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04.06.2010

Peuplade : le site de (votre) quartier !

peuplade logo.gifLe but de Peuplade est de permettre à des habitants d'un même quartier de se rencontrer sur la base d'affinités communes ou de partage d'intérêts. Bons plans, échanges de services, petites annonces, événements et sorties, rencontres au coin de la rue constituent autant de motifs pour rencontrer ceux qui peuplent votre quartier. Les villes couvertes par le site sont : Paris, Marseille, Grenoble, Lyon, Toulouse, Nice, Nantes, Strasbourg, Montpellier, Bordeaux, Lille, Rennes, Reims, Le Havre, Saint Etienne et Toulon.

 

Tout commence avec l'ouverture d'un compte. Sur l'interface du site, vous êtes invités à remplir votre autoportrait en répondant à des questions sur vous, vos savoir-faire et vos pratiques de vie de quartier. Ce premier pas vous permet de personnaliser votre approche/accroche et de faire entendre votre sensibilité au reste de la communauté. Pour finir, un avatar ou une photo permet de pousser l'effort de personnalisation un peu plus loin et de vous faire reconnaître plus facilement parmi les autres membres :

Peuplade accueil.JPG
- Listing des peupladiens inscrits -

Sur l'interface du site, un système de géo localisation vous permet de visualiser les peupladiens les plus proches de chez vous. En développant cette logique d'information géo référencée, peuplade était l'un des précurseurs en la matière ! Aperçu :

géolocalisation.jpg
- Géolocalisation des peupladiens -

En visitant l'actualité de votre quartier, vous êtes rapidement amené à faire des rencontres qui prendront forme dans le bar du coin ou ailleurs (ballade, visite,...). Les rencontres les plus sympathiques sont souvent celles de groupe : café philo, café psycho, ... car elles permettent de renforcer l'aspect communautaire - même si les affinités réelles se forment évidemment de manière plus restreinte. La façon dont s'organisent les rencontres sont à l'image de l'esprit peupladien : une personne vous contacte, puis c'est une autre qui vous demande si vous comptez venir, tout ça avant que ce ne soit vous qui, finalement, contribuiez vous-même à faire circuler l'information.

 

Exemples de Peuplades :

Jeu de piste ?

peuplade jeu de piste.JPG
- affichage de l'événement jeu de piste à Montmartre -

Visite de château ?

visite de chateau.JPG
- Affichage de l'événement visite gratuite du château de Fontainebleau -

 

Histoire du site, par Jérémie Chouraqui - co-fondateur du site

 

Une expression solidaire du web ? Forces et écueils

En novembre dernier, à l'occasion de l'événement Les Rencontres de Babyloan, et plus particulièrement de la conférence Web solidaire, Stéphane Legouffe était là pour présenter Peuplade. Ce positionnement comme acteur de la solidarité sur le web mérite toutefois que l'on s'y penche de plus près.

Force est de reconnaître que, sur cet axe, le concept est éloquent : chacun est susceptible d'apporter sa pierre à l'édifice du quartier, sur la base de ses qualités et compétences propres. Cet esprit communautaire est d'ailleurs vérifié par le modèle économique requis : la gratuité d'usage pour les membres et des contrats de soutien avec des entreprises partenaires - destinés à faire vivre le site. Sur ce dernier point, l'information est toute relative puisque ce ne seront bientôt plus les entreprises partenaires qui assureront le développement de Peuplade...

Mais pour l'heure, difficile d'en savoir plus ! Rappelons tout de même que Peuplade a initialement bénéficié du soutien des collectivités locales, très enthousiastes quant à l'essor de ce modèle social. Qui plus est, avec l'ouverture de l'espace Pro, qui permet aux particuliers de faire de leur passion une activité rémunératrice, le risque d'E-baysation à l'échelle des quartiers se forme... Qui plus est, des annonces telles que «  offrez vous du confort à petit prix épedia, simmons, .... des matelas et sommiers à des prix défiants toute concurrence et imbattables sur le marché de l'occasion. Bonne qualité, bon état, un confort de rêve! » peuvent décrédibiliser des annonces de particuliers plus classiques - et sympathiques : «  bureau en aggloméré décor chène. 1.2m*.6m bon état général, démonté et complet. A emporter près de la bastille.
Une bonne bouteille de vin en échange... Elle sera bu à la santé du troqueur. ».

 

Avis d'utilisateur

En prévision de la rédaction de cette note, quoi de mieux finalement que d'expérimenter soi-même le terrain peupladien pour y recueillir les avis d'utilisateurs ? Première chose à noter : la décontraction et les facilités des échanges autorisés par l'esprit du site. Contrairement à des sites de rencontre plus spécifiques, la communauté peupladienne cherche définitivement à embrasser le réel, et non à le colmater avec des fantasmes identitaires. Le principe final étant de fréquenter des gens de son quartier, le naturel est valorisé à la faveur de rencontres fiables.

Les utilisateurs rencontrés ont en commun le fait de se faire l'étendard de la philosophie peupladienne : chacun revendique, à partir de son éclairage propre, l'identité et les valeurs portées par le site. Ceci étant, les avis divergent dès lors qu'on pose la question de la pérennisation des rencontres : si la plupart revient régulièrement sur le site, notamment parce qu'il est avisé d'un message qui lui est adressé, un certain nombre regrette le manque de suivi des rencontres engagées grâce au site. En ce sens, encore une fois, les rendez-vous de groupe garantissent une certaine régularité des échanges : généralement dans des lieux et dates fixes , c'est l'occasion de retrouver des membres et de rencontrer les nouveaux arrivants. Le 22 de chaque mois par exemple à Bastille, les peupladiens se retrouvent dans un bar de la place des Vosges).

Peuplade hommes.jpg

Un regret peut-être, du côté de certains utilisateurs, et qui concerne les fonctionnalités d'exportations des contenus du peuplade de son quartier vers l'extérieur : un flux RSS, une application Smart phone, un widget Facebook permettraient de favoriser les interactions entre peupladiens (souvent espacées de quelques jours).

 

Avis de fondateur - Interview de Nathan Stern : cofondateur de Peuplade

Q. Quelles évolutions notoires a connu Peuplade depuis sa création en 2006, notamment en termes de fonctionnalités et de développement de l'interface du site ?

R. Nous avons développé un espace Pro. Il permet aux particuliers de donner la forme d'une activité rémunératrice à leur passion. Cet espace est né du constat que les premiers clients d'un nouvel entrepreneur sont souvent ses amis ou ses voisins. Il n'est plus besoin d'acheter un pas de porte pour avoir « pignon sur rue » : il suffit de créer son espace pro, et de présenter ses services ou ses produits. La vocation de cet espace est de générer un revenu pour la plateforme en contribuant à favoriser l'émergence d'une économie à taille humaine et à visage humain, vraiment ancrée dans la vie quotidienne et indissociable des acteurs qui font les transactions.

 

Q. Au-delà de l'effet de buzz provoqué par l'annonce de la création de Peuplade, largement reprise dans les médias, comment le service s'est-il pérennisé ? Quels sont, à votre sens,  les points forts de ce réseau social de proximité ?

R. Les points forts de ce réseau social de proximité selon moi :
> sa communauté de membres entreprenants, engagés et incroyablement fidèles à Peuplade ! Certaines de mes voisins se connectent tous les jours à Peuplade depuis près 7 ans... A l'échelle du web, 7 ans, c'est le paléolithique !
> sa vision structurée par les principes d'une charte qui reste d'actualité : Réalité, Cohésion, Universalisme, Non sélectivité, Dynamique collective, Mutualisation des talents et Indépendance des personnes.

 

Q. Selon vous, Peuplade répond-il davantage à une demande d'échange de services ou plutôt à un « simple » besoin de lien social ?

R. Je crains que le lien social ne soit pas un besoin et que les échanges de services ne soient qu'un prétexte. On a besoin d'amour, de temps, d'argent,... et la seule question est : où les chercher ? Sur Facebook ? Au Japon ? A l'église ? Ou, tout simplement, auprès des gens qui vivent ou travaillent à proximité de chez soi ?

 

Q. Auprès de quelle(s) cible(s) Peuplade rencontre-t-il le plus de succès ?

R. Les membres de Peuplade sont majoritairement des femmes de 25 à 45 ans. Parmi elles, une surreprésentation de personnes qui ont pris leurs distances avec le modèle standard « le papa, la maman et les enfants dans la maison » et qui inventent chaque jour une vie qu'ils s'efforcent de vivre. Nous avons aussi beaucoup d'hommes plus ouverts et plus sensibles que la moyenne. Nous avons enfin une importante population étonnante 60 à 75 ans qui bat en brèche nos stéréotypes sur les seniors. Ils ne se voient pas comme des personnes âgées, il ne sentent pas âgés et ils n'ont pas l'intention de se laisser assigner une condition et une identité par les médias ou leurs enfants. En fait, ils se définissent surtout par le fait qu'ils gagnent (plus ou moins bien) leur vie sans avoir nécessairement à travailler. C'est donc la liberté plutôt que l'âge qui les définit.

 

Q. On connaît le système économique de Peuplade ; la gratuité d'usage pour les membres et des contrats de soutien avec des entreprises partenaires. Quelles sont les entreprises partenaires aujourd'hui ? Comment choisissez-vous vos partenaires ? Le système économique de Peuplade est-il amené à évoluer ? Quels en sont, à votre sens, les principales forces et les principales faiblesses ?

R. Le modèle économique de Peuplade a changé et va encore changer. Ce ne sont plus les entreprises partenaires qui assureront le développement de Peuplade, mais pour l'heure, je ne peux en dire plus sur nos perspectives. Ce dont je peux témoigner, c'est qu'il est très difficile pour un réseau social d'arriver à l'équilibre économique.

 

Q. Stéphane Legouffe était présent aux Rencontres de Babyloan, en novembre dernier, pour présenter et représenter Peuplade lors de la conférence Web solidaire. Selon vous, en quoi Peuplade est une expression de la solidarité web 2.0 ? Comment celle-ci se manifeste-t-elle concrètement ? Quelles en sont les limites ?

R. Peuplade s'efforce de proposer un environnement où les interactions entre membres sont naturellement source de solidarité. L'objectif est de désenclaver l'action solidaire pour la rendre plus banale, plus quotidienne. Cela suppose de rendre l'action solidaire plus accessible, mais aussi de lever les freins culturels qui entravent le développement de la solidarité : sortir de l'héroïsation, trouver des gratifications efficaces,...

Mais je dirais avant tout que la solidarité 1.0 est elle-même en crise ! Les acteurs traditionnels de la solidarité ont de plus en plus de difficulté à mobiliser des bénévoles, à les garder, à financer leur action,... Peut-être que la solidarité 2.0 contribuera à émanciper enfin la solidarité de la religion comme de la morale ? à ce qu'on prête moins d'attention aux intentions et davantage à l'impact social ?

Les limites de la solidarité 2.0 ? Sa tendance à éloigner de la vraie vie plutôt qu'à la servir. Le temps passé devant les écrans ne cesse de croître : le temps passé devant la télévision progresse, de même que celui passé à jouer, à surfer sur Internet, et désormais à manipuler son mobile.

Même sur Peuplade, le passage de l'écran à la vraie vie est un vrai défi : beaucoup de nos membres mettent des mois avant de faire le pas ! Comme si la réalité s'éloignait à grands pas :-)

 

Q. Selon le paradigme courant, les réseaux sociaux permettent de tisser des liens là où la réalité présente des limites contingentes (distance, ...). Selon vous, dans quelle mesure Peuplade peut impacter une pratique sociale à l'échelle des quartiers ?

R. La réalité (les enfants, les amis,...) et l'écran (l'actu, Facebook, Twitter,...) se disputent notre attention. On constate tous les jours la force de décohésion des écrans qui distendent les liens entre voisins, entre membres d'une famille, entre pensionnaires d'une maison de retraite, entre collègues de bureaux... En travaillant à renforcer les liens de proximité, nous essayons de promouvoir la réalité et l'engagement. Parce qu'il est beaucoup facile d'agir dans le cadre de son immeuble ou de son quartier qu'à l'échelle nationale. Il suffit de placarder une affichette « fête des voisins » dans le hall ou d'inviter ses voisins à un pot de quartier. Pour agir au niveau national, c'est autre chose...

 

Q.  Les communautés peuplades s'autonomisent-elles ; ont-elles coutume d'étendre leurs réseaux sans passer par le site ?

R. Oui, et c'est tout le sens de notre initiative : que le web ne soit qu'un tremplin, et qu'aussi vite que possible, les membres se retrouvent loin des machines.

 

Q. Question libre ;) : quel regard de sociologue portez-vous sur les réseaux sociaux ?

R. Hélas, les réseaux sociaux sont sans doute neutres d'un point de vue éthique : ils peuvent blesser comme ils peuvent réparer. On attribue à Einstein cette phrase « le progrès technique est comme une hache qu'on aurait mis dans les mains d'un psychopathe ». Je crois qu'on peut l'appliquer aux réseaux sociaux dont on n'a pas encore vu la face incontrôlable quoi que Formspring.me donne une petite idée de ce qui pourrait nous attendre. D'un autre côté, j'y vois une formidable source d'innovation sociale - pour le meilleur et pour le pire, certes - mais sans innovation sociale, il y a peu de chances qu'émerge une société véritablement solidaire.

19.04.2010

L'histoire d'Internet par Serge Soudoplatoff

En regardant cette intervention filmée de Serge Soudoplatoff sur l'histoire d'Internet, voila quelques points que je souhaiterai retenir et partager avec vous.



Serge Soudoplatoff - Les vraies ruptures d'Internet

- Internet renvoit à l'invention de l'alphabet, plutôt qu'à l'invention de l'imprimerie. La rupture est donc plus profonde.

- Internet n'est pas né d'une volonté du Ministère américain de la défense de construire un réseau suffisament décentralisé pour résister à une attaque nucléaire. Ou du moins pas seulement. Internet ne s'est pas développé selon un processus causal mais plutôt suite à une "innovation de percolation" (la percolation renvoit à l'idée de seuil, de  limite au dela de laquelle un phénomène se met à changer), c'est à dire le rencontre et la mise en commun de travaux réalisés séparément mais ayant des points communs et des complémentarités.

- Ce sont des réseaux de personnes passionées qui ont fait et qui continuent de le faire.

- En 1991, Al Gore dans son livre blanc, propose de faire d'internet un moteur d'innovation sociale.

- 1.7 milliards d'individus ont accès à Internet (+/- 25% de la population mondiale)

- Internet n'a rien inventé mais il a permis à des formes sociales existantes de se développer. Internet favorise les relations horizontales et les échanges entre membres d'un même réseau.

- Lorsqu'on partage un bien matériel, il se divise; quand on partage un bien immatériel, il se multiplie.

- L'utilisateur veut être co-constructeur du service ou du produit.

- L'enjeu de l'ère d'internet est la gestion des interactions entre les individus.


Appliqué aux questions de solidarité et de développement, qu'est ce propos pourrait apporter ?

Voici quelques avis personnels et questions sur la question.

- Tout d'abord, les organisations de solidarité nationale et internationale partagent avec les constructeurs d'internet le fait d'être des passionés. Pourquoi l'engagement associatif est il affaire de passionés ? La question reste ouverte et vous avez les commentaires pour donner votre avis, mais mes connaissances du milieu confirment cette idée. Les conditions matérielles et financières dans lesquelles ces organisations travaillent sont souvent compensées par un investissement personnel sans relâche des salariés et bénévoles. Cet investissement trouve sa source dans l'adéquation entre les convictions personnels des individus et les valeurs portées par l'organisation.

- La solidarité qui concerne les biens matériels n'est pas gérée par les même lois que la solidarité qui concerne l'immatériel. Autant une ressource limitée devra être attribué à tel ou tel projet, autant une ressource immatérielle peut servir en même temps à plusieurs utilisateurs. C'est même ce partage à un grand nombre qui fait la valeur de cette ressource : plus quelque chose est partagé, plus il a de la valeur.

- Les grandes associations et ONG doivent s'adapter à Internet comme les entreprises : leur centralisation, leur contrôle de l'information et leur organisation hierarchique vont se heurter aux pratiques de leurs utilisateurs.

- La co-construction vaut également pour les actions de solidarité. De plus en plus, les internautes co-construisent l'image et les représenations qui concernent les associations et les ONG. Dans une certaine mesure, avec des sites comme Aider Donner (équivalent de l'anglo saxon Just Giving), les internautes deviennent collecteurs de dons pour les associations. Demain, sur le terrain, les associations seront-elles des organisatrices des bonnes volonté et des centre de mise en relation de personnes ayant des compétences et de la bonne volonté, avec des porteurs de projet (à l'image de Dreamshake).

- La gestion des interactions semble se faire de plus en plus sur les sites sociaux. Quelle utilisation solidaire est faite de ces sites sociaux ?

 

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Pour une retransciption intégrale du propos de Serge Soudoplatoff par Taos Aït Si Slimane (que nous remercions au passage).

Le blog de Serge Soudoplatoff

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15.04.2010

Tinkuy.fr : le dilemme communautaire

A moins d'être féru de culture web ou de parler couramment Quechua, peu d'entre nous savent ce que signifie « Tinkuy ».

Tinkuy, « rencontre » dans la langue des Incas, est aussi le nom d'un site web collaboratif né en septembre 2008, qui permet d'échanger des conseils, produits, services et événements pour une vie plus responsable.

Principal avantage de ce frais modèle économique du web : une fidélisation et un dynamisme accrus de la communauté en place via un système de récompenses orchestré par Tinkuy et alimenté par des produits d'annonceurs.

Tinkuy a donc fondé son modèle économique sur son rôle d'intermédiaire entre des annonceurs et une communauté d'internautes rassemblée sous son nom  (les Tinkuynautes). Les annonceurs faisant office de fournisseurs de biens et de services « bonus », les Tinkuynautes évaluant la pertinence des produits sous un angle écolo, il semblerait que tout le monde y trouve son intérêt : soit respectivement se faire connaître et se faire entendre.

En version web 2.0, le principe de « la carotte », pour reprendre les mots de Frédéric Poussard, fait toujours recette. Il constitue un avantage notoire pour motiver les Tinkuynautes à raffermir les liens communautaires sur la base d'un intérêt à la fois personnel (gagner des cadeaux et des avantages) et de groupe (peser en faveur d'un marché consumériste « responsable »).

Nuance, nuance.

Dans le schéma Tinkuysien, on peut tout de même se demander si la primauté revient aux initiatives privées de développement durable, à l'instar de « Panda », cité plus bas dans le billet, ou aux annonceurs. D'où ce questionnement :  Tinkuy est-il réductible à l'appellation de communauté marchande ?  Pour autant, s'inscrit-il de manière pleinement concluante dans une démarche de solidarité et de développement ? La sur-présence des annonceurs, contrebalancée par l'effective communauté d' internautes éco-responsables faisant autorité sur le site et sur les produits présentés, contribue à brouiller les pistes.  Un argument d'autorité, peut-être ? Tinkuy.fr bénéficie aujourd'hui du soutien du Programme de la Décennie des Nations Unions pour l'Education au Développement Durable.

Ecoutons plutôt Frédéric Poussard*, l'un des fondateurs de Tinkuy, s'exprimer à propos du modèle économique du site :

Pour revenir un peu sur l'origine du site, Tinkuy est le fruit d'une rencontre entre cinq amis, Frédéric Poussard (que vous pouvez écouter ci,-dessus), Damien Boyer, Renaud Le Chatelier, Franck Blot et Julien Frédonie, autour d'un projet professionnel. Réunissant leurs compétences respectives (web, communauté, programmation, développement durable), la réflexion s'est rapidement centrée sur différents points qui sont autant de constats que d'aspirations communs. Tout d'abord, ce constat selon lequel « le citoyen lambda manque d'informations, d'idées simples ; de culture générale sur ce que peut être sa responsabilité au jour le jour ». A cela s'ajoute successivement le constat de la puissance du web corrélative au manque de mise en avant de certaines initiatives et, pour finir, le besoin criant d'échanges. Ce tout s'est trouvé dynamisé par l'intérêt personnel des convaincus et leur envie de changer les modèles économiques.

Concrètement, Tinkuy est donc une communauté d'internautes qui s'entraident dans le but d'une responsabilisation de l'homme et de l'environnement. Cette plateforme participative s'appuie sur des technologies web innovantes pour accompagner et sensibiliser les internautes à la diffusion et au partage de solutions concrètes par de petits gestes qui re-fondent le quotidien.

Résumé en images :


Selon Frédéric Poussard*, Tinkuy est à comprendre comme "le Facebook du développement durable". Ecoutons plutôt :


Exemples concrets

On a tous plus ou moins en tête qu'il faut revenir à une consommation naturelle des fruits et légumes, autrement dit, les consommer pendant la saison. Mais entre nous, qui est vraiment au point sur la question ? Le Panda, un internaute de la communauté Tinkuy propose ainsi un calendrier téléchargeable pour savoir quand manger quoi. Argument force de frappe : « selon les analyses du WWF, un fruit importé hors saison par avion consomme 10 à 20 fois plus de pétrole que le même fruit produit localement et acheté en saison... ». Cela peut paraître simpliste, de prime abord. Sauf que, ces petites actions, une fois mises bout à bout, fournissent réellement l'occasion de modifier son empreinte écologique et de se donner les moyens de ses convictions.


Fondamentalement, ce qui ressort de ce projet est la volonté et la mise en application d'une conciliation possible entre intérêts environnementaux, humains et économiques. Dans ce cercle vertueux, les acteurs en chaîne doivent trouver leur compte :

1) Le particulier : il trouve des solutions applicables au quotidien et gagne des points et des avantages quand il aide la communauté (nous y reviendrons plus tard)

2) Les amis : ils bénéficient également d'avantages en contribuant au développement de la communauté.

3) Les entreprises : elles peuvent proposer des solutions et soumettre leurs offres à l'évaluation de la communauté.

... Le tout au bénéfice de la planète et la réduction de l'impact environnemental. A souligner d'ailleurs que l'activité de Tinkuy.fr permet de générer des dons pour financer des projets partenaires menés dans des associations, ONG, etc.

tinkuy.fr.JPG

Pour résumer, Tinkuy.fr c'est :

- Trouver ce qu'on cherche à partir de catégories, de types de publications et de bénéfices variées

- Proposer des conseils, des services, des produits ou des événements

- Rencontrer la communauté des Tinkuynautes et parrainer des amis pour gagner des Tinkpoints

- Gagner des Tiknpoints et des avantages écolos grâce aux entreprises partenaires du site

- Agir, avec des partenaires tels que easydevis, covoiturage.fr, babyoloan ou encore WWF et UNICEF

Reste ouverte la question du modèle Tinkuy abordée en début de billet... Tinkuy ; communauté d'influence marchande ou communauté d'échange et de partage ? D'une utilisation à l'autre, les avis seront partagés.

 

* Les extraits audio ont été enregistrés lors de la Conférence Entraide 2.0 : quand les réseaux sociaux facilitent la solidarité le 7 avril 2010. Etaient notamment présents Renaud Le Chatelier et Frédéric Poussard, co-fondateurs de Tinkuy.fr, Ludovi Bu, co-animateur de l'Auberge de la solidarité, Fraznçois-Xavier Tanguy, co-fondateur de Dreamshake.com et Frédéric Mazzella, fondateur de Comuto et éditeur de Covoiturage.fr (et dont il est fait allusion dans les extraits vidéos).

04.03.2010

Au menu de la rencontre Starting Block

Vous trouverez ci-dessous des éléments et ressources illustrant la présentation animée par Jérôme de l'association Orcades et moi-même sur le thème du web en matiète d'éducation à la citoyenneté et à la solidarité.

Cet atelier est organisé avec des étudiants mobilisés dans le cadre du 14ème week end National de Formation et d’Echanges sur « l’éducation à la solidarité et à la citoyenneté par les jeunes, vers les jeunes » organisé par l'association Starting Block. Pour en savoir plus, voir le programme.


TIC, médias et ECS : enquête et
promenade commentée sur le web 2.0

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Chemin de faire
  • Echanges et communication : email et fonctionnalité "répondre à tous", baisse des coûts, mobilité, inégalités sociales, culturelles
  • Synchronie et asynchronie
  • Mise en relation : démultiplication des rencontres et des échanges
  • Participation : les plateformes de contenu générés par les utilisateurs
  • Collaboration : wiki, partage de fichiers
  • Diffusion : du modèle broadcast  (centre > périphérie) au modèle en réseaux
  • Production : nouveau modèle de production ? Open source
  • Information & sensibilisation : campagnes Greenpeace - Global Voices - Journalisme citoyen - multiplication et spécialisation des médias, incertitudes sur les modèles économiques, avenir du journalisme ?
  • Les associations, les entreprises et les institutions sont producteurs d'informations. Désintermédiation relative // médias traditionnels.
  • Mobilisation : possibilité de s'organiser sans organisation, interpellation et incitation à l'action : avaaz.org - campagne Robin Hood Tax
  • Veille, outils : twitter et netvibes, standard RSS
  • Partage : information, connaissances et compétences. Don de soi, de temps.
  • Inégalités d'accès, de pratiques, représentation de la richesse linguistique
  • Rôle des TIC dans les échanges culturels, économiques, financiers
  • Réseaux sociaux : généraliste et grand public, spécialisés comme wiser earth - ou les réseaux sociaux professionels
  • Langues et échanges interculturels
  • Peer to peer lending : Friendsclear - Prosper, couchsurfing, ebay et création de système d'évaluation de la confiance, réputation
  • Téléphonie mobile dans les pays en voie de développement

 

A vos remarques et questions !

Handicap International + Pixyfree = photos solidaires

L'ONG Handicap International et la société Pixyfree ont lancé en mai 2009 le site Photos solidaires ; un service de développement de photos en ligne qui reverse la moitié de ses bénéfices au profit de l'association et donc en faveur des populations handicapées de 61 pays du monde.

Pourquoi cette présentation de partenariat ?

Au-delà d'une simple appellation « solidaire », qui reviendrait à breveter les initiatives du genre, nous avons décidé de présenter ce partenariat qui illustre, de manière tout à fait réaliste, certains enjeux des partenariats entre associations humanitaires et  entreprises, sur fond de culture Internet. Dans ce paysage « gagnant/gagnant », zoom sur la vague « achat-citoyen-responsable » et les mouvements de coulisse au travers du partenariat Pixyfree/ Handicap International. Un partenariat qui fait sens pour Solidaires du monde, qui défend l'activité des photoblogueurs solidaires ! Qui plus est, pour les expatriés dont le nombre ne cesse de croître, le retour est souvent synonyme d'albums photos en cascade. A l'instar des blogs Périple au Népal ou encore Sone otro mundo, les blogstrotteurs de Solidaires du monde sont susceptibles d'être intéressés par le service développé par Handicap International et Pixyfree.

Elaboration du partenariat

Généralement, les modèles économiques des entreprises sur Internet intègrent un partage de revenus entre l'éditeur du service et le partenaire apportant la visibilité et le trafic. Partition binaire, facile à comprendre : pour lier une autorité en place à une notoriété émergente, il « suffit » de trouver l'intérêt convergent.

Chez Pixyfree, où les fondateurs viennent du secteur et de la culture Internet, la stratégie adoptée était claire dès le début. Quitte à trouver un partenaire, autant que cela serve une cause. A la recherche de visibilité, s'ajoutait alors une motivation supplémentaire : l'utilité sociale et solidaire. Pixyfree affirme même avoir voulu aller « un peu plus loin, en reversant 50% des bénéfices générés par commande* ».

Reste que les choses ne sont pas aussi simples. Et que le business reste le business, y compris pour le milieu associatif. Les responsables du projet chez Pixyfree expliquent ainsi que « de grandes associations ont refusé ce partenariat car elles désiraient une rémunération à court-terme en échange du droit d'apposer leur logo sur notre site* ». Pour cause de moyens insuffisants, Pixyfree a été contraint de refuser, ajoutant d'ailleurs que « même si il n'avait pas les moyens, il voulait de toute façon aller plus loin en construisant un produit avec du sens* ».

Pour Pixyfree, visiblement pugnace, un écho s'est finalement fait sentir du côté de Handicap International. De fait, « le potentiel du marché de la photo en ligne a tout de suite été perçu et l'idée de générer des revenus d'une manière originale auprès du très grand public a fait son chemin.* » Le chemin dont il est question a notamment été pavé d'une véritable analyse de marché et d'un sondage sur l'intérêt et les réticences des éventuels donateurs pour aboutir au partenariat en question. Pas très glamour, on en convient, mais essentiel pour nourrir la sérénité de l'échange.

Du côté d'Handicap International, on a pleinement conscience de l'intérêt que représentent les partenariats publics-privés en matière de développement pour le financement et les aspects opérationnels de l'organisation : « Les fonds privés sur les projets peuvent servir d'effet levier, ou de compléments pour les fonds publics. On peut citer l'exemple de Sanofi-Aventis qui nous a permis de lancer des projets de lutte contre le diabète, une maladie invalidante en voie de devenir un fléau dans les pays du Sud. Aujourd'hui, ces projets bénéficient en outre de financements publics pour un déploiement à plus grande échelle.* ». De fait, chez Handicap International, le Partenariat avec les entreprises représente environ 1 million d'euros et participe à la diversification des ressources de l'association en matière de fonds privés. Les fonds d'origine publique représentent environ 40% des ressources financières de l'association.

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Citant une étude de marché récente, Handicap International considère le marché du développement de photos en ligne comme un axe de financement à ne pas négliger. Avec 2, 7 milliards de tirages réalisés sur le marché hexagonal de la photo en ligne et une tendance en hausse à la « consommaction », le partenariat Pixyfree / Handicap International se veut pérenne. Convergence d'intérêts puisque Pixyfree souhaite défendre un partenariat solidaire de long-terme via une implication réciproque des deux parties, soit une véritable philosophie de développement solidaire.

A l'heure où les partenariats entre entreprises privées et ONG se déclinent de deux manières : le traditionnel mécénat ou la création, à plus long terme, d'un produit répondant au besoin de consommation intelligente de la part du grand public, le service Photos Solidaires indique de quel côté la balance a penché. Ce alors que « d'autres actions leur permettent de recevoir des financements biens plus importants aujourd'hui* », Handicap International partage avec Pixyfree une vision de long-terme et un esprit de « produit responsable ».

Le seul regret que l'on peut formuler, est que ce service ne soit pas étendu à plusieurs partenaires ONG, ce qui permettrait à l'internaute d'avoir le choix de l'ONG à laquelle il donne. Chez Pixfree, on a déjà réfléchi à la question mais « Pour le moment nous n'avons pas cherché à le faire car lancer un service prend du temps et demande des investissements importants et longs à rentabiliser. Il est certain que sur d'autres créneaux cela aurait beaucoup de sens, en particulier avec des associations agissant en faveur de l'écologie. Même si nos imprimeurs intègrent de plus en plus les problématiques de Développement Durable, l'idée de devenir le 1er service de tirage photos, livres album et autres objets photos à « compenser » ses effets (papier et chimie) serait une vraie innovation.

En conclusion : quelles perspectives pour les partenariats ONG/ privés ?

S'il peut paraître étrange de voir qu'aujourd'hui le milieu associatif parle aussi bien business que le milieu du business lui-même, force est de constater que cet exemple illustre une alternative louable à la sur-consommation actuelle. Avec les exigences classiques d'un consommateur classique (dont le maître-mot est le rapport qualité/prix), et grâce à ce genre d'initiatives, la consommation courante se fraie une voie dans le chemin du militantisme responsable.

Pour prolonger le sujet des partenariats ONG/ entreprises privés, et notamment creuser la question des pratiques managériales en matière de relations milieu privé/ sphère associative, nous vous invitons à consulter l'article consacré à l'institut de formation WWW-France et Be-linked : formation « management de la relation entreprise/ONG » sur le site de WWF. Cette formation, composée de deux volets, l'un adressé aux entreprises, l'autre aux ONG, doit permettre de mieux appréhender la valeur d'échange des partenariats solidaires. Orienter les ONG dans le choix d'une entreprise, encourager et accompagner les managers à ouvrir des perspectives de partenariat solidaire à la fois pertinent et de long terme - soit un échange véritable constructif-, sont autant d'éléments à poser en vue de construire une pratique en plein essor.

* Cet article a été réalisé d'après les interviews de porte-paroles de Handicap International et de Pixyfree par l'équipe de Solidaires du monde, le 2 février 2010.

Pour poursuivre ce billet :

Internet, vers une nouvelle relation entre ONG, Entreprises et donateurs, pour visionner la conférence sur ce thème menée le 1er octobre à La Cantine par HEC-Web.

25.01.2010

Peer to peer lending : distribution de prêts entre particuliers et refonte du système bancaire traditionnel

Le « peer to peer », c'est quoi au juste ?

Définition : le peer-to-peer, pair à pair en français, que vous trouverez aussi écrit P2P, correspond à un modèle de réseau de communication, d'échange et de partage de fichiers dans lequel l'information ne transite pas par un serveur central mais par chaque membre du réseau.

En fait, le peer to peer désigne une méthode de transmission de l'information. La plupart du temps, un ordinateur est connecté selon le modèle client/ serveur : il y a un programme serveur (qui gère les communications) et des programmes clients (qui se connectent au serveur).

En peer to peer, il n'existe qu'un seul programme, qui fait office à la fois de client et de serveur : ce programme complet permet à la fois de se connecter à un autre programme (partie client) et de recevoir une tentative de connexion (partie serveur). Autrement dit : on se connecte directement à un autre ordinateur, sans avoir à passer par un serveur qui gère les connexions. Pour lever les malentendus : le peer to peer n'a en soi rien d'illégal. En revanche, ce sont les transferts de fichiers protégés par des droits d'auteur (musiques, films,...) qui rentrent dans cette catégorie.

Philosophie générale et applications du peer to peer

La philosphie du peer to peer pourrait se résumer en cette formule : « Tu as une chose à enseigner mais plein de choses à apprendre ».

En effet, le peer to peer s'inscrit dans un processus global de restructuration de l'accès au savoir, compris alors comme une véritable valeur d'échange. Jusqu'à il n'y a pas si longtemps, les échanges de données étaient assez limités, disons figés. Qui plus est, les « experts » avaient toute autorité sur leur domaine.

Cette organisation verticale de l'information laissait peu de place à l'approximation et aux avis divergents. Régnait alors en maître le bon vieux principe d'autorité et la communication se résumait à une partition d'acteurs binaire, où chacun tenait son rôle d'émetteur ou de récepteur. Le contrôle de l'émetteur était alors l'enjeu principal pour controler le récepteur.

Avec l'avènement du web participatif, les internautes ont la possibilité de retraiter l'information ; c'est-à-dire non seulement de la relayer (vecteur),  mais également d'ajouter du contenu à des contenus existants (création, réorganisation). Pour ainsi dire, les échanges communautaires ont littéralement changé d'échelle : l'espace de rencontres est alors devenu celui d'un dessein commun où ceux et celles qui s'expriment ouvrent une nouvelle dimension en matière d'échange et de partage.

Pour approfondir ce sujet, n'hésitez pas à consulter la note consacrée au film Us Now : Us Now, ou comment internet permet de créer de la confiance, du lien social et de la solidarité. En s'appuyant sur le film, la note explique le fonctionnement des réseaux d'échange de particulier à particulier au travers de cas concret comme le couchsurfing (service de réseau social et d'hébergement) ou encore le site netmums (service d'échange et d'entraide entre jeunes mamans).

Appliqué à la distribution de programmes vidéo, Joost fonctionne en P2P.

Le peer to peer lending : le prêt entre particuliers, une alternative au système bancaire

Le prêt de particulier à particulier est un phénomène d'envergure mondiale née aux Etats-Unis puis repris au Royaume-Uni. Le système s'appuie sur le principe de la tontine.

Ce système de prêt fait intervenir des acteurs différents de ceux du système bancaire traditionnel et repose sur la confiance : on passe ainsi d'un modèle strictement transactionnel à un modèle relationnel, organisé autour de plateforme web qui s'inspirent des réseaux sociaux.

Le schéma est le suivant : un emprunteur s'adresse à un prêteur, généralement un proche (ami ou famille) afin de souscrire une demande de prêt. Cet acte se fait par l'intermédiaire et la supervision d'un tiers, une plateforme de p2p, qui fait alors figure de tuteur, et d'aide juridique.

La plateforme p2p en question fournit différents services ; notamment un cadre juridique. Le service permet également la répartition de l'argent des prêteurs sur plusieurs emprunteurs, dans le but de minimiser les risques. Qu'il s'agisse d'une plateforme ayant pour vocation le développement économique (prêts collectés au nord pour distribuer des micro crédits au sud) ou jouant sur la proximité des acteurs (quand ils sont amis, ou de la même famille), le ressort fondamental de ces organisations est la confiance entre les différents acteurs. L'intérêt directement mesurable, si l'on peut dire, est que  les taux de risque pour ces prêts sont plus faibles que pour un emprunt classique.

Trois formes de plateforme de p2p lending

  1. On trouve tout d'abord des plateformes qui proposent un cadre juridique à des familiers (prêts entre amis ou au sein de la famille).
    Ce type de plateforme s'adresse à des gens qui sont généralement coutumiers de l'emprunt entre proches, mais qui recherchent un coussin juridique.
  2. On trouve ensuite des plateformes à visée « sociale ». Celles-ci sont destinées à proposer des financements de projets sélectionnés par des institutions de micro finance.
    Dans ce cas, on fait généralement appel à la contribution de ceux qui souhaitent devenir acteurs du développement et de la solidarité et contribuer au développement de projets dans leur propre pays ou à l'étranger.
  3. Pour finir, on trouve des plateformes à vocation financière. Celles-ci « proposent aux prêteurs des placements à des taux attractifs et un risque calculé, et aux emprunteurs, des prêts à un taux intéressant et plus facile à obtenir que dans un organisme financier classique. »
  4. Dans ce dernier schéma, la visée sociale est différée, au profit d'une recherche d'avantages en premier lieu financiers si bien pour le prêteur que pour l'emprunteur.

En tout cas, ces trois modalités permettent de contourner l'offre bancaire classique, et de réintroduire une partie de la population exclue du système classique de prêt.

Des exemples ?

Comme présentée dans une note intitulée l'initiative d'une banque solidaire sur le Blognotes de la plateforme, une banque coopérative suédoise, la Jak, a développé un système de  prêt en peer to peer. Jak maintient l'équilibre entre prêts et épargnes et dispose par là même d'un certain flot de liquidité. Précision : l'emprunteur est tenu d'acheter l'équivalent de 6% de son prêt en participation à la banque. Ce « dépôt d'équité » lui est reversé à la fin du remboursement et permet de garantir la solvabilité de l'organisme et la viabilité du système.

En France, avec Friendsclear, le vieux principe de reconnaissance de dettes est remis au goût du jour. Ce site spécialisé dans la garantie des prêts entre amis propose une formule plus rapide et moins onéreuse que des frais de notaire ou qu'un prêt dans une banque classique.

Dans leurs conditions d'utilisation, on peut lire : "assurer une prestation de suivi de prêt de particulier à particulier, dans un cadre familial ou amical. Il offre aux utilisateurs des outils de rédaction juridique de reconnaissance de dette, de suivi du déroulement de prêt entre particuliers, de calcul d'échéancier de paiement et d'intérêts et d’accompagnement du prêt."

Friendsclear guide les amis dans leur démarche de prêt ; il les aide à se mettre d'accord sur le montant, la durée et à définir ainsi un calcul des échéances. Même si ce système repose avant tout sur la confiance, le préteur dispose d'un coussin juridique en cas de litige. Les prêts accordés visent généralement de petites sommes : 4000€ en moyenne, et jamais plus de 10 000€ et les taux d'intérêts sont variables de 0 à 9%. A noter tout de même que les prêteurs doivent déclarer les intérêts perçus au fisc, car ceux-là sont considérés comme une créance imposable.

Le fait de ne proposer qu'un cadre juridique n'oblige pas Friendsclear à être titulaire d'une licence bancaire : pour le moment, le service fourni consiste seulement à fournir un cadre juridique à l'emprunteur et au prêteur.

Un autre site, français également, se propose de mettre en contact des emprunteurs des investisseurs en échange d'un pourcentage de transaction des deux parties. Il s'agit de PRETp2p.com. A l'heure actuelle, c'est la plus grande banque ouverte 2.0 en langue française. Dans cette communauté en ligne de prêts d'argent sur des plateformes sociales, les motifs de prêt sont divers (personnel, commercial, consolidation de dettes, rénovation de maison, financement d'une voiture,...).

Quelles garanties pour le prêteur ?

Dans les organismes de prêt entre particuliers, outre le principe de confiance, socle de base sur lequel se fonde le système, un certain nombre d'indices de garanties sont nécessaires au bon fonctionnement de l'application de l'accord de prêts... et de ses échéances. Accolé au bon vieux principe de confiance, on retrouve ainsi le principe plus récent de transparence.

Le calcul du risque est ainsi mesuré et ajusté sur la base des performances de remboursement du prêt grâce à un certain nombre d'indicateurs. Pour exemple, les prêteurs membres peuvent avoir accès à différentes données à rapprocher de celles liées à un crédit à la consommation. Celles-ci sont revues par l'emprunteur et l'organisme relais afin d'organiser au mieux les conditions du prêt. On trouve par exemple : le ratio dette/ revenu, le statut de l'emprunteur propriétaire/locataire, le passé judiciaire, les demandes de crédit antérieures, le taux d'utilisation d'une carte bancaire, l'historique d'emprunt sur le site de l'organisme d'emprunt.

Aux frontières de la régulation gouvernementale

Le prêt p2p, parce qu'il permet à des particuliers de prêter leur argent à des taux plus bas que ceux des banques, conduit logiquement à une restructuration du marché bancaire. Marché de l'ordre des trillions de dollars ! Face à cette réorganisation massive due à l'entrée de ces nouveaux acteurs si particuliers ( !), les gouvernements ont été conduits à légiférer.

Petit tour de l'autre côté de la Manche et de l'Atlantique, ou le phénomène est né.

Le premier acteur à se lancer s'appelait Circlelending, c'était en 2001 ! Désormais, Circlelending s'appelle Virginmoneyus. C'est le plus gros acteur du marché en termes d'encours.

Aux Etats-Unis, c'est Prosper qui a permis de construire et de délimiter un cadre légal au système de prêt p2p, permettant ainsi la naissance d'autres sites de prêt comme Zopa, IOU Central ou encore Lending Club.

En 2008, l'Autorité des marchés financiers américaine, le SEC (Securities and Exchange Commission), a lu l'offre de Propser comme un encouragement à la vente de valeurs immobilières non sécurisées et a mis en avant l'absence de preuve physique reliée à l'offre, à la vente et à l'achat de ces titres. Qui plus est, pour être légal aux Etats-Unis, un titre financier doit être enregistré à la SEC, ce qui n'était pas le cas de la jeune entreprise. Après avoir honoré une amende de 1 millions de dollars, Prosper a été contrainte de s'enregistrer et de se mettre en conformité avec le cadre législatif.

Au Canada, c'est la Commission des Valeurs Mobilières de l'Ontario (CVMO) qui a permis de légiférer sur la question du peer to peer lending. Il en ressort que les sites de prêts p2p ne peuvent pas dépasser un seuil de prêt fixé à hauteur de 25 000 $ et que la période de remboursement ne doit pas excéder une période de trois ans.

Dans l'hexagone ?

En France, le développement du marché de prêt p2p rencontre un certain nombre de freins.

Si le code monétaire et financier indique que « quiconque, sauf une banque à charte peut effectuer des opérations bancaires de manière régulière », rien ne vient interdire le prêt consenti d'un individu à un autre. Ainsi, les particuliers sont libres de prêter de l'argent à des parents, amis... C'est ce qu'on appelle originairement les « tontines ».

Néanmoins, la peur du surendettement, particulièrement rependue en France, conduit à une méfiance généralisée (si bien l'Etat que les associations de consommateurs ou encore les consommateurs eux-mêmes) vis-à-vis des crédits à la consommation (ou du moins compris comme tels). Même si les faits leur donnent « tord » (les français sont beaucoup moins endettés que leurs confrères Européens), il n'en reste pas moins que le crédit à la consommation doit faire ses preuves face à des esprits généralement méfiants. Du point de vue législatif, il en résulte un paradoxe puisque le marché du taux de crédit est à la fois réglementé par l'Etat et ultra-concurrentiel.

En France, les taux d'intérêts sont généralement plus bas que partout ailleurs en Europe. Néanmoins, l'intérêt de compensation des risques ne doit pas dépasser la limite du taux d'usure défini par l'Etat. Ce taux d'usure est le principal obstacle auquel sont  confrontés les demandeurs de prêts n'ayant pas de source de revenus réguliers ou encore d'antécédents bancaires (les étudiants, les travailleurs indépendants,...). Puisque les banques ne sont pas autorisées à dépasser le taux d'usure (ce qui revient à s'offrir un coussin d'amortissement plus épais), elles refusent purement et simplement de prendre le risque de prêter à cette tranche de population.

Cause ou conséquence de tout cela, la législation Française réserve un accueil assez froid à l'arrivée du p2p lending tel qu'il se pratique outre atlantique, et même en Europe avec le Danemark, les Pays-Bas, l'Italie et l'Allemagne. En France, seules les banques ont accès à un historique des opérations de crédit. Les comptes rendus positifs sont illégaux : seuls les enregistrements négatifs (documents historiques sur des interdits bancaires ou d'incidents de paiement) peuvent et doivent être utilisés dans le cas d'une demande de crédit.

Malgré ces freins élémentaires, le succès qu'a connu le p2p lending à l'étranger devrait se propager dans l'hexagone. Encore un peu de patience pour que ce « marché pour les personnes solvables, mais atypiques », selon Jean-Christophe Capelli, président de Friendsclear trouve son public et que le cadre législatif s'ouvre  à lui.

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Des commentaires intéressants suite au billet de Jean Michel Billaut

Veille sur le p2p aux Etats-Unis - Autre blog de veille sur le p2p lending, en anglais

Friendsclear : le P2P lending débarque en France sur la version française du blog Read Write Web.

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30.12.2009

Internet Prix Nobel de la Paix ?

Internet prendrait-il forme humaine ? Entre son auto-développement et son utilisation quasi-vitale, on peut se demander quelles sont les limites d'un outil qui déstructure et entraine une réorganisation de nombreuses activités humaines : économiques, culturelles, sociales, identitaires... Le journal italien Wired ne s'encombre pas de questions en proposant  la nomination d'Internet pour le Prix Nobel de la Paix de 2010 !

A coté de celle de Mickaël Jackson, on peut sentir comme un glissement de la thématique d'origine... Pour Riccardo Luna, rédacteur en chef de Wired-Italia, la proposition se justifie dans la mesure où Internet « peut être considéré comme la première arme de construction massive ».

Pour appuyer sa thèse, le journal énumère les arguments, mis en ligne sur le site créé à cette occasion, internetforpeace.org.

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Jusqu'où Internet peut-il remplacer l'humain ? Débat (provocateur) lancé !

Internet est en soi un outil incontesté et irremplaçable, il permet effectivement de lier les hommes au dela du temps et de l'espace, il permet de diffuser plus d'information et de créer du débat, de la solidarité. Pour autant, son instrumentalisation à des fins très contestables est véritable : les exemples se comptent à la pelle,  en matière de propagande politique,  de sectarisme,  d'escroqueries, de division et d'expression des pires folies humaines.

En tant qu'outil, sa fonction est liée à l'objectif visé par celui qui l'emploie. Et plus il y a d'utilisateurs, plus il y a d'objectifs, plus l'outil n'apparait alors que comme un reflet de ce qui se fait de mieux et de pire dans l'espèce humaine.

Pour autant, des célébrités semblent ouvertes à cette proposition, se disant que l'heureux élu peut également être une organisation, à l'image de Médecins Sans Frontières par exemple qui eut le prix en 1999, ou la International Campaign to Ban Landmines, un réseau fonctionnant uniquement grâce au web, lauréat en 1997. Aussi Shirin Ebadi, avocate iranienne, elle-même Prix Nobel de la Paix en 2003, ou Georgio Armani sont partisans de la candidature d'Internet et figurent sur la liste de ses soutiens.

Les éditions américaines et britanniques de Wired se sont également associées à l'édition italienne pour assurer la campagne jusqu'en septembre 2010. Les relations entre l'éxécutif italien et les médias expliqueraient-elles que wired.it ait proposé l'idée ?

Nous pouvons ainsi accepter que le Prix Nobel ne soit pas exclusivement remis à un humain, comme c'est également le cas de son petit frère français, moins médiatisé, mais néanmoins vieux de 20 ans, le Prix des Droits de l'Homme de la République Française, remis par la Commission Nationale Consultative des Droits de l'Homme (CNCDH). Celui-ci vient d'être décerné le 10 décembre autours de deux thèmes : l'aide aux enfants des rues et le soutien aux libertés d'expression et d'information. Dans la première catégorie, l'ONG tchétchène Sauvons la Génération a été récompensée, puis Voice of Children. Dans la seconde, Citizen Against Corruption, puis PNGO (une plateforme d'ONG palestiniennes) et le Centre Argentin d'Etudes Légales et Sociales sont les heureux lauréats.

Alors admettons que cette idée aboutisse, quelles pourraient en être les conséquences, changerait-elle notre perception et notre utilisation de l'outil ? Une dynamique positive pourrait-elle être déclenchée ? Ou n'est-ce pas le début d'une désacralisation du Prix, ou simplement une évolution ? Encore faut-il vraiment vouloir qu'il évolue.  Et cela n'annulerait-il pas finalement ou du moins ne nierait-il pas desvraies actions bien réelles, sur le terrain ou en amont, par de vraies personnes, porteuses de valeurs qu'aspire à reconnaitre le Prix ?

Rappelons ainsi la définition de base qu'Alfred Nobel écrit dans son testament : le prix récompense « la personnalité ayant le plus ou le mieux contribué au rapprochement des peuples, à la suppression ou à la réduction des armées permanentes, à la réunion et à la propagation des progrès pour la paix ». En relisant ces lignes, on peut également se demander sur quels critères Barack Obama, venant de renforcer ses troupes armées en Afghanistan pouvait mériter ce prix... Mais c'est un autre débat.

Pour soutenir la candidature d' Internet, vous pouvez vous inscrire sur la pétition en ligne ou réagir en laissant vos commentaires !

18:40 Publié dans Institutions | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : prix, nobel, paix, 2010, internet, solidarité, wired | | | Digg! Digg

16.12.2009

Noël solidaire

-          Qu'est-ce qui te ferait plaisir à Noël ?

-          Bah, je sais pas...

-          Un parfum ?

-          J'en ai déjà...

-          Un vêtement ?

-          J'en ai assez...

Pour ceux qui ont vécu, vivent ou s'apprêtent à vivre ce genre d'échange -palpitant- à l'approche des fêtes de Noël, nous avons pensé à vous présenter ici une liste de cadeaux solidaires qui font figure d'alternative au cadeau inutile, pas vraiment apprécié, voire revendu sur E-bay dans les heures qui suivent le grand déballage au pied du sapin...

  • Le cercle vertueux du cadeau solidaire

effet domino cercle vertueux.jpgLe principe du cadeau solidaire est celui d'un cercle vertueux à l'intérieur duquel on risque de tomber et de prendre goût !

Le cadeau solidaire c'est l'occasion de faire plaisir à :

-          Celui qui l'offre : l'assurance de faire un cadeau original et utile

-          Celui qui le reçoit : la surprise et le plaisir d'être associé à une action solidaire menée en son nom

-          Celui qui en bénéficie : la satisfaction de recevoir une aide qui améliore son quotidien

  • Oxfam

Oxfam International est une association de 14 organisations qui œuvrent ensemble et en collaboration avec des milliers de partenaires et d'alliés dans le monde entier sur des chantiers de développement et de solidarité.

Pour un prix allant de 5€ à 60€ et plus, vous pouvez offrir au(x) proche(s) de votre choix un cadeau symbolique et plein de valeurs.

Au choix parmi les différents catalogues proposés, vous pouvez ainsi offrir un potager (5€), une chèvre (19€), une formation d'ouvrière (50€), une formation d'aide soignante (79€), une petite vache (146€), et plein d'autres choses encore. Rendez-vous sur la page du site Oxfam Unwrapped pour consulter l'ensemble des catalogues, en particulier celui du pays où vous résidez*.

*pour la France, consulter le catalogue Oxfam-Solidarité (Belgique).*

  • Boutique Dons-Cadeaux: Un geste ici, un projet là-bas

Dans le même esprit qu'Oxfam, la boutique Dons-Cadeaux vous permet d'associer un proche à un don que vous faîtes à quelqu'un qui en a vraiment besoin. Les dons-cadeaux proposés vont de 5€ à plus de 100€. En vous rendant sur le site de Boutique Dons-cadeaux, vous verrez notamment qu'il vous est possible d'offrir un suivi médical pour un enfant travailleur (5€), 6 poules et poulets pour une famille (20€), l'équipement d'une classe maternelle (60€), parmi d'autres idées de cadeaux solidaires.

N'hésitez pas à consulter également d'autres sites vous proposant des initiatives solidaires proches de celles que nous venons de vous présenter, notamment les cadeaux solidaires de Vision du monde, boutique solidaire.com d'Action contre la faim,...

  • Babyloan: micro credits, great stories

Sur Babyloan, 1er site Internet français de microcrédit solidaire des micro-entrepreneurs du Sud, vous avez la possibilité d'offrir un chèque du montant de votre choix (de 20€ à 100€) et de l'offrir à un proche, lui permettant ainsi de parrainer le micro-entrepreneur qu'il souhaite soutenir. A l'issue de ce prêt, le proche à qui vous avez permis de parrainer un entrepreneur du Sud pourra renouveler le prêt pour soutenir un autre entrepreneur ou recevoir un chèque de cadeaux multi-enseignes du montant du passeport cadeau initial.                                        cadeau-noel2.jpg

Les différents projets à soutenir par la voie du prêt vous sont présentés sur le site de Babyloan.org. Pour chacun d'eux, vous trouvez une photo du bénéficiaire du crédit, les raisons de sa demande, la présentation du partenaire local et pour finir, le montant et la durée du prêt. Un curseur vous permet de savoir où en est le montant des prêts déjà octroyés par les autres babyloniens. Vous pouvez suivre le suivi des dons et vous rendre compte ainsi de l'évolution du projet de votre entrepreneur !

Quel que soit le montant ou l'occasion du cadeau solidaire que vous voulez offrir, à vos proches ou à vous-même, n'oubliez pas que les petits ruisseaux font les grandes rivières et qu'en plus de faire plaisir, vous contribuez à changer la vie de ceux qui en ont le plus besoin !

25.11.2009

Communautés en ligne et solidarité : pourquoi et comment créer facilement un réseau social

reseaux-sociaux.jpgLes logiques de collecte de dons à l'époque du web social sont en train de changer. D'une communication descendante classique, modernisée par la mobilisation des nouveaux médias, nous passons peu à peu à la création et à l'animation de communautés. La capacité à fédérer et animer un réseau social sur le Web est en passe de devenir un élément  important pour les acteurs de la solidarité souhaitant améliorer la qualité de leurs rapports avec les donateurs et les destinataires de dons.

Cette tendance de fond a été soulignée par les différents participants des rencontres de Babyloan, notamment la conférence consacrée au web solidaire.

Renversement de la logique habituelle dans laquelle l'institution (par exemple un organismme de microfinance) va à l'encontre des publics pour récolter des dons, ces communautés prennent l'initiative de se mobiliser pour soutenir les projets.  On peut imaginer qu'à l'avenir le rôle des institutions (associations, entreprises de microfinance, etc.) se recentre sur l'animation des communautés avec un soutien en matière de conseil et d'accompagnement des projets.

Plusieurs formes de mobilisation collective sur le web témoignent de ces tendances de fond :

  • La collecte de dons, par exemple : JustGiving en Grande Bretagne, AiderDonner en France ou encore Acteurs de la solidarité du Groupe SOS. Dans chacun de ces cas l'association met à disposition une plateforme qui permet aux internautes de collecter eux-mêmes des dons auprès de leurs connaissances.
  • La co-création et le partage, avec forum.ubuntu pour l'Open Source par exemple ; nous sommes ici en présence de logiques très proches du crowdsourcing, les publics réclamant de plus en plus la possibilité d'influer sur la conception des services proposés. L'Open Source permet également l'émergence d'outils technologiques peu onéreux, ce qui en retour facilite les projets solidaires aux moyens parfois limités.
  • Les réseaux permettant de faciliter les relations de proximité, par exemple Peuplades, favorisant la solidarité de proximité (de quartier notamment). Paradoxalement c'est grâce à des outils Web tels que ceux-ci qu'une convivialité de voisinnage peut s'installer, avec des formes de solidarité tels que le troc de biens ou de services.
  • Différentes formes de micro-finance dont les avatars Web incitent de plus en plus les donateurs à se rapprocher des destinataires sous l'effet d'une double exigence de transparence et de contact humain. On peut par exemple citer Babyloan ou Veecus en France, Kiva ou Microplace pour la sphère anglophone.

Au final les initiatives solidaires semblent pouvoir bénéficier de plus en plus des apports à la fois des outils technologiques du web social et des logiques de fonctionnement communautaires.

C'est donc tout naturellement qu'est apparu le besoin de créer facilement des réseaux sociaux. On peut notamment citer mobee qui est une appellation générique recouvrant une offre de conseil et de mise en œuvre technique dans le domaine des mécénats et du bénévolat.

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Créée en 2004, mobee est une association d'intérêt général de type loi 1901. Destinée aux organisations à but non lucratif, aux entreprises et aux organismes et institutions publics, mobee propose « un ensemble de services permettant de créer, de développer et de gérer leur réseau de mobilisation opérationnelle en faveur de leurs projets, actions et partenariats de solidarité ».

Elle vise notamment le développement du mécénat de compétences, on et offline, en s'appuyant sur les mécanismes contributifs et notamment les réseaux sociaux.

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Une autre solution intéressante est proposées par Ning, plate-forme permettant la mise en place rapide de réseaux sociaux thématiques. Créé en 2004, Ning compte aujourd'hui 37 millions d'utilisateurs regroupés dans 1,8 millions de réseaux.

Parmi ceux-ci on trouve plusieurs initiatives solidaires, avec par exemple :

  • Le Dépanneur Sylvestre, une initiative de solidarité de proximité associant restauration et travail d'accompagnement pour faciliter l'inclusion
  • Africa Sustainable Energy, un réseau centré sur le développement de solutions énergetiques durables pour le continent africain


Pour finir voici une vidéo (en anglais) expliquant simplement ce que sont les réseaux sociaux et leur fonctionnement :

04.11.2009

Le Social Business ou l'oxymore heureux

« Social Business »... En premier lieu,  on se dit qu'il fallait oser ! Cette figure de style bien connue, l'oxymore, a d'abord été l'apanage du langage publicitaire avant d'être investie par le monde des médias. De quoi rester dubitatif... Ici pourtant, la réunion des contraires que sont le « social » et le « business » renvoie à un mariage heureux : celui de deux notions que la morale semblait opposer...

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Dr-Muhammad-Yunus.jpgL'idée est simple, encore fallait-il l'avoir ! C'est Muhammad Yunus, économiste, entrepreneur et prix Nobel de la paix 2006 qui en est à l'origine. Muhammad Yunus est parti d'un constat simple. Bengali d'origine, il a observé que nombre de ses compatriotes étaient exclus du système bancaire, et par extension, d'un vaste pan de l'économie. Depuis surnommé « le banquier des pauvres », Muhammad Yunus a eu l'idée brillante de promouvoir un modèle économique permettant à des acteurs modestes de développer une activité économique et d'échapper ainsi au fatalisme d'un endettement progressif.

Il ne faut pas confondre charity business et social business. Dans le premier schéma, un euro donné est un euro dépensé. Dans le second, un euro donné est ré investi à l'infini. Les actionnaires de ce système rappellent le principe du mécénat plutôt que celui du retour sur investissement... Comme le veut l'adage selon lequel « mieux vaut apprendre  à pêcher à celui qui a faim que de lui donner du poisson », le modèle économique théorisé et initié par Mohammad Yunus invite les petits acteurs de l'économie à se développer par l'intermédiaire de partenaires financiers socialement engagés. C'est le système du microcrédit : avec le prêt d'une petite somme, une petite activité économique peut s'engager et prétendre à une autonomisation progressive dès l'apparition des premiers bénéfices.

A l'heure de la mondialisation, ce modèle économique présente un avantage de premier plan : il est participatif. Le développement voulu et attendu dans des pays économiquement sinistrés se fait sur la base d'une solidarité non altérée par l'appât des gains qu'il est censé produire.

  • La Grameen* Bank : du concept social à la réalité économique

microcrédit.jpgLa conscience sociale de Mohammad Yunus, réactivée par la misère des villageois vivant à proximité de l'université où il enseignait alors, a ainsi trouvé une application économique. Devant le scepticisme des banques commerciales auxquelles il a du faire face alors qu'il exposait sa théorie économique, Mohammad Yunus a été le premier à s'investir et à investir le système économique du microcrédit. A la fois théoricien et entrepreneur, c'est donc lui qui a concrétisé son programme en fondant la Grameen bank. Succès immédiat, la Grameen bank obtient le statut d'établissement bancaire en 1983, avant d'exporter son modèle à l'étranger six ans plus tard. Aujourd'hui, ce sont plus de 300 millions de personnes dans le monde qui bénéficient directement ou indirectement du microcrédit.

*En Bengali, Grameen signifie village.

  • L'application Nord/ Sud du modèle Social Business et son équivalent en France : l'ADIE

Le Social Business est régi par un cadre législatif particulier qui ne permet pas encore une application en France ou en  Europe. En cela, il se distingue de l'entrepreunariat social, modèle plus traditionnel en France.

Un équivalent du Social Business en France est l'Association pour le Droit à l'Initiative Economique (ADIE). Développée en réseau sur l'ensemble du territoire, l'ADIE finance et accompagne les entrepreneurs exclus du système de crédit bancaire, et plus particulièrement les demandeurs d'emploi et allocataires du RMI.

Pour plus de précisions, n'hésitez pas à consulter l'interview en vidéo de Maria Nowak, présidente et fondatrice de l'ADIE, puis à vous rendre sur le site de l'ADIE.

  • Focus sur Ashoka, acteur mondial du microcrédit

Cette organisation, fondée par l'américain William Drayton, participe à la structuration et au développement de l'Entrepreneuriat social. et du mouvement des entrepreneurs sociaux. Présent mondialement, cet acteur de premier plan du microcrédit poursuit trois objectifs complémentaires : sélectionner et accompagner le développement d'Entrepreneurs Sociaux novateurs, les encourager à travailler en réseau via le financement de collaborations, contribuer au développement de l'entrepreneuriat social à une échelle mondiale au travers de programmes et d'initiatives variées. Nous vous invitons à consulter le site d'Ashoka, et de vous rendre compte, au gré des clics, de la variété des programmes mis en œuvre pour soutenir et encourager le développement du microcrédit dans le monde.

  • Le « SWEB »

L'expression du Président Fondateur de Babyloan, Arnaud Poissonnier, résume tout à fait le nouvel élan solidaire décuplé par l'outil Web. Le « SWeb* », comme il le désigne, c'est l'Internet solidaire. Sans doute l'outil le plus pertinent qui soit à l'heure actuelle en matière d'échanges appliqué à la solidarité.

Par la variété des échanges, par leur caractère immédiat, les projets associatifs connaissent une dynamique nettement supérieure à celle observée avant l'avènement du Web 2.0. Le gap Nord/ Sud s'effrite à mesure que les échanges naissent, que des engagements sont pris, qu'une solidarité se met en acte, bref, à mesure que des acteurs unis par une même volonté de « sauver » l'économie contribuent à l'insertion de larges populations jusque là écartées d'une économie pourtant mondialisée. Babyloan, premier site Internet français de microcrédit solidaire à destination des micro-entrepreneurs du Sud, constitue un exemple frappant de l'impact que peut avoir le Web 2.0 dans la Solidarité telle qu'elle s'applique aujourd'hui.

*Voir la référence au SWeb dans la vidéo traitant des attentes de l'équipe de Babyloan

  • Les rencontres de Babyloan : un événement consacré aux nouvelles solidarités

Les 7 et 8 novembre prochain, aura lieu l'événement « Les rencontres de Babyloan » organisée par Babyloan. Comme indiqué ci-dessus, Babyloan est le premier site Internet français de microcrédit solidaire à destination des micro-entrepreneurs du Sud.

Parmi différents sujets et activités proposés autour de la thématique choisie pour cette année, « les nouvelles solidarités », « les rencontres de Babyloan » fournissent l'occasion de participer à des conférences relatives au social business et au micro financement.

De nombreuses activités sont prévues, pour petits et grands, notamment des animations, des ateliers, une exposition photos, des quizz enfants ainsi qu'un espace vidéo. Entre autres films diffusés à cette occasion, 1001 Fontaines, qui illustre une application du social business destiné à proposer de l'eau propre aux populations du Cambodge, ou encore l'interview de Bill Drayton, fondateur de d'Ashoka, dont l'action est évoquée plus haut.

Pour en savoir plus sur l'événement, n'hésitez pas à consulter le blog que nous rédigeons et qui est dédié aux rencontres de Babyloan. Ce blog accueillera notamment l'intégralité des conférences filmées ainsi que des comptes rendu.

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