04.03.2010
Au menu de la rencontre Starting Block
Chemin de faire
- Echanges et communication : email et fonctionnalité "répondre à tous", baisse des coûts, mobilité, inégalités sociales, culturelles
- Synchronie et asynchronie
- Blog & plateforme de blogs
- Utilité du blog : témoignage d'Ibrahim El Ali (à +/- 3 minutes), pour les acteurs du terrain, blogs DFID
- Mise en relation : démultiplication des rencontres et des échanges
- Participation : les plateformes de contenu générés par les utilisateurs
- Collaboration : wiki, partage de fichiers
- Diffusion : du modèle broadcast (centre > périphérie) au modèle en réseaux
- Production : nouveau modèle de production ? Open source
- Crowdsourcing : plateformes ushahidi
- Urgence : Haïti-Twitter - Campagne de levée de fonds de la Croix Rouge par SMS sur Facebook, Twitter, la télévision et la radio
- Organisation des connaissances et des informations : page delicious Internet, solidarité et développement
- Information & sensibilisation : campagnes Greenpeace - Global Voices - Journalisme citoyen - multiplication et spécialisation des médias, incertitudes sur les modèles économiques, avenir du journalisme ?
- Les associations, les entreprises et les institutions sont producteurs d'informations. Désintermédiation relative // médias traditionnels.
- Mobilisation : possibilité de s'organiser sans organisation, interpellation et incitation à l'action : avaaz.org - campagne Robin Hood Tax
- Veille, outils : twitter et netvibes, standard RSS
- Partage : information, connaissances et compétences. Don de soi, de temps.
- Inégalités d'accès, de pratiques, représentation de la richesse linguistique
- Rôle des TIC dans les échanges culturels, économiques, financiers
- Réseaux sociaux : généraliste et grand public, spécialisés comme wiser earth - ou les réseaux sociaux professionels
- Témoignages : Etat critique de Médecins sans Frontières
- Vidéo : portail vidéo de Première Urgence - de Greenpeace - d'Action contre la faim
- Ecriture multimédia et webdocumentaire : Voyage au bout du Charbon - plateforme Arte webdoc - page france 5 dédiée - Le Monde
- Langues et échanges interculturels
- Peer to peer lending : Friendsclear - Prosper, couchsurfing, ebay et création de système d'évaluation de la confiance, réputation
- Collecte de fonds : Aider donner - Just Giving - Kiva ou Babyloan
- Téléphonie mobile dans les pays en voie de développement
19:13 Publié dans Education | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
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Digg
Handicap International + Pixyfree = photos solidaires
L'ONG Handicap International et la société Pixyfree ont lancé en mai 2009 le site Photos solidaires ; un service de développement de photos en ligne qui reverse la moitié de ses bénéfices au profit de l'association et donc en faveur des populations handicapées de 61 pays du monde.
Pourquoi cette présentation de partenariat ?
Au-delà d'une simple appellation « solidaire », qui reviendrait à breveter les initiatives du genre, nous avons décidé de présenter ce partenariat qui illustre, de manière tout à fait réaliste, certains enjeux des partenariats entre associations humanitaires et entreprises, sur fond de culture Internet. Dans ce paysage « gagnant/gagnant », zoom sur la vague « achat-citoyen-responsable » et les mouvements de coulisse au travers du partenariat Pixyfree/ Handicap International. Un partenariat qui fait sens pour Solidaires du monde, qui défend l'activité des photoblogueurs solidaires ! Qui plus est, pour les expatriés dont le nombre ne cesse de croître, le retour est souvent synonyme d'albums photos en cascade. A l'instar des blogs Périple au Népal ou encore Sone otro mundo, les blogstrotteurs de Solidaires du monde sont susceptibles d'être intéressés par le service développé par Handicap International et Pixyfree.
Elaboration du partenariat
Généralement, les modèles économiques des entreprises sur Internet intègrent un partage de revenus entre l'éditeur du service et le partenaire apportant la visibilité et le trafic. Partition binaire, facile à comprendre : pour lier une autorité en place à une notoriété émergente, il « suffit » de trouver l'intérêt convergent.
Chez Pixyfree, où les fondateurs viennent du secteur et de la culture Internet, la stratégie adoptée était claire dès le début. Quitte à trouver un partenaire, autant que cela serve une cause. A la recherche de visibilité, s'ajoutait alors une motivation supplémentaire : l'utilité sociale et solidaire. Pixyfree affirme même avoir voulu aller « un peu plus loin, en reversant 50% des bénéfices générés par commande* ».
Reste que les choses ne sont pas aussi simples. Et que le business reste le business, y compris pour le milieu associatif. Les responsables du projet chez Pixyfree expliquent ainsi que « de grandes associations ont refusé ce partenariat car elles désiraient une rémunération à court-terme en échange du droit d'apposer leur logo sur notre site* ». Pour cause de moyens insuffisants, Pixyfree a été contraint de refuser, ajoutant d'ailleurs que « même si il n'avait pas les moyens, il voulait de toute façon aller plus loin en construisant un produit avec du sens* ».
Pour Pixyfree, visiblement pugnace, un écho s'est finalement fait sentir du côté de Handicap International. De fait, « le potentiel du marché de la photo en ligne a tout de suite été perçu et l'idée de générer des revenus d'une manière originale auprès du très grand public a fait son chemin.* » Le chemin dont il est question a notamment été pavé d'une véritable analyse de marché et d'un sondage sur l'intérêt et les réticences des éventuels donateurs pour aboutir au partenariat en question. Pas très glamour, on en convient, mais essentiel pour nourrir la sérénité de l'échange.
Du côté d'Handicap International, on a pleinement conscience de l'intérêt que représentent les partenariats publics-privés en matière de développement pour le financement et les aspects opérationnels de l'organisation : « Les fonds privés sur les projets peuvent servir d'effet levier, ou de compléments pour les fonds publics. On peut citer l'exemple de Sanofi-Aventis qui nous a permis de lancer des projets de lutte contre le diabète, une maladie invalidante en voie de devenir un fléau dans les pays du Sud. Aujourd'hui, ces projets bénéficient en outre de financements publics pour un déploiement à plus grande échelle.* ». De fait, chez Handicap International, le Partenariat avec les entreprises représente environ 1 million d'euros et participe à la diversification des ressources de l'association en matière de fonds privés. Les fonds d'origine publique représentent environ 40% des ressources financières de l'association.
Citant une étude de marché récente, Handicap International considère le marché du développement de photos en ligne comme un axe de financement à ne pas négliger. Avec 2, 7 milliards de tirages réalisés sur le marché hexagonal de la photo en ligne et une tendance en hausse à la « consommaction », le partenariat Pixyfree / Handicap International se veut pérenne. Convergence d'intérêts puisque Pixyfree souhaite défendre un partenariat solidaire de long-terme via une implication réciproque des deux parties, soit une véritable philosophie de développement solidaire.
A l'heure où les partenariats entre entreprises privées et ONG se déclinent de deux manières : le traditionnel mécénat ou la création, à plus long terme, d'un produit répondant au besoin de consommation intelligente de la part du grand public, le service Photos Solidaires indique de quel côté la balance a penché. Ce alors que « d'autres actions leur permettent de recevoir des financements biens plus importants aujourd'hui* », Handicap International partage avec Pixyfree une vision de long-terme et un esprit de « produit responsable ».
Le seul regret que l'on peut formuler, est que ce service ne soit pas étendu à plusieurs partenaires ONG, ce qui permettrait à l'internaute d'avoir le choix de l'ONG à laquelle il donne. Chez Pixfree, on a déjà réfléchi à la question mais « Pour le moment nous n'avons pas cherché à le faire car lancer un service prend du temps et demande des investissements importants et longs à rentabiliser. Il est certain que sur d'autres créneaux cela aurait beaucoup de sens, en particulier avec des associations agissant en faveur de l'écologie. Même si nos imprimeurs intègrent de plus en plus les problématiques de Développement Durable, l'idée de devenir le 1er service de tirage photos, livres album et autres objets photos à « compenser » ses effets (papier et chimie) serait une vraie innovation.
En conclusion : quelles perspectives pour les partenariats ONG/ privés ?
S'il peut paraître étrange de voir qu'aujourd'hui le milieu associatif parle aussi bien business que le milieu du business lui-même, force est de constater que cet exemple illustre une alternative louable à la sur-consommation actuelle. Avec les exigences classiques d'un consommateur classique (dont le maître-mot est le rapport qualité/prix), et grâce à ce genre d'initiatives, la consommation courante se fraie une voie dans le chemin du militantisme responsable.
Pour prolonger le sujet des partenariats ONG/ entreprises privés, et notamment creuser la question des pratiques managériales en matière de relations milieu privé/ sphère associative, nous vous invitons à consulter l'article consacré à l'institut de formation WWW-France et Be-linked : formation « management de la relation entreprise/ONG » sur le site de WWF. Cette formation, composée de deux volets, l'un adressé aux entreprises, l'autre aux ONG, doit permettre de mieux appréhender la valeur d'échange des partenariats solidaires. Orienter les ONG dans le choix d'une entreprise, encourager et accompagner les managers à ouvrir des perspectives de partenariat solidaire à la fois pertinent et de long terme - soit un échange véritable constructif-, sont autant d'éléments à poser en vue de construire une pratique en plein essor.
* Cet article a été réalisé d'après les interviews de porte-paroles de Handicap International et de Pixyfree par l'équipe de Solidaires du monde, le 2 février 2010.
Pour poursuivre ce billet :
Internet, vers une nouvelle relation entre ONG, Entreprises et donateurs, pour visionner la conférence sur ce thème menée le 1er octobre à La Cantine par HEC-Web.
10:49 Publié dans Communication | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : pixfree, handicap international, développement photos, solidarité |
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Digg
25.01.2010
Peer to peer lending : distribution de prêts entre particuliers et refonte du système bancaire traditionnel
Le « peer to peer », c'est quoi au juste ?
Définition : le peer-to-peer, pair à pair en français, que vous trouverez aussi écrit P2P, correspond à un modèle de réseau de communication, d'échange et de partage de fichiers dans lequel l'information ne transite pas par un serveur central mais par chaque membre du réseau.
En fait, le peer to peer désigne une méthode de transmission de l'information. La plupart du temps, un ordinateur est connecté selon le modèle client/ serveur : il y a un programme serveur (qui gère les communications) et des programmes clients (qui se connectent au serveur).
En peer to peer, il n'existe qu'un seul programme, qui fait office à la fois de client et de serveur : ce programme complet permet à la fois de se connecter à un autre programme (partie client) et de recevoir une tentative de connexion (partie serveur). Autrement dit : on se connecte directement à un autre ordinateur, sans avoir à passer par un serveur qui gère les connexions. Pour lever les malentendus : le peer to peer n'a en soi rien d'illégal. En revanche, ce sont les transferts de fichiers protégés par des droits d'auteur (musiques, films,...) qui rentrent dans cette catégorie.
Philosophie générale et applications du peer to peer
La philosphie du peer to peer pourrait se résumer en cette formule : « Tu as une chose à enseigner mais plein de choses à apprendre ».
En effet, le peer to peer s'inscrit dans un processus global de restructuration de l'accès au savoir, compris alors comme une véritable valeur d'échange. Jusqu'à il n'y a pas si longtemps, les échanges de données étaient assez limités, disons figés. Qui plus est, les « experts » avaient toute autorité sur leur domaine.
Cette organisation verticale de l'information laissait peu de place à l'approximation et aux avis divergents. Régnait alors en maître le bon vieux principe d'autorité et la communication se résumait à une partition d'acteurs binaire, où chacun tenait son rôle d'émetteur ou de récepteur. Le contrôle de l'émetteur était alors l'enjeu principal pour controler le récepteur.
Avec l'avènement du web participatif, les internautes ont la possibilité de retraiter l'information ; c'est-à-dire non seulement de la relayer (vecteur), mais également d'ajouter du contenu à des contenus existants (création, réorganisation). Pour ainsi dire, les échanges communautaires ont littéralement changé d'échelle : l'espace de rencontres est alors devenu celui d'un dessein commun où ceux et celles qui s'expriment ouvrent une nouvelle dimension en matière d'échange et de partage.
Pour approfondir ce sujet, n'hésitez pas à consulter la note consacrée au film Us Now : Us Now, ou comment internet permet de créer de la confiance, du lien social et de la solidarité. En s'appuyant sur le film, la note explique le fonctionnement des réseaux d'échange de particulier à particulier au travers de cas concret comme le couchsurfing (service de réseau social et d'hébergement) ou encore le site netmums (service d'échange et d'entraide entre jeunes mamans).
Appliqué à la distribution de programmes vidéo, Joost fonctionne en P2P.
Le peer to peer lending : le prêt entre particuliers, une alternative au système bancaire
Le prêt de particulier à particulier est un phénomène d'envergure mondiale née aux Etats-Unis puis repris au Royaume-Uni. Le système s'appuie sur le principe de la tontine.
Ce système de prêt fait intervenir des acteurs différents de ceux du système bancaire traditionnel et repose sur la confiance : on passe ainsi d'un modèle strictement transactionnel à un modèle relationnel, organisé autour de plateforme web qui s'inspirent des réseaux sociaux.
Le schéma est le suivant : un emprunteur s'adresse à un prêteur, généralement un proche (ami ou famille) afin de souscrire une demande de prêt. Cet acte se fait par l'intermédiaire et la supervision d'un tiers, une plateforme de p2p, qui fait alors figure de tuteur, et d'aide juridique.
La plateforme p2p en question fournit différents services ; notamment un cadre juridique. Le service permet également la répartition de l'argent des prêteurs sur plusieurs emprunteurs, dans le but de minimiser les risques. Qu'il s'agisse d'une plateforme ayant pour vocation le développement économique (prêts collectés au nord pour distribuer des micro crédits au sud) ou jouant sur la proximité des acteurs (quand ils sont amis, ou de la même famille), le ressort fondamental de ces organisations est la confiance entre les différents acteurs. L'intérêt directement mesurable, si l'on peut dire, est que les taux de risque pour ces prêts sont plus faibles que pour un emprunt classique.
Trois formes de plateforme de p2p lending
- On trouve tout d'abord des plateformes qui proposent un cadre juridique à des familiers (prêts entre amis ou au sein de la famille).
Ce type de plateforme s'adresse à des gens qui sont généralement coutumiers de l'emprunt entre proches, mais qui recherchent un coussin juridique. - On trouve ensuite des plateformes à visée « sociale ». Celles-ci sont destinées à proposer des financements de projets sélectionnés par des institutions de micro finance.
Dans ce cas, on fait généralement appel à la contribution de ceux qui souhaitent devenir acteurs du développement et de la solidarité et contribuer au développement de projets dans leur propre pays ou à l'étranger. - Pour finir, on trouve des plateformes à vocation financière. Celles-ci « proposent aux prêteurs des placements à des taux attractifs et un risque calculé, et aux emprunteurs, des prêts à un taux intéressant et plus facile à obtenir que dans un organisme financier classique. »
- Dans ce dernier schéma, la visée sociale est différée, au profit d'une recherche d'avantages en premier lieu financiers si bien pour le prêteur que pour l'emprunteur.
En tout cas, ces trois modalités permettent de contourner l'offre bancaire classique, et de réintroduire une partie de la population exclue du système classique de prêt.
Des exemples ?
Comme présentée dans une note intitulée l'initiative d'une banque solidaire sur le Blognotes de la plateforme, une banque coopérative suédoise, la Jak, a développé un système de prêt en peer to peer. Jak maintient l'équilibre entre prêts et épargnes et dispose par là même d'un certain flot de liquidité. Précision : l'emprunteur est tenu d'acheter l'équivalent de 6% de son prêt en participation à la banque. Ce « dépôt d'équité » lui est reversé à la fin du remboursement et permet de garantir la solvabilité de l'organisme et la viabilité du système.
En France, avec Friendsclear, le vieux principe de reconnaissance de dettes est remis au goût du jour. Ce site spécialisé dans la garantie des prêts entre amis propose une formule plus rapide et moins onéreuse que des frais de notaire ou qu'un prêt dans une banque classique.
Dans leurs conditions d'utilisation, on peut lire : "assurer une prestation de suivi de prêt de particulier à particulier, dans un cadre familial ou amical. Il offre aux utilisateurs des outils de rédaction juridique de reconnaissance de dette, de suivi du déroulement de prêt entre particuliers, de calcul d'échéancier de paiement et d'intérêts et d’accompagnement du prêt."
Friendsclear guide les amis dans leur démarche de prêt ; il les aide à se mettre d'accord sur le montant, la durée et à définir ainsi un calcul des échéances. Même si ce système repose avant tout sur la confiance, le préteur dispose d'un coussin juridique en cas de litige. Les prêts accordés visent généralement de petites sommes : 4000€ en moyenne, et jamais plus de 10 000€ et les taux d'intérêts sont variables de 0 à 9%. A noter tout de même que les prêteurs doivent déclarer les intérêts perçus au fisc, car ceux-là sont considérés comme une créance imposable.
Le fait de ne proposer qu'un cadre juridique n'oblige pas Friendsclear à être titulaire d'une licence bancaire : pour le moment, le service fourni consiste seulement à fournir un cadre juridique à l'emprunteur et au prêteur.
Un autre site, français également, se propose de mettre en contact des emprunteurs des investisseurs en échange d'un pourcentage de transaction des deux parties. Il s'agit de PRETp2p.com. A l'heure actuelle, c'est la plus grande banque ouverte 2.0 en langue française. Dans cette communauté en ligne de prêts d'argent sur des plateformes sociales, les motifs de prêt sont divers (personnel, commercial, consolidation de dettes, rénovation de maison, financement d'une voiture,...).
Quelles garanties pour le prêteur ?
Dans les organismes de prêt entre particuliers, outre le principe de confiance, socle de base sur lequel se fonde le système, un certain nombre d'indices de garanties sont nécessaires au bon fonctionnement de l'application de l'accord de prêts... et de ses échéances. Accolé au bon vieux principe de confiance, on retrouve ainsi le principe plus récent de transparence.
Le calcul du risque est ainsi mesuré et ajusté sur la base des performances de remboursement du prêt grâce à un certain nombre d'indicateurs. Pour exemple, les prêteurs membres peuvent avoir accès à différentes données à rapprocher de celles liées à un crédit à la consommation. Celles-ci sont revues par l'emprunteur et l'organisme relais afin d'organiser au mieux les conditions du prêt. On trouve par exemple : le ratio dette/ revenu, le statut de l'emprunteur propriétaire/locataire, le passé judiciaire, les demandes de crédit antérieures, le taux d'utilisation d'une carte bancaire, l'historique d'emprunt sur le site de l'organisme d'emprunt.
Aux frontières de la régulation gouvernementale
Le prêt p2p, parce qu'il permet à des particuliers de prêter leur argent à des taux plus bas que ceux des banques, conduit logiquement à une restructuration du marché bancaire. Marché de l'ordre des trillions de dollars ! Face à cette réorganisation massive due à l'entrée de ces nouveaux acteurs si particuliers ( !), les gouvernements ont été conduits à légiférer.
Petit tour de l'autre côté de la Manche et de l'Atlantique, ou le phénomène est né.
Le premier acteur à se lancer s'appelait Circlelending, c'était en 2001 ! Désormais, Circlelending s'appelle Virginmoneyus. C'est le plus gros acteur du marché en termes d'encours.
Aux Etats-Unis, c'est Prosper qui a permis de construire et de délimiter un cadre légal au système de prêt p2p, permettant ainsi la naissance d'autres sites de prêt comme Zopa, IOU Central ou encore Lending Club.
En 2008, l'Autorité des marchés financiers américaine, le SEC (Securities and Exchange Commission), a lu l'offre de Propser comme un encouragement à la vente de valeurs immobilières non sécurisées et a mis en avant l'absence de preuve physique reliée à l'offre, à la vente et à l'achat de ces titres. Qui plus est, pour être légal aux Etats-Unis, un titre financier doit être enregistré à la SEC, ce qui n'était pas le cas de la jeune entreprise. Après avoir honoré une amende de 1 millions de dollars, Prosper a été contrainte de s'enregistrer et de se mettre en conformité avec le cadre législatif.
Au Canada, c'est la Commission des Valeurs Mobilières de l'Ontario (CVMO) qui a permis de légiférer sur la question du peer to peer lending. Il en ressort que les sites de prêts p2p ne peuvent pas dépasser un seuil de prêt fixé à hauteur de 25 000 $ et que la période de remboursement ne doit pas excéder une période de trois ans.
Dans l'hexagone ?
En France, le développement du marché de prêt p2p rencontre un certain nombre de freins.
Si le code monétaire et financier indique que « quiconque, sauf une banque à charte peut effectuer des opérations bancaires de manière régulière », rien ne vient interdire le prêt consenti d'un individu à un autre. Ainsi, les particuliers sont libres de prêter de l'argent à des parents, amis... C'est ce qu'on appelle originairement les « tontines ».
Néanmoins, la peur du surendettement, particulièrement rependue en France, conduit à une méfiance généralisée (si bien l'Etat que les associations de consommateurs ou encore les consommateurs eux-mêmes) vis-à-vis des crédits à la consommation (ou du moins compris comme tels). Même si les faits leur donnent « tord » (les français sont beaucoup moins endettés que leurs confrères Européens), il n'en reste pas moins que le crédit à la consommation doit faire ses preuves face à des esprits généralement méfiants. Du point de vue législatif, il en résulte un paradoxe puisque le marché du taux de crédit est à la fois réglementé par l'Etat et ultra-concurrentiel.
En France, les taux d'intérêts sont généralement plus bas que partout ailleurs en Europe. Néanmoins, l'intérêt de compensation des risques ne doit pas dépasser la limite du taux d'usure défini par l'Etat. Ce taux d'usure est le principal obstacle auquel sont confrontés les demandeurs de prêts n'ayant pas de source de revenus réguliers ou encore d'antécédents bancaires (les étudiants, les travailleurs indépendants,...). Puisque les banques ne sont pas autorisées à dépasser le taux d'usure (ce qui revient à s'offrir un coussin d'amortissement plus épais), elles refusent purement et simplement de prendre le risque de prêter à cette tranche de population.
Cause ou conséquence de tout cela, la législation Française réserve un accueil assez froid à l'arrivée du p2p lending tel qu'il se pratique outre atlantique, et même en Europe avec le Danemark, les Pays-Bas, l'Italie et l'Allemagne. En France, seules les banques ont accès à un historique des opérations de crédit. Les comptes rendus positifs sont illégaux : seuls les enregistrements négatifs (documents historiques sur des interdits bancaires ou d'incidents de paiement) peuvent et doivent être utilisés dans le cas d'une demande de crédit.
Malgré ces freins élémentaires, le succès qu'a connu le p2p lending à l'étranger devrait se propager dans l'hexagone. Encore un peu de patience pour que ce « marché pour les personnes solvables, mais atypiques », selon Jean-Christophe Capelli, président de Friendsclear trouve son public et que le cadre législatif s'ouvre à lui.
Des commentaires intéressants suite au billet de Jean Michel Billaut
Veille sur le p2p aux Etats-Unis - Autre blog de veille sur le p2p lending, en anglais
Friendsclear : le P2P lending débarque en France sur la version française du blog Read Write Web.

16:50 Publié dans Développement économique | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : peer to peer lending, prêt de particulier à particulier, économie, social, solidarité, confiance |
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Digg
30.12.2009
Internet Prix Nobel de la Paix ?
Internet prendrait-il forme humaine ? Entre son auto-développement et son utilisation quasi-vitale, on peut se demander quelles sont les limites d'un outil qui déstructure et entraine une réorganisation de nombreuses activités humaines : économiques, culturelles, sociales, identitaires... Le journal italien Wired ne s'encombre pas de questions en proposant la nomination d'Internet pour le Prix Nobel de la Paix de 2010 !
A coté de celle de Mickaël Jackson, on peut sentir comme un glissement de la thématique d'origine... Pour Riccardo Luna, rédacteur en chef de Wired-Italia, la proposition se justifie dans la mesure où Internet « peut être considéré comme la première arme de construction massive ».
Pour appuyer sa thèse, le journal énumère les arguments, mis en ligne sur le site créé à cette occasion, internetforpeace.org.

Jusqu'où Internet peut-il remplacer l'humain ? Débat (provocateur) lancé !
Internet est en soi un outil incontesté et irremplaçable, il permet effectivement de lier les hommes au dela du temps et de l'espace, il permet de diffuser plus d'information et de créer du débat, de la solidarité. Pour autant, son instrumentalisation à des fins très contestables est véritable : les exemples se comptent à la pelle, en matière de propagande politique, de sectarisme, d'escroqueries, de division et d'expression des pires folies humaines.
En tant qu'outil, sa fonction est liée à l'objectif visé par celui qui l'emploie. Et plus il y a d'utilisateurs, plus il y a d'objectifs, plus l'outil n'apparait alors que comme un reflet de ce qui se fait de mieux et de pire dans l'espèce humaine.
Pour autant, des célébrités semblent ouvertes à cette proposition, se disant que l'heureux élu peut également être une organisation, à l'image de Médecins Sans Frontières par exemple qui eut le prix en 1999, ou la International Campaign to Ban Landmines, un réseau fonctionnant uniquement grâce au web, lauréat en 1997. Aussi Shirin Ebadi, avocate iranienne, elle-même Prix Nobel de la Paix en 2003, ou Georgio Armani sont partisans de la candidature d'Internet et figurent sur la liste de ses soutiens.
Les éditions américaines et britanniques de Wired se sont également associées à l'édition italienne pour assurer la campagne jusqu'en septembre 2010. Les relations entre l'éxécutif italien et les médias expliqueraient-elles que wired.it ait proposé l'idée ?
Nous pouvons ainsi accepter que le Prix Nobel ne soit pas exclusivement remis à un humain, comme c'est également le cas de son petit frère français, moins médiatisé, mais néanmoins vieux de 20 ans, le Prix des Droits de l'Homme de la République Française, remis par la Commission Nationale Consultative des Droits de l'Homme (CNCDH). Celui-ci vient d'être décerné le 10 décembre autours de deux thèmes : l'aide aux enfants des rues et le soutien aux libertés d'expression et d'information. Dans la première catégorie, l'ONG tchétchène Sauvons la Génération a été récompensée, puis Voice of Children. Dans la seconde, Citizen Against Corruption, puis PNGO (une plateforme d'ONG palestiniennes) et le Centre Argentin d'Etudes Légales et Sociales sont les heureux lauréats.
Alors admettons que cette idée aboutisse, quelles pourraient en être les conséquences, changerait-elle notre perception et notre utilisation de l'outil ? Une dynamique positive pourrait-elle être déclenchée ? Ou n'est-ce pas le début d'une désacralisation du Prix, ou simplement une évolution ? Encore faut-il vraiment vouloir qu'il évolue. Et cela n'annulerait-il pas finalement ou du moins ne nierait-il pas desvraies actions bien réelles, sur le terrain ou en amont, par de vraies personnes, porteuses de valeurs qu'aspire à reconnaitre le Prix ?
Rappelons ainsi la définition de base qu'Alfred Nobel écrit dans son testament : le prix récompense « la personnalité ayant le plus ou le mieux contribué au rapprochement des peuples, à la suppression ou à la réduction des armées permanentes, à la réunion et à la propagation des progrès pour la paix ». En relisant ces lignes, on peut également se demander sur quels critères Barack Obama, venant de renforcer ses troupes armées en Afghanistan pouvait mériter ce prix... Mais c'est un autre débat.
Pour soutenir la candidature d' Internet, vous pouvez vous inscrire sur la pétition en ligne ou réagir en laissant vos commentaires !
18:40 Publié dans Institutions | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : prix, nobel, paix, 2010, internet, solidarité, wired |
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Digg
16.12.2009
Noël solidaire
- Qu'est-ce qui te ferait plaisir à Noël ?
- Bah, je sais pas...
- Un parfum ?
- J'en ai déjà...
- Un vêtement ?
- J'en ai assez...
Pour ceux qui ont vécu, vivent ou s'apprêtent à vivre ce genre d'échange -palpitant- à l'approche des fêtes de Noël, nous avons pensé à vous présenter ici une liste de cadeaux solidaires qui font figure d'alternative au cadeau inutile, pas vraiment apprécié, voire revendu sur E-bay dans les heures qui suivent le grand déballage au pied du sapin...
- Le cercle vertueux du cadeau solidaire
Le principe du cadeau solidaire est celui d'un cercle vertueux à l'intérieur duquel on risque de tomber et de prendre goût !
Le cadeau solidaire c'est l'occasion de faire plaisir à :
- Celui qui l'offre : l'assurance de faire un cadeau original et utile
- Celui qui le reçoit : la surprise et le plaisir d'être associé à une action solidaire menée en son nom
- Celui qui en bénéficie : la satisfaction de recevoir une aide qui améliore son quotidien
- Oxfam
Oxfam International est une association de 14 organisations qui œuvrent ensemble et en collaboration avec des milliers de partenaires et d'alliés dans le monde entier sur des chantiers de développement et de solidarité.
Pour un prix allant de 5€ à 60€ et plus, vous pouvez offrir au(x) proche(s) de votre choix un cadeau symbolique et plein de valeurs.
Au choix parmi les différents catalogues proposés, vous pouvez ainsi offrir un potager (5€), une chèvre (19€), une formation d'ouvrière (50€), une formation d'aide soignante (79€), une petite vache (146€), et plein d'autres choses encore. Rendez-vous sur la page du site Oxfam Unwrapped pour consulter l'ensemble des catalogues, en particulier celui du pays où vous résidez*.
*pour la France, consulter le catalogue Oxfam-Solidarité (Belgique).*
- Boutique Dons-Cadeaux: Un geste ici, un projet là-bas
Dans le même esprit qu'Oxfam, la boutique Dons-Cadeaux vous permet d'associer un proche à un don que vous faîtes à quelqu'un qui en a vraiment besoin. Les dons-cadeaux proposés vont de 5€ à plus de 100€. En vous rendant sur le site de Boutique Dons-cadeaux, vous verrez notamment qu'il vous est possible d'offrir un suivi médical pour un enfant travailleur (5€), 6 poules et poulets pour une famille (20€), l'équipement d'une classe maternelle (60€), parmi d'autres idées de cadeaux solidaires.
N'hésitez pas à consulter également d'autres sites vous proposant des initiatives solidaires proches de celles que nous venons de vous présenter, notamment les cadeaux solidaires de Vision du monde, boutique solidaire.com d'Action contre la faim,...
- Babyloan: micro credits, great stories
Sur Babyloan, 1er site Internet français de microcrédit solidaire des micro-entrepreneurs du Sud, vous avez la possibilité d'offrir un chèque du montant de votre choix (de 20€ à 100€) et de l'offrir à un proche, lui permettant ainsi de parrainer le micro-entrepreneur qu'il souhaite soutenir. A l'issue de ce prêt, le proche à qui vous avez permis de parrainer un entrepreneur du Sud pourra renouveler le prêt pour soutenir un autre entrepreneur ou recevoir un chèque de cadeaux multi-enseignes du montant du passeport cadeau initial. 
Les différents projets à soutenir par la voie du prêt vous sont présentés sur le site de Babyloan.org. Pour chacun d'eux, vous trouvez une photo du bénéficiaire du crédit, les raisons de sa demande, la présentation du partenaire local et pour finir, le montant et la durée du prêt. Un curseur vous permet de savoir où en est le montant des prêts déjà octroyés par les autres babyloniens. Vous pouvez suivre le suivi des dons et vous rendre compte ainsi de l'évolution du projet de votre entrepreneur !
Quel que soit le montant ou l'occasion du cadeau solidaire que vous voulez offrir, à vos proches ou à vous-même, n'oubliez pas que les petits ruisseaux font les grandes rivières et qu'en plus de faire plaisir, vous contribuez à changer la vie de ceux qui en ont le plus besoin !
15:15 Publié dans Action humanitaire | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : cadeau, solidarité, noël, prêt, microcrédit, oxfam, babyloan, boutique dons-cadeaux |
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Digg
25.11.2009
Communautés en ligne et solidarité : pourquoi et comment créer facilement un réseau social
Les logiques de collecte de dons à l'époque du web social sont en train de changer. D'une communication descendante classique, modernisée par la mobilisation des nouveaux médias, nous passons peu à peu à la création et à l'animation de communautés. La capacité à fédérer et animer un réseau social sur le Web est en passe de devenir un élément important pour les acteurs de la solidarité souhaitant améliorer la qualité de leurs rapports avec les donateurs et les destinataires de dons.
Cette tendance de fond a été soulignée par les différents participants des rencontres de Babyloan, notamment la conférence consacrée au web solidaire.
Renversement de la logique habituelle dans laquelle l'institution (par exemple un organismme de microfinance) va à l'encontre des publics pour récolter des dons, ces communautés prennent l'initiative de se mobiliser pour soutenir les projets. On peut imaginer qu'à l'avenir le rôle des institutions (associations, entreprises de microfinance, etc.) se recentre sur l'animation des communautés avec un soutien en matière de conseil et d'accompagnement des projets.
Plusieurs formes de mobilisation collective sur le web témoignent de ces tendances de fond :
- La collecte de dons, par exemple : JustGiving en Grande Bretagne, AiderDonner en France ou encore Acteurs de la solidarité du Groupe SOS. Dans chacun de ces cas l'association met à disposition une plateforme qui permet aux internautes de collecter eux-mêmes des dons auprès de leurs connaissances.
- La co-création et le partage, avec forum.ubuntu pour l'Open Source par exemple ; nous sommes ici en présence de logiques très proches du crowdsourcing, les publics réclamant de plus en plus la possibilité d'influer sur la conception des services proposés. L'Open Source permet également l'émergence d'outils technologiques peu onéreux, ce qui en retour facilite les projets solidaires aux moyens parfois limités.
- Les réseaux permettant de faciliter les relations de proximité, par exemple Peuplades, favorisant la solidarité de proximité (de quartier notamment). Paradoxalement c'est grâce à des outils Web tels que ceux-ci qu'une convivialité de voisinnage peut s'installer, avec des formes de solidarité tels que le troc de biens ou de services.
- Différentes formes de micro-finance dont les avatars Web incitent de plus en plus les donateurs à se rapprocher des destinataires sous l'effet d'une double exigence de transparence et de contact humain. On peut par exemple citer Babyloan ou Veecus en France, Kiva ou Microplace pour la sphère anglophone.
Au final les initiatives solidaires semblent pouvoir bénéficier de plus en plus des apports à la fois des outils technologiques du web social et des logiques de fonctionnement communautaires.
C'est donc tout naturellement qu'est apparu le besoin de créer facilement des réseaux sociaux. On peut notamment citer mobee qui est une appellation générique recouvrant une offre de conseil et de mise en œuvre technique dans le domaine des mécénats et du bénévolat.

Créée en 2004, mobee est une association d'intérêt général de type loi 1901. Destinée aux organisations à but non lucratif, aux entreprises et aux organismes et institutions publics, mobee propose « un ensemble de services permettant de créer, de développer et de gérer leur réseau de mobilisation opérationnelle en faveur de leurs projets, actions et partenariats de solidarité ».
Elle vise notamment le développement du mécénat de compétences, on et offline, en s'appuyant sur les mécanismes contributifs et notamment les réseaux sociaux.
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Une autre solution intéressante est proposées par Ning, plate-forme permettant la mise en place rapide de réseaux sociaux thématiques. Créé en 2004, Ning compte aujourd'hui 37 millions d'utilisateurs regroupés dans 1,8 millions de réseaux.
Parmi ceux-ci on trouve plusieurs initiatives solidaires, avec par exemple :
- Web2solidarité, le "réseau social de la solidarité numérique" créé par l'Agence Mondiale pour la Solidarité Numérique
- Le Dépanneur Sylvestre, une initiative de solidarité de proximité associant restauration et travail d'accompagnement pour faciliter l'inclusion
- Le réseau SPM (Social Performance Management) Microfinance, fédérant plusieurs groupes de professionnels et passionnés autour de la mise en place de principes de gestion financière associant éthique et efficacité
- Africa Sustainable Energy, un réseau centré sur le développement de solutions énergetiques durables pour le continent africain
Pour finir voici une vidéo (en anglais) expliquant simplement ce que sont les réseaux sociaux et leur fonctionnement :
17:51 Publié dans Technologie de l'information | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : web, réseau social, solidarité |
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Digg
04.11.2009
Le Social Business ou l'oxymore heureux
« Social Business »... En premier lieu, on se dit qu'il fallait oser ! Cette figure de style bien connue, l'oxymore, a d'abord été l'apanage du langage publicitaire avant d'être investie par le monde des médias. De quoi rester dubitatif... Ici pourtant, la réunion des contraires que sont le « social » et le « business » renvoie à un mariage heureux : celui de deux notions que la morale semblait opposer...

- La naissance du social business : l'idée du prix Nobel de la paix Muhammad Yunus
L'idée est simple, encore fallait-il l'avoir ! C'est Muhammad Yunus, économiste, entrepreneur et prix Nobel de la paix 2006 qui en est à l'origine. Muhammad Yunus est parti d'un constat simple. Bengali d'origine, il a observé que nombre de ses compatriotes étaient exclus du système bancaire, et par extension, d'un vaste pan de l'économie. Depuis surnommé « le banquier des pauvres », Muhammad Yunus a eu l'idée brillante de promouvoir un modèle économique permettant à des acteurs modestes de développer une activité économique et d'échapper ainsi au fatalisme d'un endettement progressif.
Il ne faut pas confondre charity business et social business. Dans le premier schéma, un euro donné est un euro dépensé. Dans le second, un euro donné est ré investi à l'infini. Les actionnaires de ce système rappellent le principe du mécénat plutôt que celui du retour sur investissement... Comme le veut l'adage selon lequel « mieux vaut apprendre à pêcher à celui qui a faim que de lui donner du poisson », le modèle économique théorisé et initié par Mohammad Yunus invite les petits acteurs de l'économie à se développer par l'intermédiaire de partenaires financiers socialement engagés. C'est le système du microcrédit : avec le prêt d'une petite somme, une petite activité économique peut s'engager et prétendre à une autonomisation progressive dès l'apparition des premiers bénéfices.
A l'heure de la mondialisation, ce modèle économique présente un avantage de premier plan : il est participatif. Le développement voulu et attendu dans des pays économiquement sinistrés se fait sur la base d'une solidarité non altérée par l'appât des gains qu'il est censé produire.
- La Grameen* Bank : du concept social à la réalité économique
La conscience sociale de Mohammad Yunus, réactivée par la misère des villageois vivant à proximité de l'université où il enseignait alors, a ainsi trouvé une application économique. Devant le scepticisme des banques commerciales auxquelles il a du faire face alors qu'il exposait sa théorie économique, Mohammad Yunus a été le premier à s'investir et à investir le système économique du microcrédit. A la fois théoricien et entrepreneur, c'est donc lui qui a concrétisé son programme en fondant la Grameen bank. Succès immédiat, la Grameen bank obtient le statut d'établissement bancaire en 1983, avant d'exporter son modèle à l'étranger six ans plus tard. Aujourd'hui, ce sont plus de 300 millions de personnes dans le monde qui bénéficient directement ou indirectement du microcrédit.
*En Bengali, Grameen signifie village.
- L'application Nord/ Sud du modèle Social Business et son équivalent en France : l'ADIE
Le Social Business est régi par un cadre législatif particulier qui ne permet pas encore une application en France ou en Europe. En cela, il se distingue de l'entrepreunariat social, modèle plus traditionnel en France.
Un équivalent du Social Business en France est l'Association pour le Droit à l'Initiative Economique (ADIE). Développée en réseau sur l'ensemble du territoire, l'ADIE finance et accompagne les entrepreneurs exclus du système de crédit bancaire, et plus particulièrement les demandeurs d'emploi et allocataires du RMI.
Pour plus de précisions, n'hésitez pas à consulter l'interview en vidéo de Maria Nowak, présidente et fondatrice de l'ADIE, puis à vous rendre sur le site de l'ADIE.
- Focus sur Ashoka, acteur mondial du microcrédit
Cette organisation, fondée par l'américain William Drayton, participe à la structuration et au développement de l'Entrepreneuriat social. et du mouvement des entrepreneurs sociaux. Présent mondialement, cet acteur de premier plan du microcrédit poursuit trois objectifs complémentaires : sélectionner et accompagner le développement d'Entrepreneurs Sociaux novateurs, les encourager à travailler en réseau via le financement de collaborations, contribuer au développement de l'entrepreneuriat social à une échelle mondiale au travers de programmes et d'initiatives variées. Nous vous invitons à consulter le site d'Ashoka, et de vous rendre compte, au gré des clics, de la variété des programmes mis en œuvre pour soutenir et encourager le développement du microcrédit dans le monde.
- Le « SWEB »
L'expression du Président Fondateur de Babyloan, Arnaud Poissonnier, résume tout à fait le nouvel élan solidaire décuplé par l'outil Web. Le « SWeb* », comme il le désigne, c'est l'Internet solidaire. Sans doute l'outil le plus pertinent qui soit à l'heure actuelle en matière d'échanges appliqué à la solidarité.
Par la variété des échanges, par leur caractère immédiat, les projets associatifs connaissent une dynamique nettement supérieure à celle observée avant l'avènement du Web 2.0. Le gap Nord/ Sud s'effrite à mesure que les échanges naissent, que des engagements sont pris, qu'une solidarité se met en acte, bref, à mesure que des acteurs unis par une même volonté de « sauver » l'économie contribuent à l'insertion de larges populations jusque là écartées d'une économie pourtant mondialisée. Babyloan, premier site Internet français de microcrédit solidaire à destination des micro-entrepreneurs du Sud, constitue un exemple frappant de l'impact que peut avoir le Web 2.0 dans la Solidarité telle qu'elle s'applique aujourd'hui.
*Voir la référence au SWeb dans la vidéo traitant des attentes de l'équipe de Babyloan
- Les rencontres de Babyloan : un événement consacré aux nouvelles solidarités
Les 7 et 8 novembre prochain, aura lieu l'événement « Les rencontres de Babyloan » organisée par Babyloan. Comme indiqué ci-dessus, Babyloan est le premier site Internet français de microcrédit solidaire à destination des micro-entrepreneurs du Sud.
Parmi différents sujets et activités proposés autour de la thématique choisie pour cette année, « les nouvelles solidarités », « les rencontres de Babyloan » fournissent l'occasion de participer à des conférences relatives au social business et au micro financement.
De nombreuses activités sont prévues, pour petits et grands, notamment des animations, des ateliers, une exposition photos, des quizz enfants ainsi qu'un espace vidéo. Entre autres films diffusés à cette occasion, 1001 Fontaines, qui illustre une application du social business destiné à proposer de l'eau propre aux populations du Cambodge, ou encore l'interview de Bill Drayton, fondateur de d'Ashoka, dont l'action est évoquée plus haut.
Pour en savoir plus sur l'événement, n'hésitez pas à consulter le blog que nous rédigeons et qui est dédié aux rencontres de Babyloan. Ce blog accueillera notamment l'intégralité des conférences filmées ainsi que des comptes rendu.
12:26 Publié dans Développement économique | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : social business, solidarité, entrepreunariat social, muhammad yunus, adie, ashoka, babyloan, microcrédit, grameen bank |
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Digg
29.10.2009
De nouvelles solidarités pour construire l’après-crise ?
Le bilan de la crise reste encore à réaliser, mais d'ores et déjà se pose la question des nécessaires changements à venir. L'appel pour un New Deal 2.0 devient de plus en plus audible, y compris aux Etats-Unis où se trouvent certains de ses partisans les plus convaincus.
Parmi les pistes à explorer en matière de refondation de la finance, la mise en place de nouvelles solidarités économiques (microcrédit, social business, entrepreneuriat social etc.) est un sujet de choix. A la fois populaire (il suffit de voir par exemple la couverture médiatique de Kiva, ou les évènements qui se multiplient sur ce thème) mais aussi controversé.
Car si les analyses de Muhammad Yunus et de Hernando de Soto ont séduit, il n'en reste pas moins que les 17 milliards $ financés par les organismes de microcrédit en 2004 sont très insuffisants face aux besoins des 4 milliards de pauvres identifiés par de Soto. Comme le remarque Peter Schaefer dans Foreign Policy, la solution pourrait être la conjugaison des idées de ces deux auteurs. Pour schématiser : répondre au besoin de crédit des pauvres - Yunus- et ainsi favoriser leur nécessaire insertion dans l'économie réelle -de Soto.
Certes des polémiques apparaissent régulièrement, concernant par exemple les taux pratiqués (et les profits réalisés par certains). Ou l'immoralité intrinsèque du système des taux d'intérêts appliqué aux pauvres. C'est en répondant à ces critiques de façon efficace, tant sur le fond que sur la forme, que les acteurs du social business pourront progresser et rencontrer un succès croissant. Comme le rappelle BusinessWeek concernant Kiva, la vérité (en matière de publicité et d'impact sur le développement) le dialogue et la transparence (vis-à-vis de ses publics et des médias sociaux) semblent donner de bons résultats.
Bien que ces nouvelles solidarités ne soient pas seulement affaire d'argent et de projets, mais aussi de comportement, d'éthique, voire pour certains (y compris athées) de foi, elles représentent une réelle opportunité pour des pans entiers de l'humanité (voir le cas de la Kashf Foundation pour les femmes au Pakistan).
L'invention de nouveaux modèles socio-économiques passe également par la formation des futurs entrepreneurs : les écoles de commerce (HEC ou l'ESSEC) et l'IEP de Paris proposent par exemple des cursus et des cours dédiés au social business.
Le Web représente de son côté un outil parfaitement adapté pour ces nouveaux acteurs, notamment dans leurs opérations de collecte de fonds & communication. Que ce soit le lancement d'outils dédiés ou l'exemple d'entreprises comme Kiva, Babyloan ou Veecus, le web appliqué au social business représente une opportunité grandissante.
Et sur le terrain, l'action de ces acteurs n'est pas seulement bénéfique aux nouveaux entrepreneurs. Elle constitue également une opportunité de carrière pour les locaux, et un tremplin efficace vers le secteur marchand (comme le montre cet exemple en Inde).
Et la France ? Babyloan organise les 7 et 8 novembre prochains les « Rencontres Babyloan », une occasion de faire le point et d'échanger autour de la microfinance. Partenaires de l'opération, nous serions ravis de vous retrouver sur place pour discuter (pour une fois) IRL. In Real Life.
Et pour ceux qui ne pourront pas se rendre à ces rencontres, un blog de la plateforme est dédié à cet événement et aux débats qui vont l'animer. Ce blog est le fruit d'un partenariat entre Solidaires du monde et Babyloan.
PS : le social s’invite au bureau (présentation de Jive Software, « work can be social again »)
18:15 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (5) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : nouvelles solidarités, social business, entrepreneuriat social, solidarité, microcrédit |
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Digg
20.05.2009
YOUPHIL - Décrypter un monde d'engagements

Je vous présente Youphil, magazine d'information online avec pour orientation éditoriale « l'engagement sous toutes ses formes » et qui souhaite donner aux individus des clés de compréhension du monde de la solidarité.
Ca fait seulement 2 mois que Youphil est lancé. Le site est donc encore en version bêta, mais la mécanique est bien huilée. En effet, l'interface est dynamique, cohérente et les contenus sont de qualité. Cela s'explique en partie par le fait que cette initiative est pilotée par Jean Marie Colombani (ancien directeur du Monde), qui est cofondateur du site, qui intervient également comme responsable éditorial et chroniqueur. Mais aussi parce que les journalistes qui composent Youphil, ont tous, à un moment ou un autre, été engagés dans le monde de la solidarité.
Le rubriquage est clair
Dans le traitement de l'actualité, ils prennent le temps de penser, d'analyser, de produire une info de qualité.
5 rubriques principales :
Société civile traite des initiatives citoyennes, associatives, spontanées,
Générosités de tout ce qui touche au don,
Ecosolidarité décrypte les enjeux de l'économie sociale et des nouveaux modèles d'entreprises,
Humanitaire, pour parler de développement, de l'action des ONG et des agences internationales dépendant ou non de l'ONU.
Et enfin Professionnels, avec des articles plus techniques (finance, RH, gestion,...) destinés à un public professionnel (responsables développement durable ou de fondations, mais aussi managers associatifs et pouvoirs publics...)

Un positionnement multilingue
Le site et les actualités sont disponibles en trois langues: français, anglais et espagnol. Youphil a vocation de toucher un public international car il considère, à juste titre, que l'engagement est un fait universel et qu'il n'y a pas de frontières pour la solidarité.
Un espace de don
Youphil est en partenariat avec Charitic.fr (1ère plateforme de don en ligne pour les particuliers, les entreprises ou les associations).
En parallèle, Youphil propose « WE CHANGE », espace d'échange où Youphil se fait l'intermédiaire entre les porteurs de projets (associations, etc.) et les internautes qui ont la volonté de s'engager, offrant ainsi une meilleure visibilité.
Youphil se finance en partie par la pub, mais elle est en cohérence avec la ligne éditoriale : autour de la solidarité, du développement durable etc.
Au final un excellent site d'information dédié à la solidarité que je ne manquerais pas de suivre et que je vous conseille vivement.
18:21 Publié dans Médias et informations | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : média, information, solidarité, engagement |
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Digg
15.01.2009
Playing For Change : des artistes à travers le monde
Cette version de "Stand by me" a été enregistrée avec 37 musiciens venant des cinq continents. Leur chant ou leur jeu d'instrument ont été assemblés pour créer une chanson unique. Ces musiciens ne se sont jamais rencontrés et ne sont connectés que par leur musique. Toutes les pistes sonores ont été ajoutées les unes après les autres et après avoir été enregistrées en live en extérieur et non en studio. Le résultat nous offre une vidéo remarquable, une connexion puissante entre chaque artistes pour une magnifique chanson.
A l'origine de cette chanson, The Playing For Change Foundation. Le but de cette organisation est de mettre en lien des musiciens à travers le monde et ainsi construire avec eux des chansons qui, l'espace de quelques minutes, nous amèneront à réfléchir sur les autres cultures de notre planète. Playing For Change voit la musique comme un message de paix qui transcende les pays, les cultures, les générations, les couleurs de peau, les niveaux sociaux et surtout la technologie.
Une belle initiative et un joli message de paix en ces temps difficiles.

Pour mieux connaître Playing For Change : http://www.playingforchange.com/
Leur blog : http://www.playingforchange.com/blog/index.php
Leur chaîne Youtube : http://www.youtube.com/user/PlayingForChange
12:29 Publié dans Vidéo | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : playing for change, vidéo, musique, solidarité, youtube |
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Digg












