment à DC d'avoir une base de données déjà constituée qui servira de relais pour les opérations suivantes. Ca n'a donc pas grand sens de ne faire ce type d'opération qu'une seule fois.
Le prix a été desservi à l'association la voûte nubienne qui a pu rencontrer Muhammad Yunus et recevoir un financement.
Ce sont les utilisateurs eux-mêmes qui ont assuré la promotion du jeu, pendant le jeu, Danone Communities a peu participé ; quelques animations éditoriales ponctuelles. Par contre KRDS a très fréquemment remis à jour la page de l'application, afin de générer autant de mises à jour sur les pages de fans de l'application.
L'URL de la slide : http://www.slideshare.net/danonecommunities/social-media-...
4. Les raisons du succès de l'application Pour un nouveau capitalisme
- L'originalité du concept : c'est à la fois l'originalité de l'application (un mini site sur Facebook, innovation) et le fait d'utiliser Facebook pour promouvoir le social business)
- Le marché : Les utilisateurs sont sensibles / et en demande, d'applications servant des objectifs de solidarité/développement
- L'utilité sociale
- L'expressif : l'application donne aux utilisateurs la possibilité de s'exprimer sur des projets, de donner leurs idées et de promouvoir leurs projets auprès de leur amis.
- L'intuitif : facile d'utilisation (la simplicité est très importante dans la transmission message)
- Le potentiel : 9 millions d'utilisateurs de Facebook. Des applications trustées par des jeux légers, encore peu d'applications avec de vraies implications.
Les 12 points à retenir :
1- « Penser au temps qu'il fait et qu'il faut » : il est important que les cibles s'approprient le sujet dans leur agenda / que la thématique s'inscrive dans un agenda plus large afin de générer des synergies thématiques
- Lancement au 1er janvier, le moment des bonnes résolutions
- Récompense de l'effort (pour qu'ils puissent s'approprier l'évènement)
2- Oser la provocation : « Changer le capitalisme » titre très ambitieux par rapport à la réalité de l'impact de l'application proposée. Le message doit être simple pour bien être compris et repris. Cela permet d'engager des discussions (pour ou contre, et pourquoi etc...)
3- Dans ces opérations, il doit y avoir une présence discrète de la marque/institution en soutien d'une cause qui la dépasse (pour une marque connue : moins on la voit, plus elle est valorisée).
4- Mobiliser les ressources en interne. Excellent levier de participation et d'engagement en interne. Porte vers les réseaux personnels des membres de l'entreprise/l'institution.
5- Générer des notifications multiples et régulières :
- Venant des utilisateurs eux-mêmes (ex : Il pouvait partager le diaporama avec leurs amis)
- Réactualisation régulière du profil envoyées par les administrateurs (ex :j- 5 avant la fin de l'opération / nombre de projets reçus etc.)
6- Plusieurs modalités d'invitation (Push) :
- Partager en mettant l'activité du profil public « changer le capitalisme » sous le nez de mes amis. Petite révolution du webmarketing car à chaque fois que l'on update son profil, cela actualise toutes les pages de mes amis (mes fans) et ainsi donne une large visibilité (fonction de la taille du réseau)
- Publier un screenshot sur sa page d'accueil
- Envoyer des messages dans la boîte de réception Facebook (Très grand taux d'ouverture)
7- Utiliser la publicité pour amorcer la viralité (ou au moins pour la lancer) : on peut mettre de la publicité sur le côté droit de Facebook + sur le réseau d'application facebook + ailleurs que sur Facebook : en display et/ou achats de mots clés)
8- Les innovations constantes de la plateforme doivent être veillées pour être mises à profit pour toucher les utilisateurs :
Confier son statut à une plateforme (mais très rare encore car il faut que l'utilisateur ait une totale confiance en la plateforme, donc encore possible que pour des causes)
9- Les utilisateurs mis à contribution (cône d'expérience d'Edgar Dales) : les gens se rappellent de ce qu'ils font plus que de ce qu'ils lisent ou entendent :

Exemples de mise à contribution :
- 24 h For Darfour : Ce sont des vidéos qui sont postés par des internautes et soutenue par des messages de stars (Madonna, Brad Pitt, etc...) pour dénoncer ce qui se passe au Darfour.
- Le Téléthon qui invite les utilisateurs à continuer la vidéo en se faisant passer un cœur (inspirée de la vidéo promo de gmail)
Les vidéos sont plus crédibles quand elles sont réalisées par des personnes lambda / quand elles s'appuient sur leurs productions (pour partie, logique de co-construction).
10- La rencontre avec M. Yunus, une incentive emblématique, une expérience qui ne peut pas être commercialisée (les leaders d'opinion génèrent plus de conversations que les autres)
Inspiré de l'opération suivante : 1 article sur un blog génère 10 repas offerts aux restos du cœur
Résultats : + de 150 articles postés, 700 000 visites en 1 mois (les blogueurs sont mis à contribution, leurs articles permettent d'offrir 10 repas).
11- Le viral et la co-distribution du message par les utilisateurs, un outil à l'efficacité puissant
12- Buzz marketing : osez la surprise pour attirer l'attention
L'Objectif de l'application était de :
- Porter l'étendard du social business
- Créer du dialogue, du débat
- Réussir à les engager (soit en donnant du temps soit en plaçant de l'argent)
Action également destinée à montrer aux partenaires institutionnels qui apportent à hauteur de 30 millions des capitaux dans la SICAV Danone Communities afin de mettre en avant leur action !
Facebook peut permettre techniquement de convertir facilement en don (ce qui reste plus dur c'est de mobiliser)
La suite : rééditer l'opération en français, espagnol et anglais sur un plus long terme (environ 1an)
S'appuyer sur la base des 40 000 contacts pour lancer d'autres actions.
15:55 Publié dans Communication | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
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Digg
20.04.2009
Kiva - accord ou unité, en swahili - la plus grande association de microcrédit aux Etats-Unis
Philanthropie 2.0
Crée en 2005 à San Francisco, « Kiva est une association à but non lucratif dont l'activité principale tient à un site sur lequel chaque personne disposant d'un accès Internet et d'une carte bancaire peut choisir de prêter de l'argent à taux zéro à des centaines de micro-entrepreneurs originaires de pays en voie de développement " explique Premal Shah, président de Kiva.
Grâce à son site internet www.kiva.org collecte des prêts dans plus d'une centaine de pays. Ensuite Kiva distribue ces prêts à des institutions de micro finance (IMF) réparties dans les pays en voie de développement. Les IMF gèrent l'accueil, l'évaluation et le suivi des micros entrepreneurs qui proposent des projets et reçoivent des prêts, tandis qu'à l'autre bout de la chaîne, Kiva gère les prêts et envois d'argent à destination de ces IMF, grâce à un accord avec Paypal notamment. Ensuite, les IMF veillent au remboursement et les prêteurs récupèrent leur argent dans les 6 à 12 mois.
Une bonne partie de l'activité de Kiva consiste également à évaluer les IMF partenaires ou futur partenaires : Kiva classe les IFM selon leur fiabilité et leurs délais de remboursements. Des audits sont effectués sur l'état des finances des IMF, leur durée et leur solidité, la taille de leur portefeuille de prêts, leur aptitude aux échanges internationaux, leurs réseaux sur le Net et affiliations aux organismes caritatifs connus.
De leur côté, les IMF dont sensiblement le même travail avec les entrepreneurs : prospection, sélection, évaluation des projets. Les IMF apportent notamment une connaissance du terrain qu'il est impossible pour Kiva de développer.
Le site www.kiva.org
Sur la page d'accueil du site (en anglais, il n'y a pas de version française) nous distinguons nettement la photo d'un micro entrepreneur et celle d'un prêteur. Kiva permet ainsi aux prêteurs d'attribuer leur argent à certain projet particulier, en fonction de la localisation, de la thématique, de la présentation qui est faîte du projet et donc de l'affinité que le prêteur éprouve à l'égard du micro entrepreneur.

Le modèle de Kiva n'est possible que sur internet
Avant il n'était pas possible pour un particulier de prêter de l'argent à un micro entrepreneur. En effet, les associations caritatives qui reçoivent des dons de particuliers ou d'institutions ne sont pas en mesure de suivre l'attribution de l'argent. Avec ce modèle, Kiva et les sociétés françaises qui s'en inspirent comme Veecus ou Babyloan, imposent un nouveau standard de transparence, créant une attente chez les prêteurs / donateurs de savoir où, à qui et comment est alloué l'argent.
Le suivi d'un prêt
Au contraire, Kiva dans cette vidéo (en anglais) intitulée l'histoire d'un prêt Kiva, est en mesure de suivre le parcours d'un prêt de 25$ :
A Fistful Of Dollars: The Story of a Kiva.org Loan from Kieran Ball on Vimeo.
Parmi les raisons du succès
1. La simplicité d'utilisation
En quelques clics et quelques minutes, l'internaute qui souhaite devenir prêteur :
a. Crée son profil
b. Choisit la personne et le projet à qui prêter de l'argent
c. Finalise la transaction grâce au paiement sécurisé par Paypal
Kiva s'appuie donc sur des fonctionnalités de réseau social avec la mise en relation des prêteurs, l'invitation des membres de son réseau à prêter, la recommandation de prêter à certains projets etc.
2. La médiatisation du microcrédit
Du en particulier au succès de la Grameen Bank au Bangladesh et surtout à l'attribution du prix Nobel de la Paix à Muhammad Yunus.
Le micro crédit à fait éruption dans l'univers du financement du développement grâce au succès de la Grammeen Bank de Mohammed Yunus au Bangladesh.
Ce kit permet à chacun de communiquer sur son l'engagement en faveur de Kiva. De cette manière chaque prêteur est en mesure de médiatiser dans ces emails, sur son profil de réseau social ou sur son blog, son engagement sur Kiva.
4. Le modèle économique et l'accord entre Paypal et Kiva
Kiva ne facture pas de taux d'intérêt aux IMF et ne se rétribue pas sur les transactions. Les frais de fonctionnement sont couverts par des donations. Mais la clé du succès est l'énorme économie permise par un accord avec Paypal, filiale d'Ebay.
En effet, cet accord est fondamental pour Kiva puisqu'il permet de n'avoir aucun frais de transaction, ce qui est un avantage certain par rapport aux structures de coûts d'entreprises comme Veecus ou Babyloan.
5. Les Kiva fellows
Kiva emploie des centaines de salariés mais fait également appel à de très nombreux bénévoles et à des entreprises de bonne volonté comme Paypal. Le programme Kiva fellows vise à promouvoir l'engagement de la communauté Kiva dans des actions de communication : photos, récits ou vidéos d'entrepreneurs ayant bénéficié d'un prêt et de membres d'IMF, prise localement et mise à la disposition de Kiva pour illustrer les conséquences sur le terrain d'un prêt. En effet, à mon sens, une des attentes créées par le modèle Kiva est une remontée d'informations régulières du terrain. Je pense également que cette remontée d'information s'impose à toute structure impliquée dans des actions de développement.
Quelques vidéos des Kiva Fellows sur Youtube
Petit bilan de Kiva en chiffres (source : www.kiva.org & interview de Jessica Jackley, co fondatrice de Kiva)
Depuis 2005 :
- 5 00 000 prêteurs répartis dans 100 pays
- Un réseau de 10 000 IMF répartis dans 45 pays en voie de développement
- 67 millions de $ de volume de prêts
Cette semaine :
- 2 454 entrepreneurs financés
- 1 prêt toute les 18 secondes
- 3 726 nouveaux prêteurs
- 1 million de $ prêtés
- 12 873 prêteurs
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ou pour aller ailleurs tout simplement :)
Présentation d'éléments traduits du site Kiva sur le blog d'Alix de Médiapart
Article de 01net publié en 2007 : Kiva popularise le micro crédit façon web 2.0
Présentation de Kiva sur le portail Microfinance
Interview (en anglais) de Jessica Jackley, co fondatrice de Kiva : « la mission de Kiva est de mettre en contact des personnes à travers le monde »
Article Wikipedia sur le Grameen Bank
Sur le site Kiva (en anglais)
Voir une liste d'exemples de projets à financer : vous constaterez notamment la possibilité de faire des prêts à des groupes, des femmes et des hommes seuls. Sur ce point, il faut savoir que la Grameen Bank, à l'origine du microcrédit, prêtait exclusivement à des femmes qui empruntaient en groupe. L'idée étant que les femmes investissent plus volontiers dans l'éducation de leurs enfants et dans la mise en place d'un projet à long terme. L'autre idée étant qu'un emprunt en groupe garanti une forme de solidarité entre des micro entrepreneurs en cas de difficultés. (Cf; l'article Wikipedia sur le Grameen Bank)
Voir des détails sur un projet en particulier
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| Tags : kiva, microcredit, microfinance, paypal, imf, kiva fellows, kiva en chiffres, modele economique, social business, reseau social |
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04.12.2008
Web2solidarité.org : le réseau social solidaire
Dans une note précédente, nous évoquions la création de l’Agence Mondiale de Solidarité Numérique, dont la philosophie est bien illustrée dans cette citation :
« (…) La contribution des TIC à la croissance et au développement est déterminée par des facteurs tels que le rôle du capital humain, les externalités et les retombées (surtout par le biais de l’apprentissage et de l’innovation complémentaire) et parla mise en place de politiques et d’institutions adaptées soutenant l’innovation. Cette analyse illustre l’importance d’un libre accès au savoir, et donc de la diffusion et du partage des connaissances et de là technologie, en particulier pour les pays en développement. »
Extrait du rapport 2007-2008 sur l’économie de l’information, Science et Technologie pour le développement : Le nouveau paradigme des TIC, CNUCED, Nations Unies, New York et Genève, 2007.
Nous vous proposons de poursuivre notre présentation par un cas concret : le portail web2solidarité.org

L’agence a mis en place un outil permettant la création d’un réseau social spécialisé dans la solidarité numérique, baptisé Web2solidarité, son url : http://www.web2solidarite.org/.
L’objectif du site est de permettre à des personnes ayant des compétences informatiques de créer leur profil et de le renseigner sur leurs compétences, leurs expériences. Ainsi, des porteurs de projets ayant besoin de ressources en matière informatique, peuvent rechercher et consulter les profils des membres, entrer en contact et éventuellement s’associer avec eux. Cela jette aussi les bases d’un travail en réseau puisque la nature des missions fait que les collaborateurs n’ont pas nécessairement besoin d’être ensemble pour travailler.
Le site offre la possibilité de s’associer en groupes thématiques : télémédecine et santé, éducation numérique, e-agriculture et e-administration, accès à internet etc. Les (futurs) acteurs francophones des technologies de l’information et de la communication en faveur du développement peuvent donc se rencontrer sur cette plateforme et se regrouper en fonction de leurs centres d’intérêts et de leurs spécialités.
Le site dispose également d’un blog animé par Destiny Tchehouali (auteur d’un mémoire sur l’apport du « Web 2.0 » à la solidarité numérique). Il y définit web2solidarite.org comme un « portail transversal de solidarité pour le développement des technologies dans l’ensemble des domaines concernés ».
Web2solidarité.org est donc conçu dans une optique de mise en contact et de collaboration. Ces 3 objectifs sont la co-écriture et le suivi de projets numériques solidaires, la production de contenus partagés entre le nord et le sud, et plus largement, une coopération décentralisée autour du numérique.
Pour l’instant, la plateforme est encore jeune et compte une centaine de membres, comme Solidaires du monde. Espérons que dans quelques temps, elle deviendra un centre de ressources humaines riche, doublé d’un espace de rencontre pour les acteurs de la solidarité numérique, ainsi qu’un lieu de naissance et de développement de projets servant la solidarité.
« La solidarité numérique se veut une approche positive de la coopération visant à déployer toutes les potentialités de l’Internet et du Multimédia auprès de tous les publics concernés. La solidarité peut s’exercer à travers le transfert de ressources financières, matérielles et humaines. Elle permet de mettre en place des projets et des réseaux d’acteurs partout dans le monde. (…) En effet donner du matériel informatique ne constitue pas, en soi, un projet de solidarité numérique. Il manque précisément au don les dimensions d’apprentissage, d’appropriation, de création de contenus et d’usages qui donnent son véritable sens à la solidarité numérique. »
Extrait du Guide de la Coopération décentralisée pour la solidarité numérique, 2008, p.21. Cité dans le mémoire de Destiny Tcheouhouali.
16:45 Publié dans Technologie de l'information | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : solidarité numérique, reseau social, informatique et développement |
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